La Seconde Guerre mondiale fut le conflit militaire le plus meurtrier de l'histoire. Plus de de personnes ont été tuées, ce qui représentait plus de 2,6 % de la population mondiale à l'époque. Cet article tente de dresser un bilan humain et matériel de cette guerre. Le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale est cependant discuté, certains spécialistes, démographes, et historiens, avancent jusqu'à de personnes tuées durant ce conflit, car les données sur les pertes civiles sont souvent sous-évaluées, et il y a aussi le problème des chiffres qui ne sont pas définitifs à propos des pertes de l'URSS, et de la Chine (militaires et civils).
Bilan humain
vignette|Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes furent des civils
En 1945, de nombreuses régions sont détruites en Europe et plusieurs millions de personnes sont mortes ou blessées. Les combats de la Seconde Guerre mondiale n’ont épargné que les pays neutres. Le bilan humain est catastrophique : entre 60 et de morts, plusieurs millions de blessés, d’Européens déplacés en raison des changements de frontières, surtout en Europe orientaleEn raison de l'agrandissement de l'URSS sur les pays baltes, la Pologne, la Bessarabie. Ce conflit fut le plus coûteux en vies humaines de toute l'histoire de l'humanité. Environ de civils sont morts et le nombre de victimes civiles est supérieur à celui des victimes militaires. Parmi les victimes, de Juifs sont assassinés, ainsi que 220 000 tsiganes.
Pertes militaires en Europe vignette|Graphique représentant les pertes militaires en Europe selon le front de combat. Au total, selon les estimations, environ militaires sont morts sur les champs de bataille européens, dont du côté des alliés et du côté des forces de l'Axe. Les tués de l’Armée rouge constituent 53 % du total des pertes militaires connues en Europe, ceux de l'Allemagne 31 %, ceux du Royaume-Uni 1,8 %, ceux de la France 1,4 % et ceux de l’armée américaine 1,3 %. Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 88 % du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3 %, France 2,3 % et États-Unis 2,2 %). Les pertes militaires du conflit germano-soviétique seul sont de soit 78 % du total des pertes militaires subies en Europe .
Pertes civiles
Bilan matériel
vignette|Dresde en ruines (1945) Les bombardements nazis et alliés ont provoqué d’importants dégâts matériels dans les villes : Berlin et Varsovie sont presque complètement détruites. Le bombardement de Dresde du marque les esprits, on a annoncé des chiffres comme après coups, mais le bilan en 2008 fut révisé à . Plusieurs quartiers de Londres et de Rotterdam sont à reconstruire. Des millions de civils n’ont plus de logement et les sans abris se comptent par millions. Autres villes martyres : Hiroshima, Nagasaki, Tokyo, Manille, Hambourg, Stalingrad, Léningrad, Sébastopol, Kiev, Kharkov, Budapest.
Pour la France, le montant de la reconstruction s'élève à de francs. d’habitation sont entièrement détruits. Sont notamment détruites en totalité ou en partie les villes de Brest, Caen, Épinal, Le Havre, Lorient, Saint-Dié-des-Vosges, Saint-Nazaire, Saint-Lô, Évreux, Saint-Malo, Rouen.
Les infrastructures de transport et de production sont également endommagées : la mise hors d'usage de milliers de routes, de ponts, de voies ferrées et de ports provoque l’isolement de nombreux villages. L'URSS reste la plus touchée par les dégâts matérielsEn U.R.S.S. les destructions s’élèvent à près de 50 % du total mondial. D’après P. Léon, Histoire économique et sociale du monde, A. Colin, 1977. En effet, près de et plus de villages, industrielles, fermes collectives et étatiques, , , universités et bibliothèques publiques ont été détruits. Dans l’ensemble, les pertes matérielles ont été estimées à d’euros.
Concernant l'Europe, le pillage des ressources organisé par les nazis dans les pays occupés, conjugué à la désorganisation des moyens de production, entraîne d’importantes pénuries ; le rationnement est maintenu après la capitulation allemande du 8 mai 1945 (en France, de pain par jour et moins de de viande par semaine). L’après-guerre est marqué par la famine hollandaise de 1944. L’hiver rigoureux de 1946-1947 accentue les difficultés de ravitaillement et rend encore plus difficile la vie quotidienne dans l’Europe du Nord-Ouest. Le manque de charbon se fait durement ressentir car il représente le principal moyen de chauffage. d’Européens disposent de moins de par jour. Selon Alan S. Milward, la ration alimentaire moyenne des Allemands en 1946-1947 s’élève à par jour et par habitantAlan S. Milward, The Reconstruction of Western Europe. Le Sous-secrétaire d'État américain aux affaires économiques (1880-1966), de retour d’Allemagne, alerte Washington, D.C. et affirme que des « millions de personnes meurent lentement de faim »Gregory A. Fossedal, Our Finest Hour. France
La guerre n'a épargné aucune partie du territoire métropolitain. 74 départements métropolitains sur 90 ont subi des dommages importants et plus de 20 % du capital immobilier a été détruit. En 1945, près d'un million de ménages (sur un peu plus de de ménages que comptait alors la France métropolitaine) se trouvent sans abri, des villes entières ayant été rasées (Caen, Brest, Le Havre, etc.).
vignette|Quartier du centre ancien de Châlons-sur-Marne (aujourd'hui Châlons-en-Champagne) détruit par les bombardements de la Luftwaffe en juin 1940. ont été endommagés en France métropolitaine pendant la guerre (contre moins d'un million pendant la Première Guerre mondiale), dont totalement détruits (contre pendant la Première Guerre mondiale). 20 % des destructions ont eu lieu pendant la bataille de France en mai- (Dunkerque et Calais sont par exemple détruites en majeure partie pendant ces quelques semaines de Blitzkrieg) ; 15 % des destructions ont eu lieu de à (bombardements aériens des Alliés sur les centres portuaires, ferroviaires et industriels de la France occupée) ; 65 % des destructions ont eu lieu lors de la Libération de la France de à .
Les destructions ont d'autre part touché beaucoup plus profondément le potentiel productif français qu'au cours de la Première Guerre mondiale : les agglomérations urbaines, les industries et les commerces ont été partout visés, ainsi que les nœuds de communications. La Commission consultative des dommages et des réparations (CCDR) a évalué à de francs 1938 la valeur des immeubles détruits ( de destructions immobilières et de destructions mobilières). Il faut ajouter à ces destructions les charges préliminaires et accessoires de la reconstruction évaluées à : il est en effet nécessaire de débarrasser de de mines plus de de sol (près de 1 % de la superficie de la France métropolitaine). Il faut déblayer de mètres cubes de décombres et combler de mètres cubes de tranchées et de trous de bombes. Les réseaux de voirie et d'assainissement doivent en grande partie être reconstitués.
vignette|300px|Bombardements alliés des ponts du chemin de fer de Paris à Rouen au franchissement de la Seine sur l'ile aux Bœufs à Oissel, banlieue sud de Rouen, Normandie, en août 1944.Voies de communication et moyens de transports sont en grande partie ruinés. En ce qui concerne les chemins de fer, de voies, de bâtiments et ouvrages d'art ont été détruits. Les Allemands ont d'autre part prélevé de rail et traverses. 115 gares principales sur 300 sont détruites ainsi que 24 gares de triage. Plus de 20 % des locomotives, près de 65 % des wagons de marchandise et 42 % des voitures de voyageurs ont disparu. Au total, les dommages subis par les chemins de fer sont évalués à de francs 1938.
Pour ce qui concerne les routes, ponts routiers, de routes nationales et de routes départementales et vicinales sont hors d'état. autobus, cars et camions (40 % du parc d'avant-guerre) et voitures particulières et camionnettes (31 % du parc d'avant-guerre) ont été détruits.
Les transports maritimes ont durement souffert : de quais (79 % de la longueur totale en 1939), 823 postes accessibles aux navires de haute mer (60 % du total) et 15 formes de radoub sur 27 ont été détruits totalement. 59 % des engins de levage et de manutention ont été détruits. 50 % des engins de radoub et de dragage ont été anéantis. La flotte commerciale ne comprend plus que , soit le tiers de la flotte d'avant-guerre. Les pertes atteignent 60 % pour les cargos et 77 % pour les pétroliers. Au total, les transports maritimes ont subi un préjudice de plus de de francs 1938.
Les voies navigables sont quant à elles pour la plupart hors d'état de fonctionner : 88 % des rivières et 83,5 % des canaux sont impraticables. 426 bateaux-citernes sur 489 et 288 remorqueurs sur 520 ont disparu.
Les communications sont aussi très atteintes : 68 % des immeubles administratifs, 77 % des répéteurs télégraphiques, plus de 90 % des émetteurs de TSF et 75 % des pylônes de TSF ont été détruits.
L'industrie et le commerce ont subi des dommages évalués à de francs 1938. de spoliations entrent dans cette évaluation. Les Allemands ont en effet prélevé des matières premières (60 % des textiles, 55 % des cuirs, 62 % du bois d’œuvre notamment), des produits finis et du matériel industriel.
Les usines d'armement, la construction aéronautique, l'industrie automobile (les grandes presses ont été enlevées, les usines Peugeot complètement déménagées), les industries chimiques (caoutchouc et acide sulfurique notamment), les entreprises de travaux publics, les chantiers navals, les mines et l'énergie électrique sont très gravement touchés, par les destructions comme par le prélèvement de matériel.
L'agriculture a aussi subi de nombreux dommages. agricoles sont détruits, endommagés. Les terres ont été bouleversées par les bombardements, les mines, les constructions d'ouvrages militaires et le passage des armées. sont inondés par l'eau douce, par l'eau salée. À cela s'ajoutent les prélèvements par l'occupant allemand de 1940 à 1944 : de viande (plus de 16 % des ressources françaises), cinq millions de tonnes de céréales (11 % des ressources en blé et 20 % des ressources en avoine), plus de d'hectolitres de lait (7 % des ressources) ont pris le chemin de l'Allemagne. La moitié des porcins, un tiers des chevaux, un tiers des ovins, un septième des bovins ont en outre disparu depuis 1939.
Japon vignette|Hiroshima après l'explosion d'une bombe atomique le 6 août 1945. À l’été 1945, l’USAAF a effectué une des plus intenses campagnes de destruction de centres urbains de l’histoire mondiale. Quelque japonaises ont été bombardées, et toutes ont été partiellement ou intégralement détruites. On estime à le nombre de personnes sans-abris, à le nombre de tués, et à le nombre de blessés. Outre les bombes conventionnelles utilisées pour bombarder 66 de ces villes, deux d'entre elles l'ont été avec des bombes atomiques..
Bilan psychologique
Les familles des victimes sont toujours sous le choc de cette guerre très meurtrière. De plus, les personnes qui ont survécu aux camps de concentration ont énormément de difficultés à vivre comme avant. Les souvenirs qui les hantent jours et nuits sont traumatisants. Enfin, l'arme atomique, qui a montré ses capacités destructrices à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et , a marqué les esprits du monde entier, par le nouveau type de conflit qu'elle symbolise. Ainsi pour eux, comme l'a écrit l'écrivain Albert Camus dans un éditorial de Combat, « la paix est le seul combat qui vaille d'être mené ».
Situation économique en Europe