Godarville (en wallon Godârvile) est une section de la commune belge de Chapelle-lez-Herlaimont située en Région wallonne dans la province de Hainaut.
Initialement hameau de Gouy-lez-Piéton, Godarville était une commune à part entière, depuis 1866, jusqu'à la fusion des communes de 1977.
Toponymie Godarville Le nom de la localité est attesté sous la forme Godartville en 1777..
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural » (latin : villa rustica), précédé d'un anthroponyme germanique comme dans la plupart des cas pour ce type toponymique. Il s'agit ici de GodhardusJules Herbillon, Les noms des communes en Wallonie, Crédit communal, coll. histoire, ch. I., p. 6. (comprendre Godhard, la désinence -us correspondant au latin médiéval des chartes et autres textes).
Le nom est devenu patronymique sous la forme Godard et est très fréquent en Belgique et en France. À noter qu'il était quasi inexistant au sud d'une ligne passant par la Garonne et au-dessous de Lyon avant la Seconde Guerre mondiale.
Il existe une homonymie avec la commune française de Goderville (Normandie, Godarvilla )..
Géographie
Localisation Godarville est un village de la province du Hainaut, situé entre deux villes : à l'ouest de Charleroi et au nord-est de La Louvière.
Sa superficie est de .
Communes limitrophes Godarville a quatre communes limitrophes différentes :
Hydrographie Les cours d'eau de la localité appartiennent au bassin de la Sambre (rive gauche) et au bassin secondaire du Piéton (affluents de gauche). Ces ruisseaux sont au nombre de sept :
Le Piéton, affluent de gauche de la Sambre qui parcourt sur le territoire de Godarville, la rive droite se situe sur le territoire de Godarville, celle de gauche sur celui de Gouy-lez-Piéton ; Le ruisseau de Claire-Fontaine, affluent de gauche du Piéton, sur le territoire de Godarville, la rive gauche se trouve sur Godarville, la rive droite sur Chapelle-lez-Herlaimont ; Le ruisseau des Communes, dit du « pré Bastard », se jette dans le canal de Charleroi à Bruxelles par un caniveau de chute, d'une longueur totale de , entièrement situé à Godarville ; Le ruisseau du Champ Marrière, affluent de droite du ruisseau des Communes, d'une longueur totale de , entièrement situé à Godarville ; Le ruisseau de la Fontaine Frenois, affluent de droite du ruisseau des Communes, d'une longueur totale de , entièrement situé à Godarville ; Le ruisseau du Castia, se jette dans le canal de Charleroi à Bruxelles par un caniveau de chute, d'une longueur de , entièrement situé à Godarville ; Le ruisseau de Mahy-Pré, affluent de gauche du ruisseau du Castia, d'une longueur de , prend sa source à Manage.
Climat Le climat de la région de Godarville, analogue à celui de la région de La Louvière, est un climat tempéré océanique, comme pour l’ensemble de la partie occidentale de la Belgique, cela grâce à la proximité de l’océan Atlantique qui régule le temps grâce à l’inertie calorifique de ses eaux. Le climat peut être influencé par des zones humides et douces en provenance de l’océan, mais aussi par des zones sèches (chaudes en été et froides en hiver) en provenance de l’intérieur du continent européen. + 20px Climat de la région de La Louvière 20pxMois J F M A M J J A S O N D Moyenne annuelleTempératures (°C) (sous abri, moyennes) -0,4 2,7 6,4 8,5 12,9 17,7 20,6 16,9 14,3 11,2 6,9 0,2 9,8Précipitations (hauteur moyenne en mm) 36 100 49 54 66 72 78 76 70 70 66 46 783
Urbanisme
Hameaux vignette|alt=Carte postale en noir et blanc représentant un village.|Panorama de Godarville vers 1925. Les hameaux de la commune sont au nombre de quatre : La Bête refaite ; Le Bout du Monde ; Claire-Fontaine ; Lumechon.
Lieux-dits Liste des lieux-dits :
Barifosse Le Bonnier cornu Le Castia Champ d'en Haut Champ de Floreffe Champ Marrière Les Communes Closière d'Avay Closière des Greffes Coron d'en Bas Fossé à Marne L'Espinette L'Hermitage La Rouillée Grande Rouillée Petite Rouillée Pré de Floreffe Pré de Godarville Pré des Chevaux Pré du Chauffour Les Sablons Village de Godarville
Évolution démographique
Avant 1866, il est malaisé de connaître le nombre exact d'habitants de Godarville, car sa démographie se confond avec celle de Gouy-lez-Piéton, dont Godarville était un hameau. Toutefois, un compte des droits de vénerie de 1521 recense à Gouy-lez-Piéton, dont à Godarville. En 1848, la population de Godarville atteint à .
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Histoire Préhistoire, période gallo-romaine, période franque La préhistoire a laissé quelques traces sur le territoire de Godarville. En , lors du creusement du canal Charleroi-Bruxelles, des ouvriers découvrent plusieurs vestiges de l'époque moustérienne, tels que des fragments de défense de mammouth, des ossements de rhinocéros laineux, de cheval et de cerf. De la période gallo-romaine, des sépultures, de type « tombes à incinération » sont mises au jour à l'écart des habitations. L'examen des cartes anciennes invite à considérer l'actuelle rue de Nivelles et la rue de Lumechon, comme des vestiges d'un diverticulum (voie romaine secondaire) de la chaussée romaine de Bavay à Cologne. Ensuite, à la faveur de la forêt charbonnière couvrant la région, les Francs s'établissent de bonne heure sur les hauteurs et dans la vallée ouest de Gouy-lez-Piéton, dans ce que l'on nomme par la suite « bois de Gouy et de Godarville ». Les vestiges d'un vaste cimetière franc découverts lors de la construction du nouveau souterrain du canal, attestent du séjour prolongé des Francs sur cette partie occidentale du territoire de Gouy.
Moyen Âge et Temps modernes vignette|alt=Carte postale en noir et blanc représentant un château-ferme imposant.|Godarville - Le Castia (château-ferme) vers 1930. L'histoire de Godarville, hameau de Gouy-lez-Piéton, se confond logiquement avec celle de ce village. À l'instar de ses des doyennés de Walcourt, Fleurus et Binche, la paroisse de Gouy est tenue de participer annuellement à la fête de Saint-Marc. C'est le qu'apparaît pour la première fois, dans les écrits, le nom de Gouy (Gaudiacus), cité comme paroisse récalcitrante par un décret de Notger, prince-évêque de Liège. De ses origines à 1559, la paroisse de Gouy relève du diocèse de Liège. À partir de 1559 - et ce jusqu'en 1803 - Gouy relève du diocèse de Namur.
« Le Castia », également appelé « Le château van der Beken », présente des restes archéologiques du . Il aurait possédé un gibet seigneurial. Converti en ferme, il conserve actuellement (en 2022) son aspect seigneurial. Un écusson en pierre bleue est gravé sur le dessus de la porte d'entrée. Il représente les armoiries de la famille van der Beken et porte cette inscription : À l'origine, le château comprenait un pont-levis, sept tourelles avec créneaux, une chapelle, une prison et un pilori. Lors de sa reconstruction au , sont mis au jour des vestiges tels que chapiteaux, meneaux de fenêtres, fût de colonne…. Le Castia est fréquemment cité dans les relations des campagnes militaires de Louis XIV. Au nord-ouest du Castia, existe un ermitage, occupé par Frère Henri Wauquez, s'adonnant à la menuiserie en 1710.
Époque contemporaine Bataille de Waterloo Le , après la déroute française qui suit la bataille de Waterloo, quelques fuyards cherchent à gagner leur patrie. En traversant Godarville, ils y sont dépouillés de leurs valeurs et de leurs vêtements par la population, dont la cruauté envers les vaincus est devenue légendaire. Il était aisé aux paysans munis de faux et de fusils d'attaquer les fuyards, voire de les mettre à mort en cas de résistance. Il leur était aussi facile de les héberger avant de les assassiner durant la nuit afin de s'emparer de leurs bijoux. Ces faits valent durant des décennies aux habitants de Godarville le surnom wallon de « mourdreux » (meurtriers). En 1832, lors du siège de la citadelle d'Anvers, des officiers français passant à Fayt s'enquièrent de la distance qui les sépare de Godarville, avançant qu'ils ont « un compte à régler avec les habitants de Godarville ». Jugeant le lieu trop éloigné, ils renoncent à leur projet.
L'indépendance de Godarville vignette|Godarville, alors hameau de Gouy-lez-Piéton en 1850 (carte Vandermaelen). Le hameau de Godarville est jusqu'en 1866 un hameau de Gouy-Lez-Piéton. Trois demandes successives de la part des Godarvillois sont nécessaires pour obtenir l'indépendance de leur hameau.
Première demande : la première demande d'indépendance date du . Une commission, composée de huit membres, est créée à cet effet. Les motifs avancés sont d'ordre démographique, géographique, administratif et religieux. Une grande distance sépare les deux églises (). La population de Godarville comprenant de à . Les chemins godarvillois sont en mauvais état, sans offrir d'accès à la gare de Gouy-lez-Piéton. Si quelques mètres sont pavés, c'est avec le rebut de pavés de marne de la commune. Une très minime partie est constituée de pavés de granit ou grès sauvage interdits sur les chemins. Des difficultés existent dans le rapport avec l'administration communale pour l'inscription des naissances, des décès, des enfants pauvres qui fréquentent l'école communale, rapport pour les mariages civils et pour obtenir le secours du bureau de bienfaisance. La prépondérance dans le conseil communal et dans le Bureau de bienfaisance engendre que les intérêts des habitants de Godarville sont presque toujours sacrifiés. Gouy-lez-Piéton possède deux belles écoles, où les garçons et les filles sont séparés, tandis que Godarville a pour école une ancienne salle de danse (salon Léopold Marcq). Garçons et filles se côtoient et, en guise de cour de récréation utilisent la place publique. Si à Gouy, un presbytère et une belle maison de vicaire existent, aucun bâtiment de ce type n'est présent à Godarville. Enfin, les ressources de la commune de Gouy sont d'environ , le Bureau de bienfaisance dispose d'un revenu annuel de environ. Comme le partage doit se faire selon la loi communale, cela donnerait à la nouvelle commune la possibilité de s'administrer facilement seule. La requête est présentée au conseil communal le . Cette demande est estimée, à l'unanimité, irrecevable..
Deuxième demande : les habitants reformulent leur demande le et déposent la requête au conseil provincial. La requête porte . Cependant, sont fausses, irrecevables ou d'une personne non concernée. Le conseil provincial, après sa délibération du , ne donne pas satisfaction aux Godarvillois. La commune de Gouy-lez-Piéton s’engage à mener les actions suivantes pour satisfaire les Godarvillois : la création d'un cimetière, d'un presbytère et de salles d'école, ainsi que le pavage des chemins. Seul le cimetière est réalisé en 1860.
Troisième demande : les Godarvillois, estimant être ignorés, déposent nouvelle une requête, cette fois, auprès du roi. À la suite de cette demande, le hameau des « Culots » dépose une requête pour être annexé par le village de Godarville en cas d'indépendance. Le le conseil communal de Gouy-lez-Piéton vote, à l'unanimité, la séparation du hameau de Godarville. Cependant, le hameau des « Culots » n'obtient pas gain de cause et demeure dépendant de la commune de Gouy. Les et , l’arrondissement de Charleroi reconnaît le bien fondé des demandes des Godarvillois. Charles Rogier, ministre de l'Intérieur, dépose à la chambre des représentants, le , un projet de loi ayant pour objet la séparation du hameau de Gouy-lez-Piéton. Le suivant, la chambre vote à l'unanimité le projet de loi. Le projet est transmis au Sénat et après délibérations, celui-ci vote, le suivant, le projet de loi par pour contre deux. La loi actant l'érection de la commune est promulguée le et publiée au Moniteur Belge le suivant.
Situation économique à la fin du XIXè siècle