Daniel Lefèvre Notice d'autorité personnelle., né le à Cherbourg et mort le à Caen, est un poète français contemporain.
Biographie Il est le fils d'André Lefèvre, salarié de l'arsenal de Cherbourg, et d'Esther Morin.
Il est le frère de la psychanalyste Madeleine Natanson (1927-2013).
Il vit son enfance dans le quartier du Roule à Cherbourg. Il en évoque les murs de schiste dans plusieurs poèmes :
Dès l'enfance, Daniel Lefèvre écrit des poèmes. Un poème de 1946 (il a alors neuf ans) fête la victoire des Alliés en Normandie… Ensuite, on trouve des poèmes de facture très classique, des "Vieux Coppées" ; on sent les influences successives des poètes qu'il découvre avec boulimie ; on passe de poèmes dédiés à José-Maria de Heredia, à une période parnassienne… À cette période, Daniel Lefèvre publie régulièrement des vers rimés dans La Lyre normande et reçoit même un prix. À l'adolescence, il rompt avec cette poésie classique et adopte les vers libresNote technique sur l'établissement des œuvres complètes, Toute la vie posée sur le tranchant des mots, Œuvres complètes (1953-2010), 2012..
Daniel Lefèvre fait des études littéraires à Caen et à Paris, au cours desquelles il rédige un mémoire sur Tristan Corbière. Agrégé de lettres classiques, il enseigne au lycée Malherbe de Caen et termine sa carrière comme professeur de lettres classiques en hypokhâgne dans ce lycée. Il y enseigne le latin et la littérature. L'originalité de son regard conduit à un enseignement de la poésie qui marqueVoir certains de ses commentaires de poèmes sur le site consacré à Daniel Lefèvre..
Il fait son service militaire dans la marine nationale à Hourtin puis à Paris, en 1962-1963, période qu'il évoque dans les poèmes assez noirs du Château pourrissant :
Sa poésie est influencée par ses devanciers (Guillevic, Cadou, sûrement ; Jean Follain, certainementIl figure ainsi parmi les poètes réunis par Max Pons : Autour de Jean Follain et de quelques autres, La Barbacane, 1991. ; Frénaud peut-être…) mais l'on entend surtout une voix bien particulière, une vibration singulière des mots une fois le livre refermé, des mots traversés de fêlures qui disent le vertige de vivre. Il évoque aussi Pierre Jean Jouve :
Il est l'un des treize poètes de Poésie autour de Caen (Éditions Rougerie, 1978), avec Christian Dorrière, François de Cornière. Il publie dans la revue La Corde raideVoir la présentation de Encore la Poésie par François de Cornière, La République de Seine-et-Marne, 11 décembre 1978. et correspond avec Pierre Autin-Grenier.
Ses courts poèmes sont pleins de fulgurances, des mille petits déchirements de l'instant.
Ou bien, au contraire, il nous entraîne vers des monuments, des permanences, des évidences. Mais les architectures ne sont pas celles que l'on croit. Ce sont des éléments isolés du paysage, des pierres et des arbres, l'angle d'un toit ou une source, qui font frémir l'espace, qui l'emprisonnent ou l'accomplissentQuatrième de couverture de Rencontres, Collection Encres Blanches, Encres Vives, 2003..
Son œuvre comprend de nombreux poèmes d'amour et des textes érotiques, mais sa poésie est traversée d'une angoisse. Il y établit des rapports subtils entre la quotidienneté, le temps et la mort.
Il a aussi écrit des poèmes accompagnant les dessins abstraits de Marie-Thérèse Lefèvre-Jacquet, son épouse : issus du , ces dessins griffonnés durant une conversation téléphonique sculptent l'espace et inspirent le poète.
Poète chrétien, c'est aussi un poète du doute : dans ses derniers poèmes, il interpelle un .
Une poésie amère et lumineuse accompagne la maladie et l'affaiblissement dans Vers l'autre rive du silence.
Il meurt d'un arrêt cardiaque en .
Œuvres Recueils Encore la poésie, La Corde Raide, 1978. En l'absence de toutes preuves, Laurence Olivier Four, 1982. Chemins faisant, collection La Main à la pâte, éditions Le Pavé, sans date. Transparents labyrinthes, La Main à la pâte, 1985 Rencontres, Collection Encres Blanches, Encres Vives, 2003. Toute la vie posée sur le tranchant des mots, Œuvres poétiques complètes (1953-2010), DN éditeur, 2012.
Participation Époque 63, numéro anthologique présenté par Serge Wellens, revue bimestrielle, Paris, mai-. Poésie autour de Caen, avec douze autres poètes, revue Poésie présente, Limoges, Éditions Rougerie, 1978. Les Cahiers du Val Saint Père, PenteCorde, 1979. Quand s'enchaînent les vers libres…, Guy Cavaillon, . Traveling light (Un léger bagage), Les Cahiers de l'Odon, 1982. À Caen la poésie ?, La Foire à bras, printemps-été 1983. Autour de Jean Follain et de quelques autres, La Barbacane, 1991. Entre deux nuits défaites, anthologie réalisée par Michel Cosem, Encres vives, . Richard Wilbur, Quintessence. Corpus poétique des années 1947 à 2004. Poèmes traduits de l’anglais (U.S.A.) par Jean Migrenne. Avant-propos de Daniel Lefèvre. Agneaux, Éditions du Frisson Esthétique, 2011.
Articles « L'illusion, un chemin vers la vérité », article paru dans la revue Imaginaire et Inconscient, , 2006, L'Esprit du Temps éditeur. : En analysant la pièce de Corneille L’illusion comique, on peut découvrir comment l’illusion théâtrale nous conduit à une vraie connaissance de soi et des autres et comment tragédie et comédie mêlées y contribuent. « Sur les pas de Raskolnikov », article paru dans la revue Imaginaire et Inconscient, , Les Figures du mal en littérature, , L'Esprit du Temps éditeur. : En l’ancrant solidement dans le Saint Pétersbourg du , Dostoïevski, à travers le personnage de Raskolnikov, pose le problème du mal, non en philosophe, mais en romancier. Pour lui le mal n’est pas d’abord une question qui appelle une réponse rationnelle, mais une donnée fondamentale de la condition humaine à laquelle on ne peut répondre que par une universelle pitié. « Montaigne et La Boétie : Deux images de l'amitié », article paru dans la revue Imaginaire et Inconscient, , 2007, L'Esprit du Temps éditeur. : Montaigne et La Boétie, grandes figures de l’amitié, ne se sont connus que les quatre dernières années de la vie de La Boétie. La comparaison des textes que l’un et l’autre ont consacrés à l’amitié, fait apparaître des attentes différentes. Le Discours de la servitude volontaire présente une vision politique, tandis que l’essai De l’amitié, se rapprochant plus de l’amour, idéalise une expérience vécue.D'après les résumés fournis par la revue Imaginaire et inconscient.
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Sources et références
Pour approfondir
Bibliographie
Liens externes
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