thumb|200px|Assassinat de Joseph Smith Plusieurs mouvements issus du mormonisme existent à côté de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Certains de ces mouvements se qualifient de « mormons » tandis que d’autres rejettent ce surnom. Ces mouvements ont leur propre doctrine et ne sont pas reconnus par l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.
La plupart de ces mouvements sont issus de la crise de succession ayant eu lieu après la mort en 1844 de Joseph Smith, fondateur de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Certains d’entre eux ont également connu des schismes à leur tour et plusieurs de ces mouvements existent encore de nos jours. Par ailleurs, plusieurs mouvements, généralement fondamentalistes, sont apparus au cours du créés par des dissidents de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ou par des personnes s'inspirant des doctrines du mormonisme.
Dissidences apparues du vivant de Joseph Smith
Mouvements apparus lors de la crise de succession Lorsque le fondateur de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Joseph Smith, fut assassiné le , l’Église connut une crise de succession. Joseph Smith n'ayant pas donné d'instructions suffisamment claires et acceptées par tous à ce sujet, une période de confusion s'installa. Durant cette période, plusieurs dirigeants du mouvement affirmèrent être les successeurs légitimes de Joseph Smith et tentèrent de prendre en main la direction de l'Église. Leur rivalité conduisit à l'éclatement du mouvement en plusieurs factions, menées avec plus ou moins de succès par leurs dirigeants respectifs. La majorité des mormons suivit le Collège des douze apôtres et son président Brigham Young. Certains de ces mouvements ont depuis disparu, d’autres existent encore aujourd’hui.
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Brighamites thumb|100px|Brigham Young En 1844, Brigham Young (1801-1877) était le président du Collège des douze apôtres. Les douze apôtres étaient initialement des représentants « voyageurs » de l’Église dans les régions où celle-ci n’était pas encore organisée de façon régulière, ce qui faisait de l'œuvre missionnaire leur tâche primordiale. Le Collège des douze apôtres avait une autorité égale à celle de la Première Présidence, mais il en était de même pour le Grand Conseil et le Collège des Soixante-Dix (D.A. 107:21-26), ce qui rendait la situation confuse. Cependant, Joseph Smith avait confié un rôle de plus en plus important au Collège des douze apôtres au cours des dernières années avant sa mort et avait enseigné que le Collège des douze apôtres était l’autorité suprême de l’Église après la Première PrésidenceÉgalement dans la référence suivante : Le président Joseph Smith, étant maintenant arrivé, se mit en devoir d’exposer longuement à la conférence le but de leur présente réunion et, outre ce que le président Young avait dit le matin, que le moment était venu d’appeler les Douze à prendre leur place après la Première Présidence (...) :
Je me mis ensuite à expliquer la question du devoir des Douze et leur autorité, qui vient immédiatement après la présidence actuelle (...) en outre, les Douze ne sont soumis à personne d’autre qu’à la Première Présidence, c’est-à-dire « moi-même, dit le prophète, Sidney Rigdon et Frederick G. Williams », qui sont maintenant mes conseillers, et là où je ne suis pas, il n’y a pas de Première Présidence au-dessus des Douze.
En s'adressant aux membres du Collège des douze apôtres, en , trois mois avant sa mort : Je transfère le fardeau et la responsabilité de la direction de cette Église de mes épaules aux vôtres. Maintenant, redressez les épaules et endossez-le comme des hommes ; car le Seigneur va me laisser me reposer un certain temps.
À propos du moment où il apprit la mort brutale de Joseph Smith, Brigham Young raconte : « La première chose à laquelle je pensais fut de savoir si Joseph avait emporté avec lui les clefs du royaume ». Cependant il réagit rapidement en affirmant : « Les clefs du royaume sont précisément ici avec l'Église »Manuscript History of Brigham Young, 1801–1844, comp. Elden Jay Watson (1968), 171, LDS Church Archives, impliquant que le Collège des douze apôtres se devait de prendre en main la direction du mouvement. La plupart des apôtres suivirent Brigham Young dans sa démarche, ainsi que bon nombre de dirigeants.
Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
La mort de Joseph Smith survenue le ayant suscité une crise de succession, une conférence générale fut tenue six semaines plus tard, le . Au cours de la conférence, Brigham Young se prononça contre les prétentions de Sidney Rigdon, le premier conseiller du prophète décédé, qui voulait se faire nommer « tuteur » de l’Église. Selon lui, Sidney Rigdon avait perdu toute autorité à la suite de la mort du prophète : « Elder S. Rigdon affirme être le porte-parole de Joseph. Il l'est, très bien. Mais comment peut-il agir à présent dans cet office ? S'il désire être à présent le porte-parole du prophète, il doit aller de l'autre côté du voile, puisque le prophète s'y trouve. Mais Elder Rigdon est ici. »Wilford Woodruff’s Journal, volume 2, p. 436–37
Brigham Young affirma que personne ne pourrait jamais remplacer Joseph Smith, mais que le Collège des douze apôtres avait toutes les « clefs de la prêtrise » que celui-ci possédait. En conséquence, il invita l'assemblée à désigner ce collège comme l'autorité suprême de l'Église. Plusieurs partisans de Brigham Young affirmèrent par la suite que celui-ci avait l'apparence et la voix de Joseph Smith pendant son discoursReid L. Harper, The Mantle of Joseph: Creation of a Mormon Miracle, Journal of Mormon History 22 (2): 35–71, 1996.
L’assemblée soutint alors la proposition par un vote majoritaire, confiant la direction de l'Église au Collège des douze apôtres. La majorité des membres se rangea par la suite à cette décision. Selon l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, le choix de ceux qui suivirent Brigham Young et le Collège des douze apôtres est conforté par deux déclarations de Joseph Smith : Mes frères, souvenez-vous que la majorité de ce peuple ne s'égarera jamais. Aussi longtemps que vous restez avec la majorité, vous êtes assurés d'entrer dans le royaume céleste. Je vais vous donner une clef qui ne rouillera jamais : si vous demeurez avec la majorité des douze apôtres et avec les écrits de l'Église, vous ne serez jamais égarés.
Brigham Young mena l’exode de l’Église vers la vallée du lac Salé, dans les montagnes Rocheuses, ce qui réalisait une prophétie de Joseph SmithJoseph Smith, le 6 août 1842 : « J’eus une conversation avec un certain nombre de frères à l’ombre du bâtiment au sujet de nos persécutions au Missouri et des ennuis constants qui nous suivent depuis que nous avons été chassés de cet État. Je prophétisai que les saints continueraient à souffrir beaucoup d’afflictions et seraient chassés dans les montagnes Rocheuses, que beaucoup apostasieraient, que d’autres seraient mis à mort par nos persécuteurs ou mourraient de froid ou de maladie, et certains d’entre vous vivront pour aller aider à fonder des colonies et à construire des villes et voir les saints devenir un peuple puissant au milieu des montagnes Rocheuses » (History of the Church, vol. 5, p. 85).. Les mormons y fondèrent Salt Lake City (Utah). En 1847, Brigham Young organisa une nouvelle Première Présidence et devint le nouveau président de l'Église.
Le massacre de Mountain Meadows eut lieu le , lorsque 50 à 60 miliciens mormons locaux du sud de l’Utah, accompagnés d’alliés amérindiens, massacrèrent quelque 120 émigrants qui se rendaient avec des chariots en Californie. Ce crime, qui n’épargna que 17 enfants de six ans et moins, se produisit dans une vallée de montagne appelée Mountain Meadows, à environ 55 kilomètres au sud-ouest de Cedar City. Il eut lieu dans le contexte de la guerre de l'Utah, un conflit entre des mormons et le gouvernement fédéral des États-Unis.
Église de Sion (Godbéite) thumb|100px|William S. Godbe (1833-1902) fut converti en 1850 par (1807-1857), alors missionnaire mormon en Grande-Bretagne. Il émigra en Utah en 1851 où il devient un homme d'affaires. En 1868, Godbe et plusieurs autres mormons émirent des critiques contre la politique économique imposée par Brigham Young, président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et gouverneur de l'Utah. Leur opposition conduisit finalement à leur excommunication le .
Souhaitant réformer l'Église, Godbe était convaincu que des réformes politiques étaient d'abord nécessaires afin de mettre un terme au mandat de Brigham Young comme gouverneur de l'Utah. En , il contribua à la fondation du Parti libéral d'Utah (Liberal Party of Utah) qui présenta des candidats aux élections contre ceux soutenus par l'Église.
En 1870, Godbe et ses amis fondèrent l'« Église de Sion » (aussi connue sous le nom d'« Église Godbéite »). Délaissant une partie des doctrines mormones, le mouvement s'ouvrit au spiritualisme et au mysticisme, populaires aux États-Unis à la fin du . Cette Église ne rencontra pas suffisamment de succès et se désagrégea dans les années 1880.
Joséphites vignette|Joseph Lors de la mort de Joseph Smith, William Marks (1792-1872) était le président du Grand Conseil dirigeant les congrégations du mouvement, ce qui faisait de lui un successeur potentiel. Emma Smith, la femme du prophète décédé, soutint la candidature de Marks. Le , un groupe de dirigeants fut sur le point de désigner Marks comme le nouveau président de l’Église mais l’apôtre William Richards obtint le report de cette désignation, le temps que Brigham Young pût rentrer à Nauvoo. Celui-ci ainsi que plusieurs apôtres craignaient que Marks ne mît fin au mariage plural (polygamie), ordonnance qu’ils considéraient cruciale pour l’au-delà.
Marks préféra ne pas poursuivre ses prétentions et soutint alors celles de Sidney Rigdon, le premier conseiller du défunt prophète. Celui-ci ne put s’imposer et Marks quitta Nauvoo en . Il rejoignit quelque temps James Strang qu’il quitta vers 1855 pour s’associer à d’autres mormons rejetant Brigham Young : Zenas H. Gurley, Jason W. Briggs et William W. Blair. Ensemble, ils conclurent que le seul successeur légitime de Joseph Smith ne pouvait être que son fils aîné, Joseph Smith III, et que l’Église devait être réorganisée autour de lui.
Communauté du Christ vignette|Temple de la Communauté du Christ (Independence, Missouri) En 1860, Marks et ses amis réussirent à convaincre Joseph Smith III de prendre la tête de leur mouvement, rassemblant plusieurs congrégations d’obédience mormone, sous le nom d’"Église Réorganisée de Jésus-Christ des saints des derniers jours". Lors de la conférence d’, Joseph Smith III fut ordonné président de la haute prêtrise.
Au cours du XXe siècle, l'Église réorganisée de l'époque a connu ce que certains chercheurs ont qualifié de « Réforme RLDS », au cours de laquelle les dirigeants de la confession se sont orientés vers la pensée religieuse protestante traditionnelle. Une révélation présentée par Wallace B. Smith en 1984 a décrété la construction du Temple de l'Indépendance et l'ordination des femmes au sacerdoce .
Ces évolutions provoquèrent l'apparition de mouvements dissidents conservateurs, tels : l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours du rétablissement (Restoration Church of Jesus Christ of Latter Day Saints), organisée en 1991 par le soixante-dix M. Norman Page, affirmant avoir reçu deux révélations divines. l'Église de Jésus-Christ rétablie en 1830 (Church of Jesus Christ Restored 1830), apparue dans les années 1980 sous la direction du soixante-dix Nolan W. Glauner et officiellement organisée en 2000. l'Église restante de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Remnant Church of Jesus Christ of Latter Day Saints), créée en 2000 et dirigée par un descendant de Joseph Smith.