La Guerre du feu est un film d'aventures préhistorique et imaginaire franco-canadien réalisé par Jean-Jacques Annaud, sorti en 1981. C'est une adaptation du roman éponyme publié en 1909 par J.-H. Rosny aîné.

Synopsis Au Paléolithique, la tribu des Oulhamr connaît l'usage du feu et sait le conserver mais pas le produire. Les membres de la tribu des Wagabou envahissent le territoire des Oulhamr et une bataille éclate. Les Wagabou sont représentés comme des sauvages proches de l'animalité, couverts de poils, dont rien n'indique qu'ils maîtrisent un outillage avancé ou le feu, et dont la langue est à l'évidence très rudimentaire. Malgré tout, ce sont eux qui gagnent grâce à l'avantage du nombre, leur force brutale et leurs ruses stratégiques. Une poignée d'Oulhamr réussit à s'enfuir, en laissant en chemin les blessés. Le gardien du foyer s'enfuit lui aussi avec un peu du feu (le reste a été volé par les Wagabou), mais après avoir retrouvé les survivants de la tribu, le peu de braise incandescente finit par s'éteindre. Sans feu, les voilà condamnés à mourir de froid et de faim. Les Oulhamr décident d'envoyer trois de leurs plus braves chasseurs à la recherche du feu : Naoh (Everett McGill), Amoukar (Ron Perlman) et Gaw (Nameer El-Kadi). Au cours de leur périple, ils rencontreront plusieurs espèces de bêtes sauvages, dont des tigres à dents de sabre, ainsi que d'autres espèces humaines primitives.

Les trois Oulhamr entrent d'abord dans le territoire des Kzamm, une tribu qui ne dédaigne pas de capturer des membres de la tribu des Ivaka pour les manger et dont la présence leur est révélée par le feu autour duquel elle se rassemble. Naoh réussit à le leur voler, mais il est blessé en se battant contre deux d'entre eux. Il rejoint Gaw et Amoukar. Une jeune femme appelée Ika (Rae Dawn Chong), une prisonnière Ivaka qui s'est enfuie avec Naoh, les rejoint, cherchant leur protection.

Chemin faisant, Ika se rend compte qu'elle est près de chez elle. Elle essaie de persuader les trois Oulhamr de l'accompagner, mais l'absence d'une langue commune ou une méfiance instinctive les poussent à poursuivre sur le chemin du retour auprès des leurs. Quand Ika les quitte le matin suivant, Naoh se sent très troublé car il ne peut s’empêcher de penser à elle. Il revient en arrière, suivi de Gaw et d'Amoukar malgré leur réticence. Naoh quitte les autres pour aller en éclaireur dans le village mais est capturé par les Ivaka.

Au début, on lui fait subir des brimades et plusieurs formes d'humiliation, mais finalement les Ivaka l'acceptent et lui montrent leurs techniques. Leur tribu est la plus avancée qui nous soit montrée. Ils sont arrivés à l'étape de l'art (peinture sur le corps, cabanes, ornements, poterie primitive) et ce qui est plus important, ils maîtrisent les techniques de production de feu. Quand on apprend à Naoh comment l'allumer, il est bouleversé puis se sent transporté de joie ; sa vie est changée pour toujours.

Inquiets, Gaw et Amoukar vont à la recherche de Naoh et sont capturés eux aussi. Pendant les épreuves qu'on leur fait subir, ils se rendent compte à leur stupéfaction qu'un de ceux qui y participent est Naoh, qu'au départ ils n'avaient pas reconnu puisque son corps est maintenant couvert de peinture comme les Ivaka. Pendant la nuit Gaw et Amoukar s'enfuient, en assommant Naoh pour l'emmener avec eux. Se rendant compte qu'elle aime Naoh, Ika suit le trio et l'aide à s'enfuir.

Sur le chemin du retour, le quatuor doit se battre contre une ourse. Gaw est sérieusement blessé dans sa lutte contre l'animal, mais il réussit à s'enfuir. Les trois autres membres du groupe le retrouvent et Amoukar le porte sur ses épaules. Puis ils doivent affronter Aghoo (Franck-Olivier Bonnet) et ses deux frères, restés à proximité du clan dans le but de leur subtiliser le feu afin de s'attribuer le prestige de la découverte auprès du clan. Alors qu'ils ne disposent que de leurs épieux rudimentaires, Naoh et Amoukar parviennent à les tuer à distance à l'aide des propulseurs de sagaies pris chez les Ivaka.

Alors qu'ils sont sur le point de rejoindre la tribu des Oulhamr, celui qui était chargé de porter le feu tombe à l'eau, et le feu s'éteint. Naoh essaie d'en allumer un nouveau en utilisant quelques brindilles, des excréments et des herbes sèches. Plusieurs essais échouent, mais Ika prend les choses en main, en frottant soigneusement ensemble les brindilles sèches. Dès qu'une petite braise est allumée, la tribu se sent tellement submergée de joie qu'elle reste silencieuse. Finalement, Ika et Naoh découvrent qu'Ika est enceinte de leur enfant. Naoh caresse le ventre d'Ika en regardant la couleur brillante de la lune, laissant les spectateurs espérer qu'ils auront peut-être une postérité.

Fiche technique

Titre français original : La Guerre du feu Réalisateur : Jean-Jacques Annaud, assisté de Dominique Cheminal Scénario : Gérard Brach, d'après le roman homonyme de J.-H. Rosny aîné, La Guerre du feu Directeur de la photographie : Claude Agostini Costumes : Penny Rose, John Hay Maquillages Spéciaux : Christopher Tucker, John Caglione Montage : Yves Langlois Musique : Philippe Sarde Affiche : Philippe Druillet Conseillers : Anthony Burgess pour le langage, Desmond Morris pour le comportement Production : Véra Belmont pour Belstar Production, Jacques Dorfmann pour Stéphan Films (France) ; Denis Héroux et John Kemeny pour Famous Players, International Cinemedia Centre Ltd., Banque Royale du Canada et Ciné Trail (Canada) Société de distribution : AMLF (France), Astral Films (Canada) Pays de production : 50 % , 50% Langue originale : français (langue de tournage) ; Langue imaginaire (audio du film) Budget : (estimation) Durée : 96 minutes (1h36) Genre : Liste de fictions préhistoriques, aventures Dates de sortie : France : Canada :

Distribution Everett McGill : Naoh Ron Perlman : Amoukar : Gaw (crédité sous le nom de Nameer El-Kadi) Rae Dawn Chong : Ika

Tribu Oulhamr Gary Schwartz : Rouka Naseer El-Kadi : Nam Franck-Olivier Bonnet : Aghoo Jean-Michel Kindt : Lakar Kurt Schiegl : Faum Brian Gill : Modoc Terry Fitt : Hourk Bibi Caspari : Gammla Peter Elliott : Mikr Michelle Leduc : Matr Robert Lavoie : Tsor Joy Boushel : Sura

Tribu Ivaka Mohamed Siad Cockei : Ota Otarok Tarlok Sing Seva : Tavawa Lolamal Kapisisi : Firemaker Hassannali Damji : le vieil homme dans l'arbre

Tribu Kzamm Antonio Barichievich Jacques Caron Adrian Street Jean-Pierre Gagné George Buza

Tribu Wagabu Rod Bennett Jacques Demers Michel Drouet Michel Francoeur Charles Gosselin Bernard Kendall Benoit Levesque Joshua Melnick Jean-Claude Meunier Alex Quaglia

Production Une première adaptation cinématographique du roman de J.-H. Rosny aîné fut réalisée en 1914 par l'acteur et réalisateur Georges Denola.

Le film est au départ une coproduction franco-canadienne, profitant des nouvelles dispositions fiscales fédérales canadiennes d'alors. S'y adjoindront d'autres productions américaines et diverses européennes.

Le langage Oulhamr parlé par les membres des trois tribus d'Homo sapiens a été inventé par le linguiste Anthony Burgess (L'Orange mécanique). Même si les dialogues ne sont pas intelligibles, ils ont pourtant été conçus de manière réfléchie. Anthony Burgess est parti de l'idée que la multitude de langues actuelles proviendrait de très peu de langues qui en seraient une fusion. Les dialogues du film sont alors conçus à partir d'une langue inventée par Burgess réunissant l'anglais, le français, l'italien, le portugais...

La musique de Philippe Sarde a une grande importance dans la dramaturgie du film, elle contribue à l'ambiance d'aventure épique et accompagne le film dans sa quasi-totalité. Enregistrée à Londres au studio Abbey Road par le London Symphonic Orchestra (LSO) au grand complet, auquel sont ajoutés les Percussions de Strasbourg (neuf percussionnistes, une chorale de 35 choristes, Michel SanvoisinMichel Sanvoisin sur IMDB. à la flûte à bec et SyrinxSyrinx site officiel. à la flûte de Pan.)

Accueil Accueil critique L'année de sa sortie au États-Unis, Roger Ebert affirme qu'on est captivé par la quête que mènent les personnages.

En 1982, New York Times écrivait que le film était à la fois une leçon de science, un drame touchant et drôle plein de suspense. De son côté, The New Yorker nuance sa critique trouvant que le scénario accumulent les incohérences et les maladresses.

En 2001, Chicago Tribune expliquait qu'à mesure que l'on regarde le film, on se prend au jeu de savoir si ce que l'on voit a réellement eu lieu.

En 2007, Télérama qualifiait le film d'envoutante épopée et le magazine allemand Cinema le décrit comme un thriller évolutif, visuellement époustouflant et renforcé par la crédibilité du jeu des acteurs.

En 2014, Première rappelait que le film fut un véritable coup de poker de son réalisateur.

En 2017, Le Lexicon of International Film parle d'un film d’aventure soigneusement conçu, excitant et stimulant », qui ne laisse pas indifférents avec ses scènes de violence crues.

En 2018, Le Journal de Montréal affirme qu'après 35 ans, l'œuvre de Jean-Jacques Annaud n'a rien perdu de sa beauté.

En 2021, Ouest-France trouve l'ensemble du film aussi fascinant que passionnant.

Box-office La Guerre du feu connaît un succès commercial à sa sortie. En France, le film totalise en fin d'exploitation, dont sur Paris., ce qui lui vaut de se hisser à la cinquième place du box-office l'année de sa sortie.

Aux États-Unis, le long-métrage totalise de recettes..

Distinctions Source : Internet Movie Database

Récompenses César 1982 : meilleur film et meilleur réalisateur Saturn Awards 1982 : meilleur film international Oscar 1983 : meilleurs maquillages Prix Génie 1983 : meilleure actrice pour Rae Dawn Chong, meilleurs costumes pour John Hay, meilleur montage sonore, meilleur son BAFA 1983 : meilleurs maquillages et coiffures

Nominations César 1982 : meilleur scénario original ou adaptation pour Gérard Brach, meilleure musique pour Philippe Sarde, meilleure photographie, meilleurs décors Prix Génie 1983 : meilleur film, meilleur acteur dans un film étranger pour Ron Perlman Golden Globes 1983 : meilleur film en langue étrangère

Postérité Le film d'aventures préhistoriques italien La Guerre du fer (La guerra del ferro) d'Umberto Lenzi est parfois considéré comme un remake de La Guerre du feu.

Analyse Réalité scientifique

[Voir aussi, dans l'article consacré au roman, la section : « Réception, vraisemblance et véracité scientifique » qui aborde ce sujet sous un autre éclairage, mais avec des conclusions convergentes].

La promotion du film mit en avant que rien dans le scénario n'était contraire aux connaissances scientifiques de l'époque. Toutefois il y a beaucoup de divergences, parfois profondes, avec les connaissances acquises au moment de la réalisation du film.

l'action est située il y a et associe des espèces humaines non contemporaines, dans des forêts décidues évoquant l'Europe. Les Oulhamr et les Kzamm (qui présentent des traits anatomiques évoquant les Néandertaliens), et les Ivaka (qui ressemblent quant à eux à des Homo sapiens) sont associés à une autre espèce supposée éteinte à cette époque, Homo erectus (Wagabou) ; l'importance du feu comme agent de survie du groupe qui protège du froid et éloigne les bêtes féroces relève peut-être plus du cliché et de l'imagination conditionnée que de la réalité préhistorique : le genre Homo est apparu il y a entre 3 et 2,5 Ma et ses représentants ont survécu sans feu jusqu'à il y a environ , y compris dans une Europe au climat bien plus rude qu'aujourd'hui ; [voir l'article détaillé Domestication du feu, notamment sa section : « Datation », où l'on voit que des utilisations sporadiques plus anciennes sont attestées] ;