Le Parti communiste du Québec (PCQ-PCC) est un parti politique provincial québécois marxiste-léniniste, issu de la tradition communiste internationale et lié historiquement au Parti communiste du Canada. Il est reconnu comme un parti électoral de 1965 à 2003, puis de nouveau depuis 2023. Son chef actuel est Adrien Welsh.
Le parti mets de l'avant des revendications immédiates parmi lesquelles figurent la nationalisation des secteurs clés de l’économie, la réduction de la semaine de travail à 32 heures, le renforcement des services publics et des droits syndicaux, le salariat des médecins, la gratuité de l’éducation, ainsi que l’élargissement et la démocratisation d’Hydro-Québec. Sur le plan international, le parti inscrit son action dans une perspective d’anti-impérialisme et d’internationalisme prolétarien, en s’opposant notamment à l’impérialisme des États-Unis et de l’OTAN.
Héritier de l’organisation fondée dans les années 1920 par les militants du Parti communiste du Canada à Montréal, l’organisation considérée comme séditieuse est interdite par les gouvernements du Québec en 1937 et du Canada en 1941. Le parti est connu sous le nom du Parti ouvrier progressiste de 1941 à 1959. Fondé comme parti électoral provincial en 1965, il perd son autorisation en 2003 dans la foulé de la création de l'Union des forces progressistes. Il retrouve son autorisation en 2023.
Histoire Développement initial du Parti communiste au Québec
Le Parti communiste du Canada (PCC) établit une présence organisée au Québec dès 1922, avec la fondation du district communiste no 2 à Montréal par des militants issus du Montreal Labour College, parmi lesquels figurent Sydney Sarkin, Bella Gauld, Becky Buhay, Annie Buller et Michael Buhay.
Le parti présente son premier candidat dans la province lors des élections fédérales canadiennes de 1926, dans la circonscription montréalaise de Cartier..
En , la section québécoise du PCC lance Clarté, son premier organe officiel en langue française. Cette publication traite notamment de l’assurance chômage, du droit de vote des femmes ainsi que des restrictions à la liberté d’association et d’expressionGregory S. Kealey, Reg Whitaker, 'RCMP Security Bulletins: The Depression Years, Part II, 1935, .. Clarté est rapidement interdit en vertu de la Loi du cadenas, adoptée par le gouvernement de Maurice Duplessis en 1937 pour réprimer les activités perçues comme subversives.
En 1943, lors d'une élection partielle, Fred Rose est élu député de Cartier sous la bannière du Parti ouvrier progressiste (P.O.P.), nom légal du PCC durant cette période. Réélu en 1945, il est arrêté en 1946 sous l'accusation d'espionnage au profit de l’Union soviétique, condamné à une peine de prison, puis exilé en Pologne à sa libération.
La même année, Gui Caron accède à la direction provinciale du P.O.P., qu’il quitte en 1956 à la suite des remous internes provoqués par le rapport Khrouchtchev.
La Loi du cadenas est déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême du Canada en 1957.
Parti de Samuel Walsh En , le Comité national du Parti communiste du Canada annonce la tenue d'un congrès à l'automne pour la fondation d'un parti provincial au Québec. Le est créé officiellement le Parti communiste du Québec, un parti provincial reconnu par le Directeur général des élections du Québec.. Samuel Walsh sera le chef du parti jusqu'en 1990. Dès sa création, le parti communiste du Québec reconnaît le droit à l’autodétermination nationale du Québec et l’autodétermination des premières nations du QuébecSamuel Walsh, « La scène québécoise », Combat, avril 1967, .. Il considère la nationalisation de l'électricité comme le point culminant de la Révolution tranquilleSamuel Walsh, « Décès de l'équipe du tonnerre », Combat, 22 août 1969, vol.4, ..
Le parti présente ses premiers candidats aux élections générales québécoises de 1966 en juin, mais ils n'obtiennent que peu de voix. En , le parti adopte sa position officielle sur la question nationale du Québec, il propose une nouvelle constitution qui permettra un pacte avec la nation canadienne sur un pied d'égalitéSamuel Walsh, « Cette tendance à confondre les notions de souveraineté et de séparation », Combat, 11 avril 1969, vol.4, .. Le parti critique fortement les nouvelles lois du Gouvernement Jean-Jacques Bertrand visant les organisations syndicales en 1968Samuel Walsh, « Gare au corporatisme au Québec », Combat, 14 novembre 1969, . Samuel Walsh, « Comment battre la loi anti-manifestations », Combat, 12 décembre 1969, .et milite contre le règlement interdisant les assemblées publiques et les manifestations de la ville de Montréal en 1969Samuel Walsh, « Pourquoi dissoudre l'AGÉUM ? », Combat, 28 février 1969, .. Le parti tient son 3e congrès national au début de 1970 et appuie le projet de Loi 62 voulant imposer à toute l'île de Montréal des commissions scolaires unifiées, laïques et neutresSamuel Walsh, « Bill 62 - Lettre ouverte au premier ministre et à tous les députés », Combat, 13 mars 1970, ..
En , le parti donne son appui au Front commun intersyndical et aux manifestations des étudiants de l'Université McGill contre l'implication américaine dans la Guerre civile cambodgienne et la fusillade de l'université d'État de KentSamuel Walsh, « Nouveau tournant pour la classe ouvrière au Québec», Combat, 29 mai 1970, .. À l'été 1970, le parti communiste du Québec entame des négociations avec le Front d'action populaire (FRAP), un parti politique municipal d'opposition au maire Jean DrapeauSamuel Walsh, « Baissez le drapeau des riches», Combat, 11 septembre 1970, ..
La Crise d'Octobre de 1970 entraine avec elle la Loi sur les mesures de guerre. Le parti dénonce les mesures du gouvernement et le terrorisme du Front de libération du Québec (FLQ)Samuel Walsh, « Vers l’authentique unité des deux nations », Combat, juin 1963, .Samuel Walsh, « Société juste servie à la Trudeau», Combat, 24 décembre 1970, .. En , Jeannette Walsh participe à une série de conférences pour défendre l'idée de l'autodétermination du Québec. En 1975, le parti soutient que la Commission Cliche a entraîné des sanctions qui ont soumis le mouvement syndical à l'État. Lors du référendum sur la souveraineté du Québec, en 1980, bien qu'il s'opposait au camp du Non, le PCQ n'a pas appelé directement à soutenir le camp du Oui lors du référendum de 1980, proposant plutôt une question alternative à celle du Parti québécois qui met de l'avant la nécessité de former un état national puis former un pacte avec le Canada sur un pied d'égalité.
Histoire du parti après la chute des régimes communistes en Europe
La chute des régimes communistes en Europe entre 1988 et 1992 déclenche une période de crise et de transformation au sein du Parti communiste du Canada qui affecte ses liens avec le Parti communiste du Québec. Deux lignes politiques s'affrontent, la ligne modérée et réformiste du chef George Hewison et la ligne orthodoxe de réaffirmation du marxisme-léninisme des militants Miguel Figueroa, Elizabeth Rowley et de l'ancien chef du parti William Kashtan.
En , le Parti communiste du Canada collabore avec des membres du Groupe communiste ouvrier (GCO), un groupe originellement d’allégeance maoïste basé au Québec dont les membres sont issus pour la plupart de l’ancien Parti communiste ouvrier du Canada, pour publier un périodique d'actualité en langue française: La Nouvelle Forge.. Ensemble, ils établissent un bureau sur l'avenue De Lorimier pour reconstruire la base du parti au Québec avec l'aide du GCO.. À la fin de 1998, le GCO est dissous et plusieurs de ses membres s'allient officiellement à un petit groupe de militants d’origine grecque pour remettre sur pied la section du PCC au Québec. En le PCQ revient officiellement au sein du PCC.
En 2002, le Parti de la démocratie socialiste, le Rassemblement pour l'alternative progressiste et le PCQ concluent une entente de principe qui servira ensuite de base à la création de l'Union des forces progressistes (UFP). L'UFP fusionna à son tour, quelques années plus tard, en 2006, avec le mouvement politique Option citoyenne afin de former le parti Québec solidaire (QS).
En , une fraction nationaliste du PCQ dirigée par l'ancien chef André Parizeau tente de couper les liens du Parti communiste du Québec avec le Parti communiste du CanadaParti communiste du Québec, Échec de la tentative du groupe de Parizeau de prendre le contrôle du PCQ, 15 juillet 2005 . Ce groupe procède à l'expulsion de plusieurs membres clés puis tente de changer plusieurs dispositions des Statuts et du Programme par rapport à l'implication syndicale, la place du parti au sein de l’Union des forces progressistes (UFP), le contrôle éditorial du journal et la collégialité au sein de la direction du Parti. Le Comité central du Parti communiste du Canada expulse les anciens dirigeants André Parizeau, Pierre Klépock et Kenneth Higham. Dans le même temps, il réadmet les membres du Comité exécutif national du PCQ qui ont été expulsés par cette faction dissidente.
Depuis le schisme, le Parti communiste du Québec, tout en réclamant une certaine indépendance à titre de section, s'est considérablement rapproché du Parti communiste du Canada principalement dans l'organisation des élections fédérales. Le chef du parti communiste du Québec, Pierre Fontaine fut d’ailleurs élu membre de l'exécutif du comité central du Parti communiste du Canada lors du du parti en http://communist-party.ca/wp-content/uploads/2014/02/37th-Convention-Final-Documents.pdf Documents of the 37th Convention Communist Party of Canada..
Le , le Parti communiste du Canada et la Coalition BDS-Québec annoncent qu'ils poursuivent la ville de Montréal devant la Cour du Québec. La ville a, selon eux, violé leurs droits constitutionnels et la liberté d'expression des militants en arrachant des pancartes de BDS-Québec et du Parti communiste du Canada durant la campagne électorale de 2015..
Le , Pierre Fontaine, chef du PCQ-PCC depuis 2005, décède des suites d'une crise cardiaque.. Adrien Welsh, membre du Comité national, est alors élevé au poste de Secrétaire national par intérim., en vue de le remplacer, et, officiellement élu à ce titre, à la suite de la deuxième partie et clôture du du PCQ-PCC, tenue en personne le , la première partie ayant eu lieu le de façon virtuelle, en raison de la pandémie de Covid-19.
Le parti a dénoncé la complicité du Canada dans les massacres perpétrés par Israël à Gaza en 2023 et 2024.. Le Parti a tenu son Congrès à Montréal le 25 et en présence de la consule générale de Cuba à Montréal et des représentants du Parti communiste de Colombie, de l'Organisation du Parti communiste libanais-Montréal, ainsi qu'avec la cheffe du Parti communiste du Canada, Elizabeth Rowley..
Participations aux élections provinciales Le Parti communiste du Québec a participé à neuf élections générales québécoises de 1966 à 1998 et y a obtenu des résultats ne dépassant jamais 0,05 %.
Le Parti ne présente plus de candidats aux élections provinciales québécoises depuis 1998 et a travaillé de concert avec Québec solidaire. En 2018 suivant la jonction entre Québec Solidaire et Option Nationale, le Parti cessa son association avec Québec Solidaire .. Le parti a perdu son accréditation du DGEQ en 2003, mais l'a regagné en https://www.electionsquebec.qc.ca/partis-et-autres-entites-politiques/partis-politiques/fiche-du-parti/99318/99318/.
Élection générale québécoise de 1966 Élection générale québécoise de 1976 Élection générale québécoise de 1981 Élection générale québécoise de 1985 Élection générale québécoise de 1989 Élection générale québécoise de 1994 Élection générale québécoise de 1998
Résultats électoraux