Dietrich von Choltitz (se prononce kɔltits) est un allemand de la Seconde Guerre mondiale, né le à Wiese Gräflich, arrondissement de Neustadt-en-Haute-Silésie (province de Silésie) et mort le à Baden-Baden en Allemagne de l'Ouest.
Il a en particulier commandé le d’armée en Normandie puis a été très brièvement gouverneur militaire du « Grand Paris » (Groß Paris) au moment de la libération de la ville en . Notamment par son livre de mémoires, il s'est présenté comme le « sauveur de Paris » car il n'aurait pas obéi aux ordres d'Hitler demandant la destruction de la ville. Mais plusieurs recherches d'historiens dans les années 2000 et 2010 prouvent que ce sont plutôt les circonstances qui l'ont empêché d'obéir à ces ordres de destruction.
Il a été emprisonné dans un camp pour officiers généraux dès en Angleterre, où ses conversations ont été écoutées. Il avait été décoré de la croix de chevalier de la croix de fer en 1940.
Biographie Formation et premières expériences Dietrich von Choltitz est né dans le à quatre kilomètres de Prudnik dans le sud-ouest de la Pologne actuelle. Son père, Hans, est colonel de l'armée impériale, commandant du , qui va combattre en Flandres pendant la Première Guerre mondiale. Sa mère a pour nom de jeune fille Gertrud von Rosenberg. Son oncle, va être gouverneur militaire de Silésie (Generallandschaftspräsident) de 1907 à 1920.
En 1907, à l'âge de 13 ans, Dietrich von Choltitz est envoyé par son père à l'école des cadets de Dresde, capitale du royaume de Saxe. Il sert comme page à la Cour royale.
Il a 19 ans quand éclate la Première Guerre mondiale en 1914. Il est affecté au d'infanterie du prince Jean-Georges de Saxe et sert comme aspirant. Blessé à trois reprises durant le conflit, il le termine au grade de Leutnant (sous-lieutenant).
Il reste dans la Reichswehr à l'époque de la république de Weimar et devient Hauptmann (capitaine) de cavalerie en 1929. Il est promu Major (commandant) en 1937 et commande le du d'infanterie « Oldenburg », dans la . Il est promu Oberstleutnant (lieutenant-colonel) en 1938.
Seconde Guerre mondiale Pologne et Pays-Bas gauche|vignette|redresse|Dietrich von Choltitz , en uniforme d’Oberstleutnant. En 1939, Choltitz commande le bataillon du d'infanterie aéroportée et prend successivement part aux campagnes de Pologne (1939), des Pays-Bas et de Belgique (1940). Ses troupes prennent notamment Rotterdam, dont le port est le premier d'Europe, après un bombardement qui n'épargne pas la population civile du centre ville (huit cents victimes, soixante-dix-huit mille sans-abri)« Le bombardement de Rotterdam ».. Choltitz prétendra dans ses Mémoires à un malentendu : en effet, après plus de 4 jours de combats contre les hommes du colonel hollandais Scaro, le à , il envoya un prêtre et un laitier hollandais qui habitaient près du pont qu'il ne parvenait pas à franchir aller voir le colonel pour lui demander sa reddition, . Cependant, plus tard, les 2 hommes reviennent, déclarant qu'ils n'ont pas pu voir le colonel ; le bombardement commence alors. Lorsque Choltitz estima que le bombardement avait fait suffisamment de dégâts, il envoya une fusée éclairante pour l'arrêter ; cependant, un navire brûlait devant le pont et les aviateurs allemands ne la virent pas. Ainsi, les bombardiers repartirent pour une troisième vague (il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici de la version de Von Choltitz). À la suite de cette action, il reçoit la croix de chevalier de la croix de fer. En , il prend le commandement de son régiment et se trouve promu Oberst (colonel) au .
Campagne d'URSS Au début de l'opération Barbarossa en , son régiment fait partie du groupe d'armées Sud et part de Roumanie vers l'Ukraine, progressant en direction du Dniepr. Faisant partie de la de Erich von Manstein, il participe au siège et à la prise de Sébastopol en : sur un effectif de , il lui en reste 349 à la fin des combats ; il est en outre blessé au bras. Il est promu Generalmajor (général de brigade) peu après et prend le commandement de la d'infanterie. Prêt à tout pour vaincre les Soviétiques à Sébastopol, il n'hésita pas à obliger des prisonniers soviétiques à porter les munitions jusqu'aux canons. Des écrivains, et non des historiens, en ont conclu un peu rapidement que les Soviétiques chargeaient eux-mêmes les canons qui allaient détruire leurs maisons. Le , il est promu Generalleutnant (général de division) et commande pendant deux mois la impliquée avec Erich von Manstein dans une contre-attaque en direction de Kharkov, puis il participe à la bataille de Koursk. Ses affectations sur le front de l'Est manquent ensuite de précision — il n'y consacre que deux paragraphes dans ses Mémoires, et il se peut que ce soit la période pendant laquelle il aurait directement contribué à la politique d'extermination nazieTapping Hitler's Generals, Neitzel, ed. MBI Publishing, 2007. ainsi qu'à la politique de terre brulée.
Italie En , il est transféré en Italie et devient commandant en second du ; il participe à la bataille d'Anzio.
Normandie Puis, du au , il commande le corps d'armée en Normandie, succédant au général Marcks tué au combat. Il loge près de Coutances, à Ouville dans la ferme de la Fosse aux Loups. Là, il occupe une chambre réquisitionnée, au premier étage, où il a des difficultés à trouver le sommeil. Son poste de commandement est situé non loin de là dans un véhicule de commandement garé à l'abri d'un chemin creux.
Les divisions allemandes sont réduites de moitié avec des moyens de commandement anéantis, face à un ennemi supérieur en nombre. Les Américains vont percer le , appuyés par l'aviation. Le , la percée est définitive. Le PC recule avec les troupes allemandes.
Gouverneur de Paris
Alors que le front allemand s'effondre à la suite de la bataille de Normandie et que l'attentat commis par le groupe d'officiers menés par Claus von Stauffenberg (le ), contre Hitler vient d'échouer, Dietrich von Choltitz est, au matin du , nommé gouverneur militaire de la garnison du « Grand-Paris », « Groß-Paris ». Sa nomination lui est signifiée par Adolf Hitler à la . Il remplace à ce poste Hans von Boineburg-Lengsfeld, qui a été en fonction du au , principalement sous les ordres de Carl-Heinrich von Stülpnagel, Militärbefehlshaber in Frankreich (commandant en chef des troupes d’occupation en France). Stülpnagel, impliqué dans le complot (il a arrêté les SS de Paris le ), a quant à lui été remplacé par le General der Flieger , en poste depuis le , désormais le supérieur de Choltitz.
Ordre de mission Choltitz détaille la mission reçue en main propre du Führer et par écrit dont les grandes lignes sont les suivantes : Les troupes du front ouest se battent courageusement contre un ennemi supérieur en nombre ; Le général de division von Choltitz est nommé avec effet immédiat « général commandant en chef du Grand Paris » et répond devant Hitler des points suivants : Paris ne doit plus être une ville étape, un réservoir de réfugiés et de pleutres, elle doit devenir un objet de crainte pour tous les non-combattants ; Les administrations allemandes inutiles doivent partir, les hommes en état de combattre doivent partir au front ; Le territoire doit être protégé contre tout acte de la Résistance. Le général commandant en chef dispose de l'autorité sur toutes les troupes, SS comprises, et incorporera dans son état-major l'ancien état-major du précédent commandant ; Il reçoit les pouvoirs juridictionnels d'un « commandant de place forte assiégée ».
Cet ordre démentait les affirmations d'Hitler qu'il rejetterait à la mer les Alliés. Paris devenait un théâtre d'opérations potentiel. Suites Choltitz est marqué par la rencontre avec le « Führer » : il a la sensation d'avoir en face de lui un être ayant perdu la raison, et, soudainement, ne peut plus croire à l'image donnée par la propagande.
Choltitz insiste sur son analyse de la situation et conclut que Hitler
Opérations vignette|Dietrich von Choltitz signe une réclamation prise à tort pour la capitulation, le . À Paris, la Kommandantur est installée place de l'Opéra, tandis que Choltitz prend ses quartiers à l'hôtel Meurice, palace situé rue de Rivoli, en face du jardin des Tuileries.
Lorsque l'insurrection éclate, les Allemands sont encore vingt mille dans la capitale. Outre un régiment de sécurité appuyé par des chars de fabrication française hors d'âge, récupérés en 1940, la garnison comprend essentiellement des états-majors et des services inaptes au combat. Cependant, des colonnes d'unités allemandes étrillées en Normandie qui se replient sur la Somme traversent la capitale exempte d'attaques aériennes alliées. La retraite de ces unités est couverte par un certain nombre de chars Panther ou Panzer ? (CET ARTICLE DEMANDE DES VERIFICATIONS ET MANQUE DE SOURCES).
Dans l'après-midi du , Choltitz accepte le cessez-le-feu négocié par le consul de Suède Raoul Nordling avec les gaullistes. Il sursoit à l'exécution de trois résistants, Alexandre Parodi, Roland Pré et Émile Laffon, représentants directs du général de Gaulle arrêtés le par la Gestapo, et les libèreÉmission Détruire Paris - Les plans secrets d'Hitler France 5 du 6 janvier 2019 - 1°) Transcription des conversations téléphoniques de Choltitz avec le général Model où il dit clairement qu'il ne pourra pas appliquer les ordres de Hitler avec les moyens mis à sa disposition et où il demande « les charges et l'artillerie qu'il a réclamées » (Bundesarchiv RH 19 IV/157 K-1 et K-2) - 2°) Rapport du laboratoire central de la préfecture de Paris vu par l'historien Luc Rudolf (2.4.4 Intervention déminage 1944 carton 48 RA 180 résumé des interventions pour protéger la population rédigé par le professeur Henri Moureu). Il ressort clairement de ce rapport que Choltitz a été pris par le temps.. Le , il reçoit l'ordre de Hitler de défendre Paris par la destruction de pâtés de maisons et des ponts de la capitale. Photo du 'Führerbefehl' daté du . La dernière phrase de cet ordre du Führer est Paris darf nicht oder nur als Trümmerfeld in die Hand des Feindes fallen. (« Il ne faut pas que Paris passe aux mains de l'ennemi, ou alors qu'il soit réduit à un champ de ruines. »). D'après ses mémoires, conscient que la destruction des infrastructures de Paris serait inutile, que la guerre est perdue pour son camp, et soucieux de ménager son avenir de futur prisonnier, il prétend que les unités de destruction auraient miné de nombreux bâtiments mais qu'il n'aurait pas donné l'ordre de destruction. Il négocie pour remettre sa reddition à un officier allié. Le , après un combat en forme de baroud d’honneur, il se rend à un officier de la blindée. Il est conduit à la préfecture de police de Paris où il capitule devant le général Leclerc. Il est ensuite conduit à la gare Montparnasse, poste de commandement de Leclerc, où le nom et la signature du colonel Rol-Tanguy, commandant communiste des FFI de l'Île-de-France, sont rajoutés à l'ordre de reddition.
Choltitz avait pris la précaution de mettre sa famille à l'abri des représailles collectives familiales. Il tenta de protéger les auxiliaires féminines allemandes en poste à Paris.
Captivité vignette|redresse=1.3|Choltitz, debout avec une canne, le partant de la gauche, en détention au camp de Trent Park, .