thumb|Maison abandonnée à proximité de Tchernobyl. Les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, qui eut lieu le 26 avril 1986, à la fois sur la santé des populations et l'intégrité de l'environnement, sont par ordre d'importance et chronologique d'abord dues aux gaz radioactifs (krypton et xénon) et au flux de neutrons qui se sont échappés du réacteur (du jusqu'à l'effondrement du réacteur le ), à l'iode, puis au césium 137,et à d'autres radionucléides comme le strontium 90 et des isotopes de plutonium qui ont été émis par le réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Les modèles utilisés pour étudier la catastrophe sont en partie ceux des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, mais se basent surtout sur des quantités importantes de données accumulées lors des premiers scanners ou radiographies (avant cette période on irradiait beaucoup plus surtout les médecins). Ces modèles sont essentiellement ceux d'irradiation externe. Leurs extrapolations à une irradiation interne, chronique, due à l'ingestion d'aliments contaminés par des radionucléides (essentiellement par le césium) sont sujettes à débat, les scientifiques continuent de s'interroger sans résultats définitifs jusqu'à présent. Dans le cas du cancer de la thyroïde l'exposition est rapide et intense (en moyenne chez les enfants évacués de la zone), la radioactivité durant quelques semaines. L'évaluation du nombre de décès survenus et à venir imputables à la catastrophe est encore l'objet de controverses opposant l'OMS ainsi que l'AIEA à Greenpeace et d'autres ONG ou chercheurs indépendants, les chiffres avancés variant de quelques dizaines de morts à quelques centaines de milliers. En France, une controverse est née sur les retombées du nuage de Tchernobyl. Voir à ce sujet l'article Conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France.

Les conséquences politiques, économiques et sociales sont quant à elles détaillées dans l'article catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Conséquences sur l’environnement

Distinction de différentes zones géographiques droite|vignette|400px|Carte indiquant l'état de la contamination au césium 137 en 1996 (soit dix ans après la catastrophe) sur la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine : La radioactivité libérée par l’explosion a contaminé une superficie d’environ au Nord de Kiev et aussi au Sud de la Biélorussie. Des zones d'exclusion du fait d'un environnement très contaminé ont été définies en Ukraine (environ ) et en Biélorussie (environ ) : elles restent d'actualité.

À proximité de la centrale, une zone d'exclusion nucléaire, nommée zone d'exclusion de Tchernobyl (officiellement : Zone d'aliénation de la centrale nucléaire de Tchernobyl), a été définie à la suite de l'accident pour les évacuations d'habitants et l'interdiction au public — bien que des visites guidées réglementées et contrôlées aient lieu dans cette zone depuis environ la fin des années 2000. En 2019, plusieurs milliers de personnes travaillent également dans cette zone, notamment pour des travaux ou de l'entretien ; elles sont soumises à un régime d'emploi particulier et des séjours sur site limités à des périodes maximales de 3 semaines.

Impacts environnementaux sur la faune et la flore

Zones d'exclusion Une large zone autour de la centrale est fortement contaminée et la plupart des espèces vivantes ont été atteintes. Après la catastrophe, des malformations génétiques et des troubles de la reproduction ont été observés chez certaines espèces animales, dans la zone d'exclusion. Les sols sont pollués et cette zone d'exclusion, définie après l'accident, est aussi une zone où sont interdites l'agriculture et la sylviculture.

La radioactivité a notamment provoqué la mort des arbres de la forêt proche de la centrale — sur une surface d'une dizaine de kilomètres carrés, sur un site ayant reçu une forte dose de radiations —, principalement formée de pins sylvestres dont les aiguilles sèches sont devenues rousses, qui est depuis nommée la Forêt rousse. Dans un article de , Émeline Férard, journaliste au magazine français Géo, indique que . Certaines espèces s'adaptent mieux que d'autres, les arbres résineux ont beaucoup de mal à supporter les radiations, alors que les bouleaux ont colonisé la Forêt rousse.

La faune et la flore ont depuis repris leurs droits et, en 1995, une nouvelle biodiversité est présente. La reprise connaît toutefois des disparités selon les espèces ; on peut notamment observer la présence d'espèces rares comme le lynx, l'ours et le cheval de Przewalski (introduit depuis une autre réserve en 1998). De plus, les zones ayant reçues les plus fortes retombées d'iode et de césium radioactifs sont marquées par une moindre variété et un plus faible nombre d'insectes et d'oiseaux que des zones comparables moins ou pas impactées.

Sur le vaste espace des zones d'exclusion situées en Ukraine et en Biélorussie, la forêt a gagné du terrain et recouvert une grande partie des terres autrefois cultivées par l'homme mais évacuées et interdites de culture depuis 1986 : toutefois, cette forêt compte de plus en plus de végétaux morts, qui s'accumulent ; le risque de propagation de feux de forêt augmente alors. Des incendies ont eu lieu dans la zone proche de l'ancienne centrale, notamment en 2020 ; certains radionucléides issus des zones polluées ont été relargués dans l'atmosphère.

Nombre de recherches scientifiques ont été menées en 35 ans concernant des espèces sauvages et les effets de la contamination radioactive sur la faune et la flore dans les zones concernées.

Continent européen Sur une surface d'environ principalement en Ukraine, Biélorussie et Russie, les retombées radioactives ont été la source d'une forte contamination pour les pâturages et les plantes cultivées. Certaines régions d'Europe situées autour de Tchernobyl, comptant aussi des zones situées dans les pays scandinaves et en Allemagne, ont vu leurs eaux de surface être elles aussi fortement polluées et pour de longues durées, de même que les poissons de certains lacs.

Dans les semaines qui ont suivi la catastrophe, plusieurs pays d'Europe centrale (notamment la Pologne, l'Allemagne) et la Suède ont interdit la consommation de légumes verts et de lait frais. Dans les zones arctiques, la toundra a également reçu des retombées radioactives, et des rennes en ayant consommé les plantes ont été à leur tour fortement contaminés, au point que plusieurs milliers d'entre eux ont été abattus afin que leur viande ne soit pas consommée par l'homme.

Conséquences sanitaires Estimations des conséquences humaines . : ce communiqué conjoint de OMS / AIEA / PNUD annonce, en , la publication du rapport Chernobyl’s Legacy: Health, Environmental and Socio-Economic Impacts. du Forum Chernobyl. Ce forum est composé de huit institutions spécialisées du système des Nations unies : l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) et la Banque mondiale, ainsi que des gouvernements du Bélarus, de la Russie et de l'Ukraine. L'OMS a produit un rapport abrégé. d'après ce rapport de 600 pages, regroupant les travaux de centaines de scientifiques, d'économistes et de spécialistes de la santé.

Principales conclusions du rapport :

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On compte environ parmi les liquidateurs, les pompiers de Pripiat et les opérateurs de centrale des suites d'irradiation massive. La plupart d'entre eux sont morts quelques mois après l'événement.

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Le pronostic des cancers de la thyroïde est plutôt bon car il se soigne relativement mieux que d'autres cancers. Des décès par cancer à la suite des expositions des populations aux faibles doses, décès non mesurables statistiquement, auraient un maximum théorique de 9000 morts, dans le cas d'une échelle linéaire sans seuil. Les échelles “linéaires avec seuil” ou avec effet d'hormèse, donnent un maximum théorique encore beaucoup plus faible..

Autres études prévoyant relativement peu de conséquences sanitaires : une étudeDepartment of Epidemiology and Biostatistics, National Institute for Health Development, Tallinn. du département d'épidémiologie et de biostatistique de l'Institut national de santé pour le développement de Tallinn publié en 2013 sur les liquidateurs venant de pays baltes ne parvient pas à montrer un risque accru de cancer radio-induit, les auteurs notent cependant un éventuel risque accru de cancer de la thyroïde. Cette étude confirme les résultats précédents. sur cette même cohorte, elle met aussi en évidence un plus grand nombre de cancers liés à l'alcoolisme ; une méta analyse de 2013. souligne des difficultés à interpréter la bibliographie à cause du manque de données et des biais statistiques. Les auteurs évoquent la possibilité d'un surplus de cancer du sein chez les femmes exposées ; en 2007, une étude. montre l'absence de surplus de leucémie, sauf chez les liquidateurs russes ; les liquidateurs présentent un risque de suicide. plus important que la population générale.

Études de controverse prévoyant de fortes conséquences sanitaires, sans toutefois être publiées scientifiquement :

une étude de physiciens et biologistes, travaillant en Ukraine, Biélorussie et Russie, Alexey Yablokov, Vassili Nesterenko et Alexey Nesterenko : « Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment », a été publiée en profitant de la publication sans revue par les pairs par les Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1181. Elle évalue les conséquences de Tchernobyl à plusieurs centaines de milliers de morts parmi l'ensemble de la population mondialeUne critique de ce rapport:.Version française en ligne: http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Tchernobyl_Consequences_de_la_catastrophe_sur_la_population_et_l_environnement_V01PDF.pdf. ; selon Kate Brown, auteur de et qui s'est plongée dans les archives médicales d'Ukraine, de Biélorussie et de Russie, ainsi que celles de l'ONU, les conséquences réelles du désastre sont largement méconnues et sous-estimées, par les autorités russes et internationales, afin de minimiser l'impact des essais nucléaires.. Au cours d'un entretien à Libération, elle précise n'avoir pas compilé elle-même de chiffres, mais elle avance que ; “ : The Untold Story of the World's Greatest Nuclear Disaster”. Édition Simon and Schuster, 561 pages, 2019 arrive aux conclusions similaires.

Gestion des sites Depuis 2013, le programme de surveillance a été arrêté.

Entre 2011 et 2019, 25 à 33 années après la catastrophe, des céréales cultivées à l'extérieur de la zone de sécurité () ont des niveaux de contaminations dépassant les seuils, notamment pour le strontium 90 et le césium 137 selon Greenpeace.

De même le bois ne répond pas aux normes du bois de chauffage et dépasse les seuils réglementaires de strontium 90.

Conséquences sanitaires modélisées, limites et polémiques L'évaluation des conséquences sanitaires de la catastrophe fait l'objet d'une controverse où s'opposent des enjeux politiques, idéologiques et scientifiques. Si la mortalité directe et les cancers de la thyroïde chez les enfants les plus exposés ne font pas débat, les autres chiffres avancés proviennent tous de modèles mathématiques et nourrissent des polémiques incessantes. On estime à environ le nombre de personnes ayant reçu des faibles doses radioactives en Ukraine, en Biélorussie et en Russie..