La Commission des phares et des autres aides à la navigation (CPAN), appelée Commission des phares jusqu'en , est une commission française qui mit en place le programme de signalisation du littoral français. En particulier, elle a défini le cadre technique des systèmes d'éclairage utilisés : lentille de Fresnel, lampe à huile, machine de rotation. La Commission est à l'origine de plusieurs plans de modernisation des phares – électrification dans les années , expériences de radionavigation au début du .

Origine

En , les côtes de France sont peu éclairées par rapport à celles des îles Britanniques : une quinzaine de feux, dont Cordouan (), les Baleines, le Stiff (), et le cap Fréhel (), contre plus de cinquante chez les Anglais. Si des projets d'éclairage des côtes existent depuis le milieu du , ceux-ci butent sur des problèmes de financement, sauf aux approches de l'estuaire de la Seine où trois phares (Barfleur, Ailly et La Hève) sont construits en , contre l'instauration d'une taxe sur les navires entrant dans les ports du Havre et de Rouen. La fin de l'Ancien Régime a été marquée par des innovations qui font entrer les phares dans le giron des savants et des ingénieurs « civils », les Ponts et Chaussées, alors qu'ils dépendaient auparavant des ingénieurs militaires et de la Marine nationale. En , l'ingénieur Joseph Teulère exhausse Cordouan et installe dans la lanterne un appareil à réflecteurs paraboliques plus efficaces que les médiocres appareils de Tourtille-Sangrain, l'entrepreneur à qui l'éclairage des côtes a été confié dans les années . La Révolution abolit les droits de feux en et Napoléon transfère les phares de la Marine nationale aux Ponts et Chaussées. La Commission des phares va devenir le catalyseur de ces innovations, scientifiques, techniques et administratives.

Création vignette|gauche|redresse|Page de titre du rapport de de la Commission. La Commission des phares a été créée au printemps par le comte Mathieu Molé, alors directeur général de l'École nationale des ponts et chaussées. Elle devait examiner un projet de réseau de phares, rouge et bleu, proposé par le chef d'état-major de la Marine nationale à Boulogne, Yves Le Coat de Saint-Haouen. Le projet est rejeté mais la Commission poursuit ses travaux sous la Restauration et adopte en un Rapport contenant l'exposition du système adopté par la Commission des phares pour éclairer les côtes de France.. Ce « système » repose sur un usage généralisé des lentilles de Fresnel, dont la taille dépend de l'ordre du phare, c'est-à-dire de son importance pour les marins. Le rapport pose comme principe qu'un navire longeant les côtes de France ne doit jamais perdre de vue un phare dit « de premier ordre », les plus importants. Dans La Mer (), Jules Michelet écrit que , notant bien la relation intime entre la Commission et le monde savant de son temps, dominé par les astronomes et les mathématiciens.

Composition vignette|redresse|Commission des phares de France : procès-verbal de l'établissement d'un phare sur le cap Spartel. Séance du . Archives nationales de France.

La composition de la commission fut très variable au cours du temps. À l'origine, elle était composée de neuf membres : 3 savants de l'Académie des sciences, 3 inspecteurs des Ponts et chaussées, 3 officiers supérieurs de la Marine nationale. Parmi ses membres célèbres figurent l'astronome François Arago, le physicien Augustin Fresnel, l'astronome Élisabeth-Paul-Édouard de Rossel, les ingénieurs Charles-François Beautemps-Beaupré, Joseph Cachin, Gaspard de Prony.

Compétences La Commission donne un avis sur toute création, suppression ou modification d'établissement de signalisation maritime. Les dossiers sont instruits par le service des phares et balises.

Mémoire

Depuis Augustin Fresnel, qui en fut le premier secrétaire, la Commission tient à jour des registres de ses délibérations. Ce fonds, qui constitue la mémoire de l'éclairage et du balisage des côtes de France, est aujourd'hui conservé aux Archives nationalesVoir la notice décrivant les registres dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales., qui ont entrepris la numérisation des registres à l'occasion du bicentenaire de la Commission en . La numérisation fut achevée en . Environ sont en ligne sur la salle des inventaires virtuelle.

Évolution et fusion La Commission des phares change de nom en pour devenir la Commission des phares et des autres aides à la navigation (CPAN), et son organisation est revueDécret du relatif à la signalisation maritime, JORF 282, , texte 20, NOR : TRAT1623547D..

Elle fusionne en avec la Grande commission nautiqueDécret du portant modification du décret du modifié relatif aux commissions nautiques, JORF, 238, , texte 49, NOR MERT2007532D..

Références

Dans le Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance :

Sources . . .

Voir aussi

Articles connexes Liste des commissions et instances consultatives ou délibératives françaises

Liens externes

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