Jonny Lang, né Jon Gordon Langseth, Jr. le à Fargo (Dakota du Nord), est un guitariste et auteur-compositeur-interprète américain de blues, gospel, pop, rock et soul.

Introduction

La musique de Jonny Lang est originale à plusieurs titres : une voix rauque de « blues shouter » l’a fait comparer à des vétérans aînés du blues, voire reconnaître par ces derniers. Un jeu de guitare répondant au chant et comportant des soli très rythmiques (staccato) ainsi que des notes renforcées par un profond vibrato. Il faut associer à cela une impressionnante prestation scénique (contorsions, grimaces, gestes vifs). Enfin, les textes de Jonny Lang ont la particularité d’être reliés à ses propres expériences de vie, souvent spirituelles. Il résulte de ces composantes une musique profondément expressive voire expressionniste et engagée, qui fait de Jonny Lang un artiste éminemment respecté de ses pairs musiciens et très suivi par une communauté de fans dans le monde entier, particulièrement friande de ses concerts.

Biographie

Jonny Lang a commencé à jouer du saxophone à l’âge de 11 ans, puis de la guitare à 12 ans, après que son père (Jon Langseth) l’eut emmené voir le Bad Medicine blues, l’un des groupes de blues phares sur la scène de Fargo. Conquis par ce style de musique, bien qu’écoutant alors des groupes grunge tels que les Stone Temple Pilots, Jonny Lang a tôt fait de prendre des leçons de guitare auprès de Ted Larsen, le guitariste leader du groupe. Quelques mois plus tard, il rejoint le groupe en qualité de chanteur et second guitariste. Le groupe est alors rebaptisé « Kid Jonny Lang and the Big Bang ».

Avec un chanteur âgé de tout juste 14 ans et déjà aguerri au blues, le groupe connaît un nouveau succès et déménage à Minneapolis (Minnesota) pour profiter d’une plus grande scène musicale et se faire connaître dans la région. Un premier disque indépendant sort en 1995, Smokin’ et s’écoule en peu de temps à plus de . C’est suffisant pour que la compagnie A&M records, l’une des majors américaines, repère le groupe et signe avec lui pour les prochains disques. Jonny Lang a 15 ans lorsqu’il signe chez A&M records, en 1996. Il enregistre ainsi son premier album pour une major, intitulé Lie to me, qui sort le , soit la veille de ses 16 ans. L’album, d’un style très blues-rock, rencontre un succès critique et commercial important puisqu’il sera certifié platinum (plus d’1 million de copies vendues à travers le monde), fait marquant pour un si jeune artiste et pour un musicien de catégorie blues. C’est l’époque d’un certain revival du blues-rock, lié à l’émergence de plusieurs jeunes artistes se réclamant de l’école de Stevie Ray Vaughan, comme Kenny Wayne Shepherd ou Monster Mike Welch. Une tournée de concerts internationale s’ensuit en 1997 pour promouvoir les titres de l'album Lie to me, dont le plus remarqué en concert devient A quitter never wins, une reprise du titre de Tinsley Ellis.

Un an plus tard, en 1998, Jonny Lang enregistre un second album pour A&M, Wander this world, le . Il lui vaut une nomination aux Grammy awards. Ce nouvel album tente de brasser des influences plus diverses, telles que la pop, la ballade, le rock, le funk et la soul. Il y réussit, en mettant davantage l’accent sur le chant de Jonny que sur son jeu de guitare. Ayant été élevé dans une famille où la musique Motown était très appréciée, Jonny en a gardé plus que des souvenirs. C’est un nouveau succès critique et commercial que ne fait que confirmer la nomination aux Grammys. La majorité des fans de Jonny Lang considèrent ce second album comme le sommet musical de Jonny Lang, même si les puristes du blues lui préfèrent Lie to me voire Smokin’ qui sera réédité en 2000. Les ballades Wander this world et Breakin’ deviennent des succès majeurs, permettant à Jonny Lang de conquérir des publics plus habitués à la musique .

Petit prodige du blues

Wander this world occasionne de nouveau une tournée mondiale puis le début d’une période plus calme en l’attente d’un nouvel enregistrement, avec le producteur David Z à qui l’on doit les sons de Lie to me et Wander this world. Jonny Lang rentre en studio, enregistre enfin ce troisième album courant 2000, mais qui ne verra jamais le jour. Des difficultés personnelles telles que la mort du bassiste Doug Nelson mais surtout le mariage de Jonny Lang avec Haylie Johnson (sœur de Ashley Johnson) sont évoquées alors pour expliquer cette parenthèse forcée sans doute nécessaire après le rythme infernal des tournées incessantes depuis 1995. Le musicien lui-même analyse cette période ainsi : l’exposition prématurée d’un jeune musicien au succès l’a fait avancer sur des sentiers tortueux où l’alcool et la drogue ont joué le rôle de sirènes. La mort du père de sa femme a été le révélateur d’une crise spirituelle brutale qui résultera en sa conversion au christianisme. Cette conversion est radicale car il abandonne toutes les conduites addictives d’auparavant. En revanche, elle lui vaut des incompréhensions de la part d’amis dont il devra se séparer.

Malgré cette période de parenthèses sur le devant de la scène et dans les bacs des disquaires, il multiplie les collaborations comme chanteur ou guitariste « » (invité) chez des artistes de pop, folk, rock, blues et soul.

Dans la cour des grands

En quelques années, Jonny Lang joue avec des stars comme les Rolling Stones, Aerosmith, BB King, Blues Traveler, Buddy Guy, Jeff Beck, Sting, Herbie Hancock, Hanson, The Jonas Brothers, Susan Tedeschi, Syl Johnson, Willie Nelson, Shannon Curfman, Anders Osborne et plus récemment Lee Ritenour, Cyndi Lauper, Santana et Eric Johnson. Il est également invité par Eric Clapton à se produire en 2004 puis en 2010 au Crossroads Guitar Festival. D’autre part, il participe en 2008 et en 2010 à la tournée Experience Hendrix Tour avec là encore les plus grands guitaristes du monde reprenant les titres phares de Jimi Hendrix. Jonny est remarqué aux côtés de Brad Whitford et Mato Nanji sur les chansons Fire, All Along the Watchtower, The Wind Cries Mary et Spanish Castle Magic.

Jonny apparaît également sur les écrans : en 1997, dans les Blues Brothers 2000 de John Landis aux côtés d’Eddie Floyd et de Wilson Pickett pour le titre 6345789 où il joue un caméo. en 1999, il est invité à jouer à la Maison-Blanche devant une audience où se trouve le Président Clinton. Il jouera également quelques années plus tard devant le Président Bush à l’occasion d’une cérémonie d’hommage au chanteur Smokey Robinson.

Malgré cette exposition, Jonny Lang ne semble pas très préoccupé de son image et il faut attendre 2009 pour que sorte son premier DVD personnel, enregistrement d’un live at Montreux où Jonny Lang était en première partie de B. B. King.

Les Américains peuvent néanmoins l'apercevoir à plusieurs reprises dans des émissions télévisées telles que le Jay Leno show, Conan O’Brian ou le Roseanne show.

Long time coming

Le troisième album qui sortira officiellement est Long time coming, justement nommé. Aux difficultés précédentes s’est ajouté, entre-temps, un remaniement important des équipes dirigeantes et des catalogues du label A&M records. Long time coming sort le , et marque une rupture musicale encore plus grande. L’album est plutôt bien accueilli par la critique, bien que moins que ses prédécesseurs. Il est en revanche accueilli avec plus de scepticisme par nombre de fans, ceci du fait d’une orientation plus pop-rock et du choix d’un producteur (Marti Frederiksen) pour un son plus orienté FM, les chansons de Jonny Lang passant jusque-là assez peu sur les stations pop-rock principales. Beaucoup de fans s’avèrent déçus d’avoir attendu cinq ans pour écouter un album plus consensuel, voire lisse, en tout cas résolument pop-rock. En revanche, cet album marque un tournant dans le fait qu'il s’investit de plus en plus dans l’écriture et la composition, et y révèle de plus en plus un attrait pour le spirituel. Ce sera encore plus net dans son quatrième album, Turn around, où les références à Jésus et aux valeurs du christianisme sont omniprésentes et totalement assumées.

Turn around

Sorti en 2006, Turn around (« volte-face » en français) opère un renversement radical sur le plan de la musique mais aussi des textes. Il rompt à la fois avec la période blues puis avec l’aparté pop-rock, en proposant une sorte de néo-gospel où l’orgue et le chant dominent. Hormis le titre-phare, Turn around, on relève peu d’éclats à la guitare dans cet opus. En revanche, le chant se fait tantôt pressant, tantôt rassurant, mais dans tous les cas en référence à la vie spirituelle et aux engagements chrétiens tels que le pardon, l'action de grâces et la prière, ou encore à des personnes comme Martin Luther King. L’album séduit la critique, et augure un retour en grâce de la part d’anciens fans, appréciant davantage le style gospel, plus authentique et original que le style pop-rock commercial. L’artiste reçoit un Grammy pour cet album dans la catégorie Gospel.

Cette rupture musicale était prévisible pour certains, car Jonny s’était progressivement séparé de ses musiciens pour en recruter de nouveaux, plus proches du Gospel et du milieu chrétien. Nombre de chrétiens se sont réjouis de voir Jonny Lang rejoindre leurs rangs, pour apporter son témoignage dans le domaine de la musique avec la fougue qu’on lui connaît. Jonny Lang étant reconnu comme possédant une personnalité humble et mesurée dans la vie quotidienne, contrairement à ce que ses prestations pourraient laisser croire, il semble également naturel que la foi et la méditation aient une place de choix dans sa vie d’époux et de père (11 ans de mariage et 3 enfants en 2011). En synthèse, on peut considérer l’album « Turn around » comme une synthèse intelligente entre musique (vie publique) et foi (vie privée). Le fait que Jonny Lang se montre beaucoup plus communicatif lors de ses concerts et lors de ses rencontres avec les fans corrobore cette thèse. L’homme heureux, unifié, communique plus facilement que l’homme frustré, aigri ou imbu de lui-même.

Fight for my soul

2013 marque une nouvelle année phare pour Jonny Lang, qui signe chez Concord records (États-Unis) et chez Mascot Label Group (Europe et UK), et sort le en Europe/UK et le aux États-Unis son , Fight for my soul. Cet album, qui arrive après sept ans d'attente à la suite du remarquable Turn around, offre d'une certaine manière une nouvelle synthèse des genres musicaux déjà explorés dans les précédents opus. Cette longue absence est principalement due aux tournées incessantes et aux obligations personnelles de Jonny Lang, père désormais de 4 enfants avec la venue au monde de Lilou Jaymes en .

Tandis que Lie to me était orienté blues-rock, Long time coming pop-rock et Turn around gospel, Fight for my soul à l'instar de Wander this world est plus complexe et plus composite. Cela est dû au fait qu'il enregistré les chansons sur plusieurs années, dont certaines qu'il avait déjà écrites mais qui détonaient par rapport aux précédents albums et ne pouvaient donc y figurer. L'originalité de Fight for my soul réside d'une part en une habileté croissante de Jonny dans le chant falsetto. Il sait garder sa voix rauque et descendre dans les graves, mais il rappelle à certains moments Stevie Wonder voire Michael Jackson dans des morceaux tels que Breakin'in ou Blew up the house D'autre part, le musicien fait la part belle aux arrangements complexes de cordes, en témoignent les saisissants Seasons et I'll always be, qui de l'aveu même de Jonny Lang sont les titres qu'il préfère, même s'ils surprennent les fans de toujours à la première écoute. Enfin, c'est la première fois que Jonny Lang enregistre un album avec ses musiciens de tournée, en plus de 15 ans de métier.