La Giroflée des murailles (Erysimum cheiri, syn. Cheiranthus cheiri), aussi appelée Violier jaune ou Ravenelle, Bâton-d'or. ou autrefois Giroflée jaune ou Cheiri, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Brassicacées. Assez commune en France, elle pousse sur les murs et dans les rocailles.

Elle doit son nom de giroflée au fait que ses fleurs ont une odeur ressemblant à celle du clou de girofle.

Étymologie

Le nom de genre Erysimum vient latin Erysimum (Bauhin, 1671 : 100, Pline, 18, 96) et antérieurement du grec έρύσιμον, erusimon, (Théophraste, VIII, 3,1 : Diosoride, 2.158) : Sisymbrium irio et Sisymbrium officinale, dérivé de έρύω – eruô, « sauver, protéger ». Les Grecs l’utilisaient comme antipoison.

Selon Michel Chauvet, l’épithète spécifique cheiri a une origine différente dans Erysimum cheiri, et dans Bulbophyllum cheiri Lindl. (1844).

Présentement, cheiri (Matthaeus Silvaticus, ca.1317) est emprunté à l’arabe hiri, une forme maghrébine hairi a donné l’espagnol alheli. Le nom arabe vient du persan hīrī (Steingass, 492). Il existe une fausse étymologie faisant dériver cheiri du grec χειρ, kheir, « main ».

Nomenclature L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1769, sous le nom de Cheiranthus cheiri, puis reclassée par Heinrich Johann Nepomuk von Crantz, sous le nom de Erysimum cheiri.

Description

Caractéristiques

Feuilles

Feuillage persistant, épais, gris-vert, vert moyen à vert foncé, petites feuilles lancéolées et sessiles.

Organes reproducteursDonnées d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004. Couleur dominante des fleurs : jaune, orange, brun-rouge Période de floraison : mars-avril Inflorescence : racème simple de petites fleurs bisexuées d’environ à 4 pétales disposées en croix, 4 sépales libres et 6 étamines dont 4 longues et 2 plus petites (étamines tetradynamiques), 1 style Sexualité : hermaphrodite Pollinisation : entomogame Graine Fruit : silique dressé, libérant de nombreuses petites graines toxiques, ovales, pourvues d’une courte aile, permettant une dispersion par le vent Dissémination : anémochore Habitat et répartition Habitat type : parois européennes, eutrophiles L. Boodle, en 1904, note que ses feuilles peuvent être plus épaisses ou succulentes en bordure de merBoodle, L. (1904). Succulent Leaves in the Wall-Flower (Cheiranthus cheiri, L.). The New Phytologist, 3(2), 39-46. Retrieved December 21, 2020, from http://www.jstor.org/stable/2427190.

Synonyme Cheiranthus cheiri

Taxinomie Sous-espèce Erysimum cheiri subsp. inexpectans est une nouvelle sous-espèce, endémique d'Algérie.

Culture Elle apprécie le plein soleil et les sols pauvres où rien d'autre ne pousse.

Semée au printemps, elle fleurira dès le printemps suivant. Après la récolte des graines en fin d'été, on peut couper les tiges à mi-hauteur pour les bouturer.

Utilisations La giroflée fleurit très tôt au printemps, ce qui attire les abeilles et facilite ainsi la pollinisation des arbres fruitiers comme le pommier.

Des variétés à fleurs orange, rouges ou violettes, souvent panachées de jaune sont communément cultivées dans les jardins pour l'ornement.

L'essence de giroflée est extraite des fleurs pour la parfumerie.

Usages médicinaux Il a été montré (1971) que l'ajout de 20α-hydroxycholestérol-7-3H à des homogénats de feuilles de Cheiranthus cheiri produit de la prégnénolone et de la progestérone.

Différents stéroïdes cardiotoniques ont ensuite été isolés de plusieurs parties de cette planteMosleh, G., Zaeri, S., Badr, P., & Mohagheghzadeh, A. (2020). Erysimum cheiri: The potential uterotonic medicinal herb. Trends in Pharmaceutical Sciences, 6(1)..

Cette plante est citée dans divers manuscrits de médecine traditionnelle, et a une activité significative contre divers troubles physiologiques.

Ses usages étaient courants dans la médecine traditionnelle perse, et elle fait encore l'objet de recherches phytopharmaceutiques ; ainsi :

Des posologies intravaginales à base de giroflée ont été très utilisées par la médecine traditionnelle à des fins utérotoniques (c'est-à-dire cherchant à augmenter la contractilité utérine) ; les données historique et des preuves pharmacologiques plus récentes laissent penser que cette plante a des effets inhibiteurs des stéroïdes cardiotoniques sur les pompes Na+ K+ ATPase des myocyte, pouvant ainsi affecter le vasospasme local résultant de l'hypoxie, de l'ischémie et de la contraction du tissu utérin. D'autres études sont nécessaires pour éventuellement utiliser cette plante pour modifier la contractilité utérine. Un essai clinique randomisé et contrôlé (sur 64 patients) a récemment (2020) conclu qu'un cérat de médecine traditionnelle persane contenant de l'huile de giroflée (Erysimum cheiri) et de rose de Damas (Rosa × damascena) (WDC) a des résultats équivalents à ceux d'un topique classique chez le patient atteint de fissure anale aiguë (ulcère ischémique de la muqueuse de l'anus). Sur le modèle animal murin, Cheiranthus cheiri a un effet calmant sur le stress oxydatif cutané induit par l'acétate de 12-O-tétradécanoyl 13-phorbol (TPA), et diminue la toxicité de ce produit sur la peau de souris. Le prétraitement de souris de laboratoire avec Cheiranthus cheiri avant application d'huile de croton (ester de phorbol) a entraîné une inhibition dose-dépendante, voire une abrogation de la carcinogenèse cutanée (la tumeur était initiée par une application topique unique de 7,12-diméthylbenz(a)anthracène (DMBA) (40 ug/animal/0,2 ml d'acétone) aux souris puis (10 jours plus tard) entretenue par des applications topiques, deux fois par semaine, d'huile de croton. L'application topique de Cheiranthus cheiri 1 h avant chaque application d'huile de croton a significativement protégé les souris contre le cancer de la peau. Cette protection était dose-dépendante (moins d'incidence tumorale et moindre "rendement tumoral" par rapport au groupe témoin uniquement traité à l'huile de croton). On a aussi constaté une diminution du stress oxydatif cutané médié par le TPA (acétate de 12-O-tétradécanoyl 13-phorbol) si la souris a bénéficié d'une 'application topique de Cheiranthus cheiri avant le TPA ; on observe alors une certaine récupération de la déplétion médiée par le TPA dans le niveau et les activités des antioxydants cellulaires (glutathion réduit, la glutathion S-transférase, glutathion réductase, la glutathion peroxydase et catalase.

Toxicité

Symbolique vignette|redresse|Giroflée, dessin d'Édouard Maubert, dans Les Fleurs animées de Granville, œuvre publiée en 1867.

Langage des fleurs Dans le langage des fleurs, la giroflée symbolise la promptitude. .

Calendrier républicain Dans le calendrier républicain, le bâton-d'or était le nom attribué au du mois de floréalPh. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, . (généralement chaque du calendrier grégorien), le violier au de celui de ventôse (généralement les grégoriens).

Photographies

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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