Trazegnies est une section de la commune belge de Courcelles, située en Région wallonne dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Cette localité a donné son nom à la maison de Trazegnies, issue des anciens seigneurs locaux. Sa devise est « tan que vive »tan que vive.

Toponymie Trazegnies viendrait de Trasniacas qui signifie terres de Thraso.

Géographie

Situation Trazegnies se trouve à 3 km à l'est de Chapelle-lez-Herlaimont, à au nord de Fontaine-l'Évêque, à au nord-ouest de Charleroi et à à l'est de Mons.

Localités limitrophes

Géographie physique

Relief Le château de Trazegnies, édifié sur un plateau dominant la région, occupe une position topographique qui lui confère une vue étendue sur la plaine environnante ainsi que sur le vallon constituant le centre historique de la commune. Situé à environ d’altitude, l’édifice s’inscrit dans un relief légèrement ondulé où se distinguent plusieurs points culminants. Au nord, le secteur de Corbeau atteint , tandis qu’au sud‑ouest, le lieu‑dit Malplaquet s’élève à , formant l’un des sommets naturels les plus marqués du territoire. À l’inverse, la zone du Grand Moulin représente l’un des points les plus bas du paysage local, créant un contraste altimétrique notable qui structure l’organisation du site. Dans son ouvrage consacré à l’histoire de Trazegnies, J. Degrouve souligne l’importance stratégique de cette implantation, qui permettait autrefois de surveiller les voies de circulation et de contrôler les accès au domaine seigneurial. L’auteur insiste également sur la manière dont cette configuration géographique a influencé le développement du village, le vallon servant de pôle d’habitat tandis que le plateau accueillait les structures défensives. L’ensemble du relief, tel que décrit par Degrouve, témoigne d’une organisation naturelle propice à l’établissement d’un pouvoir local fort, où le château, placé en hauteur, jouait un rôle symbolique autant que militaire. Cette disposition topographique contribue encore aujourd’hui à la compréhension de l’évolution historique et paysagère de la commune de Trazegnies.

La campagne de Trazegnies se déploie dans un vallon nettement marqué, où les formes du relief témoignent d’une évolution profonde liée aux activités minières. Les travaux d’extraction, menés durant plusieurs siècles, ont provoqué des affaissements du sol qui ont altéré la topographie originelle. Des coteaux autrefois bien définis se sont progressivement transformés en dépressions, modifiant l’aspect général du paysage rural. Les secteurs de Corbeau et du Grand Bois illustrent particulièrement ce phénomène : les terrains, jadis légèrement ondulés, y présentent désormais des vallons plus accentués, résultat direct des exploitations souterraines. Dans son étude historique, J. Degrouve souligne que ces transformations ne relèvent pas uniquement de la géologie, mais traduisent aussi l’impact durable de l’industrie sur l’organisation du territoire. L’auteur insiste sur la manière dont les campagnes, façonnées par l’homme autant que par la nature, ont vu leur physionomie se recomposer au fil des générations, donnant au paysage de Trazegnies son caractère singulier.

Nature du sol La localité de Trazegnies appartient à une zone géographique généralement classée parmi les régions limoneuses, mais sa composition pédologique présente des nuances importantes. Une large majorité des terres cultivables environ neuf dixièmes selon J. Degrouve se caractérise par des sols d’argile douce ou sablo‑argileuse, offrant une texture plus légère que celle des limons classiques. Cette particularité influe sur les pratiques agricoles, la nature du couvert végétal et l’évolution du paysage rural.

Certains quartiers montrent toutefois des formations nettement distinctes. Celui de l’Argilette repose sur une argile très compacte, dense et difficile à travailler, dont la présence témoigne d’une structure géologique plus ancienne et moins altérée. À l’inverse, les terrains situés au‑delà de la rue André, en direction de Thiripont, sont constitués de sols sablonneux, plus perméables et plus sensibles aux variations climatiques. Cette transition entre argile lourde et sable meuble illustre la diversité du sous‑sol local, que Degrouve décrit comme un élément déterminant dans l’organisation historique et agricole du territoire.

Hydrographie

Le Piéton Le Piéton est un cours d’eau qui traverse la localité de Piéton et sert de limite naturelle entre les territoires de Trazegnies et de Chapelle‑lez‑Herlaimont. Il reçoit les eaux de la rivière issue de la Fontaine Colot ainsi que celles provenant des sources du Cavin, avant de poursuivre son parcours vers Thiripont. De là, il s’oriente en direction de Gouy‑lez‑Piéton, où son débit s’affirme progressivement, jusqu’à devenir le Piéton proprement dit, un affluent de la Sambre qui contribue au réseau hydrographique régional.

Dans son ouvrage consacré à l’histoire locale, J. Degrouve rappelle que ce ruisseau, bien qu’apparemment modeste, a joué un rôle structurant dans l’organisation du territoire, tant pour les limites administratives que pour les activités humaines. L’auteur souligne également les transformations imposées par l’industrialisation : les charbonnages de Bascoup‑Mariemont ont en effet détourné le cours du Piéton afin de permettre l’installation d’un chemin de fer aérien, modification qui témoigne de l’ampleur des aménagements liés à l’exploitation minière.

La rivière de Trazegnies ou des Étangs La rivière de Trazegnies, également appelée rivière des Étangs, prend naissance au Petit Bois, où plusieurs résurgences alimentent son premier cours. Après avoir traversé ce massif boisé, elle s’engage dans une canalisation aménagée sous le terril du charbonnage , témoignant des interventions industrielles qui ont profondément modifié son tracé naturel. Une fois sortie de cette zone, elle poursuit son chemin à travers les prés, dessinant un réseau hydrographique qui a longtemps structuré les terres agricoles environnantes.

Selon J. Degrouve, cette rivière recevait autrefois les eaux de la fontaine de la Place, avant de se diriger vers le Butia. Ce système d’alimentation, typique des petites communes rurales, a cependant disparu avec la construction des égouts, qui ont progressivement effacé le lit originel du cours d’eau. L’auteur souligne que cette disparition n’est pas seulement un phénomène physique : elle marque aussi la fin d’un élément du paysage traditionnel, autrefois étroitement lié à la vie quotidienne des habitants.

Quartiers

Hameaux et quartiers Corbeau et Malplaquet, quartier des Coquelicots et quartier Saint-Joseph.

Lieux-dits Couturelle, Croix Sabeau, L'Yser, Fastoûmont, Pachi du Cadet, Dessus l'Église, Le Bati, Campagne des Prés, Benoîte Epine, Clabotia, L'Espinette, Tichelin, Champ du Losté, La Potte, L'Argilette, Le Dessus du Bois et Sauci.

Cités Cité Achille Delattre, cité de la rue du Butia, cité de la rue de l'Epine et cité de la rue de la Marche.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

Préhistoire

Antiquité

Moyen Âge vignette|Représentation du château.

Temps modernes

Époque contemporaine

La commune de Trazegnies prit part aux événements de 1830 en constituant un corps de volontaires qui se rendit à Bruxelles, où il se distingua lors des combats menés dans le parc. Pour financer cette expédition patriotique, une souscription publique fut organisée : elle permit de réunir environ quatre cents francs, somme à laquelle le marquis de Trazegnies ajouta cent francs ainsi que des vivres destinés aux combattants. Cette mobilisation locale témoigne, comme le souligne J. Degrouve, de l’adhésion de la population aux mouvements qui conduisirent à l’indépendance. Au cours des journées de , les autorités communales appelèrent également à la formation d’une garde civile, chargée d’assurer le maintien de l’ordre en cas de nécessité. Cette initiative fut prise après le départ des douze volontaires trazegniens et en réaction aux événements survenus dans le parc de Bruxelles. La création de cette garde répondait à un besoin de sécurité intérieure dans un contexte d’incertitude politique et militaire. Selon Degrouve, la population de Trazegnies se félicita, à la fin de l’année 1830, d’avoir contribué à repousser l’ennemi et d’avoir participé à l’obtention de l’indépendance nationale. Ce sentiment de fierté collective s’inscrit dans la mémoire locale comme l’un des épisodes marquants de l’engagement communal durant la révolution belge.

La route reliant Trazegnies à Marchienne-au-Pont fut aménagée en 1846, marquant une étape importante dans l’amélioration des communications locales. À l’origine, elle était simplement empierrée, selon les pratiques routières courantes du , avant d’être progressivement bordée de peupliers qui accompagnaient son tracé sur toute sa longueur. Ces arbres, plantés pour stabiliser les abords, offrir de l’ombre et structurer visuellement l’axe routier, demeurèrent en place jusqu’en 1880, année où ils furent abattus lors d’une campagne d’entretien et de modernisation de la voirie. Dans son étude historique, J. Degrouve souligne que cette route joua un rôle essentiel dans l’ouverture de Trazegnies vers les communes voisines et dans le développement des échanges économiques. Son évolution, depuis une voie rudimentaire jusqu’à un axe mieux aménagé, reflète les transformations du territoire au cours du .

En 1905, Trazegnies fut reliée aux principales communes du Centre grâce à l’établissement d’un chemin de fer vicinal, qui constitua l’une des améliorations de transport les plus marquantes du début du dans la région. Cette ligne permettait de rejoindre Morlanwelz et La Louvière d’un côté, Fontaine‑l’Évêque et Anderlues de l’autre, assurant une circulation plus fluide des travailleurs, des marchandises et des visiteurs. Le tracé traversait la localité en empruntant les rues de Chapelle et de la Station cette dernière correspondant à l’actuelle Grande Rue et formait un axe structurant pour la vie quotidienne. Dans son ouvrage, J. Degrouve souligne que l’arrivée du vicinal transforma profondément les habitudes de déplacement et contribua à l’intégration de Trazegnies dans le réseau économique régional. L’auteur insiste sur le rôle de cette infrastructure dans la modernisation du bourg, en facilitant les échanges et en renforçant les liens avec les centres industriels voisins.

Le , des unités françaises parvinrent à Trazegnies, mais leur présence fut de courte durée. L’annonce des affrontements de Pont‑à‑Celles, survenus le , les incita à quitter rapidement la localité afin d’éviter d’être prises dans un engagement défavorable. Dans l’après‑midi du même jour, les Uhlans cavalerie légère allemande pénétrèrent dans Trazegnies, bientôt suivis par des troupes régulières qui avancèrent par les rues de Gouy et de Pont‑à‑Celles. Cette armée, que J. Degrouve décrit comme puissamment équipée, bien entraînée et préparée à une progression rapide, ne fit que traverser la commune sans y établir de position durable. Le mouvement des troupes allemandes s’inscrivait dans une stratégie d’ensemble visant à atteindre les forces françaises déployées plus au sud. Après avoir franchi Trazegnies, elles se dirigèrent vers Collarmont, à Carnières, où elles affrontèrent les unités françaises le . L’épisode, tel que le rapporte Degrouve, illustre la rapidité de l’avancée allemande au début du conflit et la manière dont les communes du Centre furent traversées par des colonnes militaires en route vers les zones de combat.