Les quatre épreuves de patinage de vitesse sur piste courte aux Jeux olympiques d'hiver de 1992 ont lieu du au à la Halle olympique à Albertville en France.

Il s'agit de la première apparition de cette discipline au programme olympique, après avoir été un sport de démonstration aux Jeux olympiques d'hiver de 1988 à Calgary. On y retrouve quatre épreuves non mixtes après les dix |épreuves présentées à Calgary : le femmes, le hommes et deux relais ( pour les femmes et pour les hommes). Dans chacune des distances, le record du monde est battu au moins une fois au cours de la compétition.

Chez les femmes, l'Américaine Cathy Turner, qui a récemment repris le patinage de vitesse après avoir mis sa carrière en pause pour devenir chanteuse, remporte l'or en individuel et l'argent au relais. Le Sud-Coréen Kim Ki-hoon remporte l'or deux fois, tandis que son compatriote Lee Joon-ho prend le bronze en individuel et partage l'or au relais. La Corée du Nord marque la deuxième médaille de son histoire en Jeux olympiques d'hiver avec le bronze pour Hwang Ok-sil sur le .

À la fin des Jeux, la Corée du Sud compte trois médailles, acquises sur les deux distances masculines, et se place en tête du tableau des médailles. Ces résultats lancent une tradition nationale qui fera du pays le grand favori de la discipline pour les décennies qui suivent.

Préparation de l'événement Désignation du pays hôte

Le processus de sélection pour les Jeux olympiques d'hiver de 1992 comprend sept villes. La ville hôte est désignée lors de la du CIO tenue le à Lausanne en Suisse, à l'occasion de .. Albertville remporte le scrutin au sixième tour et est préférée aux autres villes candidates : Anchorage aux États-Unis, Berchtesgaden en Allemagne de l'Ouest, Cortina d'Ampezzo en Italie, Lillehammer en Norvège, Falun en Suède et Sofia en Bulgarie..

+ Résultats des votes du CIO Ville Pays Albertville 19 26 29 42 - 51 Sofia 25 25 28 24 - 25 Falun 10 11 11 11 41 9 Lillehammer 10 11 9 11 40 - Cortina d'Ampezzo 7 6 7 - - - Anchorage 7 5 - - - - Berchtesgaden 6 - - - - -

Modifications des épreuves après 1988 Le comité d'organisation des Jeux olympiques a pour mission de créer un programme médiatiquement et techniquement viable : chaque proposition est approuvée ou refusée par l'Union internationale de patinage. En 1988, le short-track était représenté sur dix épreuves : , et masculin et féminin, relais féminin du et relais masculin où la demi-finale se courait en et la finale sur . En 1992, on ramène le total à quatre épreuves : féminin, masculin et relais ( pour les femmes, pour les hommes)...

Le règlement de la compétition est approuvé par l'ISU le .

Lieu de la compétition alt=La halle olympique en fond ; devant, une sculpture de vasque olympique et une sculpture d'anneaux olympiques et l'inscription "Albertville".|vignette|La Halle olympique d'Albertville. Si l'essentiel des épreuves est organisé dans les montagnes qui entourent Albertville, la Halle olympique est construite près du centre-ville. Dotée d'un hall de glace et voisine d'une patinoire d'entraînement et de l'anneau de vitesse, elle accueille le patinage de vitesse sur piste courte et le patinage artistique.. Les épreuves de hockey, ne relevant pas de la même fédération sportive, se déroulent quant à elles à Courchevel et Méribel.. Les sportifs sont logés au village olympique de Brides-les-Bains et des navettes les emmènent en une demi-heure de bus à la patinoire.

Les infrastructures se veulent de taille relativement réduite, ne laissant pas de places vides qui nuiraient à l'ambiance de la compétition. La Halle olympique est construite selon le mode de la conception-réalisation et est l'un des projets les mieux réussis des infrastructures des Jeux en termes dve temps, de coût et, d'après le Comité d'organisation des Jeux olympiques, d'esthétique.. Une partie des gradins est construite de façon temporaire uniquement, avec l'objectif de les remplacer par d'autres installations après les Jeux.. Au total, la salle peut accueillir ; après les Jeux, la capacité de la salle est ramenée à chauffées. En raison du faible nombre de places ouvertes dans la Halle olympique d'Albertville, les journalistes ont besoin d'une double accréditation symbolisée par un brassard jaune à porter à leur entrée dans le lieu..

À la fin de sa réalisation, la Halle olympique a une surface de . Elle repose sur dix piliers intérieurs construits selon les normes anti-sismiques en vigueur à l'époque. Elle s'accompagne de deux locaux techniques, l'un producteur de froid et l'autre de chaleur, et est insonorisée par de la tôle perforée et de la laine de roche. Elle s'illustre par son absence d'écho et par la présence de émettant une lumière de , dans l'objectif de rendre superflus le flash des appareils photos pendant les performances..

L'entretien de la glace au cours de la compétition est assuré par des élèves de BEP et bac professionnel du lycée La Charrette d'Albertville, formés au surfaçage, à la réfrigération et à la maintenance de glace au cours d'un nouveau programme de l'établissement visant à préparer les Jeux.. En parallèle de cette patinoire, les patineurs de vitesse sur piste courte s'entraînent à la patinoire municipale de Chambéry le 2 et le . ; le reste du temps, ils bénéficient d'une patinoire dédiée à Albertville, reliée par un couloir chauffé au Hall olympique..

Officiels

Les épreuves de patinage de vitesse sur piste courte mobilisent bénévoles au total..

Les starters et les juge-arbitres, principaux ou assistants, sont nommés par l'ISU. Tous les autres officiels sont choisis par la fédération française des sports de glace.

Participants Nombre de participants par pays +Nombre de participants par pays500 mètres dames1 000 mètres hommesRelais fémininRelais masculin Australie22X Belgique12X Canada33XX Chine31X Corée du Nord21 Corée du Sud23X Équipe unifiée31X États-Unis21X France11XX Hongrie11 Italie22XX Japon13XX Pays-Bas31X Norvège -1 Nouvelle-Zélande -2X Royaume-Uni13X

Qualifications Chaque comité national olympique est autorisé à inscrire une personne pour chaque épreuve individuelle ainsi qu'une équipe de six personnes maximum, soit quatre coureurs et deux remplaçants, pour le relais. Les pays les mieux classés aux Championnats du monde sont autorisés à inscrire jusqu'à trois patineurs par sexe, tandis que seuls les huit pays les mieux classés en relais aux Championnats du monde peuvent se présenter aux épreuves olympiques. Les inscriptions ferment le .

Pour le journal La Presse, les favoris sont chez les femmes, Sylvie Daigle, Monique Velzeboer et Zhang Yanmei. Chez les hommes, les noms qui retiennent l'attention sont ceux de Wilf O'Reilly et de l'équipe australienne de relais..

Controverse sur les sélections canadiennes L'absence d'Eden Donatelli, qui avait eu de très bons résultats aux Jeux de 1988 mais n'est que remplaçante du relais en 1992, est remarquée par la presse canadienne : alors que dans d'autres sports, des sélectionneurs parlent de discrimination contre les Québécois, Eden Donatelli est la seule patineuse de haut niveau non francophone et ses résultats lui garantissaient normalement une place dans l'équipe principale, tandis qu'elle doit céder sa place à Angela Cutrone qu'elle a pourtant battue aux sélections nationales.. L'entraîneur de l'équipe nationale Yves Nadeau est accusé d'avoir voulu constituer une équipe entièrement québécoise malgré les meilleurs résultats de la patineuse. L'entraîneur de Donatelli affirme qu'elle a été menacée par Nadeau pour éviter qu'elle ne s'exprime publiquement à ce sujet : elle-même raconte plusieurs mois plus tard avoir songé à intenter un procès contre l'équipe nationale, avant d'abandonner l'idée.

Face aux accusations de discrimination par la langue, Yves Nadeau affirme que si Donatelli était la meilleure pendant les sélections nationales, son niveau a baissé depuis. Lorsqu'il décide d'organiser des nouvelles sélections pour les Championnats du monde de patinage de vitesse sur piste courte un mois après les Jeux olympiques, Eden Donatelli choisit de les boycotter, de même qu'Annie Perreault qui veut marquer son soutien. Les deux patineuses sont alors exclues de l'équipe nationale des Championnats du monde.

Déroulement de la compétition Programme +Calendrier des épreuves Cérémonies d'ouverture et de clôture••Hommes o oRelais oFemmes ooRelais o o

Cérémonie d'ouverture Le patineur belge Geert Blanchart porte le drapeau de son pays lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux.. De même pour le Japonais Tsutomu Kawasaki., ainsi que le Britannique Wilf O'Reilly. et le Néo-Zélandais Chris Nicholson.. Du côté des patineuses, la porte-drapeau canadienne de la cérémonie d'ouverture des Jeux est Sylvie Daigle..

Compétition féminine 500 mètres femmes La première course du féminin se court à trois : Zhang Yanmei, favorite de la distance, est disqualifiée pour faute et Kim So-hee et la Néerlandaise Joëlle van Koetsveld-van Ankeren se qualifient pour le quart de finale. La course suivante voit la victoire de l'Américaine Cathy Turner devant une deuxième Sud-Coréenne, Chun Lee-kyung.. Dans cette course, Cathy Turner fait tomber Sylvie Daigle, l'autre favorite de la compétition, qui tord une de ses lames : malgré la demande en appel des Canadiens, elle n'est pas pénalisée.. La coureuse chinoise Wang Xiulan se qualifie ensuite devant la Canadienne Annie Perreault, puis viennent la Chinoise Li Yan et la Canadienne Nathalie Lambert. Au cours de la course suivante, Nobuko Yamada passe en quarts de finale avec Bea Pintens. Elles sont rejointes par la Nord-Coréenne Hwang Ok-sil et la Française Karine Rubini. Dans l'avant-dernière course, l'Australienne Karen Gardiner est disqualifiée pour faute ; Marinella Canclini bat quant à elle le record du monde avec un temps de , devant la Russe Marina Pylaeva. Enfin, Monique Velzeboer passe en quarts de finale avec Ioulia Vlassova.

En quarts de finale, quatre courses permettent aux deux premières de se qualifier pour la demi-finale de la distance. Dans la première course, Cathy Turner se qualifie devant Nathalie Lambert, puis c'est au tour de Li Yan et Ioulia Vlassova. La Chinoise Wang Xiulan passe ensuite avec Hwang Ok-sil. Annie Perreault est disqualifiée dans la dernière course et laisse donc sa place à Marina Pylaeva et Monique Velzeboer : elle fait une réclamation, affirmant que la faute incombe à Velzeboer qui l'a accrochée avec son patin, mais les juges rejettent son appel..

Hwang Ok-sil remporte la première demi-finale devant la Chinoise Li Yan ; Nathalie Lambert et Marina Pylaeva, toutes les deux tombées, passent en finale B. C'est ensuite au tour de Cathy Turner et de Monique Velzeboer de se qualifier pour la finale A devant Wang Xiulan et Ioulia Vlassova, envoyées en finale B.

La finale B est remportée par Marina Pylaeva devant Nathalie Lambert et Ioulia Vlassova ; Wang Xiulan est victime d'une chute. Avant le début de la finale, Cathy Turner arrive sur la glace avec un léger retard, ayant subi un problème d'affûtage de sa lame gauche. Au départ de la course, elle chute immédiatement, se cognant le coude, et les juges décident de recommencer la finale. En finale A, Hwang Ok-sil, partie dans le premier couloir de course, prend la tête de la course, suivie par Cathy Turner et Li Yan, avec une avance confortable sur Monique Velzeboer. Au bout de trois tours, Cathy Turner et Li Yan dépassent Hwang Ok-sil par l'extérieur ; l'ordre ne changera plus avant la ligne d'arrivée de la course.. La médaille d'or est remportée par Cathy Turner. Derrière elle viennent Li Yan, la Nord-Coréenne Hwang Ok-sil, puis Monique Velzeboer : les quatre patineuses ont franchi la ligne d'arrivée à moins de deux dixièmes de seconde d'écart et sont départagées en utilisant le système de la photo-finish. Après sa victoire, Cathy Turner affirme vouloir prendre sa retraite, estimant qu'elle peut arrêter sereinement sa carrière après une médaille d'or.

Relais féminin