Les fédérés francs sont un groupe de Francs, notamment de Francs saliens, liés durant le Bas-Empire romain par des accords de fédération ou de sujétion avec le gouvernement impérial.

De ces fédérés francs sont issus après la fin de l'Empire romain d'Occident en 476 les grands rois de la dynastie mérovingienne, dont le premier est Clovis, roi des Francs de 481 à 511.

Contexte

Les Francs et l'Empire romain Les Francs ne sont pas une nation unie avant le . Ce sont en fait un ensemble de ligues guerrières germaniques, dont les deux principales sont les Ripuaires, sur la rive droite du Rhin, et les Saliens, dont est issue la dynastie mérovingienne. Alors que les premiers éviteront les contacts avec l'Empire romain, les seconds y sont intimement associés.

Les Saliens dans l'empire de Dioclétien à Julien Jusqu'en 287-288, les Francs saliens, comme les autres nations germaniques, alternent raids sur les régions frontalières de l'empire romain et accords militaires (fœdusLatin : Foedus, foederis, neutre. Le nominatif pluriel serai foedera., c'est-à-dire traités) avec lui.

Soumission du roi Gennobaud (vers 290) et installation dans l'empire comme lètes À cette date l'empereur Maximien Hercule, César d'Occident (adjoint de Dioclétien), qui réside à Trèves, chef-lieu de la préfecture du prétoire des Gaules, lance une campagne contre le traître Carausius. Le roi salien Gennobaud choisit de se soumettre sans combat, avec tout son peuple. Maximien accepte sa reddition et installe les Saliens de Gennobaud en Gaule belgique, autour de la ville de Tongres), avec le statut de lètes.

Du statut de lètes au statut de fédérés

Les contingents lètes francs croissent régulièrement en nombre à la suite des expéditions de Constance Chlore et de Constantin, respectivement en 293 en Batavie et en 306 près de Cologne.

En 358; après la campagne en Toxandrie de l'empereur Julien, celui-ci leur concède le statut de fédérés.

l’explique notamment par le fait que les sociétés germaniques étant fondées sur la guerre, Toutes ces assertions doivent être référencées. Un autre facteur peut être l'antagonisme entre groupes germaniques : l'alliance romaine est au minimum une protection.

Romanisation des officiers francs Intégration aux structures sociales et politiques de Rome De nombreux Francs effectuent une carrière dans l'armée impériale et certains accèdent à des commandements de haut rang, voire à des charges romaines (devenues honorifiques) datant de la République (consul, notamment).

Ces personnalités parlent évidemment le latinVoir par exemple les lettres de Symmaque à Richomer, N° LIV à LXV, s'échelonnant de 382 à 394., ont la citoyenneté romaine avec le nom de gens Flavius caractéristique de la famille impériale. L’obtention du consulat fait d'eux des sénateurs, membres du Sénat de Rome.

Certains accèdent à la cour impériale et participent aux luttes pour le pouvoir récurrentes entre candidats au trône impérial d'Occident.

Généraux francs de l'armée romaine

Bonitus, premier Franc à obtenir la charge de maître de la milice (magister militum) en 324 Gaiso, premier Franc à obtenir la charge de consul en 351 (ce qui implique qu'il est citoyen romain) Silvanus, fils de Bonitus, maître de l'infanterie (magister peditum) en 355, poussé à l'usurpation par un groupe d'officiersAmmien Marcellin, Histoire de Rome, livre XV, 5 lors d'une crise de l'empire Nevitta, Flavius Nevitta (milieu du ), ami de l'empereur Julien, consul en 362 Salia, maître de cavalerie (magister equitum), chargé de la campagne d'Orient de 364 Mérobaud, consul en 377 et 383, Mallobaud, comte des domestiques, roi des Francs en 378Voir Ammien Marcellin XXXI 10, 7 et 8., Richomer, comte des domestiques en 378Voir Ammien Marcellin, Livre XXXI, chapitres 7, 8, 12 et 13 et consul en 384 Bauto, Flavius Bauto (mort en 388), consul en 385 Arbogast, Flavius Arbogastes (vers 340-), , tuteur de l'empereur d'Occident Valentinien II (n. 371-) ; durant l'été 394, il promeut en Occident l'usurpateur Eugène et meurt par suicide après sa défaite à la bataille de la rivière Froide (près d'Aquilée, Regio X d'Italie).

Le problème du « parti anti-germanique » du début du qu'il existait vers 400 à Ravenne un parti anti-germanique, parti dont le plus haut fait d'armes est l'assassinat du Romain d'origine vandale Stilicon en 408. C'est une période de crise : les Wisigoths, entrés en Orient en 378 (bataille d'Andrinople), et les Ostrogoths s'approchent de l'Italie. Ils sont vaincus par Stilicon, mais les frontières du nord-est ont été dégarnies, et le , les Vandales (non romanisés) et les Suèves entrent dans l'empire () sans pouvoir être arrêtés. En 407, une nouvelle usurpation éclate.

Certains chercheurs pensent qu'il s'agissait plutôt d'un parti « anti-scythe », c'est-à-dire hostile aux Germains orientaux, aux Alains et aux Huns.

Un autre historien avance qu'il s'agissait d'un parti .

Les bases des institutions mérovingiennes Cette volonté d'assurer la pérennité de l'ordre militaire romain aura des conséquences stratégiques (les armées de Clovis sont soigneusement copiées des manœuvres romaines) mais aussi institutionnelles. En effet, dans le courant du , les Gaiso, Salia, Vitta et Arbogast dont nous avons parlé sont tous quatre préfets de lètes entre le Rhin et les Ardennes. Ils décident de proclamer une loi sur le modèle romain, qui reproduit certains usages impériaux et encadre des pratiques traditionnelles (cf Wergeld). C'est le Pactus legis salicae, la Loi salique, dans laquelle ils apparaissent sous leurs formes germanisées (alors que les formes précédentes sont latinisées) de Wisogast, Salegast, Widogast et Arogast. Ce texte reproduit plusieurs caractéristiques de la condition létique, dont le régime de propriété de la terre (cf le lien précédent pour un commentaire d'un paragraphe capital pour l'histoire de France) et par son existence même annonce la volonté des meneurs francs de contrôler de plus en plus strictement la société, aux dépens des structures germaniques traditionnelles comme le conseil des Anciens.

Le tournant du

Au , la Gaule est envahie, les fidèles Lètes saliens s'opposent par les armes à l’invasion de 406. Ils combattront sous la direction du Maître de la milice (gallo-romain) Aetius. Childéric servira son successeur Ægidius.

En revanche, d’autres groupes de Francs, les Ripuaires restés à l'écart de l'empire, participent à la curée dès les années 407 et suivantes : ils pillent Trèves quatre fois, Cologne, Mayence. Leur expansion tourne à l’occupation des villes, Mayence (vers 459), Trèves, Metz, Verdun vers 475, tandis que le sud (Soissons, Paris, Verdun) reste jusqu’en 486 sous contrôle de forces romaines d’Aegidius, puis de son fils Syagrius. Syagrius, qui s'intitula "roi des romains" et ne reconnaissait plus l'empereur, sera chassé du pouvoir par Clovis avec l'assentiment officiel de l'empereur d'orient. Gaulois et Francs se connaissaient depuis longtemps, la bataille de Soissons ressemble à une bataille de guerre civile à la romaine, l'armée du vaincu se ralliant au vainqueur, l'historien byzantin Procope affirme que les dernières unités romaines de Gaule se sont ralliées aux Francs en conservant leurs bannières.

Notes et références

Voir aussi Lètes Loi salique

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