Le patinage de vitesse sur piste courte aux Jeux olympiques d'hiver de 1988 est un sport de démonstration. Il regroupe de différents sur une dizaine d'épreuves mixtes.
Il est ajouté au programme olympique sous la pression conjointe de l'Union internationale de patinage (UIP) et d'André Lamothe, président de la fédération canadienne de patinage de vitesse, malgré l'opposition véhémente du président de l'UIP Olaf Poulsen, qui trouve la discipline trop violente. Au cours des épreuves, du Comité international olympique assistent à au moins une épreuve de la discipline.
Si le pays hôte part grand favori au cours de la compétition, les résultats des Canadiens ne sont pas à la hauteur des attentes. Certains patineurs sont malades, d'autres cèdent face au stress, d'autres enfin, comme Michel Daignault, enchaînent les chutes. Le Canada remporte dix médaillonsEn sport de démonstration, on parle de médaillons plutôt que de médailles olympiques., ce qui en fait le pays le plus médaillé de l'édition, mais se classe quatrième derrière les Pays-Bas, la Corée du Sud et le Royaume-Uni puisqu'il n'obtient qu'un médaillon d'or, contre deux pour ces trois pays. Ces médaillons ne sont par ailleurs pas intégrés au tableau des médailles toutes disciplines, réservé aux sports du programme classique des Jeux.
Au cours de la compétition, sur dix distances courues, neuf records du monde sont battus, à l'exception notable de celui du masculin. La discipline fait salle comble, malgré une couverture médiatique limitée, et la décision est prise quelques mois plus tard d'intégrer le patinage de vitesse sur piste courte (également appelé ) au programme olympique à partir des Jeux olympiques de 1992.
Préparation de l'événement Désignation du pays hôte
Calgary prépare une candidature pour les Jeux d'hiver de 1988. Elle est soutenue par des personnalités de l'économie et de la politique locales qui dépensent de dollars canadiens pour promouvoir cette candidature..
En 1979, le Comité olympique canadien préfère Calgary à Vancouver, qui proposait un budget presque trois fois moins élevé, comme ville hôte de la candidature canadienne.. D'après le patineur et officiel canadien Jean Grenier, père du coureur Louis Grenier, le patinage de vitesse sur piste courte a joué un rôle important dans la candidature de Calgary. Déjà responsable de la création d'un championnat du monde de patinage de vitesse sur piste courte en impliquant le vote soviétique en 1975, il bénéficie d'une certaine influence auprès des représentants sportifs du Canada francophone. Au moment de choisir entre Vancouver et Calgary pour le Comité national olympique, il donne l'ordre de : c'est Calgary qui prend cette initiative.
Le , la du CIO se tient à Baden-Baden, en Allemagne de l'Ouest. La candidature de Calgary se trouve face à celles de Cortina d'Ampezzo en Italie, qui a organisé les Jeux d'hiver de 1956, et de Falun en Suède. Au deuxième tour, la ville canadienne est préférée à la candidature suédoise par ..
Ajout du patinage de vitesse sur piste courte au programme Le patinage de vitesse sur piste courte est ajouté au programme en tant qu'épreuve de démonstration en : en parallèle, la durée des Jeux olympiques est allongée de quatre jours.. Les autres disciplines de démonstration sont le curling, le ski acrobatique et le ski pour handicapés.. Le président du comité bénévole du patinage de vitesse sur piste courte est John Thorpe.. Le président de l'ISU, Olaf Poulsen, s'oppose fermement à l'ajout du sport au programme olympique, estimant qu'il est trop violent.
Les athlètes de sports de démonstration ne profitent pas de l'intégralité des avantages des sportifs olympiques. Ils dorment dans une résidence à quelques kilomètres du village olympique. Les sportifs de quelques pays ne sont pas invités à la cérémonie d'ouverture des Jeux, ni ne reçoivent de combinaison aux couleurs de leur pays : le choix est laissé aux comités olympiques de chaque nation. Par exemple, les patineurs britanniques portent l'uniforme britannique, mais l'écusson de leur pays est retiré de l'uniforme pour les différencier des « vrais » athlètes. Leurs médaillons, quant à eux, ne figurent pas au tableau des médailles de l'événement. : malgré la victoire au de la Canadienne Sylvie Daigle, on retiendra que, pour la deuxième fois de l'histoire olympique, le Canada n'a remporté aucune médaille d'or..
Lieu de la compétition vignette|Le Centre sportif Max Bell en 2007.|alt=Vue de loin du centre sportif Max Bell et de son parking. Le patinage de vitesse sur piste courte est d'abord prévu pour être organisé à l'Anneau olympique puis à l'Aréna olympique Père David Bauer, comme le hockey et le patinage artistique..
La compétition se déroule finalement au Centre Max Bell, qui accueille à la fois les épreuves de short-track et celles de curling.. Le stade est muni de dont trente ouvertes aux personnes handicapées : à l'occasion des Jeux, des gradins temporaires ajoutent . La patinoire, construite avant la décision d'accueillir les Jeux, est construite aux dimensions classiques d'une patinoire de hockey : pour s'accommoder des dimensions très différentes requises par le curling et le short-track sans enchaîner les modifications de piste, toutes les épreuves de curling sont organisées, suivies de toutes les épreuves de patinage de vitesse sur piste courte.. La piste ne fait que de largeur, soit deux de moins que la taille habituelle d'une patinoire de short-track : les dimensions réglementaires seront modifiées par l'Union internationale de patinage après ces Jeux olympiques..
Les travaux de préparation du centre Max Bell incluent une amélioration de la sonorisation, de la ventilation et de la réfrigération, ainsi que l'ajout de toilettes, d'une zone d'accueil des personnalités d'État, d'une buvette et d'un entrepôt. Le montant total des travaux est d'environ un million de dollars canadiens, dont sont financés par le comité d'organisation des Jeux, par la ville de Calgary, et le même montant pour la Max Bell Society, propriétaire et exploitante du stade.
Déroulement de la compétition Toutes les épreuves du patinage de vitesse sur piste courte des Jeux olympiques de 1988 se déroulent sur quatre jours du au .. +Calendrier des épreuves. Cérémonies d'ouverture et de clôture••Hommeso o ooRelais oFemmes ooo oRelais o
Le Canada favori avant la compétition Champion du monde deux semaines plus tôt et vainqueur de trois distances sur quatre à la compétition pré-olympique en , le Québécois Michel Daignault est présenté comme favori de la compétition masculine. Chez les femmes, Maryse Perreault remporte toutes les distances d'une compétition internationale quelques mois avant les Jeux. Les équipes masculine comme féminine du Canada ont remporté tous leurs relais sans exception depuis 1983.
Épreuves masculines 22 février : hommes Le marque le premier jour des épreuves de patinage de vitesse sur piste courte avec le hommes.
Au , on compte des courses de . Les trois premiers des six quarts de finale passent en demi-finale, puis les deux premiers de chacune des trois demi-finales se qualifient pour la , et les deux suivants pour la . Peter van der Velde se qualifie au premier tour avec Pat Moore et Tsutomu Kawasaki ; une chute emporte Stuart Horsepool et Hugo Herrnhof, qui ne franchit pas la ligne d'arrivée. La deuxième course voit la qualification de Louis Grenier, Roberto Peretti et Toshinobu Kawai, et la troisième celle de Brian Arseneau, Orazio Fagone et Mario Vincent. C'est ensuite au tour de Tatsuyoshi Ishihara, Charles Veldhoven et Lee Joon-ho. Dans l'avant-dernière course, Kim Ki-hoon l'emporte devant Didier Claeys et Enrico Peretti, le frère de Roberto Peretti. Wilf O'Reilly chute au cours de cette course.. Découragé, il décide de déclarer forfait pour le reste de la compétition. Il en est dissuadé par son entraîneur, Archie Marshall.. La dernière course, enfin, voit une nouvelle chute de Mo Ji-soo et de Marc Bella, qui ne finit pas la course. Yuichi Akasaka, Michel Daignault et Richard Suyten se qualifient pour la demi-finale.
Dans la première demi-finale, Orazio Fagone l'emporte devant Mario Vincent, tandis que les Japonais Yuichi Akasaka et Tochinobu Kawai passent en . Dans la deuxième course de la manche, Louis Grenier remporte la victoire devant Roberto Peretti, alors que Lee Joon-ho et Tatsuyoshi Ishihara passent en finale B. Dans la troisième et dernière demi-finale, Michel Daignault bat le record du monde avec un nouveau temps à .. Kim Ki-hoon passe en finale avec lui, et les places en finale B reviennent à Tsutomu Kawasaki et Pat Moore.
En finale, Michel Daignault, favori de la distance et de la compétition entière, est emporté dans une chute et rate le médaillon. La course est remportée par le Sud-Coréen Kim Ki-hoon devant le Canadien Louis Grenier et l'Italien Orazio Fagone. Louis Grenier affirmera plus tard avoir gagné son médaillon non pas parce qu'il a particulièrement bien patiné, étant plus âgé que ses concurrents et sur le point d'annoncer sa retraite avant l'ajout du patinage de vitesse sur piste courte au programme des Jeux, mais parce qu'il a profité d'erreurs de ses adversaires pendant la finale. Viennent en quatrième, cinquième et sixième position Roberto Peretti, Mario Vincent et Daignault.
23 février : Dans la première course, Lee Joon-ho se qualifie aisément devant le Japonais Yuichi Akasaka et les prochains à se qualifier sont Louis Grenier et Tochinobu Kawai, du Japon. Dans la troisième course, Charles Veldhoven passe avec Tsutomu Kawasaki et ils sont rejoints par Wilf O'Reilly et Pat Moore. Robert Dubreuil est victime d'une chute dans cette course, mais la faute est imputée à Mo Ji-soo, qui est disqualifié : Dubreuil est avancé en quarts de finale. Le Canadien Mario Vincent est le prochain qualifié, suivi de l'Américain Brian Arseneau, puis de Michel Daignault et Tatsuyoshi Ishihara dans la course suivante. Dans l'avant-dernière chute, une faute d'Emmanuel Michon vaut la chute du Belge Didier Claeys qui est avancé et passe donc en quarts de finale avec le Néerlandais Jaco Mos et le Coréen Kim Ki-hoon. Enfin, dans la dernière course, l'Italien Orazio Fagone l'emporte devant Marc Bella, de France..
Le vainqueur du premier quart de finale est Wilf O'Reilly, devant Mario Vincent. En deuxième quart de finale, Orazio Fagone passe devant Robert Dubreuil, tandis que Marc Bella chute et arrive dernier. Dans la troisième course, Tatsuyoshi Ishihara l'emporte quelques dixièmes de seconde devant Michel Daignault, qui est le favori de la distance, alors que Pat Moore chute et perd plusieurs secondes. Kim Ki-hoon remporte le dernier quart de finale devant Tochinobu Kawai ; Jaco Mos et Didier Claeys tombent tous les deux.
En demi-finale, Orazio Fagone tombe, ce qui le disqualifie de la compétition : Tatsuyoshi Ishihara arrive premier avec un temps de devant Mario Vincent et Kim Ki-hoon, troisième, doit rejoindre Fagone en de la distance. Dans la deuxième et dernière course, c'est Michel Daignault qui tombe, pour la deuxième fois en deux jours. Wilf O'Reilly passe en finale avec Robert Dubreuil, tandis que la est ouverte à Daignault et Tochinobu Kawai.
Wilf O'Reilly remporte la en fixant un nouveau record du monde à ... Derrière lui viennent, dans l'ordre, le Canadien Mario Vincent, le Japonais Tatsuyoshi Ishihara, et le Canadien Robert Dubreuil.
24 février :