thumb|200px|Les douze signes du zodiaque, des miniatures d'un livre d'heures. Les images extraites du livre Le ciel, ordre et désordre (édition britannique), coll. « Découvertes Gallimard » ().
Un signe du zodiaque ou une dodécatémorie (du grec ancien δωδεκατημόριον, « douzième partie ») est l'une des douze divisions égales de 30° du zodiaque, la bande de ciel parcourue par le Soleil, la Lune et les planètesÉmile Littré, Dictionnaire de la langue française, article « dodécatémorie » : « Terme d'astronomie ancienne. Nom donné aux trente degrés dont chaque signe du zodiaque est composé. ». Cette division purement géométrique, introduite par les astronomes mésopotamiens puis reprise par Eudoxe de Cnide, ne doit pas être confondue avec les constellations zodiacales, dont l'étendue réelle sur l'écliptique est très inégaleEugène Delporte, Délimitation scientifique des constellations (tables et cartes), Cambridge, Cambridge University Press, 1930.. Dans l'Antiquité, les signes ont d'abord eu un usage astronomique concret. D'une part, la position du Soleil dans l'un des douze signes permettait de repérer le mois de l'année, servant de repère calendaireGeminos, Introduction aux phénomènes, texte établi et traduit par Germaine Aujac, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Universités de France », 1975.Claude Ptolémée, Almageste, livre I.Otto Neugebauer, A History of Ancient Mathematical Astronomy, op. cit. (chapitres sur le calendrier schématique de douze mois de 30 jours).. D'autre part, le lever successif des signes à l'horizon — qui rythme la nuit selon des durées inégales du fait de l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur — était utilisé pour déterminer l'heure nocturne, notamment en complément de la clepsydreHypsiclès d'Alexandrie, Anaphoricus (Περὶ ἀναφορᾶς / On Ascensions), siècle av. J.-C.Claude Ptolémée, Almageste, livre II (temps ascensionnels).Otto Neugebauer, « Studies in Ancient Astronomy VIII. The Water Clock in Babylonian Astronomy », Isis, vol. 37, , 1947, p. 37-43..
L'ensemble des développements qui suivent porte sur l'usage des signes du zodiaque en astrologie, une pratique divinatoire distincte de leur définition astronomique originelle.
Les signes du zodiaqueLe mot zodiaque ne prend pas de majuscule : « N.B. : le mot zodiaque ne prend pas de majuscule, puisqu’il n’est que la représentation du cercle semblant unir ces constellations, sans en être une lui-même. » https://www.question-orthographe.fr/question/probleme-de-majuscules/ ou signes astrologiques sont traditionnellementLe Serpentaire (Ophiuchus) est parfois aussi considéré comme une constellation du zodiaque, entre le Scorpion et le Sagittaire, formant ainsi un signe. au nombre de 12. Ils résultent de la division en douze parties du cercle (l'écliptique, qui passe au milieu du zodiaque) qui sépare en deux moitiés égales la ceinture dans laquelle, aux yeux terriens, les planètes du système solaire effectuent leur course apparente autour de la planète. Le zodiaque formant une bande de ciel circulaire de 360° entourant la Terre, chacun des douze signes traditionnels occupe un secteur angulaire de 30°. Ce sont, dans l'ordre, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons.
Selon les croyances superstitieuses de l'astrologie, les signes du zodiaque sont censés correspondre à des types de personnalité caractéristiques.
Repères astronomiques thumb|200px|Les symboles des signes du zodiaque représentés sur le cercle (jaune) de l'écliptique. Le point vernal (qui est le point de départ) est l'une des deux intersections entre l'écliptique et l'équateur céleste. Dans ce qu'on appelle l'astrologie tropicale (l'astrologie des journaux), les signes du zodiaque sont douze secteurs du cercle de l'écliptique de 30° de longitude chacun comptés à partir du point vernal. Lorsque le Soleil traverse un de ces secteurs, on dit que la personne est née sous le Signe en question. Ainsi, être né sous le signe du Bélier, c'est (selon l'astrologie tropicale) être né sensiblementen fonction de la date de l'équinoxe entre le et le , quand le Soleil se situe entre 0° et 30° sur le cercle des signes (l'écliptique)André Barbault, Bélier, éd. Seuil, coll. Zodiaque, 1989, , .. Ce cercle est celui qui passe au milieu du zodiaque, qui n'est autre que la route des planètes du système solaire vues depuis la Terre autour de cette dernière.
vignette|300px|Illustration du décalage de 25 degrés dû à la précession des équinoxes entre le zodiaque sidéral figurant douze signes de 30° chacun et les douze signes traditionnels de l'astrologie tropicale.Pour l'astrologie sidérale, contrairement à l'astrologie tropicale classique et fixePtolémée définit le signe astrologique du Bélier comme débutant à l'équinoxe de printemps pour l'hémisphère nord (équinoxe de mars) et donc une date calendaire pour le début de ce signe., les signes du zodiaque reflètent la position du Soleil « devant » l'une des constellations du zodiaque. La précession des équinoxes, qui fait dériver le point vernal d'un degré tous les 72 ans environ conduit à une lente dérive entre les signes de l'astrologie sidérale et ceux de l'astrologie tropicale, sur un cycle de environ, avant que les signes des deux astrologies correspondent, momentanément, à nouveau. Le zodiaque étant par définition unique, les deux astrologies se partagent le même zodiaque.
Pour déterminer le signe dans lequel se trouve la Lune ou une planète, il est nécessaire de recourir à une éphéméride, ou à un programme informatique spécialisé en astronomie. De tels programmes permettent de calculer rapidement un horoscope, ce qui permet à l'astrologue de se consacrer à l'interprétation astrologique plutôt qu'au calcul.
Selon l'historien de l'astrologie Jacques Halbronn, le découpage en 12 est indissociable du calendrier et des 12 lunaisons dans l'annéeJacques Halbronn, Clefs pour l'astrologie, éd. Seghers, , 1993, . ce qui ne tient absolument pas compte des constellations. Cependant, selon lui, la théorie des aspects (trigones des éléments feu, terre, air et eau) suffisait à découper tout cycle astrologique, à partir des conjonctions se faisant entre une planète et les 4 étoiles fixes dites royalesClefs pour l'astrologie, , ce qui ne posait aucun problème au regard de la précession des équinoxes puisque cela ne dépendait aucunement des saisons.
Constellations vignette|droite|upright=1.2|Le Bélier dans l'Uranometria de Johann Bayer (1603) : une figure symbolique, sans aucune limite tracée avec les constellations voisines. Si une majorité d'astrologues, qu'ils soient sidéraux ou tropicaux, sont d'accord pour diviser le zodiaque en 12 signes de taille égale, donc de durée similaire (30 jours, plus ou moins un), en réalité les constellations diffèrent par leur taille. Ainsi le soleil est réellement dans l'alignement de la constellation du Scorpion pendant 9 jours, tandis qu'il l'est pendant 44 jours devant celle de la Vierge (pour prendre les extrêmes). Certains astrologues, ne se contentant pas de s'appuyer sur le passage effectif du soleil devant les constellations adapté pour 12 parties égales (date sidérale), considèrent qu'il faut définir la taille des signes proportionnellement à l'étendue réelle des constellations dans le ciel (date astronomique, bien que la du Serpentaire ne soit pas prise en compte).
La table ci-dessous compare la date d'entrée du Soleil dans les signes, suivant qu'on se place dans une astrologie sidérale (constellations actuelles, et de type astrologie indienne) ou dans une astrologie tropicale (signes de 30° mesurés sur l'écliptique à partir du point vernal dans la tradition classique de Ptolémée), ainsi que les dates d'entrée du Soleil dans les constellations du même nom, en fonction des frontières définies par l'Union astronomique internationale (IAU) en 1930. Ces dates peuvent s'écarter d'un jour en plus ou en moins de la date théorique, du fait du cycle des années bissextiles, et de la précession du périhélie de l'orbite terrestre au cours des siècles.
L'astrologie hindoue, aussi nommée astrologie védique ou Jyotish (qui signifie science de la lumière), est sidérale. Elle prend en compte le décalage dû à la précession des équinoxes, avec une correction, nommée « Ayanamsa », d'environ 24° en 2019 et non de 30° comme dans l'astrologie sidérale. Cette correction varie au fil du temps. Cette astrologie considère uniquement les planètes visibles à l'œil nu. Ces planètes sont dans le signe correspondant à la constellation que l'on observe derrière chacune d'elles. Le tableau ci-après permet notamment de retrouver le signe du soleil en astrologie védique lorsque l'on connait son signe en astrologie occidentale (ex : une personne née le a son soleil en capricorne (colonne « date tropicale ») ; on dit donc qu'elle est Capricorne en astrologie occidentale; elle se retrouve donc en quelque sorte « Sagittaire » (colonne « Zodiaque indien ») en astrologie védique car son soleil est observé dans la constellation du Sagittaire).
Zodiaque sidéral et tropicalConstellationsZodiaque indienZodiaque hébreu (galgal hamazalot, גלגל המזלות) Signe du zodiaque Symbole Date sidérale(année 2002) Date tropicale (calendrier grégorien)Il est nécessaire de consulter la position du Soleil dans les éphémérides pour les jours-frontières, la date exacte variant selon l’année et le lieu géographique. Ici dans ce tableau ont été pris en consideration les lieux extrêmes de Los Angeles à Sydney et les années extrêmes 1903 (pour Sydney) et 2096 (pour Los Angeles). C’est pour cette raison que les dates de début et de fin se chevauchent d’un signe à l’autre. P.ex. une personne née le 21 juillet en 2096 à Los Angeles sera née déjà sous le signe du Lion, alors qu’une personne née le 24 juillet 1903 à Sydney était née encore sous le signe du Cancer. Autre exemple : à Los Angeles en 2096, le 21 Août on sera déjà en Vierge à partir de 20h00, alors qu’à Sydney en 1903, le 24 Août on était encore en Lion jusqu’à 16h00. Les années 1903 (ou 1503 ou 2303) et 2096 (ou 1696 ou 2496) représentent les records possibles concernant les durées des signes.
Mais il n’y a pas besoin d’être dans une de ces deux années extrêmes : dans l’exemple précédent, en 1903 on était encore en Vierge le 24 Septembre jusqu’à 16h00. Mais aussi encore en 1987 vous pouviez être un 24 Août et être encore en Lion (jusqu’à 01h30 à Sydney).
De même, nul besoin d’attendre 2096 pour avoir la possibilité d’être déjà en Lion un 21 Juillet (comme dans le premier exemple). En 2032 déjà on pourra être un 21 Juillet et se trouver déjà en Lion. Élément Date astronomique(année 1977) Désignation en sanskrit Mois en hébreu Désignationen hébreu Bélier♈ 15 avrilau15 mai 19 marsau21 avril Feu 20 avrilau14 mai 14 avrilau14 mai मेष (Meṣa : « Bélier ») nissane, ניסן taléh, מזל טלה (Agneau) Taureau♉ 16 maiau15 juin 18 avrilau22 mai Terre 14 maiau21 juin 15 maiau14 juin वृषब (Vriṣabha : « Taureau »)iyar, איירchor, מזל שור (Taureau) Gémeaux♊ 16 juinau15 juillet 19 maiau22 juin Air 21 juinau22 juillet 15 juinau16 juillet मिथुन (Mithuna : « paire, couple »)sivane, סיווןtéoumim, מזל תאומים (Jumeaux) Cancer♋ 16 juilletau15 août 20 juinau24 juillet Eau 21 juilletau11 août 17 juilletau16 août कर्क (Karka : « crabe, écrevisse »)tamouz, תמוזsartane, סרטן (Cancer) Lion♌ 16 aoûtau15 septembre 21 juilletau24 août Feu 11 aoûtau17 septembre 17 aoûtau16 septembre सिम्ह (Simha)av, אבאריה.ARIEH (Lion) Vierge♍ 16 septembreau15 octobre 21 aoûtau24 septembre Terre 17 septembreau31 octobre 17 septembreau17 octobre कन्य (Kanya : « Jeune fille »)eloul, אלולבתולה betoula (Vierge) Balance♎16 octobreau15 novembre 21 septembreau24 octobre Air 31 octobreau23 novembre 18 octobreau16 novembre तुल (Tula : « Balance »)tichri תשרימאוזניים moznayim