Le musée des Beaux-Arts d'Angers est un musée d'art situé à Angers, dans un ancien hôtel particulier, le logis Barrault, place Saint-Éloi à proximité de la cité historique d'Angers. Il fait partie du complexe Toussaint qui comprend le jardin des beaux-arts, la galerie David d'Angers et la bibliothèque municipale. Il présente une collection d'œuvres d'art acquise au fil des siècles sur une surface totale de .

Grâce aux récentes restaurations le site concilie l'histoire et la création, la muséographie la plus moderne et le confort de visite.

Le musée est administré par la mairie d'AngersMairie d'Angers - Musées d'Angers, Musée des Beaux-Arts, consulté le 11 juillet 2014, est classé contrôlé par le ministère de la CultureMinistère de la Culture, Les musées de France - Les musées classés contrôlés, consulté le 11 juillet 2014, et a été classé par le Journal des arts meilleur musée du Grand Ouest et dixième musée de France (hors Paris) en 2010..

Historique À l’issue de la Révolution française, le Directoire fonde les Écoles centrales et celle de Maine-et-Loire est transférée en 1797 dans l'hôtel particulier du Logis BarraultInstitut national d'histoire de l'art (INHA), Musée des Beaux-Arts d'Angers, fiche du 6 mai 2014.

En , le muséum de l’École centrale de Maine-et-Loire ouvre ses portes, sur le modèle du musée du Louvre.

En 1803, les Écoles centrales sont supprimées, mais sur la volonté de la municipalité d’Angers le muséum de peinture est préservé, le cabinet d’histoire naturelle et la bibliothèque municipale y ouvrent en 1805. Le musée est alors considéré comme « l’un des plus riches dépôts qui se soit conservé dans tous les départements voisins, et après celui de Paris, ce serait l’un des plus beaux de la France ». Le musée devient donc musée municipal en 1805.

Les deux siècles qui suivent marquent un tournant pour le musée qui connaît un manque crucial d’espace et une importante vétusté, ce qui n'empêche pas le musée de s’enrichir régulièrement de legs et de dons prestigieux, dont ceux de Pierre-Jean David dit David d'Angers.

En 1839, on inaugure la galerie David d'Angers dans l’ancien réfectoire du musée, qui y restera jusqu’en 1984.

En 1859, Lancelot Théodore Turpin de Crissé enrichit les collections du musée par un important legs : antiquités égyptiennes, grecques et romaines, bronzes antiques, vases grecs, verreries, émaux et faïences, plusieurs dessins, nombreux tableaux dont ceux de Jean Auguste Dominique Ingres (Paolo et Francesca), et quelques Primitifs dont un triptyque de l'école d'Avignon. Il avait constitué une collection reflétant les goûts éclectiques de la Restauration, estimée pour une valeur totale de près d’un million de francs de l'époque.

En 1861, le peintre Guillaume Bodinier offre à la ville l’hôtel Pincé (le musée Pincé) pour abriter les objets de la collection Turpin de Crissé en l'honneur du donateur Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782-1859).

La galerie Beaurepaire est inaugurée en 1887. Construite perpendiculairement à la galerie David d’Angers et conçue par l’architecte de la ville Charles Demoget, les œuvres présentées sont entre autres La Danse de Charles-Adolphe Gumery, La Mort de Priam de Pierre-Narcisse Guérin.

En 1915, le Comte Etienne de Saint-Genys lègueTestament du compte de Saint-Genys, 9 août 1915, Archives patrimoniales, Angers sa collection à la ville d’Angers poursuivant ainsi l'œuvre d'enrichissement des collections initiée par son grand-oncle, Lancelot Théodore Turpin de Crissé.

Au début du , des projets d’agrandissement voient le jour. Une nouvelle entrée pour le public fait son apparition, pour rendre le musée plus visible. Mais le projet avorte.

En 1944, le musée est sinistré par la guerreLibération, Angers redécouvre ses beaux-arts, article du 26 juillet 2004 et entre, deux ans plus tard, dans la liste des musées de province classés. À partir de 1949, le musée est sommairement réorganisé, et rouvre ses portes en 1950. Les conservateurs doivent alors s’adapter aux contraintes des lieux sans pouvoir vraiment valoriser les collections.

En 1977, la ville entrevoit le projet de réaménagement du Musée des Beaux-Arts. En 1980, il est décidé dans un premier temps de déménager la bibliothèque municipale, et d’autre part, de transférer la galerie David d’Angers de l’espace du grand séminaire à l’église de l'abbaye Toussaint d'Angers.

En 1984, François Mitterrand inaugure la nouvelle galerie David d'Angers..

En 1998, la ville approuve le projet scientifique et culturel présenté par Patrick Le Nouëne, alors directeur et conservateur en chef des musées d’Angers.

vignette|Le château de Villevêque, administré par les musées d'Angers.

Entre 1999 et 2004, d'importants travaux de rénovation, de transformation et d’agrandissement sont orchestrés par deux architectes de renom, Gabor Mester de Parajd, architecte en chef des Monuments historiques, et Antoine Stinco architecte muséographe.Gabor Mester de Parajd a déjà mené ou réalisé plusieurs grands chantiers en Maine-et-Loire, dont la cathédrale Saint-Maurice d'Angers et l’abbaye de Fontevraud. Il prend en charge la restauration du patrimoine classé du logis Barrault et des parties anciennes, dans le plus pur respect des références historiques et architecturales. « Le musée des Beaux-Arts est un enchevêtrement de styles et de constructions. Notre ambition était de valoriser l’identité de chaque époque et de mettre en harmonie l’ensemble des bâtiments. Sur les façades, nous avons voulu préserver l’authentique plutôt que d’engager une restauration neuve. Intra-muros, les différents aménagements menés à travers les siècles nous ont conduits à mener des études historiques et à réaliser de nombreux sondages. Il a fallu tenir compte des découvertes réalisées à l’occasion du chantier. Ainsi, par exemple, nous avons remis en place la loggia voûtée, l’une des particularités du logis Barrault. »Antoine Stinco a participé à la réalisation du musée d’Art moderne et contemporain de Toulouse et la galerie nationale du Jeu de Paume à Paris. Pour le Musée des Beaux-Arts d’Angers, il se consacre à la rénovation des parties plus récentes, à la création d’espaces entièrement nouveaux. « Mon premier objectif était de mettre en scène un lieu vivant qui facilite la découverte et favorise la curiosité de différents publics. Je ne cherche pas à copier le passé en utilisant le même style architectural. Ma mission a été de créer de nouveaux espaces en rapport avec leur fonction. »

En 2003, la ville d'Angers reçoit, par legs de son dernier propriétaire et donateur, Daniel Duclaux, le château de Villevêque et son importante collection d'objets d'art qu'il contient. Parmi cette collection riche de plus de 900 œuvres, une centaine de meubles anciens, une soixantaine de livres anciens, manuscrits et incunables, des céramiques italiennes et hispano-mauresques, émaux du Limousin, 70 objets d'art, sculptures en pierre ou en bois polychrome du Moyen Âge et tapisseries des Flandres de la période RenaissanceAssociation 303 Arts, Recherches et Créations, Revue 303, 101, Éditions des Pays de la Loire, juin 2008. La même année, le musée-château de Villevêque est ouvert au public, et rattaché aux Musées d'AngersMairie d'Angers - Musées d'Angers, Musée-Château de Villevêque, consulté le 11 juillet 2014.

Les cinq musées d'Angers enregistrent visiteurs en 2011, contre l'année précédenteLe Courrier de l'Ouest, La fréquentation des cinq musées de la ville en hausse, article du 23 février 2012.

En mai, l'anniversaire des musées d'Angers et la Nuit des musées réunissent près de visiteursLe Courrier de l'Ouest, Près de 7 000 personnes pour fêter les anniversaires des Musées, article du 19 mai 2014.

En 2014, le Journal des arts classe Angers en première place de son palmarès annuel consacré aux 139 musées des villes de à habitants en FranceLe Courrier de l'Ouest, Le Musée des Beaux-Arts distingué par le Journal des Arts, article du 20 juin 2014.

Vie des collections Un tableau volé au musée est retrouvé en 2007, fragment du Triomphe du peuple français au (1799) du peintre Philippe-Auguste HennequinLibération, Un tableau volé réapparaît, article du 21 février 2007.

Le musée lance en 2013 une souscription pour l'acquisition d'un tableau de Jean-Baptiste Le PrinceLa Tribune de l'Art, Une souscription lancée par le Musée des Beaux-Arts d’Angers, article du 19 juin 2013.

En outre, le musée accueille sept tableaux spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale, identifiés comme des biens dits MNR (Musées nationaux Récupération). Ainsi, l'on retrouve un tableau attribué à Sandro Botticelli (La Vierge, saint Jean-Baptiste et un ange adorant l'Enfant Jésus) ou bien encore un sujet similaire peint par Domenico di Zanobi. Le Siège de Carthage par Scipion Emilien, œuvre d'un artiste florentin du XVe siècle, a été restitué le par la Ministre de la Culture Rima Abdul Malak aux ayants droit d'Agathe et Ernst Saulmann.

Salles d'expositions Le musée est implanté sur une surface totale de Le Figaro, Musée des Beaux-Arts d'Angers, consulté le 11 juillet 2014 répartis en pour les collections permanentes, pour les expositions temporaires, pour les espaces d’accueil du public (halls d’accueil, passage des musées, auditorium, salle vidéo, café, boutique…), et pour les bâtiments techniques.

Collections vignette|Portrait de Mademoiselle Laura Leroux, par Jean-Jacques Henner en 1898.

Collections permanentes Issues de nombreux dons, legs, acquisitions ou dépôts, les œuvres sont situées dans les salles historiques du musée.

900 d’entre elles sont exposées sur les que compte le musée des Beaux-Arts. Environ 150 ont subi une restauration fondamentale pendant les travaux. Elles sont réparties selon deux parcours permanents distincts :

Le parcours « Beaux-Arts » Il présente une riche collection de peintures ponctuée d’objets d’art et de sculptures, retraçant chronologiquement les différents courants artistiques du au . Deux salles au premier étage, restaurées par les Monuments historiques, sont consacrées aux Primitifs du (français, italiens et flamands) et aux objets d’art de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, mais aussi aux écoles du Nord des , aux écoles françaises et italiennes des . On trouve dans ces salles des œuvres de Segna di Bonaventura, Benvenuto Tisi, Jehan Bellegambe, Jan Brueghel l'Ancien, Hendrick van Balen, Frans Francken II, Jacob Jordaens (Autoportrait), Nicolaes Berchem, Jan Asselyn, Jan van Kessel, Willem van Mieris, Jacob van Ruisdael, Theodoor van Thulden, Jacob van Es, David Teniers le Jeune, Philippe de Champaigne, Charles Le Brun, Charles de La Fosse, Jacques Stella, Pierre Mignard, Antoine Coypel, Sisto Badalocchio, Pier Francesco Mola, Giovan Battista Vanni, Lorenzo Lippi (Allégorie de la Simulation), Luca Giordano, Francesco Solimena, Francesco Guardi ou encore de Giambattista Tiepolo avec sa célèbre Apothéose de la maison Pisani, esquisse pour le plafond de la Villa Pisani à Stra en Vénétie.