vignette|150px|Un clap aux couleurs du drapeau australien. Le cinéma australien, ou l’industrie du cinéma australienne (Australian film industry), fait référence au système de production, de distribution et de diffusion des films en Australie.

La première diffusion publique d'un film en Australie date d', soit moins d'un an après la première diffusion mondiale à Paris le par les frères Lumière. La production cinématographique australienne a commencé avec The Story of the Kelly Gang en 1906, souvent considéré comme le premier long métrage jamais produitGraham Shirley, Le cinéma australien (1896-1975) in Collectif, Le cinéma australien, Paris, Coll Cinéma Pluriel, Centre Georges Pompidou, 1991 , p. 58. Depuis, le cinéma australien continué à produire des films souvent reconnus au niveau mondial, alors que nombre de ses acteurs et réalisateurs ont acquis au fil des années, une réputation internationale et se sont dirigés vers les gros centres de productions de l'industrie cinématographique mondiale, notamment Hollywood.

Des Australiens comme Errol Flynn, sont associés aux plus grandes stars de l'âge d'or d'Hollywood, mais pendant les années 1970, des fonds gouvernementaux ont permis le développement d'une nouvelle génération de réalisateurs et d'acteurs en Australie et les années 1980 sont considérées comme un âge d'or pour le cinéma australien, avec un grand nombre de films ayant connu le succès, de la science-fiction avec Mad Max à la comédie avec Crocodile Dundee. Pendant les années 1990-2000, des acteurs australiens ont connu de grands succès internationaux comme Nicole Kidman, Russell Crowe, Cate Blanchett, Geoffrey Rush, Hugh Jackman et Heath Ledger.

Historique

1890-1910 : Les années pionnières thumb|upright=1.2| (1906) est le premier long métrage narratif connu.|alt=Image en noir et blanc tirée du film ; un homme casqué, portant une armure de cuir, tient un pistolet dans chaque main. Le cinéma australien est un des plus anciens au monde. En a lieu la première projection sur le territoire national, soit moins d'un an après la première projection publique à Paris le par les frères Lumière. Le , , a été construit à Melbourne par l'armée du salut et les premières fictions australiennes sont réalisées en 1898.. qui raconte l'histoire du Ned Kelly, réalisé par Charles Tait et sorti en 1906, est le premier long métrage de fiction de l'histoire du cinéma (d'après la définition de la Cinémathèque française selon laquelle un long métrage est un film de plus de soixante minutes)..

1910-1920 : Des hauts, des bas L'histoire du cinéma australien est souvent caractérisée par un succès en dents de scie, les historiens utilisant l'expression « », soit en français, « des hauts et des bas » David Stratton, , Sydney, Pan Macmillan, 1990..

Les années 1910 sont une des périodes de , dont les quatre premières années voient la production d'une centaine de films, avant qu'elle ne soit interrompue par la Première Guerre mondiale Andrew Pike et Ross Cooper, , Melbourne, Oxford University Press, 1998. Pages 1 – 49.. L'Australie était alors le pays producteur de films le plus prolifique du monde Albert Moran et Errol Vieth, , Lanham, Maryland, Scarecrow Press, 2005. Page 32.. En 1912, l'industrie se consolide avec l'union de plusieurs producteurs indépendants au sein de l', ce qui leur permet d'avoir un meilleur contrôle sur la distribution et la projection dans les cinémas, tout en requérant moins de tractation commerciales avec les différents intervenants. Ceci a également favorisé une ouverture avec les distributeurs américains, qui signent dans les années 1920 un accord d'exclusivité avec les cinémas australiens, souvent au détriment de la production locale.

Le déclin des années 1920 peut s'expliquer par plusieurs raisons : la chute du nombre de spectateurs, un manque d'intérêt dans les productions australiennes, ainsi que la participation de l'Australie à la Guerre. De plus, malgré leur succès du début du siècle, l'État australien interdit les films de en 1912 Eric Reade, . Melbourne, Lansdowne Press, 1970. Page 59. William D.outt, , dans Senses of Cinema, 18, janvier-février 2002L'interdiction des films de bushrangers est traité dans le roman de Kathryn Heyman, (2006).. Avec la suspension de la production locale, l'industrie australienne trouve des alternatives, notamment aux États-Unis, et réalise qu'il est moins cher d'importer des films étrangers que de les produire en Australie. Pour redresser la balance, le gouvernement fédéral impose une taxe sur les films importés en 1914, avant de la supprimer en 1918. Ainsi, dès 1923, le cinéma américain domine le marché australien, avec plus de 94 % des films projetés originaires de Los Angeles Albert Moran et Errol Vieth, , Lanham, Maryland, Scarecrow Press, 2005. Page 30..

1930-1960 : Le modèle américain thumb|upright|left|Errol Flynn, premier acteur australien à connaître le succès mondial.|alt=Portrait en couleur, Flynn fume une cigarette et a la tête tournée vers la droite. thumb|upright=1|Peter Finch, premier acteur australien à remporter l'Oscar du meilleur acteur (à titre posthume) en 1977 pour .|alt=Image en noir et blanc tirée du film Passage Home ; Finch a le bras passé autour des épaules de Cilento ; ils regardent tous les deux vers la droite ; Finch est en train de parler. En 1930, F.W. Thring (1883–1936) crée les à Melbourne afin d'y réaliser des films en utilisant l'équipement optique et sonore importé des États-Unis. Les premiers films sonores sont produits en 1931 : , , et (1932). Au cours de ses cinq ans d'existence, Efftee a produit neuf longs métrages et plus de 80 courts métrages, avant de s'arrêter en réponse au refus du gouvernement d'imposer des quotas aux films australiens, alors que Thring meurt peu après Graham Shirley et Brian Adams, , Currency Press. Page 125.

est créé en 1931 par Ken G. Hall.. et est l'une des seules sociétés de production en activité au début des années 1940 et devient le principal studio en Australie, construit selon le modèle hollywoodien. Le studio emploie également les mêmes procédés de promotion utilisés aux États-Unis, et tente d'établir un identique. C'est particulièrement efficace avec la série de comédies (1932), adaptée des romans populaires de Steele Rudd, et qui dépeint les aventures d'une famille australienne fictive, les Rudd. Mais malgré ses ambitions, Cinesound ne produit que 17 longs métrages, tous sauf un étant réalisés par Hall. La société ferme ses portes à l'aube de la Seconde Guerre mondiale.

En 1933, , réalisé par Charles Chauvel, fait connaître l'acteur tasmanien Errol Flynn. avant qu'il ne devienne l'une des plus grandes stars de l'âge d'or d'Hollywood. Chauvel a également réalisé (1944), avec Peter Finch et Chips Rafferty, alors les acteurs australiens les plus en vue de l'époque à Hollywood et au Royaume-Uni. Finch a principalement occupé des rôles typiquement australiens (digger ou ) alors que Rafferty est célèbre pour son interprétation de efflanqués et laconiques. Rod Taylor débute également sa carrière à cette époque, dans des films comme Long John Silver (1954), avant de partir pour Los Angeles et d'en devenir aussi l'une des stars, notamment dans La Machine à explorer le temps (, 1960) et Les Oiseaux (, 1963).

En 1938, le Royaume-Uni a retiré les films australiens des quotas de films britanniques, ce qui a conduit à une baisse sensible du marché garanti pour le cinéma australien. En 1943, l'Australie obtient son premier Oscar, réalisé par Ken G. Hall obtenant l'Oscar du meilleur film documentaire., et (1954), de , est notable pour avoir été le premier film australien en couleur.. En 1955, Jedda, de Charles Chauvel, est le premier à être présenté au Festival de Cannes avec des acteurs aborigènes (Robert Tudawali et Ngarla Kunoth) dans les rôles principaux..

Dans les années 1950, de nombreux films australiens sont adaptés de la littérature australienne (généralement avec des sujets et thèmes ruraux) ; ils sont filmés en Australie, mais produits par des sociétés américaines ou britanniques. On peut citer : Ma vie commence en Malaisie (, 1956) avec Virginia McKenna et Peter Finch ; (1957) avec Finch, Charles Tingwell, Bill Kerr et Ed Devereaux ; À main armée (, 1957) avec Finch ; (1959) avec Ernest Borgnine, John Mills et Angela Lansbury ; Horizons sans frontières (, 1960), tourné dans les Snowy Mountains avec les acteurs étrangers Deborah Kerr, Robert Mitchum et Peter Ustinov et les australiens Chips Rafferty, John Meillon et Leonard Teale.

En 1958, l' est créé et il commence à remettre les la même année.

La production australienne décline dans les années 1960, avec peu de films notables. La comédie (1966), avec Walter Chiari, Chips Rafferty et est une exception pendant cette période, dénotant également un certain changement dans la société australienne : narrant l'histoire d'un immigré italien tout juste arrivé et travaillant comme ouvrier agricole à Sydney, il découvre avec ses nouveaux amis et collègues les difficultés de l'argot australien et de sa culture en général. Le film amorce un courant appelé l' dans les années 1970, souvent le reflet de la culture familière australienne.

Les années 1960 voient encore de nombreux acteurs australiens traverser le Pacifique pour Hollywood, souvent cantonnés aux rôles des « hommes d'action » comme l'Australien George Lazenby qui remplace Sean Connery dans le rôle de James Bond dans le film de 1969, Au service secret de Sa Majesté ().

1970-1980 : La renaissance thumb|upright=1|David Gulpilil, l'un des plus célèbres acteurs aborigène d'Australie, révélé dans (1971).|alt=Gulpilil est au centre de l'image, souriant ; un homme habillé en rouge tourne le dos à l'objectif ; les deux hommes ont un bras sur l'épaule de l'autre. thumb|upright|left|Mel Gibson, star de . Avec l'aide des Premiers ministres John Gorton et Gough Whitlam, dans les années 1960 et 1970, des fonds gouvernementaux ont permis le développement d'une nouvelle génération de réalisateurs et d'acteurs. Ces mesures favorisent la résurgence de la Nouvelle Vague australienne et l'émergence d'un courant appeléozploitation (mot-valise avec Australie et exploitation, des films d'horreur, de comédie ou d'action à petit budget), et qui a duré jusqu'au milieu des années 1980. Des films tels que Pique-nique à Hanging Rock (). de Peter Weir et . avec Jack Thompson ont immédiatement eu un impact international.

Les années 1980 sont considérées comme l'« âge d'or » du cinéma australien, avec un grand nombre de films ayant connu le succès, de la science-fiction avec , du film de guerre avec Gallipoli, du film d'aventure avec . jusqu'à la comédie avec , un film qui définit l'Australie aux yeux de beaucoup d'étrangers bien qu'il ne ressemble que très peu au style de vie de la plupart des Australiens. demeure à ce jour le film australien ayant eu le plus de succès au box-office mondial, en nombre d'entrées spectateurs. et compte parmi les films non américains les plus réussis, avec plus de 325 millions de dollars au box-office..