Tsingoni est une commune française située dans le département et région d'outre-mer de Mayotte. Elle est peuplée de en . Ancienne capitale du sultanat de Mayotte, la ville est connue pour accueillir la plus vieille mosquée de France encore en activité et le site militaire du RSMA. Malgré une forte expansion urbaine à partir des années 1980, la commune conserve une grande activité agricole.

Géographie Le climat y est de type tropical. La commune est marquée par une importante diversité naturelle, dont des forêts (15% du territoire se compose de réserves forestières), des padzas et des zones humides (dont 35 ha de mangroves) et de nombreuses terres agricoles qui en font la commune la plus agricole de Mayotte.

Autour du mont Combani, la commune comprend plusieurs plans d'eau (le lac Karihani, la retenue collinaire de Combani de 23 ha et le barrage sur l'Ourovéni), qui contribuent fortement à l'alimentation de l'île en eau potable.

La commune est composée de quatre villages : Tsingoni, Combani, Mroalé, Miréréni.

Urbanisme Typologie Tsingoni est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Tsingoni, une agglomération intra-départementale regroupant . et en , dont elle est une ville isolée...

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mamoudzou, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par l'océan Indien à l'ouest, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit...

Toponymie Les anciens noms de la commune ont été Chingoni, Chin Kuni, Legatonghill, Tchingoni, avant de retenir TsingoniPanneaux d'exposition installés au sein de la mosquée, Préfecture de Mayotte, DAC et Mairie de Tsingoni, 2017..

Histoire

Tsingoni est une localité occupée à partir du .. La tradition, rapportée par Sheik Adinani, évoque la fondation de ce village par une princesse, Matsingo, originaire du village de Kwalé. Celle-ci, se serait établie sur ce site avec les siens après avoir suivi un coq portant à son cou un talisman (hirizi). On y verrait alors l'étymologie du nom du village, Shingo désignant en swahili le . La tradition rapporte aussi que Matsingo aurait épousé un arabe (Mwarabu) originaire de la côte swahili, et qui aurait introduit à Mayotte l'islam sunnite chafiite. Sa sépulture remaniée est visible dans le cimetière à l'entrée du village. Tsingoni, devient un point d'entrée à Mayotte de nombreux clans Hadrami et swahili.

En 1521, l'amiral et cartographe ottoman Piri Reis visite Mayotte et décrit Tsingoni en ces termes dans son Kitab-i Bahrije :

Quelques années plus tard, vers 1530, le troisième sultan shirazi de Mayotte, Aïssa ben Mohamed, quittant Mtsamboro, y établit la capitale du sultanat. En 1538 est achevée la mosquée royale (en partie conservée aujourd'hui), une inscription arabe scellée dans le mihrab de la mosquée porte en effet la date 944 de l'Hégire et non 844 comme certains auteurs l'avaient avancée. Un palais et un rempart sont érigés (disparus aujourd'hui). Des sépultures shirazi sont visibles actuellement aux abords de la mosquée. Datées de la fin du , elles s'apparentent aux sépultures à dôme de l'archipel de Lamu. Tsingoni est alors l'une des principales cités de l'île, pourvue d'une médina. Son hinterland occupant le plateau de Combani jusqu'au pied du massif du Benara permet à son aristocratie d'exporter des vivres et des esclaves en direction des côtes swahilies et sudarabique, et quelquefois d'approvisionner les navires européens de passage. La baie de Soulou abrite en effet un site archéologique attestant d'une présence européenne à la fin du .

Le voit le déclin du sultanat et de sa capitale : celle-ci d'après le romancier Defoe aurait été attaquée par le pirate North en 1701. Les guerres qui opposent le sultanat d'Anjouan à celui de Mayotte à partir des années 1740 ont certainement contribué à l'abandon du site. Selon la chronique de Cadi Omar Abubacar, la ville est détruite lors des razzias malgaches qui frappent l'archipel des Comores entre 1790 et 1820. D'après Jean-Claude Hébert, l'année 1795 est celle de la destruction de la cité par les Malgaches. Cependant, la naissance de Cadi Omar Aboubacar en 1805 dans cette localité puis la bataille de Zidacani opposant des clans mahorais quelques années plus tard laissent entendre une plus longue longévité de la ville qui ne semble jamais avoir été totalement abandonnée ou du moins l'avoir été qu'une courte période. Le site est encore mentionné à l'état de ruine en 1841 lorsqu'il reçoit la visite du français Vincent Noël. Il faut attendre les années 1850 pour que le site soit à nouveau occupé et la mosquée rénovée.

La commune a connu une densification et une urbanisation très rapide à partir des années 1980, même si un quartier historique reste identifiable, vraisemblablement selon les limites de l'ancien rempart défensif.

Politique et administration

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1978. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee, mais la loi relative à la démocratie de proximité du a, dans ses articles consacrés au recensement de la population, instauré des recensements de la population tous les cinq ans en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et dans les îles Wallis-et-Futuna, ce qui n’était pas le cas auparavantTitre de la loi -276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité . Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2002, publié au JORF du ., les précédents recensements ont eu lieu en 1978, 1985, 1991 et 1997.

En 2017, la commune comptait Population municipale légale en vigueur au , millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au ., en augmentation de 33,29 % par rapport à 2012

Économie

Le hameau de Combani accueille le Bataillon du service militaire adapté de Mayotte, principal employeur de la commune.

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments

La mosquée de Tsingoni datant du début du siècle où des sépultures shirazi sont visibles actuellement aux abords de la mosquée. Elles sont datées de la fin du siècle et s'apparentent aux sépultures à dôme de l'archipel de Lamu. La mosquée et les sépultures sont classées monuments historiques par arrêté du . La baie de Soulou La cascade de Soulou La baie de Tsingoni.

Personnalités liées à la commune

Notes et références Notes

Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes des DOM 2014 (site de l'IGN, téléchargement du mars 2015)

Voir aussi

Articles connexes Liste des communes de Mayotte

Liens externes

Communauté de Communes du Centre Ouest de Mayotte (3CO)

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