Air est un groupe musical français, originaire de Versailles, dans les Yvelines. Il est formé en 1995 et composé de Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin. Le groupe est assimilé au mouvement musical French touch. Son succès est international, particulièrement en Grande-Bretagne et aux États-Unis.
En 1998, son premier album est un des disques de l'année, grâce notamment au hit-single . Deux ans plus tard, la bande originale de , composée pour le film du même nom de Sofia Coppola, permet au groupe d'asseoir sa notoriété.
À la frontière de l'électronique, de la pop et du rock psychédélique, le groupe crée un style musical avec des mélodies cosmiques dans lesquelles de nombreux riffs de guitare accompagnent des sons électroniques et des voix vocodées. Malgré leur réserve apparente et l’absence de promotion, le duo se produit régulièrement avec succès lors de tournées internationales connues pour leurs versions alternatives et leurs réinterprétations en direct de certains de leurs titres.
Air a notamment collaboré avec Beck, Charlotte Gainsbourg, Jarvis Cocker (de Pulp), Neil Hannon (de The Divine Comedy) et Nigel Godrich.
Au milieu d'une longue tournée pour le de Moon Safari, le duo participe à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024, accompagné du groupe Phoenix.
Histoire Formation Jean-Benoît Dunckel grandit en écoutant de la musique classique et de la musique électronique avec des groupes comme Kraftwerk, puis il s'intéresse à ce qu'il appelle le « rock sombre » anglais, avec des groupes comme Siouxsie and the Banshees et Joy Division. Il admire aussi David Bowie, Iggy Pop et Lou Reed.. Brian Eno et Cluster sont aussi des artistes électroniques qu'il affectionne.. Il cite parmi ses artistes préférés Maurice Ravel pour la musique classique, François de Roubaix pour les musiques de films et Siouxsie and the Banshees pour la new wave.. Il partage avec Nicolas Godin un intérêt pour la musique de Michel Legrand, Philip Glass et Grace Jones.. Les styles de musique qui ont le plus marqué Nicolas Godin sont la pop des Beatles pendant son enfance et la soul de Sly and the Family Stone durant l'adolescence.. L'histoire débute dans les années 1980 au lycée Jules-Ferry de Versailles, où étudient Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin. Aidés d'Alex Gopher, de Xavier Jamaux et de Jean de Reydellet, ils forment Orange., un groupe de lycée éphémère qui ne laissera aucune trace discographique, mais que les carrières de ses membres rendront célèbre a posteriori.
Après le lycée, Nicolas Godin entreprend des études d'architecture et se voit obligé de délaisser un peu la musique. Pourtant, en 1995, alors qu'il travaille sur le premier album de Teri Moïse, Marc Tessier du Cros, un ami d'enfance qui travaille chez Source (un sous-label de Virgin Music), le pousse à composer. Il écrit un titre instrumental en hommage à Le Corbusier, Modulor, qu'il présente, sous le pseudonyme de « Air », au label Source. Le morceau est retenu pour la compilation Source Lab de cette même année et connaît un certain succès (le morceau sortira aussi sur le label anglais Mo' Wax). De son côté, Jean-Benoît Dunckel étudie les mathématiques et enseigne les sciences physiques., mais il n'abandonne pas la musique pour autant : il joue alors dans un groupe, Le Dynamo, tout en étant pianiste de bar dans le Quartier latin.
À la suite du succès relatif de Modulor, Nicolas, qui ne veut pas continuer seul, propose alors à Jean-Benoît de se joindre à lui. Les deux complices s'attaquent à la réalisation de quelques morceaux qui sortiront en singles (ces morceaux seront par la suite regroupés dans l'EP Premiers symptômes en 1997) : on y retrouve quelques classiques, tels que Casanova 70 ou J'ai dormi sous l'eau, qui préfigurent ce que sera le son d'Air à ses débuts (influences pop des années 1960, ambiances cinématographiques, obsession pour le Moog, accords évoluant autour de la même note de basse). À l'époque, le groupe se fait connaître en multipliant les remixes, notamment pour Neneh Cherry, Depeche Mode et Ollano (groupe de Marc Collin où on retrouve également Helena Noguerra et Xavier Jamaux).
Contrairement à ce que colporte une légende urbaine, le nom du groupe Air n'est pas l'acronyme de « Amour Imagination Rêve » mais est tiré du son « aérien » de leur musique..
Débuts Pour leur premier album qu'ils signent sur le label parisien Source, Nicolas et Jean-Benoît décident d'investir un ancien studio délabré près du golf de Saint-Nom-la-Bretèche, ce qui les rapproche de leurs lieux de jeunesse. Il y a donc pour eux un côté nostalgique dans l'appréhension de ce disque. Une fois les dix chansons composées, ils font appel à l'ingénieur du son Stéphane « Alf » Briat pour mixer l'album, d'abord au studio Plus (Paris) puis au studio Gang. Une session de cordes fut également programmée avec David Withaker, qui a travaillé avec Françoise Hardy et Serge Gainsbourg, au studio des Beatles à Abbey Road. Air contacte alors Mike Mills, graphiste new-yorkais, pour élaborer l'univers visuel de Moon Safari. Des clips aux pochettes de disques, du site Internet aux autocollants, l'univers singulier qui s'en dégage rappelle les bandes dessinées situationnistes ainsi que la pop culture américaine. L'album sort début 1998, Air est invité sur le plateau de Nulle Part Ailleurs pour jouer les tubes Sexy Boy (accompagné par les musiciens de Phoenix) et Kelly watch the stars.
Le disque rencontre le succès, même si la démarche artistique n'est pas des plus faciles. La moitié du disque est instrumentale et Beth Hirsch, une artiste américaine alors fille au pair à Montmartre, pose sa voix sur les chansons et . Les boîtes à rythmes remplacent les batteries, Air souhaite donc rendre ainsi l'album intemporel. Ils utilisent également différents vocodeurs, procédé popularisé par Kraftwerk, mais s'en servent de manière plus évanescente que ces derniers.
Pour la tournée de , Air s'entoure de musiciens américains tels que Justin Meldal-Johnsen à la basse, Brian Kehew et Roger Manning aux claviers et Brian Reitzell à la batterie. Les concerts débutent le à Seattle pour la partie américaine et finissent en Europe avec une escale à La Cigale le . Les musiciens français acquièrent une notoriété sur le territoire américain (en particulier New York et Los Angeles). Nic Harcourt, le directeur de la branche musicale de la radio californienne KCRW, les invite pour un concert live radiophonique ponctué d'une interview, ce qui se reproduit pour les autres albums studio. Le , Air reçoit la Victoire de la musique de l'« album techno/dance » de l'année pour . Le succès du disque entraîne la réédition de Premiers Symptômes en 1999 avec deux morceaux rares en bonus.
En 1999, Sofia Coppola contacte le groupe pour la musique de son premier long métrage, , car elle voulait utiliser l'ensemble du disque . Les deux musiciens lui proposent de composer une bande originale pour son film. Ils enregistrent la musique dans le même studio que pour , avec l'aide du batteur Brian Reitzell à qui Sofia Coppola a demandé de superviser l'enregistrement. Une fois la musique terminée, la production du film leur demande expressément une chanson pour le générique de fin. L'espace d'un week-end, Air invite Thomas Mars (du groupe Phoenix) qui écrit les paroles, assure la batterie et chante sous le pseudonyme de Gordon Tracks. Ce dernier suggère Hugo Ferran pour les mélodies jouées au saxophone. La chanson devient un single et fait l'objet d'un clip tourné par Sofia Coppola dans lequel Air et Thomas Mars font une apparition en tant que professeurs dans le bal de fin d'année du film. Le disque reçoit de bonnes critiques et permet la reconnaissance : il recevra la Victoire de la musique de l'« album de musique originale de cinéma » en 2001. Les membres du groupe sont depuis devenus d'étroits collaborateurs de la réalisatrice en étant présents sur les bandes originales de ses deux autres films : Lost in Translation (par le morceau alors inédit ) et Marie-Antoinette (avec la version instrumentale du morceau issue de leur collaboration avec Alessandro Baricco).
En 2001, la sortie de l'album marque une influence internationale grâce à des collaborations avec Beck (, ) et le groupe japonais Buffalo Daughter (). Cette fois, le groupe abandonne le style lisse et harmonieux pour essayer un son plus expérimental. En effet, Air s'installe dans un studio du de Paris pour donner une allure plus urbaine au disque. Ils renouvellent leur matériel, ce qui est le moteur de chaque disque, toujours composé en réaction au précédent. Autant était le constat nostalgique d'une enfance révolue, autant ce nouveau disque se veut plus adulte. Ils invitent leurs frères d'Amérique majoritairement issus de la tournée précédente avec Jason Falkner, une figure de la scène pop californienne. Album le plus expérimental de leur carrière, obtient un succès plus mesuré en comparaison des deux disques précédents.
De à vignette|gauche|Jean-Benoît Dunckel en 2007.
Le groupe sort l'album au début de l'année 2004. Moins complexe que le précédent album studio, c'est un retour à des structures pop classiques. Nigel Godrich les persuade d'utiliser leurs voix naturelles et de délaisser le vocodeur. Il n'y a également aucune aide extérieure pour la composition des titres. Le nom de l'album a une connotation très . En effet, est propre à la langue française : dans les autres langues, c'est qui est utilisé.
En 2005, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture français, remet à Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel l'insigne de chevalier des Arts et des Lettres.. Au-delà de la récompense matérielle pour le groupe français, ce geste marque la reconnaissance institutionnelle du mouvement French touch.. Lors de cette même cérémonie, les artistes Philippe Zdar (groupe Cassius) et Dimitri from Paris reçoivent cette même récompense. Les Daft Punk ne sont pas retenus à leurs côtés mais reçoivent la récompense en .
vignette|redresse|Nicolas Godin en 2007.
Le duo sort l'album en . Cet album montre que le groupe évolue dans un style influencé par le Japon. Pour cela, Nicolas Godin apprend à jouer du koto et du shamisen chez un maître japonais originaire d'Okinawa résidant à Paris, qui apparaît dans le clip . Neil Hannon et Jarvis Cocker chantent sur deux titres.
Fin 2007, ils reçoivent les clés de leur propre studio d'enregistrement, baptisé « Atlas Studio » et situé dans le de Paris. Lors de sa construction, ils louent les services de l'acousticien chevronné Christian Malcurt. C'est ici qu'ils enregistrent leur cinquième album, , avec Joey Waronker à la batterie, et retrouvent Stéphane « Alf » Briat au mixage, avec qui ils avaient travaillé sur ..
Le nouvel album sort le . Sur scène, ils forment désormais un trio avec le batteur Alex Thomas. À partir de 2007, Louis Arlette collabore avec le groupe comme ingénieur du son.
Le sort la bande originale Le Voyage dans la Lune, court album de 31 minutes inspiré de la musique qu'Air a créée pour le film de Georges Méliès. et certifié disque d'or EMI. En sort , album qui est enregistré à la suite d'une commande pour le Palais des Beaux-Arts de Lille dans le cadre de son projet de Musée ouvert.
En , le groupe entame une tournée anniversaire marquant ses vingt ans d'existence, qui passe par trois concerts en France. ; à cette occasion sort également le le double album , compilation de leurs meilleurs moments et leurs plus grands morceaux.
En 2024, ils participent à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024, en étant accompagné par le groupe Phoenix pour le morceau ..
Tournée « Air Play Moon Safari »