George Foreman, né le à Marshall (Texas) et mort le à Houston (Texas), est un boxeur américain.
Boxant dans la catégorie poids lourds, George Foreman est notamment champion olympique en 1968 et champion du monde professionnel de la World Boxing Association (WBA) et de la World Boxing Council (WBC) de 1973 à 1974, avant de perdre son titre contre Mohamed Ali lors d'un célèbre combat organisé à Kinshasa, au Zaïre. Il redevient champion du monde de l'International Boxing Federation (IBF) et de la WBA, de 1994 à 1995, et est alors le champion du monde poids lourds le plus âgé. Membre de l'International Boxing Hall of Fame (IBHOF), il est considéré comme un des plus puissants punchers de l'histoire.
Biographie Carrière amateur George Edward Foreman a une enfance difficile dans le ghetto de Houston, au Texas, renvoyé de son école à l'âge de 15 ans. S’intéressant d'abord au Football américain, il se tourne finalement vers la boxe. Son premier combat amateur a lieu le , il gagne les gants d'or de San Francisco le mois suivant. En , il devient champion national, et le , bat Otis Evans pour la sélection aux jeux olympiques de Mexico.
Dans la catégorie des lourds, il bat Ionas Chepulis en finale, arrêté par l'arbitre au round, et remporte la médaille d'or. Juste après sa victoire, il reste sur le ring et brandit un petit drapeau américain. Quelques jours après l'émoi médiatique suscité par le geste des sprinteurs Tommie Smith et John Carlos qui, médaillés d'or et de bronze, brandissaient leur poing en l'air sur le podium la tête basse en signe de protestation contre la ségrégation aux États-Unis, celui de George Foreman est mal interprété. Le boxeur recevra de nombreuses critiques.
Débuts professionnels gauche|vignette|218x218px|George Foreman et le président américain Lyndon B. Johnson (1968). thumb|left|289x289px|George Foreman à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol (1973). gauche|vignette|217x217px|George Foreman avec le boxeur américain Archie Moore (1973). gauche|vignette|217x217px|George Foreman avec son entraîneur Dick Sadler (1974). gauche|vignette|217x217px|George Foreman lors d'un sparring à l'entraînement (1974). Il commence sa carrière professionnelle l'année suivante. Entrainé par Dick Sadler et l'ancien champion des mi-lourds Archie Moore, Foreman se fait vite une réputation. Il fait ses débuts pros à 20 ans, le . Il combat 13 fois cette année là, principalement à New York et à Houston, son fief. Remportant tous ses combats, dont 11 avant la limite. Le , l’expérimenté Roberto Davila sera son premier adversaire à tenir jusqu'à la fin du combat, programmé en 8 reprises George Foreman vs. Roberto Davila(boxrec.com).
En 1970, il continue sa progression avec 12 victoires dont 11 KO. Il affronte une première fois Gregorio Peralta qui sera le seul à tenir 10 rounds sans aller au tapis George Foreman vs. Gregorio Peralta I(boxrec.com). Le , il combat George Chuvalo George Foreman vs. George Chuvalo(boxrec.com), boxeur réputé pour ses aptitudes à encaisser les coups, n'ayant jamais été mis KO, et qui avait résisté 15 rounds face à Ali. Au round, Foreman le pilonne de coups, Chuvalo sans défense, son entraineur finit par l'arrêter. Foreman remporte sa victoire. Le , il combat un autre espoir de la catégorie comptant 22 victoires pour une défaite, Boone Kirkman George Foreman vs. Boone Kirkman(boxrec.com). Foreman envoie ce dernier à terre d'une droite au début du round, et l'y renvoie pour le compte quelques instants plus tard.
Après plusieurs victoires, toutes par KO, il rencontre une seconde fois Gregorio Peralta en Californie le George Foreman vs. Gregorio Peralta II(boxrec.com), pour le titre nord-américain NABF. Pour la première fois, un de ses combats est programmé pour 15 reprises, mais Foreman prend les commandes du combat : Il coupe Peralta dans le round, le met en difficulté dans le , et dans la reprise, Peralta est compté debout par l'arbitre, puis arrêté.
Foreman fait ensuite une tournée à travers le Texas dont il est devenu le meilleur boxeur. À la fin de l'année 1971, il est classé challenger pour le titre mondial par les instances de la boxe. Il lui faudra pourtant patienter un an avant de rencontrer le champion du monde. En attendant ce combat, il affronte 5 adversaires en 1972 qu'il bat tous en 2 rounds, y compris le champion d'Argentine Miguel Angel Paez George Foreman vs. Miguel Angel Paez(boxrec.com) : personne ne résiste alors à son extraordinaire force de frappe. De à , il a enchainé 21 KO.
Foreman contre Joe Frazier George Foreman compte désormais , dont 34 par KO.
Le à Kingston en Jamaïque, il se retrouve face au champion du monde invaincu Joe Frazier encore auréolé de sa fameuse victoire contre Mohamed Ali en 1971, qui défend son titre pour la . Foreman craint son adversaire et dès les premiers instants, il comprend que le crochet gauche du champion peut le vaincre à tout moment. Foreman fait alors tout pour mettre son adversaire KO le plus rapidement possible et pour le tenir à distance. Il le pousse avec ses deux bras, et grâce à son allonge supérieure, de nombreux crochets atteignent leur cible. Il envoie ainsi « Smoking Joe » au sol à trois reprises dès le .
Frazier est sauvé par le gong et peut récupérer. Il reprend le combat imperturbable mais Foreman lui assène de nouveaux uppercuts dévastateurs. L'un d'entre eux l'envoie à nouveau au sol. Il se relève difficilement en titubant et tournant le dos au challenger qui, d'un coup derrière la tête, le renvoie une cinquième fois au tapis. Frazier ne veut pas renoncer mais un nouveau crochet du droit le fait décoller du sol et l'envoie à terre une sixième et dernière fois. Joe Frazier, la bouche en sang, se redresse mais l'arbitre met fin au combat, Foreman est champion du monde, il s'agit de sa plus célèbre victoire George Foreman vs. Joe Frazier I(boxrec.com). La rencontre est nommée combat de l'année Ring Magazine 1973.
Foreman contre Ken Norton Le nouveau champion remet son titre en jeu le à Tokyo, pour le premier championnat du monde des lourds organisé au Japon, contre José Roman George Foreman vs. Jose Roman(boxrec.com) qu'il bat facilement l'envoyant lui aussi à au sol dès le , mais Roman contrairement à Frazier ne se relève pas. Après , ce championnat du monde est à l'époque le plus rapide de l'histoire des lourds.
Le à Caracas au Venezuela, Foreman affronte un adversaire plus sérieux : Ken Norton, le challenger George Foreman vs. Ken Norton(boxrec.com). Le premier round est peu actif et Norton, très prudent, tourne autour de Foreman sans prendre de risque. Au round suivant, le combat prend une autre tournure. Norton subit les enchaînements dévastateurs du champion qui a compris qu'en laissant durer le combat, il risquait de se faire battre à l'usure. Norton tombe à la renverse dans les cordes et l'arbitre le compte. Il se relève et recule. Foreman le poursuit pour le renvoyer contre les cordes et les genoux au sol. L'arbitre est surpris et commet l'erreur de ne pas compter Norton. Foreman l'achève d'un uppercut, le challenger se relève avec difficulté mais son entraîneur jette l'éponge. Avec ce combat, Foreman atteint son apogée, ayant enchainé dont 37 par KO. Comme Joe Louis ou Rocky Marciano, il aurait pu avoir un règne long jalonné de nombreuses victoires, mais Mohamed Ali croisa sa route.
Foreman contre Mohamed Ali Le nouveau promoteur Don King organise un championnat du monde entre Foreman et Mohamed Ali dans l’actuel stade Tata-Raphaël (appelé « Stade du » à l’époque) à Kinshasa, au Zaïre. The Rumble in the Jungle (en français : Le combat dans la jungle) est le premier championnat du monde à être organisé en Afrique. Mobutu Sese Seko, le président de la République du Zaïre, offre de dollars à chacun des deux adversaires. Ali, qui contrairement à Foreman a toujours soutenu la cause des noirs, devient vite le favori de la population zaïroise. Foreman, considéré comme une brute et plus distant avec les médias (tout le contraire de son adversaire), souffre de son manque de popularité et d'être relégué dans le rôle du « méchant » alors qu'il détient le titre.
Ali doit ses deux seules défaites à Frazier et à Norton (l'un l'a envoyé au sol, l'autre lui a cassé la mâchoire, les deux ont emporté aux points les combats allant à leur terme) et s'il a réussi à prendre sa revanche, ce fut aux points et dans les deux cas le combat fut très disputé. Quand on sait ce qui est advenu à Frazier et Norton lors de leur rencontre contre Foreman, la presse ne se fait pas d'illusion sur les chances d'Ali donné sur le déclin, moins rapide qu'avant, gagnant moins par KO qu'autrefois. À , certains journalistes imaginent déjà que ce combat sera son dernier contre le jeune champion de .
Conscient de la situation, Ali étudie le style de Foreman et ses victoires précédentes. Il comprend que pour battre ce colosse, il ne faut pas l'attaquer d'entrée de jeu avec agressivité sous peine de finir KO mais l'obliger à boxer plus de pour le fatiguer : Foreman l'emportant généralement par KO dans la première moitié du combat, il est peu habitué aux longs affrontements, contrairement à Ali routinier des combats qui durent 12 ou . Alors qu'il travaille son endurance en parcourant Kinshasa en footing sous les acclamations du public, Foreman s'entraîne simplement à frapper au sac, persuadé qu'il viendra à bout facilement de l'ex-champion vieillissant. Ali lance une véritable opération de désinformation aux médias en racontant à qui veut l'entendre qu'il va « danser » sur le ring comme jamais et battre Foreman par sa vitesse et sa mobilité exceptionnelles. Très peu de gens remarquent qu'il se laisse enfermer dans les cordes et frapper durement par ses sparring-partners pour s'entraîner à résister à la douleur.
Le , dans un stade rempli par , Ali remporte un premier round très acharné. Mais brutalement, au début du , il se laisse coincer dans les cordes et encaisse les crochets du champion, tout en prenant soin de ne pas baisser sa garde. Au troisième round, il est encore debout. Sa stratégie apparaît alors : laisser Foreman se fatiguer. Si celui-ci matraque avec puissance, la plupart de ses coups finissent dans les bras et les gants d'Ali au lieu d'atteindre son torse et son visage. En revanche, les contres de ce dernier font souvent mouche et il en rajoute dans les provocations pour énerver Foreman. Progressivement, Foreman est dominé et continue à se fatiguer, obstiné dans sa stratégie. Toujours dangereux, il réussit néanmoins quelques bons coups mais Ali, sur une nouvelle série d'enchaînements, l'envoie au sol au huitième round. Pour la première fois de sa carrière professionnelle, Foreman est à terre et est compté KO (il se relève une seconde après la fin du décompte). Ali reprend son titre et met ainsi fin au règne de de son adversaire George Foreman vs. Muhammad Ali(boxrec.com).
Jusqu'ici invaincu avec 40 victoires, Foreman a subi sa plus grande défaite. Il ne sera plus jamais mis KO. Ironiquement, c'est là son combat le plus connu du public. Frustré des moqueries d'Ali, il n'accepte pas sa défaite et accuse son adversaire d'avoir fait détendre les cordes du ring et de l'avoir empoisonné. Plus tard, il reconnaîtra avoir cherché des excuses et qu'Ali lui était supérieur. Déprimé, Foreman ne fait pas un seul combat en 1975 et se consacre à quelques exhibitions.
Foreman contre Ron Lyle