Letizia Moratti, née Letizia Maria Brichetto Arnaboldi le à Milan, est une dirigeante d'entreprise et femme politique italienne.
Après une carrière dans le courtage en assurances et les médias, elle préside la RAI de 1994 à 1996. Ministre de l'Instruction, de l'Université et de la Recherche dans les deuxième et troisième gouvernements Berlusconi de 2001 à 2006, elle y fait adopter une réforme du système scolaire qui suscite de fortes contestations. Élue en 2006 première femme maire de Milan, elle obtient pour la ville l'organisation de l'Exposition universelle de 2015, avant d'être battue en 2011 par Giuliano Pisapia.
Revenue aux affaires comme dirigeante bancaire et engagée dans le secteur associatif, elle est nommée en 2021 vice-présidente de la Lombardie chargée du Welfare, où elle pilote la campagne de vaccination contre la Covid-19. Après une rupture avec le président de la région, elle démissionne et se présente contre lui en 2023, sans succès. Elle rejoint Forza Italia la même année et siège au Parlement européen depuis 2024.
Biographie
Origines et formation
Letizia Brichetto Arnaboldi naît à Milan le , dans une famille génoise. Elle suit des études de sciences politiques à l'université de Milan, où elle travaille en 1972 et 1973 ; elle est titulaire de deux diplômes en sciences politiques et d'un troisième en sciences de l'éducation et de la formation.
En 1973, elle épouse Gian Marco Moratti, industriel du pétrole et dirigeant du groupe Saras, dont elle a deux enfants ; il meurt en 2018. Son beau-frère est Massimo Moratti.
Carrière dans les affaires
À vingt-cinq ans, elle fonde GPA, société de courtage en assurances qui devient l'une des principales du secteur en Italie. Elle travaille ensuite dans plusieurs groupes de communication italiens et étrangers, notamment Syntek Capital, et dirige à partir de 1998 les activités européennes du groupe de Rupert Murdoch comme directrice générale de News Corp Europe.
Parcours politique
Présidence de la RAI
En 1994, elle est nommée à la présidence de la RAI par Silvio Berlusconi, devenant la première femme à diriger le service public audiovisuel italien. Elle occupe cette fonction jusqu'en 1996.
Ministre de l'Instruction
En juin 2001, elle entre au deuxième gouvernement Berlusconi comme ministre de l'Instruction, de l'Université et de la Recherche, poste qu'elle conserve dans le gouvernement suivant jusqu'en 2006.
Elle y fait adopter en 2003 une réforme du système scolaire, dite loi Moratti, qui modifie l'organisation de l'enseignement et provoque d'importantes manifestations dans le monde éducatif ; elle est abrogée sous le gouvernement Prodi. En février 2004, un décret qu'elle signe retire l'enseignement de l'évolution du programme du premier cycle du secondaire ; la mesure est retirée après la mobilisation de scientifiques italiens, parmi lesquels le généticien Luigi Luca Cavalli-Sforza.
Maire de Milan
Candidate de la coalition de centre droit aux élections municipales de 2006, elle succède à Gabriele Albertini en étant élue dès le premier tour avec 52 % des voix, devançant le candidat de centre gauche Bruno Ferrante ; elle devient la première femme à occuper la fonction de maire de Milan.
Son mandat est marqué par l'obtention en 2008 de l'organisation de l'Exposition universelle de 2015, dont elle exerce ensuite la fonction de commissaire extraordinaire. Elle met également en place un péage urbain, l'Ecopass, et un système de vélos en libre-service.
Candidate à sa réélection en 2011, elle est battue au second tour par Giuliano Pisapia, qui obtient 55,1 % des suffrages. Elle siège d'abord dans l'opposition au conseil municipal, puis démissionne de ce mandat en janvier 2012.
Affaires et engagement associatif
De 2016 à 2020, elle dirige la banque UBI Banca, d'abord comme présidente du conseil de gestion, puis, pendant la dernière année et demie, comme présidente.
Avec son mari, elle soutient dès les années 1970 la communauté thérapeutique de San Patrignano, dont elle cofonde la fondation. Elle crée par ailleurs l'association Genesi, consacrée à la défense des droits humains par l'art, et la fondation E4Impact, qui forme des entrepreneurs en Afrique en collaboration avec des universités d'une vingtaine de pays.
Vice-présidence de la Lombardie
En janvier 2021, elle est nommée vice-présidente de la Lombardie et assesseure au Welfare, en remplacement de Giulio Gallera, dont la gestion de la crise sanitaire avait été critiquée. Elle y conduit la campagne de vaccination de masse et signe avec le président Attilio Fontana une réforme du système de santé régional. En janvier 2022, son nom figure parmi les candidatures envisagées par le centre droit pour la présidence de la République.
Les tensions avec l'exécutif régional s'accentuent au cours de l'année 2022, Moratti souhaitant se porter candidate à la présidence de la région tandis que la Ligue soutient une nouvelle candidature de Fontana ; celui-ci déclare alors que le rapport de confiance s'est rompu.
Le , elle démissionne de ses fonctions. Dans un communiqué, elle critique à la fois l'action de l'exécutif régional, évoquant « les lenteurs et les difficultés » d'une administration qui selon elle ne répond plus à l'intérêt des Lombards, et les premières décisions sanitaires du gouvernement Meloni, en particulier la levée anticipée de l'obligation vaccinale pour les personnels de santé et la remise des amendes aux personnes non vaccinées. Guido Bertolaso lui succède au Welfare.
Élection régionale de 2023
Quelques jours après sa démission, elle annonce sa candidature à la présidence de la Lombardie pour les élections de février 2023, soutenue par une liste civique et par les partis centristes Azione et Italia Viva. Elle arrive en troisième position avec un peu plus de 10 % des voix, derrière Fontana et le candidat de centre gauche Pierfrancesco Majorino, et n'obtient pas de siège au conseil régional.
Parlement européen
Après avoir mené l'essentiel de sa carrière comme indépendante ou au sein du Peuple de la liberté, elle adhère à Forza Italia en octobre 2023.
Candidate aux élections européennes de 2024 dans la circonscription du Nord-Ouest, elle est élue députée européenne et prend ses fonctions le . Membre du groupe du Parti populaire européen, elle siège aux commissions de l'emploi et des affaires sociales, de l'environnement, de la santé publique et de l'industrie, ainsi qu'aux délégations pour les assemblées parlementaires Afrique-UE et OEACP-UE.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste des maires de Milan Liste des ministres italiennes
Liens externes
Fiche officielle sur le site du Parlement européen
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