Caesar von Hofacker, né le à Ludwigsbourg (Royaume de Wurtemberg) et exécuté le à la prison de Plötzensee à Berlin (Allemagne), est un militaire allemand, juriste et conjuré remarquable du complot du 20 juillet 1944.
Oberstleutnant de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale, il est exécuté par les nazis pour son implication dans le tentative du coup d'état à Paris.
Famille, Éducation et Première Guerre mondiale Son père Eberhard von Hofacker (1861-1928) est un général de la Première Guerre mondiale, sa mère était Albertine Comtesse von Uxküll-Gyllenband (1872-1946), cousine du membre de la résistance antinazie, Grave Nikolaus von Üxküll-Gyllenband (1877-1944, prison de Plötzensee)
Caesar von Hofacker est aussi le cousin du colonel Claus Schenk Graf von Stauffenberg.
Hofacker a participé à la Première Guerre mondiale dans le régiment d'Uhlans n° 20 dont son père était le commandeur. Le , il devient lieutenant et entre comme pilote de chasse « Jagdstaffel 15 » dans la Luftstreitkräfte, « Fliegertruppen des deutschen Kaiserreiches » (Service aérien de l'armée impériale allemande), en dernier lieu dans l'Empire ottoman. Du au , il a été fait prisonnier de guerre en France. Son frère Alfred (1897-1917) est mort le dans la forêt de Cheppy, près de Verdun. De 1920 à 1924, il a étudié le droit à Tübingen et à Göttingen. Jusqu'en 1940, il a ensuite travaillé comme juriste et fondé de pouvoir dans l'industrie sidérurgique allemande.
En 1927, von Hofacker a épousé Ilse Lotte Pastor (1898-1974), une petite-nièce de Friedrich Engels. Le Couple eut cinq enfants : Eberhard (1928-2001), Anna-Luise (1929), Christa (1932), Alfred (1935), Lieselotte (1938). La famille vivait à Tutzing, au bord du lac de Starnberg, en Bavière.
Seconde Guerre mondiale État-major d'administration du Militärbefehlshaber à Paris Le état major d'administration du Militärbefehlshaber était le centre de la résistance allemande antinazie en France. En 1940, le lieutenant-colonel de la Luftwaffe Hofacker était devenu membre de l'état major en tant qu'officier de liaison avec l'industrie sidérurgique française. Selon le jugement du témoin oculaire Wilhelm Ritter von Schramm (1898-1983), il a agi dans ce cadre comme . Il avait une position de confiance auprès du Militärbefehlshaber en France, le General der Infanterie Carl-Heinrich von Stülpnagel, qui avait déjà fait partie du Conspiration Oster contre Hitler en 1938. Les autres membres du complot au sein d'état major d'administration du général Stülpnagel étaient le chef du département économique Elmar Michel (1897-1977), l'auteur du « rapport Bargatzky » sur le vol d'œuvre d'art en France Walter Bargatzky (1910-1998), le beau-frère du général Hans Speidel, le major Max Horst, Friedrich Baron von Teuchert (1902-1986) et le juge Rudolf Thierfelder (1905-1997).
Le chef de l'état-major militaire du Militärbefehlshaber, le colonel Hans Otfried von Linstow (1899-1944, prison de Plötzensee), l` haut quartier-maître du Militärbefehlshaber lieutnant-colonel Rudolf Hartmann (1893-1972) et l' haut quartier-maître du Oberbefehlshaber West colonel Eberhard Finckh (1899-1944, prison de Plötzensee), faisaient également partie des principaux conspirateurs à Paris. Une autre personne importante de la résistance fut le commandant du « Gross Paris », le général Hans von Boineburg-Lengsfeld (1889-1980).
De juillet à , Fritz-Dietlof von der Schulenburg (1902-1944, prison de Plötzensee) était venu à Paris en tant que premier-lieutenant dans la « commission Unruh ». En tant qu'ancien président du gouvernement de la silésie, le comte représentait le ministère de l'Intérieur du Reich allemand. L'organisateur du mouvement de résistance contre Hitler était un ami personnel de von Hofacker. Le a établi le relais avec le groupe de résistance berlinois autour de Claus von Stauffenberg, du colonel général Ludwig Beck et du général Friedrich Olbricht. Dès le , Schulenburg avait signalisé au général Olbricht que .
20 juillet à Paris, Operation Valkyrie Avant l'attentat Le , von Hofacker exprima au major Ernst Jünger qu'il était « nécessaire de faire sauter Hitler »Überschaer, p. 627. Le , Hofacker, mandaté par Stülpnagel, s'entretint avec le Generalfeldmarschall Erwin Rommel, commandant en chef du Groupe d'armées B. Le , Rommel à Marginal avait demandé en vain à Hitler de mettre fin à la guerre. Hofacker informa le maréchal du projet d'attentat contre Hitler. Il eut alors l'impression que Rommel approuvait l'attentat et la tentative de coup d'État. Du 10 au , Hofacker a rencontré à Berlin les conspirateurs autour de Claus von Stauffenberg, son frère Berthold von Stauffenberg, le général Ludwig Beck, le colonel Albrecht Mertz von Quirnheim, Peter Yorck von Wartenburg, Adam von Trott zu Solz, Fritz-Dietlof Graf von der Schulenburg, Ulrich Wilhelm Schwerin von Schwanenfeld et Carl GoerdelerÜberschaer, p. 628.
Il avait reçu des informations sur l'attentat imminent contre Hitler. Le soir du , à l'hôtel Raphaël à Paris, von Hofacker évalue les chances de l'attentat face à von Teuchert : von Schramm, 1953, p. 117-118. L'historien militaire allemand Gerd R. Überschaer dans le résumé français : Überschaer, p. 631.
20 juillet, hôtel Majestic à Paris Le matin du , à l'hôtel Majestic (The Peninsula Paris) à Paris, il reçut le message téléphonique « Übung (exercice) ». Cela signifiait que l'attentat était proche. Vers 16 heures, von Hofacker reçut un appel téléphonique de son cousin von Stauffenberg de Berlin : l'attentat avait été un succès, le « Führer » était mort ! Au même moment, le général von Stülpnagel a reçu le code « abgelaufen (passé) ». Stülpnagel ordonna alors à son chef d'état-major, le colonel von Linstow, et au commandant du Gross-Paris, le général von Boineburg-Lengsfeld, d'arrêter le Sipo-SD, Sicherheitspolizei et les SS à Parisvon Schramm 1953, p. 121.
Stülpnagel s'est ensuite entretenu par téléphone avec le colonel général Ludwig Beck au centre de la tentative de putsch, le Bendlerblock à Berlin. Beck a immédiatement demandé quelle était la position du maréchal von Kluge. Stülpnagel fit alors transférer la communication à La Roche-Guyon, le quartier général de KlugeEberhard Jäckel 1966, 337 et ref. 42. Entre-temps, von Kluge avait reçu des messages contradictoires sur le succès de l'attentat. Il a fait savoir à Beck qu'il avait besoin de certitudes sur cette question pour prendre d'éventuelles décisions.
Le chef d'état-major du maréchal, le général Günther Blumentritt, a essayé en vain de joindre le Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel ou le Generaloberst Alfred Jodl au quartier général d'Hitler en Prusse orientale par téléphone. Finalement, entre 20.45 et 21.00 von Kluge lui-même s'est laissé connecter à Generalmajor Hellmuth Stieff au Oberkommando des Heeres en Prusse. Le co-conspirateur Stieff informa alors von Kluge de l'échec de l'attentat : . L'historien Eberhard Jäckel a statué: . Blumentritt, le général Hans Speidel et von Kluge à La Roche-Guyon ont alors discuté de la situation. Von Kluge: « Oui, c'est une tentative d'assassinat ratée » (Ja, es ist eben ein missglücktes Attentat).
Chez le Generalfeldmarschall Günther von Kluge à La Roche-Guyon Peu après 19 heures, von Hofacker et Max Horst montèrent dans une voiture, von Stülpnagel avec son officier d'ordonnance, le capitaine Baumgart, dans une deuxième. En passant par Pontoise, les officiers arrivèrent à La Roche-Guyon à 21h15. Hofacker devait user de sa force de persuasion pour tenter une dernière fois d'amener le maréchal à se ranger du côté de la résistance contre Hitler et à chercher un armistice avec les Alliés. Les participants à cette rencontre entre le groupe de conspirateurs autour de Stülpnagel et le Maréchal étaient : von Stülpnagle avec von Hofacker et Major Max Horst, le Maréchal avec son chef d'état-major géneral Günther Blumentritt et par intermittences le chef d'état-major de la Heeresgruppe B général Hans Speidel. Seul le rapport du général Blumentritt, écrit en 1946 alors qu'il était en captivité en Angleterre, nous est parvenu comme témoignage :. Lorsque von Kluge a ensuite été informé de l'arrestation du SD et des SS à Paris, il a ordonné que cela soit immédiatement annulé. Il ordonna que von Stülpnagel soit relevé de ses fonctions. Cependant, von Kluge accompagna général von Stülpnagel jusqu'à sa voiture et lui conseilla de « disparaître en tenue civile » ! Vers 1h30 du matin le , les officiers étaient de retour à Paris.
Arrestation du Sipo-SD et des SS à Paris Tandis que Stülpnagel et Hofacker tentaient en vain à La Roche-Guyon de faire basculer le maréchal von Kluge du côté du putsch, von Linstow et général von Boineburg-Lengsfeld activaient à Paris les arrestations du SD et des SS. Parmi eux se trouvaient les hauts responsables de la répression nazie à Paris, SS-Brigadeführer Carl Oberg (HSSPf) pour la France, 1897-1965), SS-Standartenführer Helmut Knochen, (1910-2003), SS-SturmbannführerHerbert Hagen (1913-1999), SS-Obersturmbannführer Kurt Lischka (1909-1989), SS-Hauptsturmführer Theodor Dannecker (1913-1945, Camp de Drancy), Obersturmführer Heinz Röthke (1912-1966), SS-Obersturmbannführer Hans Henschke (1908–1987), SS-Untersturmführer Karl Kleindienst (1895–?, Massacre du bois de Boulogne) et SS-Hauptsturmführer Alfred Wenzel. Ils avaient été arrêtés à l'hôtel Continental, rue Castiglione. De jeunes officiers de la 365e division de sécurité, dirigée par le major général Walter Brehmer, ont arrêté 1 200 membres de ce groupe criminel qui n'ont pas résisté et ont été enfermés à l'École militaire.
Conformément aux ordres de von Kluge et à l'insistance massive de l'amiral Theodor Krancke (1893-1973), von Stülpnagel ordonna la libération des prisonniers dès son retour à Paris. Le coup d'État à Paris s'est ainsi terminévon Schramm 1953, p. 157-166 ,197-202.
« Réglementation de la parole » et fête de réconciliation bizarre De 1 à 5 heures du matin le , un grand groupe d'officiers s'est réuni à l'Hôtel Raphael, voisin du Majestic, autour d'un verre de vin et de champagne et célébrer une réconciliation. Carl Oberg et Helmut Knochen souhaitaient que l'on s'accorde sur le fait que l'arrestation sans résistance, embarrassante pour les SiPo-SD et les SS, était un exercice d'alerte. Blumentritt, en particulier, qui avait convoqué les commandants des régiments de sécurité, participa à ce règlement linguistique afin de conserver au moins l'enquête préliminaire contre le Militärbefehlshaber à Parisvon Schramm, 1953, p. 221. Stülpnagel, Hofacker, Oberg, Knochen, l'ambassadeur Otto Abetz, qui soutenait la solution d'équilibre, les colonels Finckh et von Linstow, désormais lourdement compromis, « et beaucoup d'autres se tenaient et s'asseyaient ensemble en groupes informels autour du vin ! ». Cependant, à 5 heures, le chef du Oberkommando der Wehrmacht, le maréchal général Wilhelm Keitel, donna l'ordre par téléscripteur à von Stülpnagel de se présenter immédiatement à Berlin.
Arrestation