Nuremberg (prononcé : Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.), (Prononciation en allemand standard retranscrite selon la norme API. ) est une commune allemande du land de Bavière et du district de Moyenne-Franconie, dont le chef-lieu est Ansbach. La commune de Nuremberg a le statut de ville (Stadtrecht), comme un peu plus de 2 000 communes allemandes.
Avec en , c'est la deuxième ville de Bavière après Munich et la quatorzième du pays. Centre économique de son district, Nuremberg est l'un des principaux centres industriels d'Allemagne du Sud.
À l'époque du Saint-Empire romain germanique (962-1806), après avoir été sous la seigneurie des burgraves de Nuremberg, elle accède en 1205 au statut de ville libre d'Empire, c'est-à-dire qu'elle devient vassale immédiate de l'empereur, ce qui assure une grande autonomie aux responsables de la ville. En 1806, elle est intégrée au royaume de Bavière, membre de la confédération du Rhin, et ne retrouve pas le statut de ville libre en 1815, dans le cadre de la Confédération germanique (1815-1866), puis de l'Empire allemand (1871-1918), restant attachée au royaume de Bavière.
Elle est particulièrement connue en raison de son rôle sous le Troisième Reich : lieu du congrès annuel du Parti national-socialiste à partir de 1927, elle est l'éponyme usuel des lois raciales du 15 septembre 1935, les lois de Nuremberg. Après la capitulation des nazis en mai 1945, a lieu en 1945-1946 le procès de Nuremberg contre les hauts dirigeants détenus par les Alliés (Göring, von Ribbentrop, Hess, Dönitz, Jodl, von Papen, Speer, etc.).
De nos jours,
Géographie Situation et communes limitrophes
Nuremberg est située dans la partie Nord du land de Bavière, à environ 100 kilomètres au nord d'Ingolstadt, sur le Danube, 170 km au nord de Munich, 250 km à l'est de Mannheim, sur le Rhin, 300 km à l'ouest de Prague et 450 au sud-ouest de Berlin.
La commune est limitrophe de celles de Fürth, Erlangen, Heroldsberg, Schwaig bei Nürnberg, Feucht, Schwabach, etc.
Relief et hydrographie
L'altitude à Nuremberg est d'environ 300 mètres. Nuremberg se trouve à l'ouest de la chaîne de moyenne montagne du Jura franconien.
La ville est arrosée par la rivière Pegnitz, sous-affluent du Rhin par la Regnitz et le Main. La Pegnitz, où se trouvent deux îles (Insel Schutt et Trödelmarktinsel), divise la vieille ville en deux quartiers, Sebald et Lorenz, nommés d'après les deux principales églises de Nuremberg.
Voies de communication et transports
vignette|centre|La gare centrale de Nuremberg.
Desservie par plusieurs autoroutes, la commune est aussi dotée d'une gare importante à l'échelle nationale et d'un aéroport international (Aéroport Albrecht-Dürer).
Pour les transports locaux, elle a un tramway de six lignes, un métro de trois lignes, ouvert en 1972, et pour les transports régionaux, un S-Bahn de six lignes, menant par exemple à Bamberg (S1), Neumarkt in der Oberpfalz (S3), Ansbach (S4).
vignette|centre|Plan du réseau de transport en commun.
Climat
Urbanisme
Nuremberg comporte un seul gratte-ciel, la Business Tower Nuremberg haute de 135 m.
Histoire Appartenances historiques (burgraviat de Nuremberg) 1105–1219 (ville libre d'Empire) 1219–1806 1806–1871 (royaume de Bavière) 1871-1918 1918–1933 1933–1945 20px Allemagne occupée 1945–1949 1949–1990 depuis 1990
Moyen Âge Le premier document mentionnant la ville de Nuremberg, connu sous le nom de Norenberc est dû à l’empereur Henri III (1017-1056). Il date du et a été rédigé à l’occasion de l’affranchissement d’une femme de basse condition nommée Sigena qu'un noble nommé Richolf souhaitait prendre en mariage ; l'empereur lui aurait rendu sa liberté à cette occasion. L'acte d'affranchissement se termine par les mots : Actum Nórenberc [fait à Nüremberg]. Feliciter AmenDocument N° 253 in Harry Bresslau et Paul Kehr (Ed.): Diplomata 16: Die Urkunden Heinrichs III. (Heinrici III. Diplomata). Berlin 1931, pages 336–337 (Monumenta Germaniae Historica).
Si le terme de berg atteste bien de l'existence d'une montagne, la signification de la première partie du nom n'est pas claire. Plusieurs hypothèses ont été soulevées, comme celle qui ferait intervenir le Moyen haut-allemand nuor qui signifie la « falaise », mais aucune ne s'est réellement imposéeDictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) . Dans l'état actuel des connaissances, Nuremberg semble être une création politico-militaire de l’empereur Henri III (1039-1056) servant au ravitaillement de ses armées lors de ses campagnes contre le duc de Bohême, la ville occupant à l'époque une position centrale entre les évêchés de Bamberg, Wurtzbourg, Eichstätt.
Les premières constructions de la forteresse remontent à 1050. La ville s'étend alors autour de la falaise sur laquelle le château est construit. Ce dernier est agrandi de 1140 à 1180 sous le règne de Frédéric Barberousse. En 1191, le comte Frédéric III de Hohenzollern devient par alliance le burgrave Frédéric de Nuremberg.
Nuremberg fait ainsi rapidement partie des villes impériales préférées et en 1219, le futur empereur Frédéric II remet à Nuremberg, qui n’était encore qu'une ville royale sans autonomie, sa fameuse Große Freiheitsbrief (grande lettre de liberté). C’est en 1256 qu’il est fait pour la première fois mention d’un conseil à Nuremberg qui entre, la même année, dans la ligue des Villes Rhénanes. En 1273, le comté des Hohenzollern devient héréditaire. En 1332, l'empereur Louis le Bavarois confirme la liberté douanière des habitants de Nuremberg. Il séjournera 74 fois dans la ville.
En 1348-1349 éclate une grande révolte des artisans. Les patriciens remportent la contre-révolution. 1349 restera une année tristement célèbre. L'empereur Charles IV autorise la destruction du quartier juif pour édifier une grande place du marché : plus de 560 habitants sont assassinés.
En 1356 se déroule une étape majeure dans l'histoire de Nuremberg : Charles IV signe la loi impériale de la Bulle d'Or. Désormais, les 7 princes-électeurs élisent le nouveau roi qui doit tenir son premier Reichstag à Nuremberg. Charles IV séjournera plus de 50 fois dans sa ville préférée. Vers 1400, le dernier rempart est enfin achevé. Quant à l'élargissement des fossés, il ne sera terminé qu'en 1452.
En 1420, Christoph Laiminger, mandataire des ducs de Bavière, donne l'ordre d'incendier le château des Burgraves. En 1424, l’importance de la ville est à nouveau renforcée lorsque l’empereur Sigismond décide que Nuremberg sera à jamais le lieu de garde des fabuleux joyaux de la couronne impériale. Ces derniers y resteront jusqu'en 1796.thumb|Monstration des régalia à Nuremberg (bois gravé de 1487). Après l'exécution de Jan Hus sur le bûcher, à Constance en 1415, les hussites cherchent à s'emparer des regalia impériales, alors conservées au château fort de Karlstein. Conscient du danger, le roi Sigismond décide de mettre son trésor en lieu sûr : Nuremberg étant alors le plus sûr appui de l'empereur, c’est tout naturellement qu'il choisit la capitale de Franconie pour conserver les joyaux de la couronne. À cette fin, il octroie à la ville, le , le privilège de la conservation de la Couronne de l'Empire. La ville reçoit en outre le privilège de présenter les joyaux chaque année aux citadins, le suivant le Vendredi saint, lors d'une cérémonie de monstration (Heiltumsweisungen). Enfin, Nuremberg bénéficie du droit de tenir une foire de deux semaines, commençant le jour de la présentation des joyaux de la couronne impérialeLa Couronne impériale sur le site de la Société von Humboldt : « Lange hieß sie aber die "Nürnberger Krone", weil sie jahrhundertelang (1424-1796) dort verwahrt worden war. Nürnberg hatte 1424 das Privileg "Hort des Reichsschatzes" verliehen bekommen. Dort wurden also neben den Reichsinsignien (auch "Reichskleinodien": Heilige Lanze, Reichsapfel, Zepter, Reichskreuz, Reichsschwert u.a.) auch die Reichsreliquien aufbewahrt. ».
Temps modernes (1492-1789) Cet acte inaugure un âge d'or pour la ville : du au , Nuremberg s'impose comme une vraie cité artistique et même comme le berceau de l’humanisme allemand. En effet, de grands artistes tels que le peintre Albrecht Dürer, qui se fera connaître comme peintre et graveur de même que Michael Wolgemut, le sculpteur sur bois Veit Stoss et le tailleur de pierre Adam Kraft créent à Nuremberg des œuvres d’une grande notoriété. Hans Sachs et les Meistersinger (maîtres-chanteurs) donnent dès le un nouvel essor à la poésie allemande. Ils inspireront à Richard Wagner son opéra de 1868, Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres chanteurs de Nuremberg).
Dans les domaines de l'astronomie et de la géographie, c'est à Nuremberg que Martin Behaim réalise vers 1492 le premier globe terrestre parvenu jusqu'à notre époque, toujours conservé au musée historique de la ville. Hartmann Schedel y publie en 1493 la Chronique de Nuremberg et Nicolas Copernic en 1543 De Revolutionibus Orbium Coelestium (De la révolution des sphères célestes).
thumb|Nuremberg en 1493, par Hartmann Schedel. thumb|Le Pont Royal, ordinairement nommé Pont aux Dechaussées, construit l’an 1700, sur la rivière de Pegnitz à Nuremberg, gravure sur cuivre du par Johann Adam Delsenbach.
Dans la seconde moitié du , Nuremberg profite tout particulièrement de l'essor économique des villes allemandes. Au siècle suivant, elle accroît très largement son territoire aux dépens des pays du Haut-Palatinat en prenant part, contre Robert du Palatinat, à la guerre de succession de Landshut aux côtés des vainqueurs, le duc Albert IV de Bavière-Munich et l'empereur Maximilien . Nuremberg reçoit en partage six villes et surtout quelques marchés, en plus de nombreuses terres de moindre importance. La disposition de nouveaux monopoles se révèle capitale pour la ville qui, comme Lunebourg, est une cité commerçante importante, au carrefour de grandes voies de communication : la route des Balkans à Anvers par Vienne, celle de Venise à Hambourg par le col du Brenner, celle de la France vers Prague par Strasbourg et enfin celle qui relie la Suisse à la Saxe et à la Pologne.
Au début du , Nuremberg atteint sa plus grande prospérité. Les marchands de la ville se partagent avec ceux d'Augsbourg, le monopole du plus important comptoir commercial germanique, le Fontego dei Tedeschi à Venise. Leur implantation durable à Venise permet de procéder à d'importants transferts de capitaux grâce au commerce de matières premières provenant des régions nordiques et d'importer en retour, des marchandises venues du monde entier, notamment des épices, de la soie et du coton. Elles constituent, avec la mobilité des étudiants et des humanistes dans les universités de Padoue, de Pavie et de Bologne, une véritable passerelle culturelle entre le monde germanique et le nord de l'Italie.
Cependant, à l'instar de Venise, la découverte du cap de Bonne-Espérance bouleverse les relations commerciales de l’Europe et l’Orient et contribue à la déchéance de la ville face aux ports de l'Atlantique. Les marchands nurembergeois choisissent d’investir dans le Nouveau Monde pour échapper à ce déclin, mais les empereurs ne résident plus dans la ville à partir de 1571.
En 1525, la Réforme protestante est instaurée à Nuremberg. En 1533, une grave épidémie de peste ravage la ville. D'autres vagues de peste ont lieu en 1562 ( morts) et en 1585 ( morts). La ville est touchée au par la guerre de Trente Ans, qui provoque une triple épidémie de typhus, de dysenterie et de peste, ainsi qu'une famine. Entre 1632 et 1634, on compte plus de . Un charnier est découvert en , près du Sebastianspital et du Johannisfriedhof. Il est daté de la période de peste de 1632-1633 et contient au moins . Ce charnier est considéré comme le plus rempli d'Europe...
En 1623, l'université de la ville est inaugurée à Altdorf. En 1643, un gigantesque festin, le « Festin de la paix », scelle la fin de la guerre de Trente Ans.