Vicia faba est une espèce de plantes à fleurs dicotylédones de la famille des Fabaceae, sous-famille des Faboideae, originaire d'Eurasie et du bassin méditerranéen. C'est une plante herbacée annuelle cultivée depuis plusieurs millénaires pour ses graines riches en protéines et en amidon, destinées tant à la consommation humaine (légume sec ou frais) qu'à l'alimentation animale (féverole). C'est une espèce diploïde (2n = 2x =12 chromosomes), inconnue à l'état naturel et dont l'ancêtre sauvage n'a pas pu être identifié.. On en connaît de nombreux types morphologiques classés en différentes sous-espèces ou variétés, appelées « fèves » et « féverolles ». Les fruits sont des gousses contenant des graines de taille variable, plus grande pour les fèves, et plus petite pour les fèveroles. Ces graines contiennent néanmoins des facteurs antinutritionels dont certains (vicine, tyramine…) peuvent être dangereux pour les personnes prédisposées.

Description

Appareil végétatif Vicia faba est une plante herbacée annuelle, au port dressé, pouvant atteindre de haut, aux tiges fortes, creuses, de section quadrangulaire. La racine, à dominante pivotante, s'enfonce profondément dans le sol jusqu'à atteindre une longueur similaire à celle des tiges. Comme c'est le cas de nombreuses autres Fabaceae, elles présentent des nodules, très nombreuses dans les 30 premiers cm du sol, qui leur confère la propriété de fixer l'azote de l'air. Bien que la plante elle-même en consomme jusqu'à 80 %, les 20 % restants améliorent la fertilité de la terre, de sorte que cette culture est utilisée dans des systèmes de rotation pour renforcer les sols épuisés.

Les feuilles, alternes, sont munies de deux larges stipules hastées ou triangulaires-ovales, de de long, aux bords légèrement dentés, avec des nectaires extrafloraux. Les feuilles sont composées paripennées, comptant de 1 à 5 paires de folioles. Comme chez les autres espèces du genre Vicia, la foliole terminale est remplacée par une vrille terminale, mais chez la fève, celle-ci est atrophiée en forme de mucron ou d'arête droite ou courbe, et non fonctionnelle pour grimper. Les folioles, glabres, oblongues, elliptiques ou obovales, de de long sur de large, sont de couleur vert glauque ou grisâtre et pruineuses..

Appareil reproducteur vignette|gauche|redresse|Fleurs. vignette|gauche|redresse|Gousse. Les fleurs, subsessiles, sont soit isolées, soit groupées, par cinq à huit, en racème naissant de l'aisselle des feuilles supérieures. Elles sont grandes, comparées à celles d’autres espèces du genre, atteignant de long. Le calice campanulé présente des dents inégales. La corolle, blanche à nervures violettes, de type papilionacé, est formée de cinq pétales inégaux. Les deux pétales latéraux, ou ailes, présentent une macule violet foncé ou noire. Toutefois, chez certaines variétés sans tanin les fleurs sont entièrement blanches.. Le pétale supérieur, ou étendard, resserré en son milieu, est plus long que les ailes, elles-mêmes plus longues que la carène. L'androcée diadelphe compte 10 étamines, dont 9 soudées par leurs filets formant une gouttière insérée dans la carène et une plus ou moins libre.. L'ovaire sessile, linéaire, contient de 2 à 6 ovules.

Les fleurs sont hermaphrodites et généralement autofertiles, mais allogames pour 40 à 60 % d'entre elles. Le fruit est une gousse (ou cosse) robuste, déhiscente, de section presque cylindrique ou légèrement aplatie, à deux valves reliées par deux sutures peu visibles. Sa taille diffère selon les variétés, variant de 5 à en longueur sur en largeur. La partie interne de la gousse est recouverte d'un tissu spongieux, semblable à une éponge, au feutre blanc qui protège les graines et forme de fausses cloisons qui les séparent. Dans cette gousse, se trouvent les graines alignées en rangées, plus ou moins serrées, de 2 à 9 graines. La gousse, faiblement pubescente, est verte est dressée à l'état jeune, puis devient retombante et prend une couleur plus sombre ou noire lorsqu'elle se dessèche.

Les graines sont réniformes oblongues, de taille plus ou moins grande, selon les variétés (de 8 à ), et de couleur vert jaunâtre virant au bronze à maturité. Les graines de fèves potagères sont les plus volumineuses des espèces de légumineuses. Il existe également des variétés aux graines noires et violettes. Le poids d'une graine peut varier de . À maturité, les graines de Vicia faba présentent un tégument coriace et épais. Le pouvoir germinatif dure de quatre à dix ans, voire plus. Pour les semences commerciales, le pourcentage minimum de germination est de 90 % et la pureté minimale de 99 %. Les graines contiennent en moyenne 55 % de glucides, 21 % de protéines et 1,4 % de lipides.

La germination est hypogée, les cotylédons restant enterrés, contrairement au haricot.. La floraison a lieu de mars à septembre (dans l'hémisphère nord).

Cytologie vignette|gauche|redresse|Caryogramme de Vicia faba. Vicia faba est une espèce diploïde qui compte 6 paires de chromosomes (2n = 2x =12), dont 5 paires de chromosomes subtélocentriques (acrocentriques) courts et une paire de chromosomes métacentriques longs ( de long, soit environ le double de la longueur des premiers)... Ces grands chromosomes sont probablement dérivés de la fusion ancestrale de deux chromosomes acrocentriques.

La taille du génome de Vicia sativa, (1C = 13,3 pg) est nettement supérieure à celle des autres espèces du genre Vicia (Vicia sativa : 1C = 2,3 pg, Vicia narbonensis : 1C = 8 pg).

Propriétés nutritionnelles vignette|gauche|redresse|Graines de féverolles (cultivar 'Fabiola'). Les graines de Vicia faba peuvent avoir des effets plus ou moins bénéfiques sur la santé humaine si elles sont consommées régulièrement notamment du fait de ce qui est parfois appelé " facteurs antinutritionnels ". . Ces derniers disparaissent en général à la cuisson et peuvent rendre l’absorption d'autres nutriments (comme les sucres mannose et glucose dans le cas des lectines de Vicia faba) plus difficile (ce qui peut aussi être une bonne chose dans un contexte d'obésité ou de surconsommation). Ce sont notamment des inhibiteurs de protéase, des tanins, des lectines (hémagglutinines), des glycosides (vicine et convicine, saponine), des phytates, des facteurs anti-niacine..

La composition chimique pour 100 g de fèves fraîches est la suivante :

Eau 65-70% Glucides 17-20% Protéines 7-9% Matières grasses 0,4-0,7 % Cellulose 2,75% Sels minéraux et vitamines 2,50%

Le pH varie de 5 à 6 ; et cent grammes de produit frais apportent de soixante-dix à cent calories.

Les sels minéraux sont représentés comme suit pour cent grammes de produit frais :

Calcium Potassium Phosphore Magnésium Cuivre Fer Les vitamines sont représentées comme suit : Vitamine A 200 UI/100 g de produit frais. Vitamine B 1 0,30 mg/100 g de produit frais. Vitamine B 2 (riboflavine) 0,18 mg/100 g de produit frais. Niacine (acide nicotinique) 1,80 mg/100 g de produit frais. Vitamine C 25,00 mg/100 g de produit frais.

Distribution Vicia faba est une espèce connue seulement comme plante cultivée. Son centre d'origine se situe probablement en Asie occidentale, d'où elle s'est ensuite répandue en Europe, en Afrique et en Asie centrale. Des centres de diversité secondaires sont situés en Éthiopie et en Afghanistan. La domestication de Vicia faba est intervenue vraisemblablement entre 7000 et et la plante s'était largement répandue dans l'ensemble du bassin méditerranéen dès le .

De nos jours, l'espèce est largement cultivée dans les régions tempérées et subtropicales, et à des altitudes plus élevées dans les régions tropicales. Les principaux pays producteurs sont l'Australie, la Chine, l'Égypte et l'Éthiopie, qui représentent les quatre cinquièmes de la production mondiale. Sa culture est également répandue dans plusieurs pays d'Europe et d'Amérique latine (en particulier la Bolivie, le Chili, l'Équateur, le Pérou et le Venezuela), notamment dans les zones froides et tempérées. La température optimale de croissance est d'environ 15 °C .

En Afrique tropicale, on la cultive principalement au Soudan et en Éthiopie..

Taxinomie Fèves et féveroles

Les fèves et les féveroles sont des plantes de la même espèce, Vicia faba, la féverole lato sensu (au sens large).

Traditionnellement, on distinguait deux formes cultivéesVoir Fève, page 236, dans Paul Fénelon, Vocabulaire de Géographie agraire (suite). In: Norois. , avril-juin 1965. . doi : 10.3406/noroi.1965.1521. Consulté le 14 octobre 2014Louis Liger et Jean-François Bastien, La nouvelle maison rustique: ou Économie rurale, pratique et générale de tous les biens de campagne, Volume 2. Éditions Deterville, 1798. Fève de marais, page 387. : La grosse fève, qui donne les « fèves » à grosses graines dont les cultures sont destinées à l'homme. Déclinée en plusieurs sous-variétés, elle donne notamment au Québec la « gourgane » ou fève des marais, qui est connue comme culture traditionnelle dans la région du Lac-Saint-JeanFeuillet technique de la gourgane par le conseil des productions végétales du Québec.. la petite fève, qui donne les « féveroles » à plus petites graines et issues de cultures destinées au bétail.

Selon la botaniste russe V.S. Muratova (1890-1948), on subdivise l'espèce en deux sous-espèces et plusieurs variétés botaniques en fonction des variations du poids, de la forme et de la taille des graines : la sous-espèce Vicia faba subsp. paucijuga (Alef.) Murat., à très petites graines (moins de ) présente en Inde et Asie centrale la sous-espèce Vicia faba subsp. faba variété Vicia faba subsp. faba var. equina Pers. - féveroles ou « fèves de cheval » variété Vicia faba subsp. faba var. minor Peterm. - féveroles variété Vicia faba subsp. faba var. faba (synonyme : Vicia faba var. major Harz.) - fèves ou fèves des marais Les féveroles désignent alors les variétés equina et minor dont les graines qui font entre 0,4 et et sont cultivées principalement pour l'alimentation d'élevage. Parmi les nombreuses variantes botaniques, on distingue en France les féveroles d'hiver et les féveroles de printemps, selon la période du semis. La variété faba (ou major), dont la grosse graine pèse de 0,9 jusqu'à , donne la fève potagère utilisée dans l'alimentation humaineClaire Doré et F. Varoquaux, Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées, Editions Quae, 2006. et 9782738012159. Chapitre Les féveroles, page 303.Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad..

Synonymes Selon :

Sous-espèces et variétés Selon : sous-espèces : Vicia faba subsp. faba Vicia faba subsp. paucijuga variétés : Vicia faba var. equina Vicia faba var. minor

Selon : Vicia faba var. faba Vicia faba var. major Vicia faba var. minor

Ressources génétiques Selon la classification proposée par Maxted and Kell (2009), les espèces proches de Vicia faba peuvent être catégorisées ainsi. : pool génique primaire : V. faba subsp. paucijuga, V. faba subsp. faba, V. faba subsp. faba var. minor, V. faba subsp. faba var. equina, V. faba subsp. faba var. faba ; pool génique secondaire : inexistant ; pool génique tertiaire : Vicia kalakhensis, Vicia johannis, V. johannis var. ecirrhosa, V. johannis var. procumbens, V. johannis var. johannis, Vicia galilaea, V. galilaea var. galilaea, V. galilaea var. faboidea, Vicia serratifolia, Vicia narbonensis, V. narbonensis var. salmonea, V. narbonensis var. jordanica, V. narbonensis var. affinis, V. narbonensis var. aegyptiaca, V. narbonensis var. narbonensis, Vicia hyaeniscyamus, Vicia bithynica, Vicia eristalioides.