Armand-Jean de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, est un officier de marine français, né le au Havre de Grâce et mort le à Paris.

Il est pair de France, prince de Mortagne, marquis du Pontcourlay, comte de Cosnac, de Barbezieux, de Cozes et SaujonDe La Chenaye-Aubert, Badier, Dictionnaire de la noblesse, Paris, Schlessinger, 1876, XIX, ., seigneur propriétaire de la juridiction et vicomté du Faou, Irvillac, Logonna et VilleneuveComptes-rendus, procès-verbaux, mémoires..., Association bretonne, Agriculture, Archéologie, Session de Moncontour, 1912, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5687891d/f379.image.pagination, baron du PontSerge Duigou, La Révolte des bonnets rouges en Pays Bigouden, Quimper, Ressac, 1989, 23.. Il fit l'acquisition du château de Conflans.

Biographie

Il naît au Havre de Grâce le . Il est le fils de François de Vignerot, marquis de Pontcourlay, gouverneur du Havre, et de Marie-Françoise de Guémadeuc, baronne du Pont et de Rostrenen. Il est le frère de Jean-Baptiste Amador de Vignerot du Plessis et de Emmanuel-Joseph de Vignerot du Plessis. Ils sont les petits-neveux du cardinal de Richelieu par leur père, fils de Françoise du Plessis de Richelieu, sœur du cardinalSelon certaines sources, il aurait été dans son enfance abbé de Saint-Ouen de Rouen. De La Chenaye-Desbois, Badier, , XIX, . Ce n'est pas confirmé par dom Pommeraye, qui ne cite que ses deux frères cadets : Jean-Baptiste-Amador (1632-1662), abbé de Saint-Ouen de 1642 à 1652 ; et Emmanuel-Joseph (1639-1665), abbé de Saint-Ouen de 1652 à 1665. Dom Jean-François Pommeraye, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Ouen de Rouen, Rouen, Richard Lallemant, 1662, , , 337.. À la mort de son père, en 1646, il devient gouverneur des ville et citadelle du Havre et dépendances.

En 1642, il devient général des galères de France, charge qu'il conserve jusqu'en 1661.

En 1647, il est envoyé à Naples, qui s'est soulevée contre les Espagnols et a proclamé la République napolitaine. Fin décembre il remporte au large de Capri, face à l'escadre de don Juan d'Autriche, une victoire glorieuse mais non décisive. Par deux fois, le et le , don Juan évite un nouveau contact. Le , faute de port ou de mouillage, Armand Jean se trouve contraint de quitter la baie de Naples sans avoir atteint l'objectif de la campagne : débarquer la batterie et les offerts par la France aux insurgésCharles de La Roncière, « Guerre de Trente Ans », sur archive.org, Histoire de la marine française, 136-140..

Durant la Fronde des princes, en 1651, il se range dans le parti de CondéCharles de La Roncière, id., 180..

Quinze ans après la mort de son grand-oncle le cardinal-duc, il reprend le titre de duc de Richelieu, par substitution de nom et d'armes François Velde, « Examples of Substitutions de Nom et d'Armes », sur heraldica.org, . : le , il prête serment au Parlement en qualité de duc et pair.

Héritier d'un bien considérable, il joue, affiche des maîtresses, dépense tout, et se retrouve bientôt criblé de dettesVerena von der Heyden-Rynsch, Maréchal de Richelieu : au risque de la volupté, Mercure de France, 2004, 32-34.. En 1661, il vend pour sa charge de général des galères. Il abandonne aussi son titre de gouverneur du HavreMarie-Pierre Terrien, Philippe Dien, « Les héritiers du cardinal », sur pur-editions.fr, Le Château de Richelieu : -s, Presses universitaires de Rennes, 2009, 12.. En 1665, sur une partie de paume contre Louis , il perd de sa collection, dont treize PoussinGuillaume Kazerouni, « Les quatre saisons », sur louvre.fr..

En 1675, durant la révolte des Bonnets rouges, son château de Pont-l'Abbé est pillé, puis incendiéSerge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Histoire du Pays bigouden, Plomelin, Palantines, 2002, 69 et 72..

vignette|Buste de Jean-Armand du Plessis, duc de Richelieu, par Antoine Coysevox, marbre, 1700, musée Condé. En 1679, il devient chevalier d'honneur de Madame la Dauphine. Mais, toujours dans la nécessité, il se démet de cette charge en 1684 contre . En 1685, il vend sa baronnie du PontSerge Duigou, La Révolte des bonnets rouges en Pays Bigouden (op. cit.), 21.. En 1688, il est fait chevalier de l'ordre du Saint-EspritNeil Jeffares, « Iconographical genealogies », sur pastellists.com, Dictionary of pastellists before 1800, Online edition, 2008..

À la fin de sa vie, cherchant à s'introduire auprès de madame de Maintenon , il devient aussi dévot qu'il a été libertin. Il a dilapidé la fortune des Richelieu. Tous ses biens sont finalement saisisMarie-Pierre Terrien, Philippe Dien, , 13.. Il meurt le , à Paris.

Famille et descendance 150px|thumb|right|Marguerite-Thérèse Rouillé, veuve du marquis de Noailles, troisième épouse d'Armand Jean. Le , il épouse la veuve de François-Alexandre d'Albret, sire de PonsPaul Boiteau, in Roger de Bussy-Rabutin, « Portrait de Manicamp », sur gutenberg.org, Histoire amoureuse des Gaules, Jannet, 1861, I, ., Anne Poussard de Fors (1622-1684), dont il n'a pas d'enfant.

Le , il épouse à Rueil, Anne-Marguerite d'Acigné, fille de Jean Léonard d'Acigné, comte de Grandbois, et de Marie Anne d'Acigné. Elle meurt à Paris, paroisse Saint Paul, le . Ils ont quatre enfants : Marie-Catherine-Armande, dite mademoiselle de Richelieu, née le , mariée le à François-Bernardin du Châtelet (1689-1754), comte de Clermont, gouverneur du château de Vincennes ; morte en 1760 ; Élisabeth-Marguerite-Armande, dite mademoiselle de Fronsac, née le , religieuse à l'abbaye Saint-Rémy des LandesÀ Clairefontaine-en-Yvelines., puis prieure perpétuelle des bénédictines de la PrésentationLe prieuré des bénédictines de la Présentation-de-Notre-Dame-au-Temple (1603-1792), se trouvait rue des Postes (aujourd’hui rue Lhomond, ), à Paris. « Établissements réguliers : abbayes, prieurés et congrégations », sur archivesnationales.culture.gouv.fr. ; morte le ; Marie-Gabrielle-Élisabeth, née le , religieuse à l'abbaye de Port-Royal de Paris, puis coadjutrice de l'abbaye Sainte-Périne de La Villette ; abbesse du Trésor Notre-Dame en 1724 ; morte abbesse de l'Abbaye-aux-Bois, le De La Chenaye-Desbois, Badier, , XIX, . ; Louis-François-Armand, duc de Richelieu (1696-1788).

Le à Paris, paroisse Saint-Sulpice, Armand-Jean épouse en troisièmes noces Marguerite-Thérèse Rouillé, veuve de Jean-François de NoaillesSaint-Simon, Mémoires, Jean de Bonnot, 1966, III, 388.. Elle meurt à Paris, paroisse Saint-Sulpice, le . Tous deux n'auront pas d'enfant.

Iconographie Armand-Jean de Vignerot au siège de Castellammare en 1647 de Charles de La Fosse, musée des beaux-arts de Tours.

Notes et références

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