Germaine Acogny, née à Porto-Novo le , est une danseuse et une chorégraphe franco-béninoise, figure de l'histoire de la danse, depuis la fondation de son premier studio de danse africaine en 1968, à Dakar.

Elle construit une synthèse des danses traditionnelles ouest-africaines et des danses occidentales contemporaines, dans le cadre d’une pédagogie ancrée dans une spiritualité active. Elle est classée parmi les « africaines les plus influentes dans le monde » en 2014 selon le magazine Jeune Afrique.

Biographie Origine et formation Germaine Acogny, née le à Porto-Novo, est la fille de Togoun Servais Acogny, fonctionnaire colonial et auteur des Récits d'Aloopho, auquel elle rend hommage dans son spectacle À un endroit au début, et d'une institutrice. La famille s'installe au Sénégal en 1948.

Elle poursuit une formation de professeur d'éducation physique et sportive à Dakar, et découvre la danse classique à l'École Simon-Siégel de Paris en 1962.

Carrière artistique

En 1968, elle crée à Dakar un studio de danse..

Entre 1977 et 1982, Germaine Acogny est la directrice artistique de l'école Mudra Afrique, créé par Maurice Béjart et Léopold Sédar Senghor à Dakar. En 1980, elle publie son livre La Danse africaine, édité en trois langues. Après la fermeture de Mudra Afrique, elle enseigne à L'Isle-Jourdain, à de Toulouse, puis elle s'installe à Bruxelles avec la compagnie de Maurice Béjart et organise des stages internationaux de danse africaine qui remportent un franc succès auprès du public européen. En 1985, elle fonde avec son mari Helmut Vogt le « Studio-école ballet-théâtre du » à Toulouse.

En 1995, Germaine Acogny décide de retourner au Sénégal et, en 1998, crée l’association Jant-Bi / l'École des Sables. En 1997, elle est nommée directrice artistique de la section danse d'Afrique en Création à Paris et des Rencontres chorégraphiques de danse africaine contemporaine, fonction qu'elle assume jusqu'en .

En 2004, elle inaugure au Sénégal un centre international de danses traditionnelles et contemporaines d'Afrique nommé « École des sables », et situé à Toubab Dialo. Ce centre rencontre à la fin des années 2010 des difficultés de financement, lorsqu'un de ses soutiens financiers, la fondation néerlandaise Doen, n'est plus en mesure de maintenir son aide.

En 2014, le chorégraphe Olivier Dubois crée pour elle le solo Mon élue noire – Sacre #2 sur la musique originale du Sacre du printemps..

En 2019, elle interprète un rôle dans le film Yao avec Omar Sy en acteur principal.

Le , Germaine Acogny reçoit un Lion d'or de la danse à la Biennale de Venise.

En 2023, elle est lauréate du Grand prix de l’Académie des beaux-arts en chorégraphie.

En 2025, la cinéaste allemande Greta-Marie Becker consacre à Germaine Acogny un documentaire de : Germaine Acogny, l’essence de la danse, qui retrace son parcours et explique ses choix, faire une synthèse des danses traditionnelles ouest-africaines et des danses occidentales contemporaines, dans le cadre d’une pédagogie ancrée dans une spiritualité active. Chaque danseur est appelé à développer sa singularité en harmonie et synergie avec les autres et la nature. En 2025 toujours, Germaine Acogny conçoit le solo Joséphine, consacré à Joséphine Baker, pour le théâtre parisien des Champs-Elysées et reprend, pour ce même théâtre, Le Sacre du printemps dans la version de Pina Bausch avec ses danseurs de l’École des Sables.

En août 2026, le réalisateur sénégalais Mamadou Dia présente au festival de Locarno son film Atcha Atcha qui porte également sur Germaine Acogny et l'école des sables, cette fois sur la dernière année de master des élèves, leurs tensions, espoirs et perspectives. Principales chorégraphies 1987 : Sahel, solo qu'elle crée et interprète 1994 : Yewa, Eau sublime 2004 : Fagaala, spectacle chorégraphié avec Kota Yamasaki, consacré au génocide du Rwanda 2007 : Les Écailles de la mémoire avec Jawole Willa Jo Zollar 2007 : Waxtaan, regard critique sur le pouvoir 2016 : À un endroit au début mis en scène avec Mikaël Serre 2022 : Common Ground(s) suivi du Sacre du Printemps de Pina Bausch d'après l'œuvre d'Igor Stravinsky. (spectacle imaginé en deux parties ) 2023 : Dialaw Project, mis en scène avec Mikaël Serre 2025 : Joséphine

Publication

Danse africaine, Weingarten, 1980

Distinctions

Décorations

Chevalier de l'ordre du Mérite Officier de l'ordre des Arts et des Lettres Chevalier de l'ordre national du Lion du Sénégal

Récompenses

Bessie Award (Contemporary Dance and Performance Award) pour Fagaala, à New York en 2007 Lion d'or de la danse à la Biennale de Venise, 2021 Grand prix de l’Académie des beaux-arts en chorégraphie, 2023

Notes et références

Annexes Bibliographie Germaine Acogny, Danse africaine - Afrikanischer Tanz - African dance, Francfort-sur-le-Main, Fricke ; Abidjan ; Dakar, Nouvelles Éditions africaines, 1980, 112 p. . Lien vers le SUDOC, BU de france « Les 100 personnalités qui font l'Afrique », Jeune Afrique, , du au , . Fabrice Hervieu-Wane, « Germaine Acogny. La danse africaine est universelle », dans Dakar l'insoumise, Éditions Autrement, Paris, 2008, .

Liens externes

Site de l'association Jant-Bi Danser l'espoir - Portrait de Germaine Acogny : Documentaire, Réalisé par Vali Fugulin • Écrit par Vali Fugulin, Canada • 2016 • 43 minutes • Couleur. Film Doc . Masterclass de danse africaine par Germaine Acogny / Tandem Dakar-Paris, 2014.

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