Klaus Croissant, né le à Kirchheim unter Teck et mort le à Berlin, est un avocat allemand. Sympathisant de la Fraction armée rouge et avocat de ses chefs Ulrike Meinhof et Andreas Baader, il fut emprisonné pour avoir collaboré avec l'organisation terroriste. Après sa libération de prison, il fut recruté par la Stasi (le service de police politique et de renseignements de la République démocratique allemande). Il fut candidat sans succès à la mairie de Kreuzberg sur la liste alternative et entra au Parti du socialisme démocratique en 1990.
Biographie Le journal Freitag le décrit comme un avocat pour qui la justice n'était en quelque sorte qu'une branche de la politique et qui n'avait jamais distingué nettement les limites entre la défense de ses clients et son engagement idéologiqueder Freitag, « Beharren », 19 avril 2002, où on lit : « Klaus Croissant war ein Rechtsanwalt, der Justiz als etwas politisches begriffen hat und für den deswegen die Grenze zwischen Verteidigung seiner Mandanten und politischem Engagement nie scharf gezogen war. ».
De 1968 à 1975 Avocat en affaires courantes, il commence à prendre la défense de militants politiques en 1968 à la suite des procédures judiciaires impliquant le mouvement étudiant en République fédérale d'Allemagne. En 1971, il est appelé à défendre des membres de la Fraction armée rouge (RAF) ou « Groupe Baader-Meinhof »Mouvement d'action judiciaire, L'affaire Croissant, F. Maspero, 1977..
De 1975 à 1980 Il défend entre autres Ulrike Meinhof et Andreas Baader dans leurs procèsVgl. Christopher Tenfelde, Die Rote Armee Fraktion und die Strafjustiz. Anti-Terror-Gesetze und ihre Umsetzung am Beispiel des Stammheim-Prozesses; Osnabrück: Jonscher Verlag, 2009; ; p. 163; 204 et sera l'exécuteur testamentaire de la première. Comme l'ont fait aussi d'autres avocats de la Fraction armée rouge, il a aidé les détenus à maintenir leurs communications internes en transmettant leurs instructions depuis leurs cellules. Pour cette raison, il est accusé par le procureur Rebmann d'avoir « organisé dans son cabinet la réserve opérationnelle du terrorisme ouest-allemand » et la police l'arrête le . Il est cependant mis en liberté sous caution et en profite, le , pour s'enfuir en France où il demande l'asile politique. Il n'en est pas moins arrêté le . Se développe alors une campagne contre son emprisonnement, à laquelle participent notamment Jean-Paul Sartre et Michel Foucault. Dans une tribune publiée dans Le Monde le , Gilles Deleuze et Félix Guattari écrivent :
Malgré ces soutiens il est remis le aux autorités judiciaires de la République fédérale d’Allemagne et, finalement, condamné pour soutien à une association terroriste à deux ans de prison, ce que le journal belge Le Soir qualifie de « peine légère pour une affaire de terrorisme »« KLAUS CROISSANT CONDAMNE AVEC SURSIS » par Élisabeth Auvillain, dans Le Soir du 5 mars 1993.
Le romancier et dramaturge Pierre Bourgeade a écrit :
Le Conseil d’État entérine l'extradition dans l'arrêt Croissant du 7 juillet 1978, devenu l'un des « Grands arrêts ».
De 1980 à 2002 Après sa libération, il commence à travailler pour la Stasi, qui en 1981 l'embauche comme collaborateur sous le nom de code « IM Thaler » (Reg. numéro XV / 5231/81). Il recrute lui-même pour la Stasi sa compagne Brigitte Heinrich, rédactrice au Tageszeitung et plus tard députée européenne du parti des Verts.
En 1992, après la réunification allemande (1989), son activité à la Stasi est rendue publique. On découvre qu'il avait perçu au moins marks pour son activitéArchives du journal Le Soir.. Pour cette raison il passe de nouveau devant les tribunaux et, le , il est condamné à un an et neuf mois de prison avec sursis par la chambre criminelle du tribunal de Berlin, peine très inférieure à ce que réclamait le ministère public ; sans doute l'Allemagne voulait-elle tourner la page.
La plus grande partie de ses relations et amis jugent alors plus prudent de rompre avec lui, sans que lui même comprenne en quoi le fait d'avoir collaboré avec les services secrets de Spiegel du 19 octobre 1992, interview de Klaus Croissant après son arrestation comme espion, membre de la Stasi et terroriste. était condamnable.
Il déclarait entre autres : (). Il n'arrivait donc pas à comprendre comment une telle attitude pouvait lui valoir l'ostracisme chez des gens qui étaient pourtant à gauche.
Bibliographie Dans Erinnerung an einen Freund oder Die Amsterdamer Gewissenserforschung Gaspard Dünkelsbühler l'ami d'enfance de Croissant raconte les années d'études qu'ils ont vécues ensemble à Heidelberg et les moments de choix décisifs dans la vie de « Klaus Cr ». Le texte constitue la partie principale du livre paru en 2003 Fern und nah, Gesichter, Stimmen 1950 - 70. Peter O. Chotjewitz: Mein Freund Klaus, Berlin 2007, Verbrecher Verlag,
Arrêt Croissant du Conseil d’État français
Notes et références
Voir aussi
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