L’économie de la Nouvelle-Calédonie traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle de la Nouvelle-Calédonie.

La Nouvelle-Calédonie est un archipel disposant d'un statut particulier de large autonomie sui generis instauré par l'accord de Nouméa, différent des collectivités d'outre-mer (COM), et du statut de pays et territoire d'outre-mer (PTOM) de l'Union européenne.

Son économie se caractérise notamment par l'importance de l'industrie minière.

Eléments de contexte généraux La Nouvelle-Calédonie est un archipel situé à l'est de l’Australie et au nord de la Nouvelle-Zélande dans l'océan pacifique, à de la France métropolitaine (distance Nouméa-Paris). Ce territoire est la troisième plus grande île du Pacifique Sud après la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande, avec une superficie émergée de et une zone économique exclusive de .

L’île principale, appelée Grande Terre, forme une bande de de long sur une cinquantaine de large ; l’archipel est également composé des îles Loyauté à l'Est (Ouvéa, Lifou, Tiga, Maré), l’île des Pins au Sud et les Bélep au Nord. Son lagon est le plus grand lagon fermé du monde (voir Lagons de Nouvelle-Calédonie). En , l’inscription de six de ses zones coralliennes au patrimoine mondial de l'Unesco, a consacré sur la scène planétaire la beauté et la variété des fonds sous-marins néo-calédoniens.

La Nouvelle-Calédonie compte une population pluriethnique de en 2020.. On y parle le français ; on recense également vingt-huit langues kanak et d'autres langues appartenant aux différentes communautés présentes (le wallisien, l'indonésien, le tahitien, le javanais...).

Divisée en trois Provinces (Provinces Sud, Nord et des îles Loyauté), la Nouvelle-Calédonie compte trente-trois communes, parmi lesquelles Nouméa, la capitale, qui compte près de .

La société kanak est structurée autour d'une organisation coutumière propre dont le clan est la base. Les clans se réunissent en tribus, au sein de districts coutumiers, eux-mêmes regroupés en aires coutumières. La tribu est, depuis 1867, la reconnaissance administrative de l'organisation kanak.

Le panorama des tribus, réalisé en 1996 avec le partenariat du sénat coutumier, dresse un portrait statistique des 341 tribus et des cinquante-sept districts coutumiers que compte la Nouvelle-Calédonie. Il aborde plusieurs thèmes au niveau provincial, communal et tribal : la situation géographique, la démographie, l'activité, le niveau d'études, le logement, l'équipement, l'appartenance ou la résidence.

Les aires coutumières sont le fruit des accords de Matignon (1988), on en recense huit sur le territoire. Il s’agit de subdivisions spéciales et parallèles aux subdivisions administratives. Leur fonctionnement est fixé par la loi organique du . Chacune de ces aires est représentée par un conseil coutumier dont la compétence est de pouvoir se faire interpeller sur toute question par les autorités institutionnelles du pays ou par toute autorité administrative ou juridictionnelle sur l’interprétation des règles coutumières. Ses membres sont désignés selon des règles propres à chaque aire pour un mandat variable. Les chefs et grands chefs sont membres de droit de ce conseil coutumier.

La richesse de son sous-sol (notamment en nickel), les transferts financiers de l'État et de l'Union européenne ainsi que les politiques de rééquilibrages menés depuis la fin des années 1980 ont permis à la Nouvelle-Calédonie d'atteindre un niveau de développement très élevé, surtout comparativement au reste du Pacifique insulaire et même de la France ultramarine avec un indice de développement humain (IDH) de 0,789 en 2014.

En 2018, le premier référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie a été organisé le . À la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », les Néo-Calédoniens ont répondu à 56,4 % par le « non », avec un taux de participation de plus de 80 %. Lors de la seconde consultation organisée le , le « non » l'a également emporté, à 53,26 %....et en 2021 un 3eme référendum s'est conclu par un 3eme non, qui a clot le processus

Histoire

1774 – 1946 : la découverte du territoire Le territoire de la Nouvelle-Calédonie fut découvert en 1774 par le navigateur britannique James Cook, qui baptisa ce pays la en raison de la ressemblance entre le relief montagneux de la Grande Terre et son Écosse natale (cf. Calédonie). Le pays était peuplé par les Mélanésiens, les ancêtres des Kanaks. vignette|474x474px|Carte des Aires Coutumières Nouvelle-Calédonie Le , l'amiral Febvrier Despointes prend possession de l'île au nom de la France, le Royaume-Uni l'ayant délaissée. Depuis cette date la Nouvelle-Calédonie est française. La ville de Nouméa, aujourd'hui capitale de l'archipel, sera créée en 1854. À la colonisation de peuplement s'ajoutera dès 1864, celle d'origine pénitentiaire. Le bagne, créé par Napoléon III, accueille environ cinq-mille communards. En effet, comme la Nouvelle-Calédonie se trouvait à l’autre bout du monde, la colonie pénitentiaire fut immédiatement perçue comme une prison sûre pour les opposants politiques aux différents régimes qui s’étaient succédé en France depuis la Révolution. Par ailleurs, il avait été décidé, que les bagnards, tant les hommes que les femmes, devaient rester sur le territoire une durée égale au nombre d'années d'emprisonnement effectuées, dans l'objectif de peupler la Nouvelle Calédonie. Le bagne disparait en 1897.

Durant cette période, la Nouvelle-Calédonie est marquée par plusieurs révoltes de la population kanak, dont la plus célèbre est celle menée par le grand chef Ataï, en 1878.

Le nickel est découvert dans l'archipel par Jules Garnier en 1864. L'extraction du minerai dans des gisements se trouvant dans la région du Mont d’Or près de Nouméa et sur la côte Est aux alentours de Canala, Thio et Houaïlou, se développe à partir de 1874. . Ils doivent céder à bas prix leurs gisements à des sociétés minières et métallurgiques, en premier lieu la SLN fondée en 1880.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie devient une base pour les Américains engagés dans la campagne du Pacifique, et plus de y séjournent. C'est en 1946 que la Nouvelle-Calédonie devient un territoire d'outre-mer.

1937-1980 : essor du nickel avec l’usine de la SLN à Doniambo, Nouméa et croissance économique En 1937, la Société Le Nickel absorbe la Société des Hauts Fourneaux (créée en 1910 à Nouméa) et par là même la fonderie de Doniambo. La SLN devient ainsi la seule entreprise minière et métallurgique du territoire. Dès lors, l’usine ne va cesser de se développer et d’innover.

À partir de 1946, une bonne santé économique s'accompagne de grands travaux : le barrage de Yaté construit entre 1955 et 1959, les infrastructures sportives des Jeux du Pacifique Sud de 1966 dont le stade Numa-Daly ou la piscine olympique du Ouen Toro, le revêtement des routes et le développement du réseau électrique sur la Grande Terre, l'aménagement des remblais du port autonome de Nouméa dans les années 1970 transformant l'ancienne île Nou en une presqu'île artificielle désormais baptisée Nouville. Entre 1969 et 1976, la population de l'île s'accroit de plus de 20 % avec près de .

1980-2010 : prospérité économique Du point de vue économique, la prospérité économique de la Nouvelle-Calédonie reste une exception parmi les zones d’Outre-mer. Au cours des « 50 Glorieuses » de 1960 à 2010, le produit intérieur brut (PIB) a crû, en moyenne, au rythme de 3,9 % par an en termes réels. Le niveau moyen de revenu par habitant est ainsi comparable à celui de la métropole et nettement supérieur aux départements d’Outre-Mer.

La Nouvelle-Calédonie supporte également bien la comparaison avec les zones environnantes du Pacifique, avec un PIB nominal par habitant comparable à celui de la Nouvelle-Zélande, nettement supérieur à celui des autres États insulaires du Pacifique – mais inférieur de près de moitié à celui de l’Australie.

Cette prospérité repose en grande partie sur l’exploitation du nickel, une ressource naturelle non renouvelable et les transferts en provenance de la métropole..

2010-2020 : ralentissement de la croissance économique Depuis 2010, la croissance calédonienne connait un ralentissement dû à la diminution de l’investissement liée à l’achèvement de la construction des usines métallurgiques, à la fin progressive des grands chantiers publics et à la baisse du cours du nickel. Cependant l’économie reste solide et l’une des plus développées en Océanie.

Années 2020 : Une fragilité accrue par l’enchainement de multiples crises Sur un fond de fragilités accumulées par plusieurs années de croissance ralentie, l’économie calédonienne a été confrontée en 2020 à de multiples crises. La Nouvelle-Calédonie a été touchée dès le premier trimestre par la crise sanitaire de la COVID-19 qui impose un mois de confinement strict, mettant un coup d’arrêt à la plupart des activités, suivi d’un confinement externe durant toute l’année qui freine l’économie.

L’année a été également marquée par la tenue du deuxième référendum d’autodétermination en octobre, source d’incertitudes et d’agitation. Le scrutin a vu la victoire des loyalistes, qui, réunissent un peu plus de 53 % des suffrages exprimés en faveur du maintien dans la République française.

Ce climat a été aggravé en fin d’année par d’importantes tensions sociales et politiques liées au choix du repreneur de Vale NC qui paralysent le secteur nickel et affectent l’économie dans son ensemble. Cette vente a été finalisée en au consortium Prony Resources comprenant 51 % de participation d’acteurs locaux, 19 % à Trafigura, le géant Suisse des matières premières. Les 30 % restants reviennent à la direction du consortium et au fonds d'investissement Agio Globalhttps://www.ieom.fr/IMG/pdf/synthese_annuelle_nc_2020_vf.pdf.

En , des salariés et sous-traitants de l’industrie du nickel ont fait grève pour demander aux actionnaires des trois usines de raffinage du territoire de participer au redressement du secteur

Koniambo Nickel SAS (KNS) fait face à un endettement qui atteint 13,7 milliards d’euros, la province Nord en est actionnaire à 51 %, Glencore, actionnaire à 49 %. Le , la direction de l’usine de nickel KNS annonce le licenciement de ses . KNS était à la recherche d’un repreneur depuis le départ en février du groupe anglo-suisse Glencore, son actionnaire principal.

Depuis mai 2024, les émeutes embrasent la Nouvelle-Calédonie. Elles ont éclaté sur fond de crise économique. La filière nickel, le poumon du « caillou », est au bord de la faillite. En 2023, les cours du métal se sont effondrés de moitié. En valeur, les exportations de nickel de la Nouvelle-Calédonie ont chuté de 15%. De plus, le coût de la vie local est 30% plus élevé qu'en métropole et 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Après environ un mois d'émeutes, le bilan est estimé à et détruites, 600 véhicules incendiés.. L'emploi est aussi impacté avec plus de détruits soit plus de 10% de l'emploi privé de l'île...

Selon une étude de l’Institut de la statistique et des études économiques (ISEE) de Nouvelle-Calédonie publiée le , l’extraction minière et de la production métallurgique du nickel s'effondre. En août, l’extraction a atteint , contre en . Sur les neuf premiers mois de l’année 2024, elle s’élève à de tonnes, contre de tonnes sur la même période l’an passé.

Données macroéconomiques

PIB vignette|264x264px|Répartition du PIB de la Nouvelle-Calédonie en 2018 La Nouvelle-Calédonie a enregistré ces dernières années un régime de croissance ralenti. Le rythme annuel moyen de progression du produit intérieur brut (PIB) s’établit à +1,2 % entre 2012 et 2018 en termes réels, à comparer au rythme moyen de +3,6 % sur la période 2000-2011. Cette croissance reste toutefois légèrement supérieure à celle de la population qui a nettement ralenti ces dernières années.