La sensibilité électromagnétique (ou syndrome HSE, pour hypersensibilité électromagnétique) fait référence à des symptômes fonctionnels divers non spécifiques, chez l'être humain, attribués par les sujets à une exposition à des champs électromagnétiques (CEM) ou à des ondes électromagnétiques, sans preuves cliniques ni biologiques..
On parle aussi parfois d'« intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques » (IEI-CEM, formulation recommandée par l'organisation mondiale de la santé, OMS), d'électro-sensibilité, d'électrohypersensibilité, ou de « syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques » (SICEM). Les personnes qui déclarent souffrir d'hypersensibilité électromagnétique affirment réagir à des intensités bien inférieures aux seuils au-delà desquels sont censés se manifester les effets thermiques connus des champs électromagnétiques sur le corps, seuils qui sont pris en compte dans la définition des normes d'exposition du public.
Les symptômes idiopathiques sont reconnus comme réels par l'OMS depuis le Colloque de Prague (en ) sur l'électrohypersensibilité. Cela veut dire qu'il existe une reconnaissance d'un mal-être de personnes qui se disent être sensibles, mais l'existence d'un trouble physiologique lié aux ondes elles-mêmes n'est pas reconnu. L'OMS indique que ces symptômes peuvent parfois être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, , ce qui serait alors une phobie (électrophobie ou électromagnétophobie).
Ce syndrome est à distinguer des effets biologiques des champs électromagnétiques sur l'être humain, en particulier les champs statiques d'extrêmement basse fréquence dont le caractère possiblement cancérogène est reconnu en cas d'exposition de long terme.Champs électromagnétiques extrêmement basses fréquences | Anses..
Les expérimentations en double aveugle montrent que les personnes étudiées ne distinguent pas si elles sont ou non réellement exposées à un champ électromagnétique (CEM) ambiant (ou à un smartphone actif) durant l'expérimentation. Ceci suggère que l'effet nocebo joue un rôle important, sans permettre d'écarter d'autres hypothèses (liées à des effets cumulatifs d'exposition chronique par exemple).
Les personnes qui rapportent des symptômes moins sévères évitent certaines sources de champs électromagnétiques. Dans les cas très sévères, les personnes sont si affectées par ce symptôme qu'elles s'isolent, quittent leur travail et changent leur mode de vieChamps électromagnétiques et santé publique, OMS, ..
Histoire Un syndrome pathologique sur l'homme, a été signalé initialement par le médecin allemand en 1932, et décrit comme influencé par les onde hertziennes libres se trouvant dans le champ de rayonnement des émetteurs à ondes courtes, ressentie par les personnes qui ont dû travailler pendant une longue période à proximité de tels émetteurs sans disposer de moyens de protection suffisants. Les phénomènes sont comparés à ceux de la neurasthénie : forte langueur le jour, mais sommeil agité la nuit, d'abord une sensation particulière de tiraillement au niveau du front et du cuir chevelu, puis des maux de tête qui augmentent de plus en plus jusqu'à devenir intolérables, associés à une tendance à l'humeur dépressive et à l'agitation...
De telles observations auraient été reproduites par des chercheurs russes dans les .
L'expression « sensibilité électromagnétique » a été proposée pour la première fois en 1991 par William Rea...
Ces observations ont été mises en relation avec les symptômes suspectés d'être liés à la sensibilité aux champs magnétiques de haute fréquence en 2006.
Description Symptômes Les symptômes les plus fréquemment cités sont la fatigue, suivie de problèmes dermatologiques au visage, de sensations de lourdeur dans la tête, d'irritation des yeux, de nez bouché ou encombré, de maux de tête, de difficultés de concentration Hillert L, Berglind N, Arnetz BB, Bellander T. (2002) « » 28(1):33-41. ... D'autres auteurs décrivent en ordre décroissant des troubles du sommeil, des maux de tête, de la nervosité/angoisse, de la fatigue, des difficultés de concentration, des acouphènes, des vertiges, des douleurs dans les membres.
Ces auteurs n'observent pas de différences entre les symptômes cités par les hommes et les femmes.
L'OMS reconnait les symptômes décrits comme réels, sans toutefois qu'un lien de causalité avec l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques ne soit établiDepuis 2005, aucun auteur n’a contesté la réalité du vécu des personnes qui attribuent leurs problèmes de santé à une exposition à des ondes radiofréquences. Mais, aucun n’a apporté la preuve d’une relation de causalité entre cette exposition et l’électrohypersensibilité (expertise collective 2009 de l’AFSSET sur les radiofréquences, ).. L'OMS recommande donc le terme d'intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électriques IEI-CEM, celui-ci étant d'étiologie neutre... Les effets thermiques des champs électromagnétiques sur le corps, et les seuils au-delà desquels ils sont censés se manifester, sont connus (ces limites sont ainsi prises en compte dans la définition des normes d'exposition du public établies par l'ICNIRP).
Selon l’OMS, l’hypersensibilité électromagnétique
Les personnes se disant hypersensibles aux champs électromagnétiques estiment réagir à des effets non thermiques, et à des intensités bien inférieures aux normes. Les symptômes rapportés sont variés et non spécifiques (ils ne désignent pas un syndrome connu), pouvant parfois s'apparenter à d'autres troubles ou maladies.
Selon les experts, les symptômes de l’électrosensibilité sont peu spécifiques et non expliqués par un examen clinique (tel que la perception d'ondes par les personnes concernées), c'est-à-dire que les spécialistes ne sont pas certains que les symptômes subis par les patients soient réellement dus aux ondes électromagnétiques..
Pour les personnes se jugeant électrosensibles, les symptômes passagers peuvent évoluer vers la chronicité et présenter des conséquences diverses, Un malade présentant des altérations cutanées type brûlures, UMG GmbH, Bremen, Allemagne, 2011.. : souffrances physiques (impression de décharges électriques dans le corps, de fourmillements, oreilles qui chauffent, sensation cuisante dans la zone temporale, sensation de « pression dans le crâne », nausées, gorge « serrée », maux de tête…) ; psychologiques (anxiété, état dépressif) ; asthénie (fatigue), perte d'appétit, insomnie, douleurs musculaires, malaises ; troubles digestifs, dérèglement hormonal, baisse de l'immunité (état grippal) ; problèmes dermatologiques : rougeurs, gonflement de la peau, démangeaisons, irritation oculaire, sécheresse de la partie supérieure de la trachée ; dyspnées, troubles du rythme cardiaque (palpitations), problèmes vasculaires (hypertension, sensations de froid ou de bouffée de chaleur), épistaxis ; dystonie musculaire (contractions involontaires), craquements articulaires, sensation de « crispation » au niveau mastoïdien ou maxillo-mandibulaire, bruxisme ; sensibilité aux odeurs, troubles visuels, baisse auditive (acouphènes), hyperacousie (augmentation de la sensibilité aux bruits). ; maladresse, difficulté de langage et de raisonnement, troubles de l'attention et de la mémorisation à court terme, aboulie ; perturbation de la vie affective, apathie, isolement social, irritabilité.
Isolement social Les symptômes entraînent des comportements d'évitement à la suite de la mise en cause d'une source ondulatoire avec organisation de la vie du patient autour de ce problème pouvant aller jusqu'au déménagements au profit de zones non exposées aux influences de téléphones portables et lignes de distribution de courant électrique.
Certain électrosensibles changent de mode de vie pour vivre dans des lieux reculés avec peu d'ondes comme une forêt ou une zone blanche. Il y a par exemple 36 personnes EHS qui ont déménagé à West Virginia’s Radio Quiet Zone aux États-Unis où il n'y a pas d'ondes pour les expériences sans ondes radio.
L'incompréhension de l'entourage professionnel ou familial et la non reconnaissance du monde médical peuvent parfois aggraver l'isolement du sujet affirmant une intolérance aux champs électromagnétiques. Plusieurs auteurs parlent d'un cercle vicieux où symptômes, associations de ces derniers à une (des) source(s) suspectée(s) et anxiété liée à l'évitement se succèdent, s'amplifient et s’auto-entretiennent. La souffrance liées à ces symptômes est peu comprise et mal prise en charge.
Dispositifs concernés Les principales installations et objets du quotidien accusés de provoquer ces symptômes sont :
les antennes relais les réseaux WiFi et Bluetooth les téléphones fixes et les smartphones les compteurs Linky, les micro-ondes, les plaques à induction les consoles de jeux-vidéo les chargeurs sans-fil Plusieurs de ces objets émettent à des puissances infimes ou dans des longueurs d'onde extrêmement variables.
La présence d'éléments métalliques en contact régulier avec le corps est perçue comme pouvant favoriser la manifestation des symptomes, comme : amalgames dentaires, implant dentaire en titane, implant chirurgical métal, monture de lunettes, boucles d'oreilles, boucles d’induction, prothèses auditives, stimulateur cardiaque.
Prévalence Les estimations de prévalence de l’électro-sensibilité dans la population varient, de quelques individus par million, à des taux autour de 10 %. Pour l'OMS, environ 10 % des cas signalés d’électro-sensibilité ont été considérés comme graves.
Une étude européenne décrivait davantage de cas en Suède, au Danemark et en Allemagne et moins de cas en France, en Autriche et au Royaume-Uni (gradient Nord-Sud) Bergqvist U. Vogel E. Aringer L. Cunningham J. Gobba F. Leitgeb N. Miro L. Neubauer G. Ruppe I. Vecchia P. et Wadman C. (1997) « Possible health implications of subjective symptoms and electromagnetic fields » A report prepared by a European group of experts for the European Commission, DG V. (voir le rapport) .. Dans cette même étude, les sources d'exposition étaient intérieures ( écrans d'ordinateur) dans les pays scandinaves et extérieures ( lignes à haute tension et antenne GSM) dans d'autres régions.
En France, l'électrosensibilité est reconnue comme une réelle pathologie en 2009, en Suède, en Allemagne, en Angleterre, et dans certains États des États-Unis la maladie est reconnue et traitée..
Selon les études scientifiques de l'Anses, environ 5 % de la population française se dirait électrosensible en 2018..
En 2013, une étude par téléphone à Taiwan a conclu que le taux de personnes électrosensibles était sur le déclin dans le pays, malgré l'augmentation d'appareils électroniques et connectés. Le taux est passé de 13.3 % en 2007 à 4,6 % en 2013. L'étude se réfère également à un déclin observé aux Pays-Bas (de 7 % en 2009. à 3,5% en 2011.) et en Allemagne (de 10% en 2009. à 7 % en 2013).
Les femmes sont plus nombreuses à déclarer une électrosensibilité que les hommes.. Une étude menée par Sébastien Point pointe le fait que la prévalence à la sensibilité éléctromagnétique est similaire à la prévalence des phobies, et que le ratio par genre est le même que pour les phobies (deux femmes phobiques ou électrosensibles pour un homme phobique ou électrosensible). Selon lui, c'est un élément de preuve supplémentaire quant à l'origine psychologique de l'électrosensibilité, comme nouvelle phobie Sébastien Point, Electrohypersensibilité: qu'est-ce que l'effet de genre nous en apprend? Le Québec Sceptique, n°104, Printemps 2021 Sébastien Point, Advocacy for a cognitive approach to electrohypersentitivity syndrome, Skeptical Inquirer, Janvier 2020 .
Mécanismes avérés et prétendus L'Académie de médecine rappelle de son côté que « : L’Académie de médecine désapprouve le financement public de dispositifs “anti-ondes” »..