L'abbaye de Chelles est une ancienne abbaye royale française de moniales bénédictines autrefois située à Chelles, à l'est de Paris.

Historique Époque mérovingienne Existence d'un oratoire à Chelles À Chelles, un oratoire royal dédié à saint Georges fut bâti en 538Notice BnF Data. dans sa villa royale, par Clotilde, épouse de Clovis..

Fondation de l'abbaye Fondée avant 646 par l'épouse du roi Clovis II, sainte Bathilde, l'abbaye de Chelles reçut un soutien constant de cette reine. Elle agrandit l'oratoire de Clotilde et fit bâtir une nouvelle église consacrée à la Sainte Croix. Vers 665 elle s'y retira elle-même, et à la suite de son trépas le en 680 ou 681, y fut inhuméeDidier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses, , Pygmalion, Paris 2006., plus précisément, dans un mausolée placé au fond de l'abside orientale de l'église Sainte-Croix..

Soutien de l'abbaye par saint Éloi Il est probable que l'abbaye était également soutenue par saint Éloi, l'un des conseillers les plus importants de la reine. En effet, plusieurs objets précieux de ce monastère suggéraient un lien étroit avec ce saint.Saint Ouen (évêque de Rouen), Vie de saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai, précédée d'une introduction et... , traduite et annotée par l'abbé Parenty, 1870..

Époque carolingienne L'abbaye accueille successivement plusieurs femmes de la famille carolingienne en qualité d'abbesses. Parmi elles, Helvide fait, le , retirer le sarcophage de Bathilde de l'ancienne sépultureChelles à l'époque mérovingienne, Nadine Berthelier-Ajot, 1986. Puis, le , en présence de l'évêque de Paris et après la célébration de la messe, les ossements de la reine sont déposés dans une chapelle nouvellement construite derrière l'autel. Sous le même règne de Louis le Pieux († 840), le culte de sainte Bathilde, célébré les et , est adopté. La particularité de cet office se trouve dans ses répons par lesquels était félicitée la vie de sainte Bathilde selon la Vita Bathildis écrite au - 380..

Guerre de Cent Ans Généralités Lors de la guerre de Cent Ans et des guerres civiles sous le règne de Charles VII, les établissements religieux, comme le reste du pays, ont en général abondamment souffert matériellement et spirituellement.

Un vent de réforme Fin et début , un vent de réforme souffle sur eux. De 1500 à 1518 les religieuses de Chelles contribuent à réformer treize abbayes - dont celle de Notre-Dame du Val-Profond nouvellement renommée abbaye du Val-de-Grâce, l'abbaye de Montmartre à Paris, et d'autres. Page 24..

Abbaye directement dépendante du Saint Siège Par une bulle du pape Innocent III (entre 1198 et 1216), l'abbaye était dorénavant directement liée au Saint-Siège. Or, cet établissement gardait encore le rapport avec la famille royale, notamment dans le domaine des célébrations.

, fermeture puis destruction de l'abbaye En 1719, Mademoiselle d'Orléans, la fille du Régent, devient abbesse de Chelles à la place d'Agnès Charlotte de Villars, l'abbesse en titre. Mademoiselle de Chartres était en partie influencée par le jansénismeLe duc de Saint-Simon écrivit d'Adélaïde d'Orléans : « Tantôt austère à l’excès, tantôt n’ayant de religieuse que l’habit, musicienne, chirurgienne, théologienne, directrice, et tout cela par sauts et par bonds, mais avec beaucoup d’esprit, toujours fatiguée et dégoûtée de ses diverses situations, incapable de persévérer en aucune, aspirante à d’autres règles et plus encore à la liberté, mais sans vouloir quitter son habit de religieuse… ». Source : Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon. Source Mémoires, Nouvelle édition par A. de Boislile, Paris, 1928, T. XXXVI, .. Le compositeur Jean-Baptiste Morin est nommé maître de musique la même année.

Cette abbaye bénédictine de femmes a subsisté jusqu'à la Révolution française. Elle est fermée en 1792, puis vendue en 1796 comme bien national et détruite.

Ce qu'il reste de l'abbaye de Chelles Sont encore visibles, les églises Sainte-Croix et Saint-Georges, aujourd'hui réaménagées en centre de culture contemporaine, et les vestiges du cloître intégrés à la mairie. Des documents et pièces de l'abbaye sont exposés au musée Alfred-Bonno.

L'église Saint-Georges fut édifiée aux à l’emplacement du sanctuaire construit au , et l'église Sainte-Croix au et remaniée au . Les anciens jardins de l'abbaye correspondent sensiblement à l'actuel parc du souvenir Émile Fouchard.

Les restes du cloître et les sols de l'ancienne église abbatiale ont été classés au titre des monuments historiques le alors que les églises Sainte-Croix et Saint-Georges ont été classées le ..

Différentes fouilles archéologiques au ont mis au jour des fragments de sculptures provenant de l'abbaye détruite. Ils datent du , certains des années 1110-1120, d'autres des alentours de 1140, et sont conservés au musée Alfred-Bono..

Le cloître est de nos jours intégré à l'hôtel de ville de Chelles dont la commune est le propriétaireSite de la mairie Le cloître de l'abbaye royale de Chelles .

Abbesses thumb|Sainte Bathilde. thumb|190px|Louise-Adelaïde d'Orléans (abbesse). thumb|190px|Anne de Clermont-Chaste de Gessans (abbesse).

Religieuses et personnalités célèbres Swanahilde de Bavière Thérèse-Angélique de Pasquier de Franclieu, ancienne religieuse de l'abbaye de Chelles, abbesse de l'abbaye Notre-Dame d'Yerres de 1770 à 1792, morte à Éraine hameau de Bailleul-le-Soc, le , à l’âge de 84 ans, et inhumée à Bailleul-le-Soc (Oise). Martine du Moulin, religieuse à Chelles, avant de devenir abbesse triennale de l'abbaye de Montmartre, puis de l'abbaye Notre-Dame de Gercy de 1515 à 1535, année de sa mort à l'âge de Jean Lebeuf, Histoire des paroisses du diocèse de Paris, doyenné du Vieux Corbeil, chez Prault, père, 1757, t. XIII, - Alexis Martin, Promenades et excursions dans les environs de Paris-Région sud, A. Hennuyer, Imprimeur-éditeur, 1896. ; apparentée à la famille du Moulin, seigneurs de Fontenay en Brie, Servon, etc., elle gouverna jusqu'en 1535, date de sa mort, à l'âge de . Adélaïde d'Orléans, fille du Régent, abbesse de 1719 à 1734 : à l'époque, elle portait le nom de Mademoiselle d'Orléans. Le compositeur Jean-Baptiste Morin y est nommé maître de musique en 1719. Il était né à Orléans en 1677 et y avait été formé. Chelles. Paroisse Saint-Georges. Sépultures. : « Messire Pierre Ezéchiel Levasseur de Roche, prêtre du diocèse d'Orléans, Grand Chapelain de l'Église cathédrale de Meaux, et Maître de Musique de l'Abbaye royale de ce lieu [de Chelles], âgé de 54 ans quelques mois, décédé d'hier, a été inhumé dans l'église de la dite Abbaye ». Il était né à Orléans en 1708Muséfrem-CMBV. Base de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790. Notice : « Levasseur de Roches, Pierre-Ezéchiel ».. Propriétés, revenus

Rue Saint-Hilaire puis des Carmes : trois quartiers de vigne à Saint-Hilaire vendus par l’abbesse de Chelles au Chapitre de Paris, 1179Archives nationales (France):S//891/A

Notes et références Notes

Références

Références bibliographiques

Robert Folz, Tradition hagiographique et culte de sainte Bathilde, reine des Francs, 1975 ().

Voir aussi Bibliographie Dom Michel Germain, Matériaux du Monasticon Gallicanum, « Plan perspectif ou Élévation de l'abbaye royale de Chelles fondée par sainte Bathilde, reine de France », 2 planches

Articles connexes

Liste des monuments historiques de Seine-et-Marne Bibliothèque nationale de France (notice) :

Liens externes

Description de l'abbaye Notre-Dame de Chelles, Archives nationales

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