L’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA), communément dénommée Beaux-Arts de Paris, est une école d'art française fondée en 1817. Il s'agit d'un établissement public national à caractère administratif relevant directement de la tutelle de l'État par l'intermédiaire du ministère chargé de la Culture. Elle fait partie de l'université Paris sciences et lettres.

Ces beaux-arts étaient au nombre de quatre : peinture, sculpture, gravure, avec l'architecture jusqu'en 1968, date à laquelle le ministre de la Culture André Malraux créa huit unités pédagogiques d'architecture (UPA) réparties sur tout le territoire, en réponse à la crise de l'académisme portée par les conflits politiques. Ce faisant, il brisait l'unité des disciplines des beaux-arts plastiques. Depuis, les unités pédagogiques ont été transformées en Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA).

Histoire de l'école thumb|Plan actuel de l'école. thumb|L'entrée rue Bonaparte avec les bustes de Pierre Puget et Nicolas Poussin. Histoire L'école est la lointaine héritière des écoles de l'Académie royale de peinture et de sculpture qui a été fondée en 1648 et de l'Académie de Saint-Luc fondée en 1391 et refondée en 1649, à partir de l'ancienne communauté médiévale des peintres et tailleurs d'images. Les locaux de l'Académie royale étaient situés dans la Grande Galerie du palais du Louvre à partir de 1661 jusqu'à la suppression des académies par la Convention en 1793.

Un corps professoral de douze maîtres enseignants supervisés par des recteurs ou intendants constitue le dispositif administratif, qui, grosso modo, ne changera pas jusqu'à la réforme de 1863 Alain Bonnet, « La réforme de l'École des beaux-arts de 1863 : Peinture et sculpture », In: Romantisme, 1996, . Arts et institutions, (en ligne)..

Les locaux actuels sont le résultat de l'ordonnance du 21 mars 1816 faisant suite à la création de l'Académie des beaux-arts. Cependant, cinq ans plus tôt, le décret du portait déjà sur la construction d'une école des beaux-arts, sans toutefois préciser de lieu. Officiellement, les élèves prennent ces locaux en 1817 et la première pierre des nouveaux bâtiments est posée le .

De 1870 à 1903, l'institution s'appelle « École nationale et spéciale des Beaux-Arts »Gérard Ringon, Histoire du métier d’architecte en France, Paris, Presses universitaires de France (, 3251), 1997, ..

Les femmes y sont progressivement admises, malgré le sexisme prévalent et grâce à l'action militante de l'Union des femmes peintres et sculpteurs fondée par Hélène Bertaux, à partir de 1897..

Paul Landowski, directeur de l'école en 1941, participe au « voyage d'études » en Allemagne de peintres et de sculpteurs français imaginé par Goebbels.

Une grande réforme a lieu en 1968. Après un long conflit, les ateliers d'architecture sont séparés des autres ateliers et répartis entre 5 unités pédagogiques d'architectureVoir sur legifrance.gouv.fr., futures écoles nationales supérieures d'architecture.

En 2017, l'école célèbre ses 200 ans, notamment par l'inauguration de lieux totalement restaurés et l'ouverture d'un musée proposant un parcours sur les traces des élèves d'autrefois« Beaux-Arts : un futur musée dans le courant de l'année » par Élodie Soulié, dans Le Parisien, 11 janvier 2017..

Mission La situation historique et culturelle de cette école est assez exceptionnelle : plantée au cœur de Paris, rive gauche et en bord de Seine, elle attire de nombreux élèves artistes venus de toute la France et du monde entier ; elle permet de fait, outre les cours magistraux, des études par immersion et imprégnation directe avec les différentes formes d'expressions artistiques, du fait : de la présence d'artistes renommés comme professeurs (dits « chefs d'atelier ») ; des infrastructures pédagogiques (bibliothèque, musée, médiathèque…) ; de la proximité de nombreux musées ; de l'Académie des beaux-arts en voisine ; les nombreuses et diverses galeries d'art du quartier Saint-Germain ; des lieux de rencontres et de convivialité, les bistros liant les jeunes artistes aux moins jeunes et aux amateurs d'arts ; des milliers d' « ateliers d'artistes » dans Paris et sa banlieue, permettant la rencontre entre étudiants et artistes confirmés en activité ; de la présence de jeunes artistes internationaux invités dans l'école.

Histoire des bâtiments vignette|L'hôtel de la reine Marguerite sur le plan Merian (1615-1619) : on y distingue la chapelle octogonale (en jaune). thumb|Félix Duban, architecte du bâtiment principal (1830-1870). L'École des beaux-arts forme un vaste ensemble situé sur la rive gauche de la Seine, face au musée du Louvre, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, dont les bâtiments sont répartis sur plus de deux hectares, entre la rue Bonaparte et le quai Malaquais, et datent des , et même, pour certaines parties, du .

La construction la plus ancienne est la chapelle et ses bâtiments annexes (dont la « cour du mûrier »), élevés au début du pour le « couvent des Petits Augustins » et dont les travaux commencèrent en 1619. À côté du prieuré de la Sainte-TrinitéPrieuré de la Sainte-Trinité des Petits-Augustins (Paris), notice du Catalogue général de la BnF., se trouve encore la « chapelle des louanges », de forme hexagonale, bâtie pour la reine Margot, qui possédait là un vaste palais, aujourd'hui disparu ; elle offrit par testament une partie de son grand jardin et la chapelle à des moines augustins réformés de la communauté de Bourges. Cette chapelle, intégrée ensuite dans un plus vaste ensemble, dont le prieuré, est donc tout ce qui reste du complexe palatial originel de la reine Margot.

Peu avant 1630, la rue qui longe ce monastère est appelée rue des Petits-Augustins.

Au moment de la Révolution française, les moines sont expropriés, et le lieu est aménagé en 1795 pour abriter le musée des Monuments français, lieu créé par Alexandre Lenoir pour préserver et présenter au public des œuvres sauvées des destructions pendant la période révolutionnaire, comme les tombeaux des rois de France de Saint-Denis. Au cours du Premier Empire, le musée, parfois appelé « musée des monuments des Arts » ou « musée des Petits-Augustins », se développe et présente les éléments de la sculpture française les plus remarquables. Ce musée jouxte l'hôtel de Juigné, aux quai Malaquais, qui devient en 1795 le ministère de la Police dirigé par Joseph Fouché.

Après le retour de la monarchie, lors de la Restauration, décide la fermeture du musée, en 1816, et ses collections sont en partie dispersées« Les sépultures successives d'Héloïse et Abélard », pierre-abelard.com, Association culturelle Pierre Abélard, consulté le 31 octobre 2021.. Les lieux, ainsi que l'ancien hôtel de police, sont alors affectés à l'École des beaux-arts, mais un certain nombre d'éléments des collections y demeurent, comme une série de copies de sculptures célèbres.

L'architecte François Debret est nommé responsable de la construction de nouveaux locaux en 1819. Il édifie d'abord le bâtiment des Loges, indispensable au fonctionnement des concours, et commence le Palais des Études, dont les travaux s’achèvent en 1829. Son élève et beau-frère Félix Duban lui succède en poursuivant l'édification du Palais des études et en réalisant le bâtiment des expositions (salle Melpomène et salle Foch) donnant sur le quai Malaquais. Il a aménagé les cours d'entrée du côté de la rue Bonaparte (qui prend ce nom en 1852), la chapelle et le cloître (cour du mûrier) de l'ancien couvent. Duban a réutilisé des éléments architecturaux et décoratifs, parfois disparates, restés en place après la dispersion des collections du musée des Monuments français, donnant à l'ensemble une unité incontestable. Parmi les plus remarquables de ces « réemplois », il faut noter la présence de nombreux éléments provenant des châteaux d'Anet et de Gaillon dont l'arc, placé entre cours d'entrée et d'honneur, faisait partie intégrante de la façade principale du Palais des études et ce, jusqu'à son démontage en 1977. L'œuvre de Félix Duban se retrouve, depuis, fortement dénaturée.

C'est en 1883 que l'École connaîtra sa dernière grande extension avec l'achat de l'hôtel de Chimay et ses annexes, datant des , situés aux quai Malaquais.

Après 1945, de nouveaux ateliers de trois étages, situés de part et d'autre de la salle dite de « la Melpomène », sont conçus par l'architecte Auguste Perret.

Les bâtiments bénéficient de multiples protections au titre des monuments historiques : classement en 1914 pour la façade du château d'Anet et les restes de l'hôtel de la Trémoille; classement en 1921 pour les cours d'honneur, avec la décoration architecturale et sculpturale qu'elles comportent; classement en 1956 pour les arcades provenant de l'ancien hôtel de Torpanne et qui ont été réédifiées dans les jardins de l'école; classement en 1972 pour la totalité de l'école..

Constructions parasites et restaurations Un problème récurrent depuis 1969 : le manque d'espace pour étudier Après 1945, de nouveaux ateliers de trois étages, situés de part et d'autre de la salle dite de « la Melpomène », dont les halls du secrétariat, sont conçus par l'architecte Auguste Perret, étouffant les vieux bâtiments historiques, afin de tenter de satisfaire les effectifs grossissants très vite, surtout à partir de 1968 (9 UP d'architecture en 1976). De nouveaux locaux furent construits sur place, puis des extirpations d'UP complètes des locaux historiques se firent dans des locaux de plus en plus éloignés et éparpillés, rue Jacques-Callot dans le de Paris, avenue de Flandre dans le de Paris. À la fin des années 1970, le bâtiment d'études de la Cour des Loges fut surélevé de deux étages. Des locaux préfabriqués furent installés entre le Palais des Études et l'Hôtel de Chimay dans les années 1990. Le petit atelier historique de Georges Jeanclos, situé sur le flanc arrière droit du Palais des études fut détruit dans ces mêmes années.

En 2007, cinq nouveaux ateliers ont ouvert leurs portes à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis : ceux de forge, céramique, matériaux composites, mosaïque et taille.

Restaurations des lieux thumb|redresse|La galerie de la cour du Mûrier et le Monument à Henri Regnault. Entre 1975 et 1985, le ministère de la Culture, privilégiant le patrimoine, fit effectuer de nombreuses restaurations des bâtiments historiques, étant donné d'importants restes de l'ancien musée des monuments français et du musée des Beaux-Arts : thumb|redresse|left|Cour du Mûrier. la cour Bonaparte comprenant nombre d'éléments muséaux architecturaux ; le palais des Études, où était située une bonne partie du musée d'Études, sa grande verrière, les murs peints des deux escaliers magistraux et les grands corridors ; la cour du Mûrier et ses galeries ; la cour de l'hôtel de Chimay ; et la chapelle qui, pendant les années 1970, contenait en réserve une partie de l'ancien musée des Beaux-Arts, parce que le principe de l'étude par copie à partir d'œuvres (originaux ou copies fidèles) fut quasiment abandonné.

Modernisation des lieux Dans le cadre d’une mise aux normes d’accessibilité aux personnes handicapées, l'école des Beaux-Arts a aussi effectué une rénovation de ses bâtiments avec l'installation de plusieurs ascenseurs dans les bâtiments historiques de l'école.

Administration et pédagogie Histoire de ses pédagogies Fonctionnement avant 1968