Le , l’Assemblée générale des Nations unies vote le plan de partage de la Palestine proposé par le Comité spécial des Nations unies sur la Palestine (UNSCOP) avec l’accord des deux superpuissances émergentes de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’Union soviétique est approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU, à New York par le vote de la résolution 181. Ce Plan est rejeté par les arabes palestiniens et les pays arabes.
Dès le lendemain, la guerre civile éclate. Sous l’œil globalement passif des autorités britanniques qui préparent leur retrait, les communautés juives et arabes palestiniennes s’affrontent avec une violence croissante. À partir de la fin , des volontaires arabes sous l’autorité de la Ligue arabe se joignent aux irréguliers arabes palestiniens.
Dans un deuxième temps éclate une guerre inter-États : après le retrait britannique et la déclaration d’indépendance d’Israël, les armées arabes de Transjordanie, d’Égypte, d’Irak et de Syrie interviennent dans le conflitLe Liban est souvent cité également mais les forces libanaises renoncent à l’attaque quelques jours avant le 15 mai bien que les combats se porteront sur le territoire libanais à la fin de la guerre et que le Liban prendra en charge une partie de la logistique de l’Armée de libération arabe. Des volontaires étrangers participent également aux combats dans chaque camp. Des volontaires juifs de diverses nationalités du côté israélien ; des volontaires libanais, bosniaques, soudanais, marocains, libyens, yéménites, allemands et britanniques du côté arabe.. Elles y affrontent les forces israéliennes, en particulier autour de Jérusalem.
Les motivations et les objectifs politiques des protagonistes du conflit ainsi que les moyens militaires dont ils disposent sont une clé essentielle pour comprendre le déroulement et l’issue de la Première Guerre israélo-arabe.
Contexte historique
Dès la fin du , la Palestine connaît une immigration de Juifs venant de la diaspora et rassemblés au sein du mouvement sioniste. Ces derniers considèrent que les territoires du royaume d’Israël biblique sont l’endroit où la nation juive pourrait s’autodéterminer et se protéger de l’antisémitismeVoir les articles : Theodor Herzl et sionisme..
En 1901, le Fonds national juif est fondé à Bâle lors du Congrès sioniste. Sa fonction est d’acheter des terres en Palestine/Eretz Israel et d’y développer le pays en vue de l’implantation des Juifs.
Plusieurs Aliyahs de plus en plus importantes se succèdent : immigrent en Palestine fin du , entre 1903 et 1914 et de nouveau entre 1919 et 1923. Les Arabes, majoritaires en Palestine, s’opposent à cette immigration croissanteVoir Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, ..
En 1914, le Royaume-Uni et l’Empire ottoman entrent en guerre dans le cadre de la Première Guerre mondiale.
En 1915, le Haut Commissaire britannique d’Égypte, sir Henri McMahon, promet au roi Hussein ben Ali l’indépendance et le contrôle arabe sur les territoires qui seraient libérés de la mainmise ottomane. En 1917, la déclaration Balfour officialise le soutien du gouvernement britannique à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. En , le général Allenby prend Jérusalem. En 1918, le Royaume-Uni achève sa prise de contrôle de la Palestine et défait les armées ottomanes.
Les premières violences éclatent en 1920 et 1921 lors des émeutes de Jérusalem et des émeutes de Jaffa.
En , la Société des Nations confie au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine et en septembre, les Britanniques fondent l’Émirat arabe de Transjordanie sur la rive est du JourdainPappé, La guerre de 1948 en Palestine, .voir l’article Palestine mandataire.. La région prend une importance stratégique pour la Grande-Bretagne qui contrôle également l’Irak et qui est présente en Égypte et en Arabie saoudite.
Dès la fin des années 1920, l’immigration s’intensifie encore avec l’arrivée des Juifs fuyant les persécutions en Europe. Ce sont nouveaux immigrants qui arrivent entre 1924 et 1928 et on en compte encore jusqu’en 1939. De nombreux conflits éclatent entre Juifs et Arabes. Notamment, les émeutes de 1929 qui font 133 morts côté juif et 116 côté arabe et la grande révolte arabe de 1916-1939 au cours de laquelle les Arabes entament une grève générale qui se solde par plus de côté arabe et 500 morts côté juif Voir le paragraphe casualities de cet article Arab Revolt (in Palestine) pour les références sur le nombre de victimes arabes ; le nombre de victimes juives est décrit plus haut. et qui voit l’arrestation, l’exil ou la mort de la plupart des leaders politiques arabes palestiniensVoir par exemple : Benny Morris, « The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited », Background : a brief history, ..
À la suite de cette insurrection, les Britanniques envisagent tout d’abord une partition entre les populations juive et arabe. Une commission est désignée, dirigée par Peel. Ses travaux aboutissent en 1937 à un plan de partage qui n’est en fin de compte pas retenu. En lieu et place, les Britanniques adoptent, en 1939, le troisième Livre Blanc qui abandonne l’idée de la partition des territoires du mandat en faveur d’un État indépendant palestinien gouverné par les Arabes et les Juifs et limitent de façon draconienne l’immigration juive vers la PalestineVoir par exemple : Karsh, The Palestine War 1948, Background to War, ..
En 1945, on compte environ pour en Palestine. tandis que , survivants de l’Holocauste, attendent dans les camps de réfugiés en Europe et à Chypre.
Durant la période 1945-1947, plusieurs plans sont proposés pour apporter une solution au problème de la Palestine. Au niveau local, les représentants juifs et arabes adoptent des positions nationalistes inconciliables et refusent l’un et l’autre toute idée d’un État binational. Les positions internationales ne sont pas plus conciliables : en , le rapport britannique de Morrison et Grady propose un plan de division de la Palestine en provinces autonomes dont les intérêts collectifs seraient gérés par une puissance mandataire. Le 4 octobre, le président Truman fait une déclaration favorable à un partage de la Palestine entre Juifs et Arabes. En , le ministre des Affaires étrangères britannique, Ernest Bevin, propose une libre immigration juive contre l’indépendance de la Palestine dans un délai de cinq ans. En réponse, les Sionistes avancent leur propre projet de partage, tandis que les Arabes demandent l’indépendance immédiate de la PalestineVoir par exemple : Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, ..
Le , faute de pouvoir apporter une solution aux troubles dans le pays, Ernest Bevin annonce officiellement la transmission du dossier à l’ONU. Le 28 avril, celle-ci confie à une commission spéciale, l’UNSCOP, le soin d’étudier le problème. Celle-ci remet son rapport fin août.
Le , l’Assemblée générale des Nations unies approuve un plan de partage de la Palestine mandataire en deux États : l’un juif, et l’autre arabe ; la ville de JérusalemLa ville de Jérusalem joue un rôle central dans le conflit. Voir par exemple, Lapierre et Collins, Ô Jérusalem. relevant quant à elle d’un statut de ville internationale. Le plan est accepté par les Juifs qui ont milité en ce sens mais il est rejeté par les Arabes palestiniens et par l’ensemble des pays arabes qui exigent la création d’un État indépendant arabe sur l’ensemble de la Palestine.
Centralisation du pouvoir au sein du Yichouv autour de David Ben Gourion Politique du Yichouv 200px|right|thumb|David Ben Gourion Structure Depuis la fin des années 1930, la communauté juive en Palestine, appelée le Yichouv, s’est construit une structure politique puissante et efficace dont les pratiques et les dirigeants sont soumis aux principes démocratiques.. La majorité des partis sionistes, à l’exception de la droite nationaliste du Parti révisionniste se trouvent représentés dans deux organisations dirigeantes principales : l’Agence juive en Palestine et l’Organisation sioniste mondiale au niveau international. Au sein de ces deux organisations, la gauche sioniste représentée par le Mapaï de David Ben Gourion est majoritaire en alliance avec les centristes représentés par les Sionistes généraux de Chaïm Weizmann.
En , tout le pouvoir de décision est concentré au sein de deux comités, l’un militaire et l’autre politique, auxquels sont transférés les pouvoirs du Comité exécutif national. Ces deux comités sont dirigés par David Ben Gourion..
Les deux organisations armées clandestines issues de la droite nationaliste, l’Irgoun de Menahem Begin et le Lehi d’Yitzhak Shamir conservent leur autonomie vis-à-vis de l’Agence juive. Elles gardent le droit d’acheter des armesVoir l’incident de l’Altalena. de leur côté mais se « soumettent à Ben Gourion ». Elles sont considérées comme terroristes par les autorités britanniques.Le Lehi se reconnaît lui-même comme terroriste : « Les actes terroristes stimulent l’imagination populaire, réveillent les énergies dormantes, donnent une impulsion au mouvement révolutionnaire. » Texte publié à l’été 1943 dans le du journal clandestin du mouvement : Ha’Hazit (Le front), et repris dans Front de combat Hébreux, périodique en français du Lehi, en mai-. Cité aussi par Histoire de la droite israélienne, . et l’Agence juive s’en dissocie, tout en les tolérantVoir l’article Haganah..
Objectifs Globalement, le Yichouv est uni derrière un objectif commun qui soude la grande majorité de la nation juive en Palestine et au sein de la diaspora : la fondation d’un État juif.
Certains différends existent toutefois sur les limites territoriales que doit prendre cet État.. Pour David Ben Gourion, l’essentiel est d’en avoir un. Ses limites initiales importent peu. Une fois structuré, organisé et armé, celui-ci pourrait s’étendre si nécessaire. Cette vision n’est toutefois pas partagée par la droite sioniste qui n’a pas accepté la création de la Transjordanie et qui considère que la présence sioniste y est un droit dont ils ont été dépossédés à la suite de son indépendance en 1922Cette polémique est toujours vivace aujourd’hui auprès de certains commentateurs qui déclarent que les sionistes ont dû abandonner une bonne partie de leurs revendications voire de leurs droits légitimes quand la Transjordanie a été créée. Ils déclarent que ce faisant, les sionistes ont déjà cédé 80 % de territoires aux Palestiniens et qu’un État palestinien existe déjà dans le chef de la Jordanie actuelle. Voir par exemple ..