La rue Saint-Martin est une voie située dans les 3 et 4 arrondissements de Paris.
Situation et accès Actuellement, la rue d'une longueur de fait partie du , quartier des Arts-et-Métiers et quartier Sainte-Avoye et du , quartier Saint-Merri. La rue débute aux 8-12, quai de Gesvres et se termine au 1, boulevard Saint-Denis et au 55, boulevard Saint-Martin. La rue Saint-Martin est prolongée vers le nord, au-delà de la porte Saint-Martin, par la rue du Faubourg-Saint-Martin. Elle est desservie par la ligne 4 du métro aux stations de métro Châtelet, Les Halles, Étienne Marcel, Réaumur - Sébastopol et Strasbourg - Saint-Denis.
Origine du nom Elle tient son nom de l'ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs, aujourd'hui affecté au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), auquel elle conduit.
Historique Époque romaine et haut Moyen Âge Initialement cette rue, qui était un chemin, était la prolongation de la via Superior. Situé sur la rive droite de la Seine, ce cardo maximus était une chaussée surélevée qui traversait des marais inondables et qui conduisait de Lutèce à Louvres et Senlis. Cette voie romaine était indépendante de celle qui menait de Lutèce à Rouen.
Moyen Âge Vers 1147, la rue Saint-Martin, qui commençait à la Seine, était presque entièrement bâtie jusqu'à la rue Neuve-Saint-Merri où se trouvait une porte de ville, l'archet Saint-Merri, qui faisait partie de la deuxième enceinte de Paris, construite sans doute à la suite du grand siège de 885 par les Vikings.
La construction des Halles sous Philippe Auguste avait attiré une grande partie de la population parisienne sur la rive droite de la Seine, et la rue Saint-Martin, voisine de cet immense bazar, en recueillit aussitôt de précieux avantages. Vers l'année 1200, elle était presque complètement bordée de constructions jusqu'à la rue du Grenier-Saint-Lazare où se trouvait une porte de la troisième enceinte de Paris commencée en 1188, par ordre de Philippe Auguste. Cette porte fut rebaptisée plus tard « Faulce porte », pour ne pas la confondre avec la nouvelle porte Saint-Martin de l'enceinte de Charles V.
En 1231, elle est appelée « rue Saint-Martin-des-Champs » et est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous le nom de « rue Saint-Martin ». Lucien Lambeau relève, dans deux rôles de taille de 1292 et 1313, l’appellation « La ruèle des planches de Mibray », entre les actuels rue de Rivoli et quai de Gesvres..
Au , plusieurs maisons de cette rue appartenaient au chapitre de Notre-Dame de ParisRobert Gane, Claudine Billot, Le Chapitre de Notre-Dame de Paris au , Université de Saint-Étienne, 1999, ..
Cette rue devint au Moyen Âge l'axe majeur nord-sud de Paris jusqu'au déplacement du Grand-Pont, rue Saint-Denis.
En 1418, la rue Saint-Martin se prolongeait jusqu'à la rue Neuve-Saint-Denis. Ce fut enfin sous le règne de Louis XIII qu'elle atteignit l'emplacement qui lui sert encore aujourd'hui de limite.
Comme la rue Saint-Denis, la rue Saint-Martin était également bordée de nombreux centres religieux. Certains ont été totalement détruits comme l'église Saint-Julien-des-Ménétriers ou partiellement comme le prieuré Saint-Martin-des-Champs, mais la plupart existent toujours, comme Saint-Merri et Saint-Nicolas-des-Champs. Elle était aussi longue qu'aujourd'hui, limitée au sud par la Seine, et au nord par l'enceinte de Charles V.
Ancien Régime En 1535, François rasa les portes de l'enceinte de Philippe Auguste de la rive droite. C'est d'ailleurs à cette époque qu'apparurent des maisons à enseigne. Selon l’écrivain et libraire Gilles Corrozet, on doit à l'humaniste Guillaume Budé l'idée de tracer des voies rectilignes, à l’image des nouvelles rues italiennes. Un avis de la municipalité déclare : , page 58.. Au milieu du , Paris étant déclarée ville ouverte, la porte médiévale fut remplacée par la porte baroque, que l'on peut admirer encore aujourd'hui. C'est d'ailleurs durant cette période que la rue fut rénovée.
Pendant les guerres de religion, en 1590, durant le siège de Paris, la rue est bombardée par l'artillerie du roi de France Henri IV Adolphe Dufour : Histoire du siège de Paris par Henri IV.
Elle est citée sous le nom de « Grand rue Saint Martin » dans un manuscrit de 1636.
En 1674, l'abbaye de Montmartre possède une maison dans cette rue Acte notarié des dépendances du fief du Fort-aux-Dames, de l'abbaye de Montmartre..
Après la Révolution Pendant la Révolution française, certains centres religieux sont détruits, et le prieuré Saint-Martin est converti en Conservatoire national des arts et métiers.
En 1817, la rue Saint-Martin, d'une longueur de , commençait au 2, rue des Lombards et au 78, rue de la Verrerie et finissait au 1, boulevard Saint-Denis et au 61, boulevard Saint-Martin.
Les numéros de la rue étaient noirsJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .
Les numéros impairs du au étaient dans l'ancien , quartier des LombardsCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Lombards », îlot , F/31/83/06, îlot , F/31/83/07, îlot , F/31/83/08, îlot , F/31/83/09, îlot , F/31/83/10.. Les numéros impairs, du au , étaient dans l'ancien , quartier de la Porte-Saint-DenisCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Porte Saint-Denis », îlots , F/31/83/18, îlot , F/31/83/19, îlot , F/31/83/21, îlot , F/31/83/22, îlot , F/31/83/23, îlot , F/31/83/26, îlot , F/31/83/27.. Les numéros pairs du au étaient dans l'ancien , quartier Sainte-AvoyeCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Sainte-Avoye », îlot , F/31/86/23, îlot , F/31/86/24, îlot , F/31/86/26, îlot , F/31/86/27, îlot , F/31/86/28, îlot , F/31/86/29, îlot , F/31/86/30, îlot , F/31/86/31, îlot , F/31/86/32, îlot , F/31/86/34.. Les numéros pairs du au étaient dans l'ancien , quartier Saint-Martin-des-ChampsCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Saint-Martin-des-Champs », îlots , F/31/83/18, îlots , F/31/83/19, îlot , F/31/83/21, îlots , F/31/83/22..
Une décision ministérielle du 28 messidor an V () signée Bénézech fixe la moindre largeur de cette voie publique à . Cette largeur est portée à , en vertu d'une ordonnance royale du .
Lors des émeutes de juin 1832 au cloitre Saint-Merri il y avait une grande barricade qui était située au coin de la rue Aubry-le-Boucher et de la « rue Saint-Martin » La semaine à Paris et de tourisme N°411 du 11 au 18 avril 1930 page 7 et 8 Thomas Bouchet : Le cloître Saint-Merry (5-6 juin 1832). Histoire d'un cheminement vers l'oubli, 1832-1862 Procès des vingt-deux accusés du cloître Saint Méry, évènemens des 5 et 6 juin 1832.
Lors de la journée du 13 juin 1849, des artilleurs ayant rejoint les insurgés mettent la crosse en l'air pour inciter la troupe de répression à les rejoindreRaoul de Félice, « La journée du 13 juin 1849 à Paris (suite). Ses origines. Son épilogue devant la Haute Cour », Revue d'Histoire du XIXe siècle, 1909, 34, 24..
Par décret ministériel en date du , lors des transformations de Paris sous le Second Empire, la rue naît de la fusion de trois rues : la rue de la Planche-Mibray, entre le quai de Gesvres et la rue Saint-Jacques-la-Boucherie ; la rue des Arcis, entre la rue Saint-Jacques-la-Boucherie et la rue de la Verrerie ; la rue Saint-Martin, au nord de la rue de la Verrerie qui, au fil des siècles, s'est étendue de plus en plus vers le nord jusqu'à atteindre le boulevard Saint-Martin.
En 1851, le préfet Georges Haussmann planifia l'élargissement de la rue, de à sur toute la rue, et devant Saint-Nicolas-des-Champs, laquelle ne fut finalement élargie qu'à . Mais son projet ne fut jamais achevé, et réalisé seulement au sud de la rue des Lombards et de la rue de la Verrerie et entre la rue de Turbigo et la rue Notre-Dame-de-Nazareth, perdant ainsi son statut d’axe majeur nord-sud de Paris, au profit du boulevard Sébastopol, ouvert en 1853, et de l'élargissement des rues du Renard et Beaubourg, en 1907 et 1910. C'est pour cela qu'aujourd'hui la rue Saint-Martin parait étroite. Les seules démolitions ayant eu lieu au datent de 1934, entre la rue Saint-Merri et la rue Rambuteau, pour la création du plateau Beaubourg, devenu en 1976 le centre Georges-Pompidou. Néanmoins, d'autres démolitions dans le quartier sont intervenues pour la construction du quartier de l'Horloge, mais elles n'ont pratiquement pas touché la rue. Une plaque au indique que les maisons bordant la rue saint-Martin ont été épargnées pour , qui a été pendant si longtemps l'une des plus importantes de Paris.
Le 11 octobre 1914, durant la Première Guerre mondiale, le rue Saint-Martin est bombardé par un raid effectué par des avions allemands Exelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire : un immeuble de la préfecture de police fait tout le pâté de maisons. : à l'angle de l'avenue Victoria, cet immeuble haussmannien abrite jusqu'en 2022 le siège de l'AP-HP. À l'angle sud-ouest du croisement avec la rue de Rivoli, la Tour Saint-Jacques est entourée d'un square. Sur le sol de l'angle nord-ouest du croisement avec la rue de Rivoli (entre le et le ) est installée une plaque commémorative, qui indique que les 24 tilleuls plantés en 1994 sur cette partie de la rue, très large jusqu'à son croisement avec la rue des Lombards et aménagée en esplanade, ont été parrainés par les enfants des écoles du 4e arrondissement. : emplacement de l'un des magasins de la chaîne de librairies Mona Lisait, fermée en 2013.
: le poète Albert Samain y vit un temps ; une plaque lui rend hommage. : l'écrivain Gérard de Nerval y demeure avec son père de 1815 à 1834Aristide Marie, Gérard de Nerval : le poète, l’homme, 1980, .. et rue de la Verrerie : c'est l'ancien logis des chanoines de l'église Saint-Merri, le monogramme de l'église apparaît sur les garde-corps des fenêtres. Sur le mur aveugle donnant sur l'église Saint-Merri, subsiste une plaque sur laquelle est gravée l’inscription « Loix et Actes de l’Autorité Publique ». Elle est posée sous la Révolution pour l'affichage des nouvelles lois et les condamnations à mort, page 20.. : église Saint-Merri.
: impasse Saint-Fiacre. et rue du Cloître-Saint-Merri : emplacement de l'archet Saint-Merri, ancienne porte de la deuxième enceinte de Paris. Place Marguerite-Porete. 89 : maison de l'Annonciation, enseigne sculptée au niveau du premier étage, représentant l’Annonciation c'est-à-dire l'annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité divine par l'archange Gabriel. La maison abritait les religieux de l’ordre mendiant des Blancs-Manteaux, page 160.. 89, angle des rues Aubry-le-Boucher et Saint-Martin : des combats sanglants y eurent lieu, dans la soirée du , lors de l'enterrement du général Lamarque, mort du choléra. L’artillerie de la monarchie détruira la barricade construite à ce carrefour. 94, immeuble du inscrit aux monuments historiques le 12 avril 1974Voir Base Mérimée PA00086424. 96, immeuble du inscrit aux monuments historiques le 12 avril 1974Voir Base Mérimée PA00086425.
L'espace séparant le 100 et le 156 fait face au Centre Georges-Pompidou, cette section de la rue Saint-Martin et le Centre étant séparés par la place Georges-Pompidou. : le chimiste et homme politique Marcellin Berthelot (1827-1907) y a demeuré de 1851 à 1861Daniel Langlois-Berthelot, Marcelin Berthelot, un savant engagé, 2000.. : emplacement de la maison des Goths Maison des Goths, 116 rue Saint-Martin, 3ème arrondissement, Paris. : une plaque rappelle l'emplacement du bureau de la corporation des merciers-joaillers avant la Révolution. : emplacement de l'Auberge du Cerf avec une enseigne en fer forgé qui date de 1745 Paris, rue Saint-Martin. Vieille auberge "Au cerf" datant de 1745 : Centre culturel de Serbie. : Centre Wallonie-Bruxelles.