Le musée Unterlinden est un musée d'art situé à Colmar dans le Haut-Rhin. Il est géré, depuis plus de , par la Société Schongauer, association de droit local dotée d’une autonomie financière et administrative. Il bénéficie de l'appellation musée de France, contrôlée par le service des Musées de France. Autour du cloître gothique du se déploient les collections du . Les œuvres modernes et contemporaines sont présentées depuis 2015 dans une extension réalisée par les architectes Herzog & de Meuron. L'œuvre la plus célèbre, le retable d'Issenheim, est exposée dans l'ancienne église conventuelle.

Historique Les collections archéologiques et médiévales sont conservées dans l'ancien couvent des Dominicaines d'Unterlinden (Unter Linden signifie « sous les tilleuls »).

Après le départ des moniales à la Révolution de 1789, les bâtiments, peu à peu laissés à l’abandon, servent de caserne militaire jusqu’au milieu du . Plusieurs événements vont alors contribuer à la naissance du musée : la création de la Société Schongauer et l’organisation d’un cabinet des estampes par Louis Hugot en 1847, la découverte à Bergheim en 1848 d’une mosaïque gallo-romaine qui est déposée dans l'église d'Unterlinden. Enfin, dès 1852, les œuvres issues du séquestre révolutionnaire sont transférées dans l’ancien couvent des Dominicaines. Ainsi, les bâtiments conventuels sont sauvés de la démolition et le musée ouvre ses portes au public le .

Collections Le musée Unterlinden est essentiellement connu pour être une vitrine de l’art rhénan en France avec ses remarquables collections de peintures et de sculptures représentatives de l’art des , une période durant laquelle le Rhin supérieur a connu un véritable âge d’or. Une grande partie de la collection d'art ancien rassemblée à Colmar lors de la Révolution vient des églises et couvents de la région colmarienne. À ce fonds primitif où se côtoient le retable d'Issenheim, la crucifixion de Colmar, le retable de Bergheim, sont venus s'ajouter de nombreuses œuvres acquises tout au long du .

Au premier étage sont également présentés la collection d'arts décoratifs, remarquable par sa diversité (de belles pièces de mobilier des côtoient notamment un ensemble de faïences et de porcelaines des manufactures de l’Est de la France du et des trésors d’orfèvrerie profane et religieuse), et les arts et traditions populaires d'Alsace (objets témoignant de la tradition culinaire alsacienne du , mobilier alsacien, jouets d'enfants du ...).

Au sous-sol, les collections archéologiques offrent un aperçu à peu près complet des différentes étapes de l'évolution de l'Homme, à travers d'innombrables objets de la vie domestique ou de contextes funéraires, découverts pour la plupart dans la moitié nord du Haut-Rhin. On peut citer une mosaïque gallo-romaine datant du découverte à Bergheim. Au sous-sol également était présentée la section d'art moderne, transférée depuis 2015 dans l’extension conçue par le cabinet d’architectes bâlois Herzog & de Meuron. Dès l’ouverture du musée Unterlinden au public en 1853, la Société Martin Schongauer a consacré une place importante aux artistes de son temps. La collection d’art moderne s’est développée véritablement à partir des années 1960 grâce à d’importantes acquisitions et donations, et ne se limite plus au cadre régional. Dans un premier temps, la collection s’est organisée autour des artistes du milieu du (Bazaine, Bissière, Debré, Dubuffet, Soulages…), puis autour de l’établissement d’un panorama de l’art français : Delaunay, Monet (La vallée de la Creuse, 1889), Picasso (Tête d'homme au chapeau de paille, 1971), Renoir, Rouault. Depuis les années 1990, la section d’art moderne s’est enrichie autour de deux axes : les années 1930-60 (Bram Van Velde, Bissière, Geer Van Velde, Fautrier, Hélion, Magnelli...) et les rapports entre la France et l’Allemagne (Baumeister, Bissier, Otto Dix, Grosz, Beckmann…).

Collection Florine Langweil Le musée Unterlinden a reçu en don, entre 1914 et 1958, environ 250 œuvres d'art, dont une majorité d'art extrême oriental de Florine Langweil, une marchande d'art et collectionneuse originaire de Wintzenheim. Parmi ces dons figurent notamment une collection de 61 tsubas (gardes de sabres du Japon) de , des boîtes à médicaments japonaises des , une peinture de l’époque Ming du et des statuettes et des tuiles de faîtage, des vases Han. Parmi les dons figurent aussi des tableaux comme le portrait de Joseph Le Coeur d'Auguste Renoir, un portrait de Florine Langweil avec ses deux filles par Jacques-Emile Blanche, Vue du port d’Edouard Dufeu, Vieille paysanne de Théodule Ribot, Marché à Venise de Lucien Simon. Le , le musée d’Unterlinden inaugure la salle Langweil, où est exposée sa collection d’objets extrême-orientaux. Cette collection ne fait plus que l'objet d'expositions occasionnelles, comme, en 2014, à l'occasion des 150 ans de relations entre l’Alsace et le Japon.

Œuvres exposées vignette|droite|Sainte Madeleine de Martin Schongauer, vers 1470. Parmi les pièces maîtresses des collections du musée Unterlinden, de nombreuses œuvres de l'artiste colmarien Martin Schongauer (), réputé pour ses gravures admirées déjà par Albrecht Dürer.

Peinture La réputation internationale du musée est due au chef-d'œuvre qu'est le retable d'Issenheim, peint par Matthias Grünewald entre 1512 et 1516 pour la commanderie des Antonins d’Issenheim, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Colmar. La partie sculptée est due à Nicolas de Haguenau (vers 1515). Transféré en 1852 dans l’église de l’ancien couvent des Dominicaines d’Unterlinden, le retable constitue le joyau du musée qui s’y organise alors.

Le musée comprend aussi notamment : Crucifixion au Dominicain (entre 1410-1415, huile sur sapin) de Hermann Schadeberg, marquée par les caractéristiques du gothique international ; Portrait de femme (vers 1510, huile sur bois) de Hans Holbein l'Ancien, seule peinture de cet artiste conservée dans un musée français, de style gothique tardif et déjà empreint des nouveautés de la Renaissance ; le retable de la collégiale Saint-Martin représentant « L’Entrée du Christ à Jérusalem » et « La Cène » (1465, huile sur sapin) de Caspar Isenmann, exposé jusqu'en 1720 dans la Collégiale Saint-Martin de la ville ; le retable de saint Barthélemy et de sainte Madeleine (vers 1470, huile sur tilleul) de Martin Schongauer le retable d'Orlier sur le thème de « L'Annonciation » (entre 1470-1475, huile sur sapin) de Martin Schongauer, provenant de la commanderie des Antonins d'Issenheim ; le retable des Dominicains (vers 1480, huile sur sapin) de Martin Schongauer, triptyque présentant la Passion du Christ (sur seize panneaux en intérieur) et les Sept Joies de la Vierge (en huit peintures extérieures) ; Nature morte aux bouteilles et aux livres (vers 1530 ?, huile sur bois), artiste anonyme d'Allemagne du Nord ; La Crucifixion (vers 1515, huile sur bois) de Lucas Cranach l'Ancien ; La Mélancolie (1532, huile sur bois) de Lucas Cranach l'Ancien, s'inspirant de la gravure Melencolia de Dürer ; le retable du Tempelhof (vers 1445-1450) de Jost Haller qui se trouvait initialement à BergheimRegard sur les Trésors des Musées Colmariens, ; le retable de saint Jean-Baptiste (1526)Regard sur les Trésors des Musées Colmariens, ; Le miracle de la résurrection des poulets rôtis (vers 1470), scène du miracle de la potence. Nu au châle bleu (1930) de Suzanne Valadon Annonciation (Urte) (1950) d'Otto Dix

Sculpture La Vierge de Niedermorschwihr (vers 1500, sur tilleul), iconographie de la Vierge à l'Enfant et probablement originaire d'un atelier strasbourgeois ; le retable de Bergheim (1515-1517, sur tilleul) de Veit Wagner qui reprend notamment Saint Georges terrassant le dragon, l'Annonciation et l'Adoration des Bergers ; L’Adoration des mages (vers 1525, sur tilleul) par un artiste anonyme (H. L.) ; Le Martyre de sainte Catherine (vers 1520-1525, tilleul) par un artiste anonyme (H. L.).

Gravure La Vierge au perroquet (1470-1475, burin sur cuivre) de Martin Schongauer qui s'est sans doute inspiré de primitifs flamands comme ceux de Dirck Bouts ; La Tentation de saint Antoine (1470-1475, burin sur cuivre) de Martin Schongauer, non sans rappeler des œuvres de Bosch ou Grünewald ; Ecce Homo (1475-1480, burin sur cuivre) de Martin Schongauer, scène de la Passion du Christ ; Deux Hommes marchant de compagnie (1480-1485, burin sur cuivre) de Martin Schongauer ; La Fuite en Égypte (vers 1470-1475) de Martin SchongauerRegard sur les Trésors des Musées Colmariens, ; Première Vierge folle (vers 1480-1485) de Martin SchongauerRegard sur les Trésors des Musées Colmariens, .

Galeries Peinture

Retables notables

Sculpture

Orfèvrerie

Le trésor des Trois-Épis est l'un des plus riches ensembles d'orfèvrerie civile de la Renaissance conservés en France. Il a probablement été caché pendant la guerre de Trente ans (1618-1648), particulièrement exacerbée en Alsace. Il a été trouvé le 4 mai 1864. sous le parvis. de la chapelle Notre-Dame-des-Trois-Épis, un lieu de pèlerinage très fréquenté sur la commune d'Ammerschwihr au hameau de Trois-Épis, juste à l'ouest de Colmar. Abritées dans un grand chaudron de cuivre, se trouvaient un grand nombre de pièces de monnaies aujourd'hui disparues et 17 pièces d'orfèvrerie. L'une de ces dernières est un vidrecome (récipient pour boire du vin, passant de convive à convive – d'où son nom qui vient de l'allemand wiederkommen ou "revenir") en bois et métal, portant des pendants décorés de divers écussons dont plusieurs rappellent des corporations. Parmi les autres pièces : des hanaps de Paulus Graseck (), Reinhart Odino (maître orfèvre à Strasbourg en 1601) et Adam Kurn (ou Kirn ; maître à Strasbourg en 1564) ; des gobelets par Théodore de Bry et par Wilhelm von Meie (maître orfèvre à Strasbourg en 1557) dont la qualité de facture rappelle celle des gobelets de Magistrat,…

Autre

Extension du musée L'extension du musée d'Unterlinden a été confié au cabinet d’architecture suisse Herzog & de Meuron. Les travaux, réalisés de 2012 à fin 2015, ont coûté d'eurosBulletin officiel municipal : Le Point Colmarien, , , . Il s'étend désormais sur une surface globale de , comprenant l’actuel bâtiment, les anciens bains municipaux entièrement restructurés ainsi qu’un nouveau bâtiment en briques destiné à l’art du . La chapelle est reliée à son pendant moderne par une galerie souterraine, composée de trois salles d’exposition et surmontée d’un petit édifice qui marque l’entrée de l’ancienne ferme du couvent. Une place a été dégagée et le cours d’eau du Logelbach qui la traversait a été ouvert. Une cour plantée de pommiers et entourée d’un mur rappelle, du côté du nouveau bâtiment, l’ancien cloître. Les espaces intérieurs ont été réaménagés dans un langage contemporain blanc, épuré.

Trois temps architecturaux et muséologiques sont mis en valeur : la chapelle abritant le retable d'Issenheim de Matthias Grünewald et le cloître accueillent les collections médiévales ; les anciens bains celles du ; les collections du ainsi que les expositions temporaires sont présentées dans le nouveau bâtiment.

Il a rouvert le et a été inauguré officiellement par le président de la République, François Hollande, le .

Fréquentation + Chiffres de fréquentation du musée 2002-2019 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Le Point Colmarien Mars - Avril 2013 Le Point Colmarien - Octobre 2014 Le Point Colmarien - Avril 2015 Le Point Colmarien - Avril 2016 Le Point Colmarien - Avril 2017 Le Point Colmarien - Avril 2018 2016 2017 2018 2019 2020 Le Point Colmarien - Avril 2019 Le Point Colmarien - Octobre 2020 Le Point Colmarien - Avril 2021

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie , t.18, 1867,

Benoît Delcourte, « Le Nouveau Musée Unterlinden », L’Estampille-L’Objet d’Art, , , .

Articles connexes Liste des musées du Haut-Rhin

Liens externes