Ondine () est un conte de Friedrich de La Motte-Fouqué, paru en 1811, dans lequel le génie féminin des eaux (nixe) éponyme, cherche, en épousant le chevalier Huldebrand, à acquérir l'âme dont elle est dépourvue.

Résumé

Adaptations thumb|right|Friedrich de la Motte-Fouqué Le conte a été rapidement adapté à l'opéra, sur un livret de La Motte-Fouqué et une musique de son ami E.T.A. Hoffmann, représenté pour la première fois le à Berlin. Cette première connut un tel succès qu'elle fut suivie de quatorze reprises jusqu'au , date à laquelle le théâtre fut détruit par un incendie. Depuis lors, l'œuvre n'a plus été mise en scène, à l'exception d'une représentation à Prague en 1821 qui n'a obtenu aucun succès. Le , un peu plus d'un siècle plus tard, l'œuvre a été reprise sous une nouvelle forme à Aix-la-Chapelle, le livret ayant été modifié par H. von Woltzogen.

Par la suite, Ondine a été mise en scène au théâtre et donnée en Allemagne occasionnellement dans les années 1980. Ondine a été adapté au cinéma par Christian Petzold en , d'après la nouvelle Ondine s'en va d'Ingeborg Bachmann.

L'œuvre reflète le climat intellectuel particulier à la Restauration allemande qui portait à se réfugier dans un monde enchanté, peuplé de divinités de la nature et de héros chevaleresques, monde que la musique de Hoffmann a su fidèlement reproduire.

Un autre opéra d'inspiration romantique, écrit en 1844, à partir de ce conte, par Albert Lortzing a été donné pour la première fois à Magdebourg le .

D'autres compositeurs ont repris cette matière : Joseph Ritter von Seyfried, en 1817. Christian Friedrich Johann Girschner, en 1830. Johann Peter Emilius Hartmann, en 1842. Alexeï Feodorowitch Lwow (ou Lwoff), en 1847. Carl Reinecke (Undine, sonate pour flûte et piano), en 1882. Maurice Desrez (1882–1969)Voir notice BNF, Ondine, drame lyrique en 5 actesVoir la notice du catalogue BNF sur un poème de Jean Bonnerot (1882–1964)Voir notice BNF, en 1939. Hans Werner Henze (un ballet), en 1957.

L'adaptation française pour la scène par Bonnerot et Desrez semblerait plus convaincante que les tentatives allemandes. Après une première représentation du début de leur , un critique peut ainsi écrire :

Traductions et influences Ce conte a été très tôt et traduit en français et en anglais. Dès 1818, répondant à la demande de exprimée un an plus tôt, Isabelle de Montolieu traductrice suisse, réalise la première traduction en français publiée par Arthus-Bertrand. La deuxième édition est publiée dès 1819, la troisième de 1822Lire en ligne.. Une nouvelle édition ornée de figure est datée de 1834Lire en ligne.. 1894 voit une des premières éditions de la traduction d’Ondine par Jean Thorel (1859–1916)Voir sa notice BNF., journaliste germaniste, beau-frère d'André Cahard, peintre et graveur. Cette édition est illustrée par Marold et MittisF. de la Motte-Fouqué, Ondine, Jean Thorel, trad., Marold et Mittis, ill., Paris, E. Dentu, éditeur, 1894, 219 p.. En 1913, Larousse publie une nouvelle adaptation française illustréeOndine par de la Motte-Fouqué, illustré par Arthur Rackham, [sans mention de traducteur], Paris, Larousse et Compagnie, 1913. Lire en ligne l'édition française., à partir de la traduction en anglais de 1911, illustrée par le dessinateur anglais Arthur RackhamUndine by de la Motte-Fouqué adapted from the German by W.L. Courtney and illustrated by Arthur Rackham, London, William Heinemann, New-York, Doubleday, Page & Co, 1911. Lire en ligne l'édition anglaise.. À l'occasion du centenaire de la mort de la Motte-Fouqué, en 1943, Corti réédite la traduction de Jean Thorel, cette fois illustrée de 19 lithographies de Valentine Hugo, en noir dans le texteF.-H.-C. de la Motté-Fouqué, Ondine, Paris, José Corti, 1943, 145 p.. Cette traduction est reprise vingt ans plus tard dans la Bibliothèque de la PléiadeFrédéric de la Motte-Fouqué, « Ondine », Collectif, Romantiques allemands, Tome I, Paris, Gallimard, Coll. Bibliothèque de la Pléiade, , 1963, 1648 p.. En 1963, dans le cadre d'une anthologie des romantiques allemands, Armel Guerne, signe une autre version, (troisième épouse de l'auteur, 1810–1876)A. Guerne (dir.), Les romantiques allemands, Desclées de Brouwer, 1963 et en réédition : Paris, Phébus, coll. Libretto, 2004 . En 2011, Payot-Rivages propose une retraduction contemporaine par Nicolas Waquet. Cette édition est illustrée de douze reproductions des dessins d'Arthur RackhamF. de la Motte-Fouqué, Ondine, Nicolas Waquet, trad., A. Rackham, ill., Paris, Rivages poche / Petite Bibliothèque, , 2011, 191 p. . Des passages de cette nouvelle traduction ont été comparés aux passages correspondants de traductions anciennes. Consulter en ligne cette mise en regard..

Le thème d’Ondine, lui-même issu de légendes populaires répandues dans le monde germanique, a été repris par plusieurs écrivains comme Aloysius Bertrand, dont le poème Ondine (1842) a été mis en musique par Maurice Ravel dans Gaspard de la nuit (1908), et Jean Giraudoux qui en a tiré sa pièce de théâtre Ondine (1939).

L'influence du conte de la Motte-Fouqué est également évidente sur La Petite Sirène (1837) de Hans Christian Andersen, et l'opéra Rusalka (1900) d'Antonín Dvořák.

Voir aussi Articles connexes

L'Ondine de l'étang, conte de Grimm

Notes et références

Catégorie:Conte allemand Catégorie:Opéra du XIXe siècle Catégorie:Homme-poisson ou sirène de fiction Catégorie:Éponyme d'un objet céleste