vignette|Vue d'artiste des trois étoiles de l'exoplanète HD 188753 Ab (l'une des étoiles étant couchée), à partir d'un hypothétique satellite de cette dernière.
Une exoplanète., publié au Journal officiel de la République française du , texte , ., ou planète extrasolaire, est une planète située en dehors du Système solaire. En février 2026, on en connaît plus de 8000..
L'existence de planètes situées en dehors du Système solaire est évoquée dès le . Au cours du , les exoplanètes deviennent l'objet de recherches scientifiques. Beaucoup d'astronomes supposent qu'elles peuvent exister, mais aucun moyen technique observationnel ne permet alors de prouver leur existence ; la distance et le manque de luminosité de ces objets célestes, si petits par rapport aux étoiles autour desquelles ils orbitent, rendent leur détection impossible. Ce n'est que dans les années 1990 que les premières exoplanètes sont détectées, de manière indirecte, puis, depuis 2004, de manière directe.
La plupart des exoplanètes découvertes à ce jour orbitent autour d'étoiles situées à moins de () du Système solaire. Plusieurs milliers (près de ) supplémentaires découvertes au moyen de télescopes terrestres ou d'observatoires spatiaux, dont Kepler ou TESS, sont en attente de confirmation. En extrapolant à partir des découvertes déjà effectuées, il existerait au moins cent milliards de planètes rien que dans notre galaxie.
Les méthodes de détection utilisées sont principalement celle des vitesses radiales, qui déduit la présence d'une planète à travers l'incidence de son attraction gravitationnelle sur la vitesse radiale de son étoile et la méthode du transit, qui identifie une planète lorsque celle-ci passe devant son étoile en mesurant l'affaiblissement de l'intensité lumineuse de l'astre. Ces méthodes ont abouti à la détection d'une majorité de planètes aux caractéristiques très différentes de celles présentes dans le Système solaire, en particulier à une abondance de Jupiter chauds, des planètes gazeuses très proches de leur étoile hôte. Ces nouveaux types de planète ont néanmoins entraîné une remise en cause radicale des modèles de formation des systèmes planétaires qui avaient été élaborés en considérant le seul Système solaire. Depuis que les méthodes de détection se sont améliorées, les études visent également à mettre en évidence des planètes aux caractéristiques proches de celles de la Terre orbitant dans la zone habitable de leur étoile..
Terminologie Le terme exoplanète a été enregistré dans Le Petit Robert dès 1998. comme calque français de l'anglais dont l'emploi, dès 1992, est attesté par Antoine Labeyrie. et Bernard F. Burke..
D'après Christina Nicolae et Valérie Delavigne, le premier organisme scientifique à l'avoir employé serait le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans un communiqué de presse du .. Antérieurement, il avait fait son apparition dans des revues de vulgarisation scientifique telles que Science et Vie et La Recherche ainsi que des publications de sociétés savantes telles que Ciel et Terre de la Société royale belge d'astronomie, de météorologie et de physique du globe et L'Astronomie de la Société astronomique de France.
En France, depuis fin , son usage est recommandé par la délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture et de la Communication et il est recensé sur la base de données terminologiques FranceTerme.
Définition Communément, on appelle « planète extrasolaire » toute planète orbitant autour d'une autre étoile que le Soleil. La définition officielle d'une planète adoptée en par l'Union astronomique internationale (UAI) ne concerne que les objets du Système solaire et ne s'applique pas aux exoplanètes... À l'heure actuelle, la seule définition de l'UAI qui concerne les exoplanètes est une définition de travail donnée en 2002 et modifiée en 2003.. Cette définition, plus générale et qui concerne toutes les planètes, y compris celles du Système solaire, contient les critères suivants : les objets avec une vraie masse en deçà de la masse limite permettant la fusion thermonucléaire du deutérium (actuellement calculée comme valant 13 fois la masse de Jupiter pour des objets de métallicité solaire) qui orbitent autour d'étoiles ou de rémanents stellaires sont des « planètes » (peu importe comment ils se sont formés). La masse/taille minimale requise pour qu'un objet extrasolaire soit considéré comme une planète devrait être la même que celle utilisée pour le Système solaire ; les objets substellaires avec des masses vraies au-delà de la masse limite permettant la fusion thermonucléaire du deutérium sont des « naines brunes », peu importe comment ils se sont formés et où ils se trouvent ; les objets flottant librement dans de jeunes amas stellaires avec des masses en deçà de la masse limite permettant la fusion thermonucléaire du deutérium ne sont pas des « planètes », mais sont des « sous-naines brunes » (ou quelque autre nom qui soit plus approprié).
De façon cohérente, les « planètes » du Système solaire au sens de la définition précédente sont les huit objets définis comme « planètes » au sens de la résolution du . Et de la même façon, une « planète extrasolaire » est alors définissable comme une planète située hors du Système solaire.
Cet article suit la définition précédente. Par conséquent, ne sont traitées que les planètes qui orbitent autour d'étoiles ou de naines brunes. Plusieurs détections d'objets de masse planétaire qui ne sont en orbite autour d'aucun autre corps ont aussi été annoncées.. Certains de ces objets ont peut-être appartenu à un système planétaire autour d'une étoile avant d'en être éjectés.
Cependant, la définition de travail de l'UAI n'est pas acceptée par tout le monde. Une autre définition considère que les planètes devraient être distinguées des naines brunes sur la base de leur formation. Il est largement admis que les planètes géantes se forment par accrétion à partir d'un noyau et que ce procédé peut parfois produire des planètes de masse supérieure au seuil de fusion du deutérium. ; des planètes massives de cette sorte ont peut-être déjà été observées.. Ce point de vue admet également la possibilité des sous-naines brunes, qui ont des masses planétaires mais se forment à la manière des étoiles par effondrement direct d'un nuage de gaz.
De plus, la séparation à 13 masses joviennes (M) n'a aucune signification physique précise. La fusion du deutérium peut se produire dans des objets de masse inférieure à cette limite. La quantité de deutérium fusionné dépend également de la composition de l'objet.. L'Encyclopédie des planètes extrasolaires incluait en 2011 les objets jusqu'à la masse de Jupiter, considérant que ., puis tous les objets jusqu'à 60 fois la masse de Jupiter depuis 201X. L'Exoplanet Data Explorer inclut les objets allant jusqu'à joviennes, en précisant que
Définition de travail de En , la commission F2 () de l'UAI a modifié la d'une exoplanète :
Ainsi, une exoplanète reste principalement définie comme un objet , substellaire, autre qu'une naine brune, et non isolé. s'entend d'un objet qui n'est pas dans le Système solaire ; , d'un objet dont la masse est inférieure à la limite de masse pour la combustion du protium (H), l'isotope commun de l'hydrogène, par la réaction en chaîne proton-proton ; , d'un objet substellaire dont la masse est inférieure à la limite de masse pour la combustion du deutérium (H), autre isotope de l'hydrogène ; et , d'un objet en orbite autour d'au moins un autre.
Alain Lecavelier des Étangs et Jack J. Lissauer précisent que, dans la définition, s'entend d'un objet stellaire en équilibre hydrostatique ; et , d'un objet résultant de l'effondrement d'une étoile, telle une naine blanche ou une étoile à neutrons, que celle-ci soit ou non un pulsar.
Les deux changements introduits par la nouvelle définitions de travail sont la possibilité que l'objet central autour duquel une exoplanète orbite soit une naine brune, et l'ajout du critère de rapport de masse, de , entre la masse de l'exoplanète et celle de l'objet central. Le premier changement a eu pour effet d'ajouter à la liste des exoplanètes alors connues cinq objets ; le second, d'en retirer dix.
Les critères de la et de la ont été conservés. La s'entend d'une . La reste fixée à . Le critère du vient préciser la notion de . Il permet discriminer tant un système hiérarchique d'un système binaire qu'une orbite stable d'une autre trajectoire. Le retenu est celui qui permet l'existence des points de Lagrange et . Ainsi, pour être une exoplanète, l'objet doit avoir une masse inférieure à de celle de l'objet central ou, dit autrement, doit être en orbite autour d'un objet au moins plus massif.
Nomenclature
Nomenclature actuellement utilisée La désignation normalisée des exoplanètes est une extension de celle utilisée par le (WMC) pour les systèmes d'étoiles multiples., norme qui a été adoptée par l'UAI.
Selon cette norme, le membre le plus brillant d'un système reçoit la lettre « A ». Les composants distincts qui ne sont pas compris dans « A » sont nommés « B », « C » Les sous-composants sont désignés par un ou plusieurs suffixes ajoutés à celui du sous-système, en commençant par des lettres minuscules pour le deuxième niveau hiérarchique, puis des nombres pour le troisième.. Suivant une extension de la norme précédente, le nom d'une exoplanète est normalement formé en ajoutant une lettre minuscule au nom de l'étoile hôte de ladite planète. La première planète découverte se voit attribuer la désignation « b » (la lettre « a » étant réservée à l'étoile) puis les planètes suivantes sont nommées avec les lettres suivantes dans l'ordre alphabétique. Si plusieurs planètes du même système sont découvertes en même temps, la plus proche de l'étoile reçoit la première lettre suivante, et ainsi de suite en s'éloignant de l'étoile.
Si une planète orbite un membre d'un système binaire, la lettre capitale de l'étoile est suivie par une minuscule pour la planète. Plusieurs exemples sont aujourd'hui connus, tels . et .. Les planètes en orbite autour de l'étoile primaire (étoile « A ») devraient avoir un « Ab » à la suite du nom du système, comme pour .. Cependant, le « A » est parfois omis, en particulier lorsque la seconde étoile a été découverte après la (ou les) planète(s) ; par exemple, la première planète découverte autour de l'étoile principale du système binaire Tau Bootis est habituellement appelée simplement ..
Si l'étoile hôte est une étoile simple, on peut toujours considérer qu'elle possède un « A » dans sa désignation, bien qu'il ne soit habituellement pas écrit. La première exoplanète trouvée autour d'une telle étoile est alors considérée comme étant un sous-composant secondaire dudit système recevant la désignation « Ab ». Par exemple, est l'étoile hôte du système et la première exoplanète est alors . La plupart des exoplanètes se trouvant dans des systèmes unistellaires, la désignation implicite « A » est généralement absente, ne laissant simplement que la minuscule à la suite du nom du système : . Le « a » pour l'étoile est également le plus souvent omis, nommant par un petit abus l'étoile du nom du système, ici par exemple .
Quelques exoplanètes se sont vu attribuer des noms qui ne se conforment pas à la norme précédente. Par exemple, les planètes qui orbitent le pulsar furent à l'origine nommées avec des capitales, en commençant à A (laissant l'étoile sans suffixe), plutôt qu'avec des minuscules. Par ailleurs, le nom du système lui-même peut suivre plusieurs systèmes de désignation différentes. Dans les faits, un certain nombre d'étoiles parmi lesquelles Kepler-11 n'ont reçu leur nom que grâce à leur inclusion dans un programme de recherche de planètes, n'étant jusque-là référencées que par leurs coordonnées célestes.
vignette|alt=Exemples de suffixes d'exoplanètes.|Exemples de suffixes utilisant la nomenclature de Hessman