vignette|redresse=1.1|Carte de la Guinée-Bissau. vignette|redresse=1.1|La grotte de l'île Kére Kére (archipel des Bijagos).

Le territoire de l'actuelle Guinée-Bissau (Guinée-Bissao, Guiné) est occupé dès le néolithique. Jusqu'à la fin du premier millénaire divers groupes arrivent, s'intègrent et créent peu à peu des petites nations féodales, aux organisations politiques variées, qui échangent constamment et se mêlent (par conflit, par mariage surtout, par commerce, par aventure, etc.). Les peuples côtiers inventent il y a au moins la riziculture humide le long des fleuves, puis la riziculture sur mangrove. Les nations à l'intérieur des terres tissent un réseau commercial vers le Nord, le Sud et l'Est. Le royaume Baïnouk, dont la partie Sud englobe une grande partie de ce territoire, en est le plus étendu et le plus ancien pays centralisé.

Du au , plusieurs migrations de groupes de langue Mandé arrivent de l'Ouest, la principale étant un début d'invasion au des territoires baïnouks. Certaines sont accompagnées d'éleveurs peuls.

Deux siècles après l'invasion Mandé, des commerçants portugais (en 1447) et italiens (vers 1455-1456) arrivent par l'océan et des premiers contacts sont pris. Dans le décennies suivantes, des négociations diplomatiques aboutiront à autoriser le Portugal à louer quelques terrains en bord de rivière pour y gérer des petits comptoirs commerciaux maritimes, notamment Cacheu, Bissau, Geba.

Ces deux phénomènes vont développer le commerce longue distance, transsaharien et transatlantique, bouleversant les circuits commerciaux antérieurs. Puis le commerce des esclaves transatlantique s'ajoute à son pendant transsaharien, et prend une très grande ampleur, ce qui va altérer en cascade les relations diplomatiques entre les nations et déterminera pour certaines (notamment le Kaabu) leur organisation politique.

La fin du est marqué par deux conflits majeurs : le royaume Fulbé du Fouta Djalon remporte militairement une victoire sur le Kaabunké déclinant, avec l'appui du royaume de Portugal. Celui-ci envahit ensuite, avec difficulté, le territoire. C'est la naissance de la Guinée portugaise. Puis il contrôle peu à peu le pays, après une dernière bataille en 1936, jusqu'en 1973.

Depuis l'indépendance proclammée en 1975, et jusqu'en 1994, elle est gouvernée par un parti unique, puis sous la pression du FMI et d'autres partenaires internationaux, le président João Bernardo Vieira installe le multipartisme, mais finit assassiné en 2009. Avec la présidence de José Mário Vaz, l'alternance politique est effective.

Du Néolithique au premier millénaire Le territoire où se situe l'actuelle Guinée-Bissau est occupé à la fin du néolithique (autour de 300 ), sur la côte et à l'intérieur des terres.

Jusqu'à la fin du premier millénaire, divers groupes arrivent, s'intègrent et créent peu à peu des petites nations féodales, aux organisations politiques variées, qui échangent constamment et se mêlent (par conflit, par mariage surtout, par commerce, par aventure, etc.).

La population du territoire est composée d'une part, sur la frange littorale, d'un ensemble de communautés exploitant les mangroves, et plus au Nord-est, d'un ensemble de peuples plus commerçants. Le royaume Baïnouk, dont la partie Sud englobe une grande partie de ce territoire, occupe la portion la plus étendue.

La frange littorale Ces communautés littorales de la région dénommée rivières du sud (encore appelées côtes de haute Guinée), se répartissent depuis le néolithique sur un espace émietté entre les nombreux fleuves, rias et les grandes étendues de mangrove. Elles : vivent de la cueillette des huîtres, du ramassage des coquillages, de la pêche maritime et de la riziculture ; disposent déjà d'importants troupeaux de bovins ; pratiquent le commerce entre elles : riz contre poisson séché, sel, poteries, etc. (on a par exemple retrouvé la trace de ces échanges entre la Basse-Casamance et les îles Saloum) ; présentent un émiettement politique et une organisation socio-économique qui trouvent leurs fondements dans la conversion des mangroves en rizières.

Entre ces estuaires est inventée la riziculture de mangrove..

L'aménagement de la mangrove et la culture ancienne de la variété africaine de riz oryza glaberrima constituent le trait par lequel se distinguent de la manière la plus remarquable de nombreuses populations depuis l'actuelle Gambie jusqu'à la Sierra Leone : endiguées, défrichées, dessalées, les mangroves sont reconverties en rizières au prix d'un travail accumulé sur de nombreuses générations. Cette agriculture intensive va de pair avec des densités démographiques significatives...

Après l'an 1000, cet ensemble de communautés de riziculteurs littoraux est étroitement liée à la présence de forêts de mangroves, en front de mer, le long des estuaires, rias et chenaux de marée.

Un peu plus au Nord, en Basse-Casamance, les archéologues ont observé deux vagues de population : à la fin du Néolithique y ont vécu des groupes humains, peu nombreux et itinérants, qui n'exploitaient pas les ressources de la mangrove et utilisaient peu les ressources de la mer. Il s'agirait de riziculteurs de riz sec, qui sont venus de l'Est. Puis, entre 200 et 700 après J.C., arrivent du territoire de l'estuaire du Rio Geba, des populations habituées à la mer et à l'exploitation des mangroves.

Les villages côtiers ont des échanges entre eux, parfois à distance.

Au Nord-est et au Sud Ces nations, Baïnouk-Kassang au nord, Landuma-Pajadinka au sud, divergent par leurs institutions politiques, leur organisation sociale, leurs cultures, etc.

Elles constituent cependant un ensemble identifiable. Bien que pratiquant aussi la riziculture, elles ne se définissent pas par rapport à cette pratique. Peu à peu, elles s'érigent en intermédiaires, permettant notamment le commerce entre les nations côtières et les nations de l'intérieur du continent, mais aussi plus au nord et plus au sud.

Ces deux nations ont tissé un réseau commercial dont le cœur est un ensemble de marchés internationaux, situés en bordure de fleuves.

La nation Baïnouk a peut-être été le premier occupant de la région. Le royaume Bainouk est devenu le plus étendu et le plus organisé ; le plus centralisé aussi. Ce royaume a probablement été dirigé originellement par des femmes.

En mouvement Les échanges ne se limitent pas au commerce. Comme partout, les mouvements de population sont nombreux soit par l'arrivée de nouvelles communautés, le départ d'autres, soit par des déplacements de groupes de population, des mariages, des commerçants allant de marché en marché, etc. entre ces petits pays.

De 500 à 1500 : une mosaïque de peuples et d'États entre Sahel et Tropiques Toute la région guinéenne est un véritable melting Pot ou creuset culturel.

Ces différentes nations, et celles qui vont suivre au long des siècles ont généralement une forte tradition de réciprocité entre villages hôtes et nouveaux.

De 1000 à 1500 : sécheresse du début du deuxième millénaire Du au , période de grande sécheresse., plusieurs migrations de groupes de langue Mandé arrivent de l'Ouest. Tout d'abord des commerçants habitués au circuits de longue distance sont accueillis dans le royaume de Baianouk le long du fleuve Gambie (notamment le clan Sané) ; d'autres s'installent en pays Landuma le long des fleuves Grande et Geba, le royaume de Kinara y sera créé. Plus tard, à la fin du , lors de l'extension de l'empire du Mali, une armée de langue mandé, suivie de groupes de tous corps de métiers, colonisent le royaume Bainouk qui passe sous leur contrôle et est divisé en Mansayas administrées par des Farims et créent une nouvelle noblesse. Le royaume de Kinara devient assez naturellement vassal. Selon les périodes, les nations côtières seront parfois vassalisées. Les Mansayas intègrent les populations colonisées ; mais aussi des dispositions politiques, sociales, agricoles et religieuses de celles-ci. Ils exercent une forte influence commerciale. Progressivement, le Mansaya du Kaabu (Kaabunké) dirige, puis englobe les Mansayas situés entre les fleuves Gambie et Rio Geba. Au , le Kaabunké décrète son indépendance.. Des nomades Fulbés, aidés de guerriers, s'installent en bordure des zones agricoles au sein des Mansayas. Ils ne s'installent pas au royaume de Kinara, qui les repousse.

États du littoral La Nation Felupe/Djola (royaume de Cacheo?) entre Gambie et rio Cacheo. Le nom Djola ("vassal" du Mandé) est resté à la partie Nord de la nation Felupe située sur la côte entre les fleuves Gambie et Casamance ; L'ensemble constituant la Nation Pepel, Mancanhe et Manjake, divisée en multiples "seigneuries" (dirigées par un Nassien) vassales du Nassien Bassien régnant à Bassarel à partir du probablementRaymond Mendy, Professeur d'histoire à Zinguinchor, ..

Au cours des siècles suivants, de nombreuses rivalités internes, et recompositions auront lieu : La Fédération Balante possède une organisation politique qui la distingue très nettement. Non centralisée, elle fédère des communautés aux organisations variées, avec cependant dominante commune : la répartition des pouvoirs. De plus c'est une nation très ouverte : elle s'enrichit sans cesse de nouveaux venus de tous les pays voisins. Cela lui permet d'étendre de manière naturelle et progressive son territoire, sans besoin "d'annexion" ; Plus au sud, Bagas, etc.

Outre les territoires qu'elles occupent, ces nations se distinguent les unes des autres par leur organisation politico-administrative et religieuse.

Le Nord-est Le Nord-Est est donc occupé par la partie méridionale du royaume Bainouk entre Gambie et Geba. Originellement dirigé par des femmes, les hommes ont ensuite pris le pouvoir royal (les griots actuels semblent avoir oublié cette période, car ils ne connaissent que des listes de rois) et la noblesse, qui se transmettent malgré tout par la mère. Sa capitale est alors Mampating, située sur le territoire l'actuelle Guinée-Bissau

Il possède à ce moment un vaste réseau commercial vers le Nord et les royaumes Wolof, et vers l'Est et le royaume du Ghana, ce qui donne accès aux produits transsahariens : ses marchés sont notamment fréquentés par les commerçants longue distance Soninkés, puis, à cette période, des commerçants Mandé commencent à s'installer sur le fleuve Gambie, notamment le clan Sané.

La mémoire du royaume va s'éteindre, très progressivement, après sa défaite militaire (cf. plus bas). Cette extinction sera généralement pacifique : sa noblesse est intégrée dans le dispositif politico-guerrier du vainqueur. Ses habitants se mêlent, par mariage, avec les différentes populations soit voisines, soit nouvellement installées sur leur territoire.

Le Sud Au Sud, il y a plusieurs mouvements, avec des apports de populations diverses, dans ces nations de plus en plus commerçantes. Des migrations ont un effet majeur sur la recomposition territoriale.

Une vague de migration Mandé, peu importante et antérieure à la création du Mali, s'impose dans la partie Nord de la nation Landuma. Elle y crée le royaume de Kinara, très hiérarchisé. Sa population, appelée Biafadas, est dirigée par une classe aristocrate majoritairement issue de cette immigration Mandé. Le royaume de Kinara joue un rôle important dans les échanges commerciaux, étant au centre d'un réseau commercial alliant la connaissance du commerce sahélien longue distance des commerçants Mandé et les connexions des Landuma avec les nations plus au sud.

Dans la même zone des groupes, issus d'une même région du plateau du Fouta Djalon, arrivent par étapes. Ils ne s'installent pas le long des côtes ni les rivières. Leur démographie va en grandissant et ils deviendront, plus tard, la nation Nalu, dont le territoire séparera alors le royaume de Kinara du pays Landuma. Ceci renforcera encore la position commerciale du Kinara qui gardera ses réseaux du fait de sa proximité d'origine avec le sud.

La nation Sosso