Jean Théodore Dupas né à Bordeaux le et mort à Paris le est un peintre, affichiste et décorateur français, représentatif de l'Art déco.
Biographie Élève avec Pierre Bodard (1er Prix de Rome 1909) à l'École des beaux-arts de Bordeaux dans l'atelier de Paul Quinsac et des décorateurs Artus et Jean-Gustave Lauriol, Jean Dupas entre ensuite à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Gabriel Ferrier où il rejoint l'ami Bodard qu'il retrouvera encore à Rome lors de son séjour comme pensionnaire de la Villa Médicis. Il obtient le prix de Rome de 1910 dont le sujet est Éros vainqueur du dieu PanDupas”.zoom « Le Monde et la Ville, Décès », Paris-presse, L’Intransigeant, .. Son style très personnel est rattaché au néoclassicisme des années 1920 ou à l'Art déco. Il part à la villa Médicis à Rome, sous la direction de Carolus-Duran, puis d'Albert Bernard, où il retrouve le sculpteur Alfred Janniot et plusieurs amis dont Jean Despujols, Robert Poughéon et Pierre Bodard. Il y invite son ami Roger BissièreIsabelle Bissière, Biographie de Roger Bissière.. Mobilisé en 1914 pendant la Première Guerre mondiale, il est libéré en 1919, année où il retourne à Rome pour faire une dernière année, pendant laquelle il présente une dizaine d'œuvres à Bordeaux au bénéfice des blessés de la Grande Guerre. Il fera ses premières armes durant trois ans dans les ateliers d'un peintre bordelais, Émile Vernay, auquel il dédicacera des années plus tard une œuvre Nymphe drapée dans un jardin antique en 1945.
Nommé conservateur du musée Marmottan à Paris en 1940, il devient membre de l'Académie des beaux-arts en 1941. Nommé professeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il compte parmi ses élèves : Jean-Pierre Alaux, Jean Monneret, Jean Joyet, Gabriel Deschamps, Roger Forissier, Roger Festernaz et Geoffroy DauvergneAlain Valtat, Geoffroy Dauvergne, éditions Lévana, Sceaux, 1996, .. Il quitte son poste en 1951 pour subir une intervention chirurgicale et est remplacé par Edmond Heuzé. Il termine sa carrière comme directeur du musée Marmottan.
Travaux décoratifs vignette|redresse|Le Concile de Trente et l'évangélisation du Nouveau monde, vers 1935, détail, Paris, église du Saint-Esprit. Jean Dupas intervient, comme nombre d'artistes de l'époque, dans les domaines les plus variés Primavera Gallery, Jean Dupas. En 1923 et 1924, il travaille à des commandes de la Manufacture nationale de Sèvres, ainsi qu'à des cartons pour la Manufacture des Gobelins. Il dessine pour de grands magazines de mode comme Vogue et Harper's Bazaar. En 1925, il envoie une huile sur toile, Les PerruchesLes Perruches, notice sur photo.rmn.fr.Dupas”?rk=3669546;0 Dictionnaire de la peinture ([Nouv. éd.), sous la dir. de Michel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin ; avec la collab. d'Arnauld Pierre, Art Déco, Larousse, 2003]., à l’Exposition des arts décoratifs où elle est très remarquéeOn peut voir dans Les Aventuriers de l'arche perdue qu'Indiana Jones en possède une réplique dans son salon.. En 1927, il conçoit le catalogue des fourrures MaxArts et métiers graphiques, directeur : Charles Peignot, , . chez l'imprimeur Draeger. Il est membre des Ateliers d'art sacré, après 1919, dans le sillage de Maurice Denis et George Desvallières, et participe au renouveau de la fresque. Il travaille à ce titre à la décoration de l'église du Saint-Esprit à Paris., collaborant, entre autres, avec le peintre lyonnais Louis Bouquet, ordonnateur du salon de l'Afrique aux palais des Colonies à Paris. Il réalise également des affiches pour les Grands Magasins Dufayel. Il demeure à cette époque au 19, boulevard de Port-Royal à ParisÉtiquette collée au dos de la toile La Femme à l'Ara, 1921..
Il garde toutefois une prédilection pour les œuvres monumentales : Notice de présentation de l'œuvre de Jean Dupas : La Vigne et le Vin, Bordeaux, musée d'Aquitaine..
Il reste très attaché à sa ville natale pour laquelle il réalise notamment une grande composition, La Vigne et le vin, destinée à l'Exposition des arts décoratifs de 1925. Il exécute par ailleurs de nombreuses commandes publiques et privées.
Il reçoit commande du ministère de la Justice en 1940 d'un projet de tapisseries pour remplacer celles de l'hôtel de Bourvallais à Paris, alors abîmées. Il présente un carton intitulé La Marseillaise en 1945Acquis par préemption par le ministère de la Justice le .. Ces tapisseries ne seront jamais réaliséesAlexandre Lafore, « Un carton de Jean Dupas préempté par le ministère de la Justice », La Tribune de l'Art, (en ligne).
Les paquebots Il collabore à la décoration de plusieurs paquebots comme l’Île-de-France et le Liberté, avec Alfred Janniot et Jacques-Émile Ruhlmann. Un de ses tableaux figure dans la chambre de l'héroïne du film américain d'Ernst Lubitsch, Haute Pègre (1932). Il travaille avec le maître verrier Jacques Charles Champigneulle, qui exposera dans son atelier du boulevard du Montparnasse les dessins préalables à la décoration du grand salon du Normandie, réalisée en 1935, dont une feuille est conservé au musée national de la Marine à Paris. Pour la décoration de ce grand salon du Normandie, il peint de peinture sur glace de verre églomisé. Une partie de l'ensemble, L'Enlèvement d'Europe, est conservée à Saint-Nazaire à l'Escal'Atlantic, dans la base sous-marine, notamment un panneau de laque exécuté par Jean Dunand d'après les dessins de Dupas.
Décorations murales Il participe en 1936 au chantier de la bourse du travail de Bordeaux, y réalisant deux peintures murales. Il termine la même année la décoration d'un panneau mural pour le salon de l'argenterie du palais royal de Bucarest. En 1938, il participeAvec Yves Brayer, Jean Dunand, Paul Landowski et les photographes Marc Vaux et John-Adams Davis. à la réalisation du pavillon de la France pour l'Exposition universelle de New York de 1939, dont les architectes sont Roger-Henri Expert et Pierre Patout et ses collaborateurs Michel Dufet et Claude FerretArchives photographiques de la Cité de l'architecture et du patrimoine.. Il reste à New York où il rencontre un grand succès.
L'affichiste Devenu célèbre, il est sollicité pour réaliser des affiches pour les sociétés de transport londonien. Il réalise six affiches pour le métro de Londres, ainsi que celle du Salon des artistes décorateurs de 1925Ingolf Scola, Voldemar Boberman (1897-1987), un peintre dans les turbulences du , Moscou, Éditions Société des écrivains, 2015, fig. 81, Dupas”?rk=1609450;0 Art appliqué français d’aujourd’hui, 1925..
Œuvres Peinture
Le Chevrier Lammon trouve Daphnis enfant, 1909, esquisse, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. Jésus servi par les anges, Salon de 1909, localisation inconnue. Pays basque espagnol, Salon de 1909, localisation inconnue. L'Amour vainqueur de Pan, 1910, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. La Mort de San Bernardino, 1914, d'après Pinturicchio, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. L'Archer, 1917, Bordeaux, musée des Beaux-Arts. Le Tireur à l'arc, 1918, Bordeaux, musée des Beaux-Arts. Les Pigeons blancs, 1918, Bordeaux, musée des Beaux-Arts. Portrait de Léon-Hubert Patas d'Illiers, 1924, Orléans, musée des Beaux-Arts. La Vigne et le Vin, 1925, Bordeaux, musée d'Aquitaine. La Fontaine italienne, 1925, Beauvais, musée départemental de l'Oise. Portrait de jeune garçon, 1925Dupas”?rk=1909880;4 Gazette des beaux-arts : courrier européen de l'art et de la curiosité, ., localisation inconnue. La Femme en rougeDupas”?rk=965670;0 La Revue de l'art ancien et moderne, janvier 1929, page 19., 1927, Paris, musée des Arts décoratifs. Peintures murales, 1927-1929, Albert, basilique Notre-Dame de Brebières. Autoportrait, 1933, Bordeaux, musée des Beaux-Arts. Le Zodiaque, 1935, Bucarest, palais royal, salon de l'Argenterie. Le Concile de Trente et l'évangélisation du Nouveau monde, vers 1935, Paris, église du Saint-Esprit. La Gloire de Bordeaux (esquisse), 1937, Bordeaux, musée des Beaux-Arts. La Gloire de Bordeaux, 1938, peinture murale, Bordeaux, bourse du travail. Décors du grand salon des première classe du paquebot Normandie, avec le verrier Jacques-Charles Champigneulle : fragments à New York au Metropolitan Museum of Art et au Brooklyn Museum ; à Pittsburgh au Carnegie Museum of Art ; à Paris au musée national de la Marine ; à Saint-Nazaire à l'Escal'Atlantic. Le Jeu de cartes, 1954, Paris, lycée Claude-Monet. Le Jeu d'échecs, 1954, Paris, lycée Claude-Monet. Femme en buste, Beauvais, MUDO - Musée de l'Oise. Peintures murales, Paris, lycée Saint-Louis. Peinture murale, 1956-1957, Saint-Louis, centre d'apprentissageDate de la commission : . Arrêté de la commission du 1%, le , archives nationales de France..
Décoration de paquebots
Tir au pigeons, 1926, panneau pour la salle de théâtre du paquebot Île-de-France, en collaboration avec Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933). Le Char de Thétys, 1934, , un des quatre panneaux subsistant du Normandie réalisé en collaboration avec Jacques-Charles Champigneulle (1907-955)Petit-fils du maître-verrier Louis-Charles-Marie Champigneulle (1853-1905)., maître-verrier entre 1928 et 1952, d'après les cartons de Jean Dupas exécuté en verre églomisé par Champigneulle pour le grand salon des premières classes. Cette œuvre est conservée à Paris au musée national de la Marine. En 1950, la décoration du paquebot Liberté bénéficiera d'éléments provenant du paquebot Normandie, dont une peinture murale de Dupas.
Dessin
Euss, 1922, crayon et gouache sur papier, Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design.
Affiche
Projet d'affiche des artistes décorateurs, Paris, 1924, Bordeaux, musée des Arts décoratifs et du Design. Arnold Constable, commemorating the mode of Yesterday, 1928, lithographie en couleurs, , Paris, BnFNotice sur catalogue.bnf.fr..
Expositions et Salons
Salon d'automne. Salon des artistes français en 1909, 1921 et 1924. 1924 : . 1925 : Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris : esplanade des Invalides : Les Perruches, La Vigne et le Vin ; ambassade française, salon de réception : Les Perruches, ainsi que trois autres œuvres. 1939 : Exposition universelle de New York, peinture murale pour la décoration du pavillon de la France (1938), architecte : Roger-Henri Expert (1882-1955) (œuvre détruite). 2008-2009 : « Bordeaux des années 20-30, portrait d'une ville », La Gloire de Bordeaux. Du jeudi au dimanche : « Éloge de Bordeaux : trésors d'une collection », musée des Beaux-Arts de Bordeaux, exposition collective, Cavaliers acclamés par des jeunes filles. Du 26 juin au 29 novembre 2026 : exposition "Jean Dupas & Co. Le grand Art déco" à la Galerie des Beaux-arts du Musée des Beaux-arts de Bordeaux.
Réception critique
Récompenses 1909 : mention honorable au Salon des artistes françaisRené Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, .. 1910 : grand prix de Rome en peinture pour Éros vainqueur du dieu Pan. 1910 : médaille de au Salon des artistes français. 1922 : médaille d'or au Salon des artistes français.
Élèves
Notes et références
Annexes Bibliographie Dictionnaire Bénézit. Jacqueline du Pasquier, Bordeaux Arts Déco, Éditions Somogy, 1997. Collectif, Affiches de Jean Dupas, [catalogue d'exposition], Bordeaux, 1987. Collectif, Les Pages d'or de l'édition française, Mairie de Paris, 1988. Patricia Bayer, Art déco. Le livre, Éditions Florilège, 1988. Louis René Vian, Les Arts décoratifs à bord des paquebots français, Éditions Fonmare, 1992. H. Bernard, Notice sur la vie et les travaux de Jean Dupas, Institut de France, 1968. Le Pavillon de France à New-York, L'architecture d'aujourd'hui, janvier-, . Roger Henri Expert (1882-1955), Paris, IFA-éditions du Moniteur, 1983, et 233-234. Robert Coustet, « La Gloire de Bordeaux », Revue Archéologique de Bordeaux, t. LXXX, 1989.