vignette|Le sel, une des premières formes de salaire et un euro, un salaire moderne.

Le salaire, revenu payé à la force de travail, est une forme de paiement périodique, versé par un employeur à un employé salarié, celui-ci étant généralement encadré par un contrat de travail.

Le mot salaire vient du latin , dérivé de sal, le sel. , il désignait initialement la ration de sel fournie aux soldats romains (salarium), puis désigna l’indemnité en argent versée pour acheter le sel et autres vivres (salarium)Jean Fourastié, Pourquoi nous travaillons ?, Collect° Que sais-je ? , PUF Paris 1970, évoque une «allocation en monnaie qui permettait aux soldats des légions romaines d'acheter un peu de sel pour conserver leur ration les jours où elle abondait en viande».

Grandes théories sur l'objet du salaire En droit, le salaire, qu'il soit à l'heure, à la pièce, à la tâche, à la journée, est la ., le salarié-employé louant sa force de travail à un employeur sur le marché du travail, lien appréhendé par les diverses théories politiques.

vignette|Situation de prix libre selon la théorie libérale.

Théorie libérale

Selon la théorie libérale, le salaire est la variable d'ajustement entre l'offre (salariés) et la demande (employeurs) de travail: plus les salaires sont élevés, plus y aura de personnes voulant travailler, moins il y aura de poste de travail disponibles ; plus les salaires seront bas, moins il y aura de personnes souhaitant travailler, plus il y aura de postes disponibles.

L'objectif du libéralisme économique est donc de libérer le marché du travail, et par là de laisser le prix du salaire évoluer librement.

Théorie marxiste Dans la théorie marxiste, ce n'est pas le salaire (comme rémunération contre un travail) en lui-même qui est critiqué, mais l'exploitation que subissent les prolétaires (ceux qui ne détiennent que leur force de travail) salariés. Si Karl Marx considère que le salaire représente la location de la force de travail (Arbeitskraft) du salarié, il dénonce l'exploitation des travailleurs pratiquée sur le salaire, par la plus-value (dans le sens marxiste) réalisée sur ces derniers. C'est-à-dire que les salaires sont fixés à un niveau juste suffisant pour survivre et reconstituer la force de travail du prolétaire, le reste de la richesse produite par les travailleurs allant au propriétaire capitaliste.

Il faut cependant distinguer la critique de l'exploitation par les salaires, de la critique du salariat. Le salariat, dans les théories marxistes, est la condition dans laquelle se trouvent les prolétaires, forcés de vendre leur force de travail contre un salaire de subsistance pour survivre. Il est dans l'intérêt de la classe capitaliste de maintenir les prolétaires dans une domination et une dépendance aux propriétaires des moyens de production. Karl Marx disait que Le communisme (système politique) vise à renverser le système capitaliste basé sur le profit et le salariat, considéré comme la base de l'exploitation et de l'aliénation du prolétariat.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, avec la mise en place de la cotisation sociale comme composante du salaire et son mécanisme par répartition, ce n'est plus le salariat qui est visé par certains marxistes, mais l'emploi.Voir la théorie du "salaire à vie", développée par Bernard Friot..

Autres théories Entre les deux, la théorie du juste prix et de la juste rémunération de Thomas d'AquinThomas d’Aquin, Somme théologique (1273), le Cerf, 1986 qui justifie une certaine intervention sur la fixation du montant du salaire.

Comparaisons des salaires Le salaire peut comporter : une partie fixe (salaire de base), liée à la fonction, faisant généralement référence au contrat de départ ou à une classification du poste et le plus souvent ajustée périodiquement, notamment par indexation ; une partie variable liée aux performances, par rapport notamment aux objectifs individuels ou collectifs fixés par l'employeur ou négociés entre les parties. Elle concerne quasi systématiquement les métiers liés à la vente. des avantages en nature.

La rémunération d'un salarié dépend de sa qualification et de son niveau hiérarchique. Elle varie également en fonction de son statut..

Le montant du salaire est en théorie négocié entre l'employé et l'employeur, pour aboutir librement à un contrat de travail, mais dans une relation de travail par nature déséquilibrée, parfois totalement dans le cas des travailleurs clandestins, ou lorsque le droit de grève n'est pas effectif.

Pour comparer les salaires réels entre eux, on doit aussi mesurer le pouvoir d'achat réel du salaire nominal, c'est-à-dire tenir compte du niveau des prix des marchandises de consommation.

Le rapport des salaires selon les pays est considérable pour un même travail. Exemple de salaires annuels en 2008 pour un manœuvre du bâtiment, septembre 2012, UBS, la parité de pouvoir d'achat est calculée à partir des prix de la ville de Lyon. :

Villes Salaire net nominal (€) Salaire net PPA (€) Indice PPA Delhi 1 000 2 400 0,18 Shanghai 4 300 6 000 0,44 Moscou 8 800 10 400 0,76 Paris 14 700 13 700 1 Tokyo 27 100 19 500 1,42 New York 40 900 32 000 2,34

Les mesures du salaire sont différentes selon les pays et selon les sources.

Le salaire moyen est la moyenne arithmétique de l'ensemble des salaires perçus par la population considérée.

Le salaire médian correspond à la médiane de l'ensemble des salaires perçus par la population considérée, c'est-à-dire à la valeur de salaire telle que dans la population considérée la moitié des salariés gagne moins que cette valeur tandis que l'autre moitié gagne plusSalaire médian.

La notion de salaire complet inclut les cotisations sociales salariales et patronales. Le salaire brut comprend le salaire net plus les cotisations sociales salariales. Dans certains pays où il n'y a pas d'assurance sociale, le salaire net est aussi le salaire brut et le salaire super-brut.

Le règlement du salaire doit être accompagné de la remise au salarié d'un bulletin de paie explicitant le calcul détaillé des sommes payées. La loi peut fixer sa périodicité ainsi que celle de son versement. Le cas le plus répandu en France et dans la plupart des pays du monde moderne, est celui d'un salaire mensuel..

Cependant, le contrat de travail ou les usages de la profession peuvent prévoir un ( qui est réintégré dans le calcul du salaire moyen.

En cas de difficulté ou de faillite de l'employeur, les sommes dues au titre des salaires font partie des créances prioritaires.

Variation et échelle mobile des salaires Le salaire peut varier : à la suite de négociations avec l'employeur ; si une telle variation est définie par la réglementation. Par exemple, une échelle mobile des salaires rend obligatoire d'augmenter le salaire en fonction des prix. automatiquement, si salaire est au minimum légal comme le SMIC, créé en 1950 en France sous la forme de SMIG, où ce minimum est « de croissance » : il augmente légalement avec la hausse des prix et de la croissance.

La problématique de l’indexation des salaires a été au centre de fortes tensions en Belgique, en France, en Italie et au Danemark au début des années 1980, avec des controverses passionnées, causant la chute du gouvernement Martens IV, dès , auxquelles la forte baisse de l'inflation dès 1982 et 1983 n'est pas parvenue pas à mettre fin"L'indexation des salaires" par Jacques Moden, dans la revueCourrier hebdomadaire du CRISP en 1983 .

Dans le système belge qui a fonctionné jusqu’en , l’indexation sur l'indice national des prix à la consommation, protégeait la plupart des titulaires de revenus : salariés, allocataires sociaux, et indirectement agriculteurs, professions médicales et propriétaires de biens immobiliers donnés en location.

Aux Pays-Bas, un indice des prix couvrait l’ensemble de la population et un autre les ménages de travailleurs, utilisé pour l’indexation des salaires. C'était le cas en France en 1957 et jusqu'en 1966. Aux États-Unis et au Canada, l’indexation était assuré par les conventions collectives.

L’indexation des salaires est née en France d’une , par la loi du sur l’arbitrage, qui , dès lors qu'était observé "une hausse du coût de la vie de plus de 5 % ». Après la guerre, et à partir de 1968, « la pratique de l’indexation », freinée par une loi de 1958, est réapparue « peu à peu, de manière indirecte tout d’abord, sous la forme des clauses de renégociation et, à partir de 1970, très ouvertement ».

Lors du tournant de la rigueur de 1982 puis 1983, la fin de l'indexation a fait suite à l'instauration d'un blocage des prix par le gouvernement. En , il a été décidé qu’étaient bloqués, mises à part quelques rares exceptions, l’ensemble des prix à la production comme à la distribution puis le , le premier ministre Pierre Mauroy décidé aussi de mettre un terme, pour le secteur public, à l’indexation des rémunérations.

Il arrive que l'employeur décide du « gel des salaires » pendant une certaine périodeDu gel des salaires à la débâcle des compétences, Alain Cougard, 2009

Salaire net Le salaire net correspond à la valeur effectivement encaissée par le salarié. Le calcul de cette valeur doit être explicité sur le bulletin ou la feuille de paye. Le salaire net est inférieur au salaire brut puisque sont déduites les valeurs des cotisations sociales obligatoires ou conventionnelles retenues par l'employeur, mais versées par lui aux organismes désignés pour les percevoir.

Le salaire net est le salaire final perçu par le salarié. Ce salaire représente environ 77 % du salaire brut pour un salarié non cadre..

En effet, dans la législation française, à côté du salaire net touché directement par le salarié, existent des cotisations sociales salariales calculées et prélevées sur le salaire brut qui sont destinées à financer divers systèmes de solidarité : à savoir essentiellement la retraite (soit par répartition, soit par épargne retraite), l'assurance chômage et l'assurance maladie (de façon plus détaillée, il existe aussi des cotisations maternité, veuvage, prévoyance — maladies longues —, etc.).

Les employeurs versent eux-mêmes pour les mêmes motifs des cotisations sociales patronales, représentant des montants généralement équivalents.

Les cotisations sociales ainsi prélevées alimentent des caisses (établissements publics, privés ou mixtes) chargées de verser les indemnités prévues par la réglementation selon les besoins des travailleurs concernés : en cas d'accident, de maternité, de maladie, de retraite, etc. Ainsi, par exemple les cotisations de l'assurance chômage sont versées à Pôle emploi qui lui-même paye les indemnités au chômeur.

Salaires brut et super-brut Le salaire brut est la somme du salaire net et des cotisations sociales salariales retenues sur le bulletin de paie d'un salarié.

Le salaire super-brut (ou salaire total) est la somme du salaire net et des cotisations sociales salariales et patronales payées en contrepartie du travail effectué par le salarié.

Selon l'Institut économique Molinari, un think tank libéral franco-belge, en France, de pouvoir d'achat correspondraient en 2015 à de salaire « super brut », ce qui ferait de ce pays le européen en termes de cotisation fiscale et sociale après la Belgique.. Toutefois, comme le souligne Le Monde, il ne faut pas perdre de vue que « Les mauvais calculs d’un chef d’entreprise sur le « coût du travail » », Le Monde, 31 août 2016.. Pour comparer, il faut tenir compte que, dans d'autres pays, le niveau de protection sociale de base est dans certains cas inférieur à la France, et les assurances vieillesse, santé, chômage, etc. sont déléguées au privé.

Revenu salarial en France Le revenu salarial. est la somme de tous les salaires nets perçus par une personne au cours de l'année..