La Galaxie Gutenberg est un essai du philosophe Marshall McLuhan, l'un des fondateurs des études contemporaines sur les médias. Cet ouvrage paru en français en 1967 est la traduction de The Gutenberg Galaxy: The Making of Typographic Man (1962).

Description Contrairement aux livres savants structurés de façon hiérarchique, cet ouvrage est composé en une mosaïque de 108 courts chapitres non numérotés, qui ne s'enchaînent pas de façon linéaire et dont les titres visent à piquer la curiosité, parfois au risque de la provocation :

Le lecteur est ainsi amené à explorer diverses questions qui font ressortir les spécificités de l'imprimé par rapport au manuscrit ou à celles de l'échange verbal et de la télévision. Dans cet ouvrage, développant l'idée selon laquelle une société se façonne par le progrès technique, McLuhan identifie quatre grandes époques en fonction du média dominant : (1) l'époque tribale où domine l'oralité et où la mémoire joue un rôle capital; (2) la culture du manuscrit où l'enluminure est très importante et constitue une facette de l'art de la mémoire; (3) l'invention des caractères typographiques mobiles permet la naissance de l'imprimerie et l'avènement de la galaxie Gutenberg; (4) les communications électroniques abolissent la distance et entraînent une extension de nos sens en même temps que le monde se transforme en un vaste cerveau électronique régissant le village global qu'est devenue la planète.

Au moment de la rédaction de ce livre, McLuhan voyait donc la société en train de quitter la « galaxie Gutenberg » pour entrer dans la « galaxie Marconi ». En se focalisant sur le livre en tant que média de communication,

Certains en ont conclu que c'en était fini de l'information imprimée. Or, c'est dans les pays où elle était le plus diffusée que, dans un premier temps, la presse quotidienne, malgré l'essor de la télévision, a continué à se développer le plus : en délivrant une information plus rapide mais plus brute, les médias électroniques ont augmenté le besoin de vérifier et d'étayer la véracité des informations. Des spécialistes ont ainsi établi que vingt minutes de journal télévisé correspondaient à seulement trois colonnes de texte d'un quotidien.

Comme le remarque Richard Cavell,

En même temps, McLuhan ne croit pas que le format matériel du livre soit dépassé. Il manifeste beaucoup d'intérêt pour le livre d'artiste dans The Medium is the Massage (1967) ainsi que pour la typographie :

Depuis le début du , le monde est passé d'une civilisation de l'imprimé marquée par l'individualisme à celle de l'électricité, qui a permis le retour de l'oral comme moyen de communication. C'est ainsi que la planète est devenue un « village global » où chacun est le voisin de l'autre. Loin de considérer cette éventualité comme particulièrement réjouissante, McLuhan est bien conscient que ainsi que le signale Douglas CouplandCité dans . et comme le confirme la résurgence observée au début du des nationalismes exacerbés par des leaders populistes.

Réception L'ouvrage a été abondamment discuté dès sa parution. En 1974, Raymond Williams lui reproche son déterminisme technologique. Dans l'importante biographie que lui consacre Philip Marchand en 1989, Neil Postman rappelle toutefois le pouvoir heuristique des hypothèses de McLuhan. Pour Douglas Coupland, les prédictions de McLuhan se sont réalisées, notamment en ce qui concerne l'interdépendance électronique dans un village global. Il a aussi prédit avec assez d'exactitude la sphère médiatique actuelle.

Notes et références

Bibliographie . Titre original : The Gutenberg Galaxy: The Making of Typographic Man, University of Toronto Press, 1962. . . .

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