Jimmy Wales (prononcé ), né le à Huntsville (Alabama), est un homme d'affaires et entrepreneur social américain et britannique. Pionnier du savoir libre, il est connu comme l'un des deux cofondateurs de Wikipédia et le créateur de la fondation Wikimédia qui soutient ce projet.

En 1996, il crée avec deux associés un portail web, Bomis. Grâce aux fonds de l'entreprise, il lance quatre ans plus tard Nupedia, une encyclopédie en ligne sous licence libre.

En , il cofonde avec Larry Sanger une autre encyclopédie libre en ligne, cette fois participative grâce à la technologie du wiki : Wikipédia. Face au succès exponentiel de cette dernière, il crée, en 2003, la fondation Wikimédia, qu'il charge de soutenir toutes les éditions linguistiques de l'encyclopédie. Il préside cette fondation jusqu'en 2006. Sous sa présidence, la « communauté wikipédienne », elle aussi croissante, développe de nouveaux projets éditoriaux (Wikimedia Commons, le Wiktionnaire, Wikisource…) au point de devenir un « mouvement Wikimédia » ; dès lors, les compétences de la fondation s'élargissent à ces nouveaux sites.

Parallèlement, en 2004, Wales cofonde Wikicities (devenu Wikia, puis Fandom), une plateforme d'hébergement de wikis, avec Angela Beesley. En 2006, le magazine américain Time l'inclut dans le Time 100.

En 2019, il crée une plateforme de microblogging, qu'il intitule d'abord WT.Social avant de la renommer Trustcafe.io en 2023.

Biographie

Enfance et formation

Jimmy Donal Wales naît en à Huntsville, en Alabama.. Selon son certificat de mariage avec Christine Rohan, il est né le ; pourtant, selon son passeport et son permis de conduire., sa date d'anniversaire est le . Son père travaille comme gérant d'une épicerie tandis que sa mère, Doris (née Dudley), et sa grand-mère, Erma, dirigent une petite école privée d’une seule salle (de type ou école de rang d'enseignement primaire), dans laquelle Jimmy reçoit son éducation. Il est influencé par la pédagogie Montessori.

Après la , Jimmy Wales devient élève de la , une école située dans l’Alabama, à Huntsville, qui prépare à l’entrée à l’université. Cette dernière est l'une des premières écoles à favoriser l’usage des nouvelles technologies, et notamment de l’informatique, auprès des étudiants, grâce à des salles de machines. Il affirme que l'école a été coûteuse pour sa famille, mais que cette formation était considérée comme importante :

Par la suite, il obtient un diplôme universitaire de finances à l’université d'Auburn, puis commence le programme du doctorat de finances à l'université d'Alabama, qu'il quitte au niveau de la maîtrise. Ensuite, il continue à suivre les cours du doctorat à l'université d'Indiana. Il enseigne dans ces deux universités pendant ses études, mais ne rédige pas la thèse de doctorat nécessaire à l’obtention du diplôme.

Carrière

De 1994 à 2000, Jimmy Wales travaille comme directeur de recherche au . Il fait fortune en spéculant sur la fluctuation des taux d'intérêt et de changeFrancis Pisani et Dominique Piotet, Comment le web change le monde : l'alchimie des multitudes, éd. Pearson, 2008 , .. D’après Daniel Pink, du magazine , grâce à de la spéculation sur les taux d’intérêt et les fluctuations des monnaies étrangères, il dit avoir gagné assez d’argent pour pouvoir faire vivre son couple durant le reste de son existence.

Le portail web Bomis.com et l'encyclopédie en ligne Nupedia

Durant cette période, l'un des projets qu'entreprend Jimmy Wales est la création de Bomis en 1996, un portail d'information sur la ville de Chicago, qui va ensuite élargir son contenu pour inclure des sujets destinés à un public masculin et évoluer dans le sens d'un moteur de recherche vers des pages essentiellement érotiques. Wales décrit Bomis comme étant un « moteur de recherche plutôt destiné aux gars »., vendant des images érotiques semblables le plus souvent à celles du magazine Maximal avec parfois des femmes très légèrement vêtues.

Lors d’une interview en 2007, il déclare qu’en 1999, il avait effectué une étude puis il avait réalisé un logiciel permettant de produire une encyclopédie multilingue en ligne, cependant trop lent pour pouvoir être utilisé..

En , Jimmy Wales fonde et finance (grâce à Bomis) Nupedia, un projet d'encyclopédie libre de nature ouverte et corrigée par des pairs. Il embauche pour cela Larry Sanger comme rédacteur en chef. Jimmy Wales désire à l'origine une qualité comparable aux encyclopédies professionnelles du marché avec des rédacteurs libres sélectionnés, mais leur rareté cause la fermeture de Nupedia le , avec seulement finis et 74 en cours de développement.

Wikipédia (2001-) et la fondation Wikimédia (2003-)

Au milieu de l'année 2003, Jimmy Wales met en place la Wikimedia Foundation, une organisation à but non lucratif basée à St. Petersburg, en Floride, pour soutenir Wikipédia ainsi que ses autres projets affiliés récemment créés.

Il forme un comité de cinq membres composé de lui-même, deux de ses collègues de travail, qui ne sont pas des wikipédiens actifs, et deux membres élus parmi la communauté des wikipédiens.

Nouveaux projets

Il crée également, avec Angela Beesley, l’entreprise Wikia, Inc.

En 2005, Jimmy Wales est désigné membre du Centre Berkman pour l’internet et la société de la faculté de droit d'Harvard. Le , selon une revue de presse, il devient membre de la direction de Socialtext, une entreprise proposant des solutions wiki pour le marché professionnel.

En 2006, il devient membre de la direction de Creative Commons, une association à but non lucratif.

Le , il est l'un des conférenciers vedette à la fameuse Conférence TED Jimmy Wales, conférencier TED. Clip vidéo de la conférence TED..

Le , Jimmy Wales reçoit les clés de la ville de Tijuana, au Mexique pour sa conférence dans la réunion Tijuana Innovadora ..

vignette|Jimmy Wales en 2014 au CeBIT, présentant Wikipedia Zero.

Mi-, il est nommé par Google au sein d'un comité consultatif de dix experts, qui est chargé de rédiger un rapport apportant des recommandations afin d'appliquer la mesure du « droit à l'oubli »Lucie Ronfaut, « Google nomme un comité du "droit à l'oubli" », Le Figaro, encart « Économie », samedi 12 / dimanche 13 juillet 2014, page 26..

En 2015, Jimmy lance , un réseau social facilitant les dons effectués aux œuvres caritatives...

Jimmy Wales lance, en , le projet de mise en place de Wikitribune, une plateforme web d'information dont le contenu serait écrit par des journalistes professionnels soutenus par des contributeurs bénévoles.. Le projet est indépendant de la fondation Wikimedia. Il vise à lutter contre la diffusion de fausse nouvelle et les . en s'affranchissant des biais éditoriaux des journaux traditionnels. En s'appuyant sur une communauté au semblable à celle de Wikipédia, Jimmy Wales souhaite atteindre une plus grande objectivité.. Les données brutes obtenues par les journalistes seront rendues publiques pour rendre les articles plus facilement vérifiables.. Les journalistes professionnels de la plateforme seraient soutenus par les dons mensuels de lecteurs. Une campagne de financement participatif est lancée pour permettre d'embaucher les 10 premiers journalistes. Wikitribune n'affichera pas de publicité et les articles pourront être lus gratuitement..

Wales lance le projet de plateforme de réseau social et microblogging nommé WT:Social en , dans l'espoir de concurrencer Facebook et Twitter..

Vie privée À 20 ans, Jimmy Wales épouse Pamela Green, une employée de supermarché. Ils divorcent sept ans plus tard, en 1993. Il se remarie en 1997, avec Christine Rohan, avec qui il a une fille, Kira. Le couple se sépare en 2008, année au cours de laquelle il rompt sa relation avec une journaliste de télévision, la Canadienne Rachel Marsden, via une annonce publique sur Wikipédia.. Le , il se remarie à Londres, en troisièmes noces pour lui, avec la Britannique ., une ex-collaboratrice de Tony BlairArticle dans ZD Net le 30 octobre 2012 , qui fut Premier ministre britannique dans les années 1990, et les années 2000. Ce dernier et son épouse Cherie assistent à la cérémonie"Wiki wedding: Wikipedia founder Jimmy Wales marries Tony Blair's former aide", par Laura Donnelly, dans le Daily Telegraph le 6 octobre 2012 .

Il vit dans la capitale anglaise depuis cette date, après avoir habité à San Diego puis St. Petersburg en Floride.

Convictions

Jimmy Wales est un adepte passionné de l'objectivisme développé par la philosophe américaine Ayn Rand (1905-1982). Il écrit ainsi de l'objectivisme qu'il « colore tout ce que je fais et tout ce que je pense » "The free-knowledge fundamentalist", The Economist, 7 juin 2008, .. Par ses convictions philosophiques, il pourrait être considéré comme un libertarien, même s'il refuse d'employer ce terme (à l'image d'Ayn Rand, qui l'a toujours refusé : .). À propos de l'économie, il appuie le capitalisme et attribue aux idées du penseur libéral Friedrich Hayek une influence importante dans la création de Wikipédia..

Lors d’une interview de Slashdot en 2004, il explique quelles sont ses motivations pour Wikipédia.

En , il déclare ne pas être choqué par les systèmes de surveillance installés par les gouvernements. Pour lui, le problème ne se situe pas au niveau des gouvernements mais au niveau de la surveillance exercée par les entreprises privées, par exemple sur Internet. Au sujet des caméras de surveillance, il estime que ; il estime toutefois qu'il faut fixer des limites et que les caméras de surveillance ne doivent pas être installées dans les maisons des citoyens..

En , Jimmy Wales fait partie des signataires d’une lettre ouverte destinée à l'Union européenne portant sur l' de la nouvelle directive européenne sur le droit d'auteur, considérant que l’article pourrait causer des dommages économiques sur le marché numérique. L’article prévoit que les entreprises doivent incorporer automatiquement la possibilité de rendre certaines œuvres inaccessibles, si les ayants droit le demandent..

Point de vue sur Wikipédia

Très faible nombre de contributeurs

En 2004, il déclare , puis signale en 2006 qu’environ 50 % des modifications de la version anglophone sont faites par seulement 0,7 % des utilisateurs, soit une communauté restreinte de : .

Concernant la gestion du site, il estime que « C’est cette communauté resserrée qui, en fait, fait le gros du contenu » ; « C’est un groupe de cent à deux cents personnes »..

Selon Adèle Smith du Figaro, Jimmy Wales aurait dit qu'il n'y avait pas de mais aussi que ., reprenant une réponse à la question dans une interview au New York Times en 2007. Débat avec le patron du laboratoire Novartis

En 2010, Jimmy Wales affronte Joe Jimenez, patron du géant suisse de la pharmacie Novartis, au cours d'un débat au Campus Novartis à Bâle. Sur la question de la propriété intellectuelle, Wales vante la circulation d'informations gratuites, Jimenez y opposant la nécessité des retours sur investissements pour financer la recherche de nouveaux médicaments.

Les deux débatteurs se rejoignent pour évoquer la : chez Wikipédia, qui repose sur le bénévolat, la passion de est le seul moteur., mais elle reste aussi indispensable chez les salariés de Novartis, malgré un chiffre d'affaires de plus de 44 milliards de dollars.

Polémiques En 2005, Jimmy Wales apporte sous son propre nom des modifications à sa biographie sur la Wikipédia en langue anglaise qui sont remarquées par les médias. Il efface notamment la mention de Larry Sanger comme cofondateur de Wikipédia. Plus tard, il explique que qualifier Sanger de cofondateur était erroné, car il était seulement salarié d'un projet que Jimmy Wales finançait, et qu'il l'a quitté après la modification des statuts supprimant son salaire..

Il présente cependant des excuses pour avoir modifié sa propre page, pratique largement découragée sur l'encyclopédie en ligne.

Récompenses

En 2006, Jimmy Wales reçoit : l'EFF Pioneer Award. ;