Alain Canhiart, né vers et mort en , fils de Benoît, comte et évêque de Cornouaille et père d', fut comte de Cornouaille de 1020 à 1058. Son surnom « Canhiart » issu du vieux breton Kann Yac'h (Combattant plein de vigueur, sain) est traduit dans les documents en latin par « Bellator fortis », il est vraisemblablement lié à son ardeur au combatAu moins cinq rues en Bretagne portent son nom, d'après Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, 1997.. Ce surnom pourrait également provenir du vieux breton Cainarth, procédant de cain "beau" et arth "ours", autrement dit le "bel ours", c'est-à-dire le "guerrier vigoureux".

Origine et famille Selon Pierre Le Baud Alain Canhiart est un descendant de « Rivallon Mur Marzou » et il appartient donc à la « ligne masculine des rois de Bretagne »Cronicques et Ystoires des Bretons Société des bibliophiles Bretons 1911. chapitre 90 ..

Alain Canhiart est plus certainement issu de la lignée de vicomtes puis comtes qui depuis le milieu du ont imposé leur pouvoir héréditaire sur la Cornouaille. Il est le fils de Benoît ou Binidic, comte et évêque de Cornouaille, puisqu'il a été élu au siège épiscopal de Quimper après 990 dans des circonstances inconnues et qu'il exerce les deux fonctions de comte et d’évêqueJoëlle Quaghebeur, La Cornouaille du au , Mémoire, pouvoirs, noblesse, Presses Universitaires Rennaises, 2002, 114-116.. Sa mère Guigoëdon ou Guiguoedon est la fille d’Orscand le Grand évêque de VannesCe dernier comme son fils Rudald, sans doute issus d' est un grand féodal qui contrôle de facto le vannetais à la fin du . qui appartient à la famille du roi Alain de Bretagne dont Alain Canhiart porte d’ailleurs le nom qui n’appartient pas au stock onomastique de la famille de CornouailleJoëlle Quaghbeur 120-121..

Comte de Cornouaille Alain accède au comté vers 1020 par renonciation de son père qui se démettra peu après en 1022 de son évêché en faveur de son second fils Orscand. Les relations entre les deux frères et leurs épouses respectives, Judith et Onwen, seront parfois tendues mais Alain gardera toujours la prééminence sur son frère l’évêque.

Une brouille l’oppose à son suzerain qui reproche au comte d’avoir soutenu des rebelles et le duc confisque des territoires appartenant à Alain dont l’île de Guadel (Belle-Île-en-Mer). Alain Canhiart rentre en grâce rapidement après avoir facilité le mariage de son suzerain en enlevant, selon la tradition, pour son compte Berthe de Blois, la fille du comte Eudes il recouvre l’île confisquée précédemment qui « avait appartenu à la dot de sa mère Guinoedon »Cartulaire de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé 102..

Alain Canhiart épouse vers 1026 Judith fille de Judicaël de Nantes et héritière de ce comté. Entre autres dons de mariage il lui cède, les noces ayant été célébrées suivant la coutume, cinq hameaux en Quistillic et la moitié de l'église de Cluthgual, avec la dîme, la sépulture et tous ses droitsJoseph Loth L'émigration Bretonne en Armorique Slatkine Reprints. Paris-Genève 1980 224 & note ..

L'accroissement potentiel de sa puissance lié à son union semble avoir attiré l’attention du duc . Une armée ducale entre en Cornouaille mais elle est repoussée en 1031 près de Locronan grâce à l’intervention de Saint Ronan selon la tradition. Après une seconde réconciliation avec , Alain Canhiart doit faire face à l’indiscipline de ses propres vassaux les Léonais avec à leur tête vicomte de Léon qui s’est soulevé avec « des tyrans » de sa région puis Morvan vicomte du Faou. Le comte s’impose rapidement aux révoltés.

À la suite sa guérison d’une grave maladie, Alain Canhiart fonde selon la tradition vers 1029 l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé avec à ses côtés son frère l’évêque Orscand et il en confie la direction à Gurloës. Il attribue à sa fondation Belle-ÎleJoëlle Quaghbeur 127 estime que l'abbaye a été fondée « avant 1050 »..

En 1050 après la mort de , Alain Canhiart fait valoir les droits de son épouse contre et prend en charge en 1054 le comté de Nantes pour le compte de son fils et héritier Hoël.

Le comte meurt en 1058 et il est inhumé à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé selon son obituaire. Jacques Cambry, dans son catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère, nous apprend que son tombeau fut détruit pendant la Révolution. Il y était représenté en costume de son temps, avec sa courte épée, son bouclier, ses armes.

Union et descendance

Vers 1026, il épouse Judith, héritière du comté de Nantes, qui revient à celle-ci à la mort de son neveu, le comte .

Le couple a au moins six enfants dont quatre garçonsIl est significatif que les deux aînés portent, comme le comte d'ailleurs, des noms liés à la lignée d', jugée plus prestigieuse. Les noms traditionnels à la maison de Cornouaille « Budic » et « Benoît » sont réservés aux cadets. : Hoël, comte de Nantes, de Cornouaille, duc de Bretagne ; Guérech (ou Quiriac) (1030 - 1078), évêque élu de Nantes en 1059, consacré le ; Budic, mort en 1091 ; Hodiern, abbesse de Locmaria de Quimper ; Benoît, abbé de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé en 1066, évêque élu de Nantes en 1079, consacré en 1081, se retire en 1114 et meurt en 1115 ; Orguen/Agnès, épouse d'.

Annexes

Notes et références

Bibliographie . . Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, 1997.

Catégorie:Comte de Cornouaille Catégorie:Date de naissance incertaine (XIe siècle) Catégorie:Naissance dans le duché de Bretagne Catégorie:Personnalité bretonne du XIe siècle Catégorie:Décès en 1058 Catégorie:Décès dans le duché de Bretagne