L'économie du Nord-Pas-de-Calais est caractérisée par une implantation ancienne de secteurs d'activité important tels l'agriculture et ses dérivés (activité brasicole dès le ), le textile, et le commerce en raison de sa situation géographique. La révolution industrielle donna un essor considérable à ces activités traditionnelles, et la présence de charbon permit le développement d'une industrie lourde. Après la Seconde Guerre mondiale, les centres de recherche ne furent pas reconstruits pour éviter la destruction ou l'appropriation de découvertes en cas de conflit et d'une quatrième occupation par l'Allemagne de la région. La fin des Trente Glorieuses coïncide avec le déclin des houillères, qui alimentait en énergie l'industrie lourde de la région. Ces graves difficultés structurelles s'ajoutent à la crise économique : Des trois grands secteurs qui étaient les piliers de son économie, charbon, acier, textile, seuls les deux derniers subsistent encore tant bien que mal. La dernière mine de la région a fermé en et la sidérurgie a été déplacée de la Sambre et du Valenciennois sur la côte à Dunkerque pour utiliser le minerai apporté des antipodes. La pétrochimie y est aussi installée. Le textile s'est spécialisé et automatisé, pour faire face à l'importation des grandes séries. Le secteur secondaire n'occupe plus que 33,8 % de la population active (28,9 % pour la France). Son raccordement à l'Europe du Nord-Ouest lui permet toutefois de bénéficier des retombées économiques de la mise en service du tunnel sous la Manche et des LGV (TGV).

Malgré un ancien retard, la région a connu une rapide tertiarisation (62,8 % des emplois). Cette croissance a permis de combler les retards en matière de formation scolaire et universitaire. Le développement régional peut s'appuyer sur des compétences fortes comme la vente par correspondance (la Redoute, 3 Suisses, Damart), la grande distribution (Auchan), les transports et la logistique. Avec sept universités, le potentiel formation-recherche est devenu considérable. Le développement et la diversification du secteur tertiaire s'appuient sur le réseau des villes moyennes et surtout sur la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing, qui concentre près de la moitié des services supérieurs de la région.

Données générales Infrastructures 280px|center TransportsRoutes AutoroutesSource : Ministère du transport, de l'Équipement, du Tourisme et de la Mer - Service d'études techniques des routes et autoroutes, données au 31/12/2004Rail Source : SNCF - Direction du Contrôle de gestion, données au 31 décembre 2004Voies d'eau Ports et aéroports Ports de marchandises Calais, Dunkerque, Boulogne, Lille (fluvial)Aéroports13avec trafic internationalAéroport de Lille - Lesquin Source : INSEE, tableaux économiques NPdC

Favorisée par sa situation de jonction entre le Royaume-Uni, l'Irlande et le continent, le Nord de la France est une région d'échanges, un carrefour de communication entre l'Europe du Nord-Ouest, le reste du pays, l'Espagne et le Portugal. Historiquement les voies d'eau étaient privilégiées pour le commerce. La présence de trois grands ports de commerce en est l'une des conséquences : le port de Boulogne, le port de Calais (premier port pour le nombre de voyageurs transmanche), et le port autonome de Dunkerque (troisième port pour le trafic pondéreux minéralier). Les fleuves ont été canalisés pour servir au transport, de voies navigables (soit 10 % du réseau français) sont actuellement disponibles, dont utiles à la commercialisation. Les voies navigables de France envisage de remettre aux normes certains canaux comme le canal de Roubaix, pour le tourisme fluvial. La Région attend surtout les travaux de construction du canal Seine-Nord, qui reliera le réseau nordiste à celui de la Seine.

Le nombre d'autoroutes, suivant à la fois l'axe nord-sud (A1, A2) et l'axe du littoral vers l'intérieur (A25, A26, A27), canalise un trafic régional, interrégional et international considérable. D'importants aménagements sont en cours sur le littoral et sur le site du terminal du tunnel. Un plan routier et autoroutier (A16, rocade littorale) qui est par ailleurs source de vives polémiques, les accompagne. Bien que la région comprenne 6,6 % des autoroutes françaises (majoritairement gratuites), depuis 1970, un projet d'autoroute supplémentaire est envisagé avec l'A24 pour désengorger l'A1.

Le tunnel sous la Manche, ouvert en , dont l'axe ferroviaire (navettes pour voitures et camions ; TGV et trains classiques) relie le Kent à Sangatte, près de Calais, même s'il concurrence en partie les ports français et belges, incite à l'intensification du trafic transmanche. La mise en service du TGV entre Paris, Lille et Arras jusqu'à Londres, Bruxelles, Amsterdam et la Rhénanie a considérablement raccourci les temps de parcours entre les grandes métropoles de l'Europe du Nord-Ouest, et doivent faire de Lille et du Nord une plaque tournante européenne.

Acteurs institutionnels Public : Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, conseil général du Nord, conseil général du Pas-de-Calais, n intercommunalités, n Tribunaux de Commerce, n succursales de la Banque de France, Université Lille Nord de France Privé : 1 Chambre de commerce et d'industrie en 1714, 13 en 2006, mais en 2007 plusieurs projets de fusion sont annoncées afin de n'en conserver que 3 ou 4. n chambres des métiers Partenariat public/privé : 6 pôles de compétitivité qui sont : Up Tex pour la filière textile (sur la zone de Roubaix, Cambrai et Calais), Industrie du commerce (Lille Métropole), Nutrition, Santé, Longévité (Lille), Aquimer (anciennement filières produits aquatiques / filière halieutique) (Boulogne et Étaples), I Trans pour le transport ferroviaire (Valenciennes et Lille Métropole) Maud pour Matériaux et Applications pour une Utilisation Durable (anciennement Matériaux à usage domestique) (Lille Métropole, Valenciennes, Douai et Compiègne)

Énergie

L'industrialisation de la région a été rendue possible par l'abondance de charbon, au sein d'un bassin minier qui s'étend de Lens à l'ouest jusqu'à Valenciennes à l'est, avec Douai comme siège des Houillères. Les mines ont permis à l'industrie de bénéficier d'énergie à bas coût. Cependant depuis 1980 la montée en puissance de la centrale nucléaire de Gravelines a compensé la fermeture des mines (1990 dernière mine) et a permis de disposer d'énergie en abondance. Le nucléaire fournit 87 % de la production d'électricité, dont pour celle de Gravelines. En 2006, la consommation de la région s'élevait à 36,3 milliards de kWh pour une production de 45 milliards de kWhInterview de Georges Orain, chef du service développement et optimisation du patrimoine à Réseau de Transport d'électricité (RTE) à Nord Éclair, le 27 avril 2007. De façon marginale à l'origine, l'éolien connaît actuellement un essor au sein de la région qui se hisse à la septième place avec produit, et dont le potentiel offshore commence à être envisagé avec un objectif de à terme.

Emploi SecteurÉtablissementSalariésPoids/Salariés FranceTransports6,2 %Activités financières5,0 %Activités immobilières3,8 %Services aux entreprises5,8 %Services aux particuliers4,6 %Éducation, santé, action sociale7,0 %Administration6,0 %Total Services5,7 %

Secteur primaire : Pêche, Agriculture

La région a une image de région industrielle fortement peuplée, cependant une part importante du territoire est consacrée à l'agriculture (71 % de la surface de la région), le Pas-de-Calais étant plus rural que le Nord. La façade côtière a permis également l'émergence d'une activité halieutique fort ancienne (le Carnaval de Dunkerque rendait ainsi, à l'origine, hommage au départ des pêcheurs pour cinq mois en mer par un lancer de harengs du haut du beffroi). L'abondance de matières premières explique le développement d'une industrie agroalimentaire, dont certaines entreprises sont leaders dans leurs domaines.

Pêche La proximité de la mer du Nord a suscité l'essor d'une pêche industrielle concentrée à Boulogne-sur-Mer. La pêche régionale est depuis de nombreuses années en crise en raison de la baisse des quotas de pêche et petit à petit les ports régionaux se sont spécialisés dans un type d'activité. Ainsi Boulogne-sur-Mer est devenu le premier port français pour le volume des débarquements et le premier centre de transformation du poisson. Il existe cependant encore des petits ports de pêche comme Étaples à vocation régionale. Port de Boulogne-sur-Mer de pêche français en volume et en chiffre d'affaires jusqu'en 2004 de pêche français en volume et en chiffre d'affaires (derrière Lorient) depuis 2005 Principal centre européen du traitement des produits de la mer

Agriculture AgricultureEmploi salariésChiffre d'affaires2,53 milliards €ExploitationsRang nationalSource : Chambre Régionale d'Agriculture (2005)

Les industries, l'urbanisation et les autres contraintes n'ont pas étouffé l'agriculture. Le nombre d'exploitants est en constante diminution, ce qui permet d'assurer une forte productivité (avec un certain risque de fragilité cependant). Elle représente 3,9 % de la production nationale, et 15 % des effectifs salariés de l'industrie régionale.

Élevage Bovins : Les principales races bovines représentées sont la blanc bleu belge et la bleue du Nord. Les exploitations d'élevage laitier et d'élevage à viande se concentrent dans l'Avesnois, le Boulonnais et la Thiérache et permettent d'alimenter 9 abattoirs régionaux. VolailleRapport Agreste Nord sur l'état de la filière avicole en 2005: Avec près de 31 millions de vollailles en 2004, la région ne représente que 2 % de la production nationale. Les éleveurs se situent soit autour de la région de Licques, où 270 élevages de plein air bénéficient d'un label, soit en Flandre où 150 élevages de plein air sont regroupés sous le label Lionor, ou encore dans la vallée de la Lys, mais cette production labellisée ne constitue que 5 % de la production avicole (contre 16 % pour la moyenne nationale). La production de poulet industriel constitue près de 90 % de l'activité.

Culture Les exploitations agricoles sont à la fois destinées à alimenter le secteur alimentaire traditionnel par le biais du Marché d'Intérêt National de Lomme ( de France après celui de Rungis), mais aussi destinées à fournir l'importante industrie agro-alimentaire régionale. La Flandre intérieure se caractérise par des zones de polyculture intensive (avec élevage industriel), l'Artois et le Cambrésis par des zones de grande culture céréalière et betteravière. Les cultures légumières (chicons, petits pois, pommes de terre) se retrouvent sur l'ensemble du territoire. Néanmoins, l'agriculture souffre de la concurrence des producteurs belges et néerlandais voisins.

Pomme de terre : la culture de la variété 'Bintje' dans la vallée de la Lys bénéficie d'une indication géographique protégée sous l'appellation « pomme de terre de Merville ».

Betterave : La production est liée à l'industrie sucrière régionale dont les concentrations successives ont amené en 2006 à la fusion des deux dernières entreprises. Aujourd'hui, cette production souffre de la libéralisation du marché mondial du sucre et de la baisse du prix garanti par la Politique agricole commune.

Chicon : La culture de l'endive remonte au milieu du , mais c'est à partir de 1919 que sa production se développe autour de Camphin-en-Pévèle et s'intègre à la gastronomie régionale (endive à la flamande...). Après une baisse de consommation, les producteurs créent en 1980, le label « Perle du Nord » afin de promouvoir le légume, qui est devenu depuis le troisième légume le plus consommé en France. Sa production se concentre en Pévèle, Cambrésis et Vallée de la Lys. Production annuelle (2005) : (dont de Perle du Nord) soit 80 % de la production française et 55 % de la production mondiale.