Les élections fédérales canadiennes de 1997 se déroulent le afin d'élire les députés de la de la Chambre des communes du Canada. Le Parti libéral du Canada, dirigé par Jean Chrétien, remporte un deuxième mandat majoritaire. Le Parti réformiste du Canada remplace le Bloc québécois en tant qu'Opposition officielle.
Contexte L'élection reproduit de près les tendances établies lors de l'élection de 1993. Les libéraux font un balayage de l'Ontario, les bloquistes divisés remportent une majorité (réduite) au Québec, et la plus grande partie de l'Ouest est remportée par les réformistes, particulièrement en Alberta, permettant au parti de remplacer le Bloc en tant que deuxième parti en importance en Chambre.
Un changement majeur toutefois : le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti progressiste-conservateur du Canada éliminent presque le Parti libéral dans les Provinces de l'Atlantique (seule l'Île-du-Prince-Édouard demeure aux mains des libéraux). Les électeurs atlantiques, mécontents des coupures à l'assurance-emploi et à d'autres programmes, font chuter deux ministres. David Dingwall, ministre des Travaux publics, en Nouvelle-Écosse, et Doug Young, ministre de la Défense nationale, au Nouveau-Brunswick, sont tous deux défaits par des candidats néo-démocrates, ce qui constitue un revers majeur pour les libéraux.
Lorsque l'élection est déclenchée, plusieurs commentateurs notent qu'elle met fin au deuxième mandat majoritaire le plus court de l'histoire canadienne ; seul le mandat de Wilfrid Laurier de 1908 à 1911 a duré moins de temps. La décision de Chrétien de déclencher une élection anticipée est interprétée comme du cynisme par certains, le Manitoba ne s'étant toujours pas remis des inondations de la rivière Rouge plus tôt dans l'année. Reg Alcock et plusieurs autres au sein du Parti libéral s'étaient opposés au moment choisi pour le vote, et les résultats décevants poussent les partisans de Paul Martin à s'organiser contre Chrétien.
Le débat des chefs en français tenu le a été interrompu en raison d'un incident inusité. Le débat, qui réunissait les principaux chefs de partis à Ottawa, a dû être interrompu lorsque l'une des modératrices, l'animatrice Claire Lamarche du réseau TVA, s'est s'effondrée subitement durant les échanges. Le débat était diffusé sur les principaux réseaux de télévision francophones du Canada...
Plusieurs commentateurs, le soir de l'élection, prédisent même que les libéraux seraient réduits à un gouvernement minoritaire, bien qu'il soit clair qu'aucun des partis d'opposition ne peut remporter une pluralité de sièges. Les libéraux réussissent à remporter une majorité de 4 sièges grâce à quelques gains au Québec aux dépens du Bloc, mais ils terminent tout de même en moins bonne position qu'en 1993 à cause des pertes au Canada atlantique. Principalement grâce à ces gains, les tories de Jean Charest et les néo-démocrates d'Alexa McDonough retrouvent tous deux leur statut de parti officiel à la Chambre des communes. Le député indépendant John Nunziata, qui avait été expulsé du Parti libéral pour s'être opposé à la Taxe sur les produits et services, est réélu dans sa circonscription torontoise.
Si 718 voix dans 5 circonscriptions différentes (Bonavista—Trinity—Conception, 286 voix ; Simcoe—Grey, 241 voix ; Humber—St. Barbe—Baie Verte, 117 voix ; Cardigan, 50 voix ; et Bellechasse—Etchemins—Montmagny—L'Islet, 24 votes) étaient allés au candidat de deuxième place (NPD, Réf., PC, PC, et BQ respectivement) au lieu d'aller aux libéraux, ceux-ci se seraient retrouvés en situation de gouvernement minoritaire.
Campagne
Soutiens de la presse TitreEn 1993En 1997Le Devoir Bloc Bloc.Le Droit Libéral Libéral.Le Soleil Aucun Libéral.La Presse Libéral Libéral.The Gazette Libéral Libéral.The Globe and Mail Libéral () PC.Toronto Star Libéral Libéral. Les principaux titres de la presse anglophone et francophone du pays maintiennent leur appui au Parti libéral – à l'exception notable du Globe and Mail qui fait le choix d'appuyer le Parti progressiste-conservateur après avoir appuyé un mandat minoritaire au Parti libéral en 1993. Le Devoir maintient son appui au Bloc québécois tandis que Le Soleil, qui n'avait donné aucun soutien en 1993, fait le choix d'appuyer le Parti libéral.
Sondages
Résultats Dans le pays Le taux de participation se situe à 67,0 % des électeurs enregistrés, un des plus bas niveaux jamais atteint au fédéral.
PartiChefNombre decandidatsSiègesVoix1993 Dissolution. Élus % Évol. Nombre absolu % % Évol. Libéral Jean Chrétien301177174155 -12,4 %38,46 % -2,78 % Réformiste Preston Manning227525060 +15,4 %19,35 % +0,66 % Bloc québécois Gilles Duceppe75545044 -18,5 %10,67 % -2,85 % NPD Alexa McDonough3019921 +133,3 %11,05 % +4,17 % Progressiste-conservateur Jean Charest3012220 +900 %18,84 % +2,80 % Vert Joan Russow79 - - - -0,43 % +0,18 % Loi naturelle Neil Paterson136 - - - -0,29 % +x Héritage chrétien Ron Gray53 - - - -0,22 % +x Parti action canadienne Paul Hellyer58* - -*0,13 %* Marxiste-léniniste Hardial Bains65 - - - -0,09 % +0,05 %Indépendant71 -61 0,46 % -0,10 %Aucune appartenance5 - - - -0,01 % -0,08 % Vacant4 Total1672295295301+2,03 %12 985 874100 % Sources : http://www.elections.ca — Historique des circonscriptions depuis 1867
Notes : : n'a pas présenté de candidats lors de l'élection précédente. x : moins de 0,005 % des voix
Par province
PartiC-BABSKMBONQCN-BN-ÉÎPETNLTNOYKTotalLibéral Sièges :6 2 1 6 101 26 3 4 4 2 155 Voix (%) :28,8 24,0 24,7 34,3 49,5 36,7 32,9 28,4 44,8 37,9 43,1 22,0 38,5 Réformiste Sièges :25 24 8 3 60 Voix (%) :43,1 54,6 36,0 23,7 19,1 0,3 13,1 9,7 1,5 2,5 11,7 25,3 19,4 Bloc québécois Sièges : 44 44 Voix (%) : 37,9 10,7 NPD Sièges :3 5 4 2 6 1 21 Voix (%) :18,2 5,7 30,9 23,2 10,7 2,0 18,4 30,4 15,1 22,0 20,9 28,9 8,5 Progressiste-conservateur Sièges : 1 1 5 5 5 3 20 Voix (%) :6,2 14,4 7,8 17,8 18,8 22,2 35,0 30,8 38,3 36,8 16,7 13,9 18,8 Autre Sièges : 1 1 Voix (%) :0,6 0,2 0,1 0,3 0,6 0,4 0,4 0,5 7,6 8,9 0,5 Total sièges : 34 26 14 14 103 75 10 11 4 7 2 1 301 Partis n'ayant remporté aucun siège :Vert Voix (%) :2,0 0,4 0,4 0,1 0,2 0,4 Loi naturelle Voix (%) :0,3 0,3 0,2 0,1 0,2 0,3 0,6 0,4 0,1 0,2 0,3 Héritage chrétien Voix (%) :0,4 0,1 0,4 0,4 0,2 1,0 0,2 Action canadienne Voix (%) : 0,3 0,2 0,1 Marxiste-léniniste Voix (%) :0,1 0,2 0,1 0,1 0,1
Source : Élections Canada
Remarques : Nombre de partis : 10 Première participation : Parti action canadienne Dernière participation : Parti réformiste du Canada Dernière participation avant absence : Parti de l'héritage chrétien du Canada (retour en 2004) L'élection de 1997 est l'une de seulement deux élections de l'histoire du Canada (l'autre étant 1993) où l'Opposition officielle ne remporte pas la majorité des sièges de l'opposition ; le Parti réformiste détient 60 sièges, mais les autres partis d'opposition avec les indépendants détiennent un total combiné de 86 sièges.
10 circonscriptions les plus serrées Sackville—Eastern Shore, N-É : Peter Stoffer (NPD) défait Ken Streatch (PC) par 41 voix Bellechasse—Etchemins—Montmagny—L'Islet, QC : Gilbert Normand (lib.) défait François Langlois (BQ) par 47 voix Selkirk—Interlake, MB : Howard Hilstrom (réf.) défait Jon Gerrard (lib.) par 66 voix Cardigan, ÎPE : Lawrence MacAulay (lib.) défait Dan Hughes (PC) par 99 voix Bonaventure—Gaspé—Îles-de-la-Madeleine—Pabok, QC : Yvan Bernier (BQ) défait Patrick Gagnon (lib.) par 179 voix Saskatoon—Humboldt, SK : Jim Pankiw (réf.) défait Dennis Gruending (NPD) par 220 voix Humber—St. Barbe—Baie Verte, TNL : Gerry Byrne (lib.) défait Art Bull (PC) par 232 voix Chicoutimi, QC : André Harvey (PC) défait Gilbert Fillion (BQ) par 317 voix Frontenac—Mégantic, QC : Jean-Guy Chrétien (BQ) défait Manon Lecours (lib.) par 465 voix Simcoe—Grey, ON : Paul Bonwick (lib.) défait Paul Shaw (réf.) par 481 voix
Notes et références
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