Le solliciteur (en ) est un type d'avocat du qui pratique la postulation, le conseil, la rédaction d'actes sous seing privé et de pièces de procédure, la négociation immobilière, et toute autre fonction extrajudiciaire. C'est un juriste généraliste et auxiliaire de justice des pays de tradition de droit anglais, que sont le Royaume-Uni, Hong Kong, l'Irlande, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, l'Inde, anciennement présent au Canada, mais absent aux États-Unis (voir infra).
Dans la plupart des États de common law, la profession d'avocat est divisée entre le qui représente et conseille ses clients, et postule pour leur compte, et le barrister, (avocat plaidant) qui, par l'intermédiaire du , assiste les plaignants devant les tribunaux, a le monopole de la plaidoirie et rend des avis et consultations. La profession de ressemble à celle d'avoué dont il partage les fonctions lors de la représentation ad litem. En revanche, c'est à l'avocat et à l'ancien conseil juridique que le ressemble sur le plan extrajudiciaire. Si les domaines non-contentieux du droit privé attribués au notaire français entrent dans les compétences du , ce dernier n'est pas un officier ministériel et ne délivre pas d'actes authentiques. Puisque la common law n'est pas un système inquisitoire, mais accusatoireEt ailleurs, ça se passe comment ? (1) L'Angleterre et le Pays de Galles, l’avocat anglo-américain n’intervient que pour une partie seulement et l'acte notarié ne serait d’aucune utilité.
Cependant, au Canada et dans plusieurs États australiens, la profession d'avocat est unifiée de sorte qu'un avocat de ces pays a vocation à exercer à la fois les fonctions de , de , et même, autrefois, de proctor – avocat postulant des juridictions ecclésiastiques, qui étaient compétentes pour les affaires matrimoniales et les délits de mœurs entre autres. Là où la profession n'est pas unifiée, lorsqu'un procès a lieu, la partie fait d'abord appel à un qui initie l'action puis transmet son dossier à un , qui plaide en suivant les consignes du qui a seul la tâche de conduire la procédure et de diriger le contentieux.
Angleterre et Pays de Galles Avant la fusion des cours supérieures en la Cour d'appel de l'Angleterre et du Pays de Galles en 1873, le s'établissait auprès les juridictions qui statuaient en équitéÉquité : branche du droit anglo-américain concernant les principes modérateurs du droit objectif auxquels le juge a recours s’il s’avère que l’application à la lettre du droit émanant de la juriprudence créerait une injustice à l’égard du justiciable et qui attribuent au tribunal certaines compétences discrétionnaires d’écarter la règle de droit et de se déterminer ex aequo et bono, c'est-à-dire, en fonction de ce qui est équitable et raisonnable. L’équité, au lieu d’être diffuse dans le système judiciaire, était confinée à une seule cour royale, le Chancellor’s Court, qui produisit sa propre jurisprudence et dont la compétence englobait le droit du contrat et des sociétés. Cette cour fut supprimée mais ses solutions de droit ainsi que sa procédure furent adoptées par certains tribunaux de droit jurisprudentiel., alors que les attorneys et les proctors exerçaient près les juridictions de droit jurisprudentiel et de la justice ecclésiastique respectivement. L'attorney tant méprisé et dont la profession est l'une des plus décriées, le mot s'est vu s'y substituer et l'a évincé par la suite.
Dans le système de droit anglais, le traite toute activité contentieuse, pré-contentieuse ou extra-contentieuse, à l'exception de l'assistance des justiciables devant les tribunaux, et notamment, la plaidoirie, sous réserve de deux cas : les petites affaires pénales, dites sommaires, jugées en tribunal de police (Magistrates' Court) et les actions civiles modestes jugées devant les tribunaux d'instance (County Courts), deux cas où l'assistance d'avocat n'est pas requise. Le , par contre, s'occupe principalement de la plaidoirie et des formalités de procédure, sans contact direct avec la partie qu'il défend. Ce n'est aujourd'hui plus le cas : les solliciteurs agréés peuvent désormais diriger l'instance près les juridictions d'appel et de dernière instance, autrefois réservées aux s. De même, un justiciable peut constituer , au choix sans l'intervention préalable du .
Régime disciplinaire
Les solliciteurs de l'Angleterre et du Pays de Galles sont tenus à respecter la règlementation promulguée par le Conseil de discipline (Solicitors' Regulation Authority), division de la Chambre de la compagnie des solliciteurs d'Angleterre et du Pays de Galles (Law Society of England and Wales) qui se gouverne elle-même.
Afin d'accéder à la profession, l'intéressé doit remplir les conditions de fond de formation. Le doit en plus à la Chambre de la compagnie une cotisation tous les ans pour payer les droits d'exercice. La faute de paiement des droits entraîne le retrait d'autorisation d'exercice, mais le sanctionné a la possibilité de se réinscrire à moins d'avoir fait l'objet d'une radiation du tableau de la Chambre. Le tableau consiste en une liste dressée des personnes admises à exercer comme , conservée par le Garde du tableau (), poste occupé d'office par le président de la Chambre civile de la Cour d'appel d'Angleterre-GallesComme la cour d'appel est la plus haute juridiction et est de ce fait l'administrateur du système judiciaire, il incombe au détenteur du poste le plus haut en second de garder le tableau, c'est-à-dire, le registre national des solliciteurs, étant donné qu'il n'existe qu'une seule Compagnie de solliciteurs pour tout le pays..
La Chambre de la compagnie veille à la discipline des solliciteurs et peut à ce titre les destituer conformément à la loi relative à la profession de de 1974 () ou même les radier, ce qui équivaut au retrait d'agrément du .
Accès à la profession Un doit être titulaire d'un bachelor en droit (de common law) ou sinon d'une maîtrise en droit, appelée ou , option spéciale destinée aux diplômés en d'autres domaines et qui ne reprend pas une formation de droit antérieure. Jusqu'à ce niveau, il n'existe aucune distinction entre la formation du et du ,.
La scission s'opère lorsque la formation exige de suivre une année de maîtrise d'aptitude à la profession de (), puis d'accomplir un stage de formation professionnelle de deux ans auprès d'un ancien comptant au moins dix années d'exercice, le stage étant soumis à des conditions contractuelles (, autrefois ). Une fois ce stage effectué, l'avocat stagiaire est inscrit sur le tableau et porte alors le titre de .
D'autres voies d'accès existent telles que l'assistanat de justice ou le succès aux examens professionnels destinés aux parajuristes (clercs d'avocat et secrétaires juridiques) et offerts par le Centre de formation parajuriste (, ou ILEX). Depuis la loi de 2007, le diplômé issu de ILEX jouit d'un statut équivalent à celui du , pouvant, de plus, une fois ses droits d'audience validés, représenter les clients devant des cours supérieures et devenir . Il peut également devenir associé des cabinets juridiques et superviser des solliciteurs. Les diplômés d'ILEX peuvent devenir solliciteurs de plein droit après 5 ans d'exercice dont 2 ans doivent avoir été accomplis après la validation du (équivalent d'un Diplôme Qualifiant assorti d'une certificat d'aptitude professionnel), ils sont dispensés des deux années de training et sont inscrits au tableau immédiatement. Les diplômés d'Ilex sont des fee earners au même titre que l'avocat traditionnel et cela, dès qu'ils sont en possession de leur . Avec les solliciteurs et les s, les legal executives constituent un des trois corps des juristes qualifiés en Angleterre et au Pays de Galles. Les legal executives ne sont plus des clercs ou des assistants mais des juristes de plein droit. Enfin, les legal executives peuvent devenir des magistrats. Ilex est le plus ancien parcours d'accès aux professions juridiques, c'est aussi la plus méconnue. Elle existe depuis 1892. Il faut préciser qu'un Bachelor en droit ou équivalent anglais d'une maitrise de droit ne confère pas le statut de « juriste ». Pour mériter ce statut il faut avoir obtenu un Bachelor en droit qui soit un qualifying Law Degree (ils ne le sont pas tous) et avoir satisfait aux examens LPC, BVC ou au cursus complet d'Ilex ( si l'on n'a pas de ). Les sont des juristes spécialisés dans une branche du droit. On les trouve dans beaucoup d'administration à des postes de conseillers ou responsables de services juridiques.
Une petite proportion de solliciteurs anglais et gallois sont de surcroît diplômés et nommés par l'Archevêque de Cantorbéry (autrefois par délégation du Pape) à la suite d'avoir suivi une maîtrise en droit notarial anglais () et d'avoir passé un examen professionnel au vu d'exercer de façon complémentaire dans le service public les fonctions du (notaire certificateur). Une autre possibilité, plus longue, à Londres et aux alentours, est de travailler auprès de « l'honorable Société des écrivains publics » (), société corporative constituée d'un véritable notariat — juriste et indépendant — qui se rapproche du notariat romano-civiliste mais qui se limite au droit privé à caractère transfrontalier et surtout commercial (procurations, cession immobilière, successions, affaires bancaires et fiducies, transport et sociétés maritimes, adoptions internationales, etc.). L'exercice de notaire exige une formation supplémentaire ainsi qu'un apprentissage de cinq ans au sein de la société, une spécialisation en un système de droit étranger et la maîtrise de deux langues étrangères.
Des juristes de l'Union Européenne (notamment avocats français) peuvent également devenir par du et par la .
Évolutions récentes En Angleterre et au Pays de Galles, la répartition historique des tâches entre et , est devenue floue. Le ne plaide plus uniquement devant les tribunaux de première instance, mais aussi, à condition de passer un examen spécial, de plus en plus devant les cours comme le tribunal de grande instance (High Court of Justice) et l'unique Cour d'appel. Les cabinets de solliciteurs attribuent des missions aux ,s et solicitors-advocates internes, alors qu'avant le ,, forcément incorporé à un Ordre du barreau, n'exerçait pas dans le cadre d'une société. Le , peut être à son tour commis d'office dans le service juridique des organisations telles les syndicats, comptables ou autres groupes. D'ailleurs, un , à condition d'avoir suivi un programme offert par l'Ordre, peut désormais pratiquer la représentation et le contact direct avec les particuliers, même s'il reste certaines contraintes sur son activité, à savoir l'interdiction à la postulation et à l'assistance des parties à la cause matrimoniale. Pour ces deux cas, le , se doit d'envoyer les clients chez un .
Le rapprochement progressif des deux professions est prévu pour les prochaines années, ce qui entraînera l'épanouissement de certains régimes disciplinaires et modes d'exercice en commun. De nombreuses critiques se sont exprimées d'autant plus que les solliciteurs s'efforcent d'élargir leurs attributions, ce qui se heurte aux prétentions des qui ne connaissent qu'une baisse importante du nombre de dossiers, surtout en affaires pénales.