Freising, parfois appelée Frisingue en français, est une ville allemande de Bavière de . Située au nord de Munich, elle est baignée par l’Isar. L'aéroport Franz-Josef-Strauß de Munich se trouve sur le territoire de cette commune.

Peu après sa fondation légendaire par l'apôtre Corbinien, la ville fut, à partir de 739, le siège d'un diocèse, lequel sera transféré à Munich le . La cathédrale Sainte-Marie et Saint-Corbinien est le siège de l'épiscopat.

L'ours de saint Corbinien est le symbole de la ville.

On y trouve la plus ancienne brasserie au monde, la Bayerische Staatsbrauerei Weihenstephan.

Freising est jumelée avec la ville française d'Arpajon, distante de , dans l'Essonne (91).

Géographie Géographie physique Freising se trouve au bord de l'Isar, à mi-chemin entre Munich (à au sud-ouest) et Landshut (Haute-Bavière), à une altitude de . Le site est essentiellement marqué par deux paysages caractéristiques des Préalpes bavaroises : le sandur appelé plaine glaciaire munichoise (Münchner Schotterebene), qui est la partie visible du plateau glaciaire Isar-Inn, et les collines du tertiaire séparant la vallée du Danube de celle de l'Isar, qui appartiennent aux collines de Basse-Bavière.

La ville est bornée au sud-ouest par la tourbière de Freising, l'une des grandes exploitations de tourbe préservées en Bavière. Elle s'est formée à un endroit où le sandur était si compact que l'eau ne pouvait qu'y ruisseler et former ces tourbières immenses. Les quartiers de Pulling et d’Achering occupent les surélévations de la micro-vallée creusée par un ruisseau post-glaciaire, le Moosach. Hormis les ruisseaux naturels, l'exploitation de la tourbe a donné naissance à quelques lacs artificiels. Le plus étendu, le Pullinger Weiher, se trouve entre Pulling et Achering, et il s'y trouve une tourbière encore en exploitation. Le sud-est de la commune voisine avec la tourbière d'Erding, aujourd'hui en grande partie asséchée. C'est le faubourg d’Attaching, qui touche à l’aéroport de Munich. Le plus important cours d'eau est le Goldach, qui s'écoule au sud-est d’Attaching.

L’Isar, venant du sud et traversant les faubourgs inondables d’Achering et d’Isarbrücke près de Marzling, traverse la ville sur plus de . Ses deux berges sont colonisées par une ripisylve vivace jusque dans le centre-ville même de Freising, mais qui, compte tenu de l’activité anthropique, a perdu par endroits son caractère strictement naturel. Du fait de la création du canal latéral du Moyen-Isar, depuis plus d'un siècle, la rivière se réduit lors des étiages d'été à un maigre filet d'eau. La canalisation du fleuve, la rectification de l’Isar et la discontinuité du débit solide consécutive à la création du lac de retenue de Sylvenstein, font que le fleuve se creuse chaque année davantage et le lit mineur est régulièrement déprimé. Ainsi la ripisylve n'est plus que rarement inondée et la flore s'est profondément adaptée depuis un siècleCf. le rapport Isar Gewässerentwicklungskonzept (GEK) Mittlere Isar. Les prairies inondables naguère désertes du sud de la ville forment à présent le quartier populeux de Lerchenfeld. L'autre rivière, de moindre importance, qui irrigue la ville de Freising est le Moosach qui, venant de la tourbière de Freising, se fractionne intra muros en de multiples bras, sur lesquels des moulins à aubes étaient installés à l'époque moderne. Un de ces bras passe au nord de Domberg avant de traverser le centre-ville, tandis que le lit mineur s'écoule au sud de Domberg, avant de confluer de nouveau à l'est de la commune. Le bras canalisé de Schleifermoosach traverse la voie ferrée et le lit majeur de l'Isar avant de se déverser à son tour dans le Moosach à Marzling.

Au nord d’une ligne Pallhausen-Vötting-Tuching, le paysage change brutalement. La vallée de l'Isar est encaissée dans des gorges abruptes, couvertes par endroits de forêts. Deux des plus hautes collines de ce massif tertiaire, celle de Domberg et celle de Saint-Étienne, sont habitées depuis le Moyen Âge et leurs édifices sont visibles de loin. La ville, dans ces quartiers en hauteur, suit les contours rectilignes des ruisseaux qui se jettent non loin de là soit dans l'Isar, soit dans le Moosach. Les flancs de ces vallées souvent asymétriques ont été bâtis, donnant naissance aux quartiers de Hohenbachern, Sünzhausen, Itzling et Pettenbrunn ainsi qu'au faubourg nord de Freising. Le centre historique, qui jouxte le pied nord du Domberg, est borné au Nord entre les collines de Domberg (Lehrberg), de Saint-Étienne (Nährberg) et de l'ancienne caserne (Wehrberg). Une ceinture forestière, désormais protégée, contient l'expansion de Freising au nord et au nord-ouest. La plus grande partie forme une forêt domaniale, objet d'études scientifiques.

Dans la partie nord de la ville, les ondulations modérées du relief sont interrompues par la vallée abrupte et large de l’Amper, qui s'étend au-delà de la commune. Les flancs de la vallée sont très boisés, et le lit majeur est très industrialisé depuis qu'il a perdu son caractère marécageux. Ce sont les quartiers de Haindlfing, Garten et ErlauCf. Rapport descriptif et urbanisme de Freising (1998) (PDF; 249 kB).

Climat vignette|Diagramme climatique de la station météorologique de Freising/Dürnast Freising se trouve à la limite du climat océanique et du climat continental sec. De ce fait, la météo y est très changeante. En moyenne annuelle, il tombe à Freising environ de précipitations avec des pointes de mai à août. Certains jours, le foehn venu du sud amène un air chaud et sec, qui permet de discerner clairement la ligne de crête des Alpes bavaroises. C'est encore par l'effet de foehn que peuvent survenir des températures quasi-printanières les mois d'hiver. La proximité des Alpes rend les hivers parfois très neigeux. Dans les quartiers sud de Freising, la proximité de la tourbière d'Erding et de l’Isar rend l'automne brumeux. L'été, les précipitations sont souvent dues à des orages.

Histoire Appartenances historiques 1294–1803 1803–1806 1806–1918 1871-1918 1918–1933 1933–1945 1945–1949 1949–1990 1990-présent Préhistoire Les plus anciennes traces de colonisation humaine dans la région de Freising, poteries et outils en silex, ont été mises au jour lors des fouilles du Domberg en 1976. Ces vestiges se rattachent à la culture néolithique de Münchshöfen. On a également découvert de nombreux vestiges de l’Âge du bronze ancien et la civilisation des champs d'urnes. Il y a enfin une voie romaine le long de l'Isar connue des archéologues. Si la continuité d'un habitat dans la région n'est pas prouvée, la situation favorable du Domberg dans le cadre régional la rend hautement probable.

Le toponyme est interprété comme campement de Frigis : il renvoie probablement à un refuge fondé au cours des grandes invasions et est vraisemblablement d’origine celtique.

Du palais ducal à l'évêché vignette|gauche|Effigie de saint Corbinien dans la crypte de la cathédrale. vignette|Première page du Codex Abrogans d'Arbéon de Freising.

Les premiers témoignages écrits remontent au haut Moyen Âge, et évoquent Frigisinga comme le palais de la première lignée ducale (vers 555 apr. J.-C.). Une fois que le duc Théodon eut fait, de son vivant, le partage des terres des Bavarii entre ses quatre fils, Freising, qui comprenait un camp romain, un corps de logis et une chapelle mariale, devint dès 715 une résidence des princes Agilolfing. Freising est d'ailleurs la seule ville fondée du temps des Bavarii Agilolfing et c'est ainsi la plus ancienne ville de Haute-Bavière.

L'église de la Vierge, qui précéda la cathédrale, était déjà un édifice de pierre et destinée à l'évêque. Le duc Théodon avait effectué un pèlerinage à Rome et avait plaidé auprès du pape Grégoire II pour la création d'un diocèse en Bavière : cette démarche est rapportée dans le Liber pontificalis et s'est soldée par le décret papal de 716 instituant quatre diocèses en Bavière (Ratisbonne, Passau, Salzbourg et Freising). Pour une raison indéterminée, cependant, ce décret ne fut jamais appliqué, malgré le besoin qu'avait le duc d'un évêque, afin de consolider sa propre autorité.

Au cours de ses tentatives de doter le duché de Bavière-Freising d'un clergé, le duc (fils de Théodon II) rencontra l'ermite franc Corbinien, qui selon la tradition serait venu d’ArpajonL’Allgemeine Deutsche Biographie indique Saint-Germain-de-Châtres (qui s'appelle aujourd'hui Saint-Germain-lès-Arpajon). Cf. à Freising en 724 (mais plus vraisemblablement en 715). À Freising, l'évêque trouva sur le mont Saint-Étienne un édifice qu'il consacra en chapelle, et dont il fit le centre de son apostolat. C'est pourquoi on regarde Corbinien comme le fondateur et le premier évêque du diocèse de Freising, même s'il fallut attendre 739 pour que Boniface proclame la ville chef-lieu de diocèse. Corbinien est depuis le saint patron de l’archidiocèse de Munich et Freising. Son attribut, l’ours, qui d'après la légende aurait servi de monture au saint patron à la traversée des AlpesCf. , apparaît sur les armoiries de la ville de Freising.

Le duc Grimoald et Corvinien se querellèrent au sujet de mariage du duc avec Pilitrud, la veuve du frère Theodolt de Grimoald : conformément au droit canon de l'époque, Corbinien avait appelé à l'annulation de cette union. Alors la duchesse Pilitrud tenta d'empoisonner Corvinien, lequel prit la fuite pour Caines (près de Méran) et ne revint à Freising que des années plus tard. Le duc Grimoald venait de mourir et son neveu Hugibert régnait désormais sur la Bavière. Le monastère Hugibert fut édifié en 725 sur le Domberg, date à laquelle Freising n'est plus citée comme résidence ducale.

En 788, vers la fin du règne de cette première lignée ducale, et la petite ville (civitas, oppidum) qui avait naissance alentour devinrent domaine temporel de l’Église et la colline où se dressait le château (Burgberg) devint la « colline de la cathédrale » (Domberg). Freising s’épanouit désormais comme une ville de clercs, avec ses monastères, ses bibliothèques, ses Scriptoriums et un séminaire. L'évêque Arbéon de Freising (723–784), qui est considéré comme le premier écrivain de langue allemande, y composa le Codex Abrogans, un glossaire latin-tudesque, dont le manuscrit est le plus ancien texte en allemand de l’abbaye de Saint-Gall.

Un centre du savoir du haut Moyen Âge vignette|Effigie de l'empereur Barberousse dans la cathédrale de Freising. C'est vers 860 que l'évêque Annon de Freising fit raser l'ancienne chapelle pour y édifier à la place une église à trois nefs, qui est la plus ancienne église mariale du Diocèse. Jusqu'à la consécration de Waldo de Freising, chancelier du roi Charles III, les rois étaient indifférents au choix du détenteur du trône épiscopal de Freising, mais pour les 250 années qui suivirent, ce furent les rois de Francie orientale qui décidèrent de la nomination de l'évêque. Ces prélats étaient presque toujours chancelier, secrétaire ou missi dominici du duc. Ils jouissaient du plus haut prestige auprès des rois et empereurs romains germaniques : Louis le Germanique et Louis l'Enfant furent élèves du séminaire de Freising, l'empereur Henri II eut l’évêque Abraham pour précepteur et l'empereur Conrad le Salique confia l'éducation de son fils aîné à l’évêque Egilbert.

La cathédrale fut la proie d'un premier incendie en 903, dont les dégâts étaient déjà réparés en 906 ; et lorsqu'en 955 la ville fut mise à sac par les Magyars, le Domberg fut miraculeusement épargné. Au cours des décennies suivantes, on mit cela sur le compte des prières de l'évêque d'alors, Lantbert, qui avait su invoquer une « nuée miraculeuse ». Il est, avec Corbinien, le seul évêque de Freising à avoir été canonisé.