Le mont Blanc (), dans le massif du Mont-Blanc, est le point culminant de la chaîne des Alpes. Avec une altitude de , il est le plus haut sommet d'Europe occidentale et de l'Union européenne ainsi que le sixième sur le plan continental en prenant en compte les montagnes du Caucase, dont l'Elbrouz () est le plus haut sommet. Il se situe entre le département de la Haute-Savoie en France et la région autonome de la Vallée d'Aoste en Italie, sur ou près de la frontière franco-italienne, celle-ci étant l'objet d'un litige historique entre les deux pays.

Le sommet, objet de fascination et d'inspiration de nombreuses œuvres culturelles, a depuis plusieurs siècles représenté un objectif pour toutes sortes d'aventuriers, depuis sa première ascension en 1786. De nombreux itinéraires, très fréquentés, permettent désormais de le gravir sous réserve d'une préparation sérieuse.

Afin de déterminer son altitude précise et mesurer son évolution, liée aux variations d'épaisseur de la crête neigeuse du sommet, des géomètres experts en font l'ascension tous les deux ans. La dernière mesure connue, en 2023, est de .

Toponymie La première mention du « mont Blanc » daterait de 1685, avec la première mesure géodésique par le géomètre et astronome genevois Nicolas Fatio et son frère Jean-Christophe, qui donne un calcul de l'altitude de la montagne (, soit )Article de Sylvain Jouty, « Fictions naturelles », , publié dans ... Toutefois, il utilise l'oronyme « montagne Maudite ». Comme le rappelle l'historienne Thérèse Leguay « pendant longtemps la haute montagne [est] source d'épouvante »., d'où cette expression pour désigner ce haut sommet enneigé.

Le sommet n'est jamais clairement nommé dans les différents écrits ou cartes des .. Dans son ouvrage Les glaciers du Mont-Blanc, le glaciologue Robert Vivian établit une chronologie des différentes représentations cartographiques ou citations de la montagne, par exemple dans la (1562). Une mention plus précise figure dans un ouvrage du conseiller du duc de Savoie, Emmanuel-Philibert de Pingon (), en 1581, qui présente les différentes parties des provinces du duché de Savoie. Dans la partie consacrée à la province du Faucigny, la montagne est désignée par « ».

Quelques années plus tard, une « carte du Faucigny » est réalisée par Jean de Beins (v. 1600), dans laquelle l'ingénieur militaire français mentionne une « montagne Maudite », parfois de « Mont-Mallet ». Dans les productions suivantes, la montagne est désignée par l'abréviation « la Mont. Maudite », puis « la Mont Maudite » (sans le point). Le travail cartographique de l'ingénieur militaire et cartographe piémontais Giovanni Tommaso Borgonio pour le , en 1682, et des représentations au 1/, mentionne : « Dans le Faucigny, on dit seulement qu'il y a des montagnes d'une prodigieuse hauteur (…) c'est là où est celle (…) que les habitants appellent la montagne Maudite parce qu'elle est toujours couverte de neige et de glace. »Page 7 du dossier (, une bibliographie ainsi que consacrées à des documents). Site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org.. On trouve aussi parfois la mention « les Glacières » désignant l'ensemble de la montagne.

L'oronyme de la montagne devient « mont Blanc » sur les croquis dressés en 1742. par le naturaliste genevois Pierre Martel.. Le Dictionnaire historique et géographique portatif de l'Italie, paru en 1775 à Paris, possède d'ailleurs une entrée pour le mont Blanc précisant les différentes appellations avec en premier nom « monte Maledetto, mont Maudit, ou mont Blanc, appelé aussi les Glacières ».. Un des sommets du massif, le mont Maudit, conserve cette dénomination. La première carte à proprement parler à faire figurer le nom du mont Blanc est celle de Suisse établie par le Britannique William Faden en 1778.

Géographie Situation vignette|gauche|redresse=1.5|Carte topographique du mont Blanc. vignette|Vue aérienne du mont Blanc et des sommets voisins depuis l'ouest.

Le mont Blanc est situé entre le Sud-Est de la France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de la Haute-Savoie, et le Nord-Ouest de l'Italie, dans la région à statut spécial de la Vallée d'Aoste. Le tracé exact de la frontière est ponctuellement l'objet d'une controverse. La montagne s'étend sur les territoires des communes de Chamonix-Mont-Blanc et de Courmayeur, son sommet est à environ dix kilomètres au sud du bourg de la première et à la même distance au nord-ouest du bourg de la seconde ; la partie revendiquée par la France au sud de la ligne de partage des eaux traversant le sommet constituerait une exclave de la commune de Saint-Gervais-les-Bains. Aoste est à à l'est-sud-est, Annecy à à l'ouest, Genève à au nord-ouest, Turin à plus de cent kilomètres au sud-est, Grenoble à et Lyon à plus de à l'ouest.

Le sommet s'élève à au cœur du massif du Mont-Blanc et constitue le point culminant de la chaîne des Alpes. C'est également le plus haut sommet d'Europe de l'OuestGuide Vallot, référence de l'alpinisme dans le massif du Mont-Blanc., ce qui lui vaut le surnom de « toit de l'Europe ». Cependant, selon les limites historiquement définies par le tsar Pierre le Grand étendant le continent européen jusqu'au Caucase National Geographic, National Geographic Atlas of the World, , Washington DC., 1999 , ., cinq sommets principaux le dépassent au nord ou sur la ligne principale de partage des eaux entre les territoires russes et géorgiens : l'Elbrouz qui culmine à ., le Dykh-Taou à , le Chkhara à , le Kochtan-Taou à et le mont Kazbek à . Par sa hauteur de culminance de Petter Bjørstad, Jonathan de Ferranti, Eberhard Jurgalski, Vasja Kavcic, Aaron Maizlish, Europe ultra-prominences - 99 Peaks with Prominence of 1,500 meters or greater, peaklist.org. par rapport au canal Volga-Baltique à d'altitude en Russie., il arrive juste derrière l'Elbrouz ( A. Maizlish, J. de Ferranti, European Russia and the Caucasian states ultra-prominence page - 12 Peaks with Prominence of 1,500 meters or greater, peaklist.org.) en Europe et en mondiale des sommets ultra-proéminents.

Le mont Blanc domine notamment le mont Maudit () et l'aiguille du Midi () au nord-nord-est, les Grandes Jorasses () à l'est-nord-est, le mont Blanc de Courmayeur () au sud-est et le dôme du Goûter () au nord-ouest. Il est à cheval sur la vallée de l'Arve au nord et le val Vény au sud.

vignette|gauche|Vue du Léman et, en arrière-plan, des Alpes de Haute-Savoie avec le mont Blanc au centre, depuis la Barillette. vignette|Vue du mont Blanc depuis l'Ouest lyonnais en été.

Le panorama théoriquement visible depuis le sommet, dépendant du relief et de la courbure terrestre mais pas des phénomènes de réfraction, s'étend, outre les Alpes, sur six massifs : le Massif central (montagne d'Aulas et mont Aigoual dans le Sud des Cévennes à 326 et , pic Cassini au mont Lozère à , mont Mézenc à , mont Mouchet dans la Margeride à , crêt de la Perdrix dans le Pilat à , puy du Rocher et puy de Peyre-Arse dans les monts du Cantal à 332 et , monts du Lyonnais à , Pierre-sur-Haute et puy de Montoncel dans les monts du Forez à 239 et , puy de Dôme dans la chaîne des Puys à , mont Saint-Cyr dans le Mâconnais à ), le Morvan (Haut-Folin à , Tureau des Grands-Bois à ), le Jura (également pour sa partie suisse), les Vosges (Grand Ballon à ), la Forêt-Noire (Belchen à , Feldberg à ) en Allemagne et les Apennins (mont Penice à , mont Ragola à , mont Ebro à ) en Italie Jonathan de Ferranti, « View from mont Blanc looking north and south ».. Cependant, il n'est pas toujours évident de distinguer les massifs les plus lointains, même par temps clair et ensoleillé. La pollution émise dans les plaines, conjuguée à l'absence de vent, peut réduire la visibilité à .

Topographie vignette|gauche|Vue du mont Blanc, du mont Maudit et du mont Blanc du Tacul depuis le glacier du Géant.

Le sommet du mont Blanc est recouvert par un dôme de neige allongé grossièrement d'ouest en est, alors que ses versants forment une pyramide dont les faces sont orientées au nord, au sud-ouest et au sud-est. Le versant septentrional présente un dénivelé de avec la vallée de Chamonix. Il alimente principalement le glacier des Bossons ; le glacier de Taconnaz naît entre l'aiguille du Goûter et le dôme du Goûter, sur l'arête nord-ouest du mont Blanc. Les versants sud-ouest et sud-est, plus rocheux, présentent un dénivelé maximal de avec le val Vény un peu en amont de la d'Entrèves. Ils alimentent, d'ouest en est, le glacier du Dôme et le glacier du Mont-Blanc qui s'épanchent tous deux vers le glacier du Miage, le glacier du Brouillard et le glacier de Frêney qui naissent en contrebas du sommet et ne confluent plus jusqu'au fond de la vallée, et enfin le glacier de la Brenva.

vignette|Vue de l'arête sommitale du mont Blanc en août 2007.

L'altitude du mont Blanc est définie par la hauteur d'accumulation de neige surplombant le sommet rocheux. Ce dernier est situé à . et serait recouvert par une calotte de neige et de glace d'une épaisseur d'environ . L'épaisseur de cette calotte dépend des précipitations et du vent qui sculpte la crête sommitale comme une dune. L'altitude de la crête fluctue donc au gré des saisons. Plus les vents sont faibles et les précipitations importantes et plus la calotte s'épaissit et le point culminant est élevé. Celui-ci est ainsi plus haut en été qu'en hiver car le vent est moindre. Ces conditions météorologiques influencent plus généralement la morphologie de l'arête sommitale en modifiant la répartition de la couverture neigeuse ce qui a aussi pour effet de modifier la position du sommet de celle-ci par rapport au sommet rocheux selon un axe orienté ouest-sud-ouest – est-nord-est. De manière générale, le sommet rocheux est décalé à l'ouest par rapport à la cime neigeuse. En 2004, il se trouvait, d'après des instruments radar et des carottages, à à l'ouest de cette dernière., et les relevées depuis 2001 montrent que le sommet enneigé s'éloigne vers l'est. Le sommet en 2009 était ainsi situé plus à l'est qu'en 2003.

Depuis le lever topographique du capitaine Jean-Joseph Mieulet en 1863, l'altitude officielle du plus haut sommet des Alpes est longtemps demeurée définie à (altitude ellipsoïdale géopotentielle). Depuis 2001, des mesures sont effectuées tous les deux ans pour suivre l'évolution de l'altitude.

Géologie Le mont Blanc est représentatif de la géologie du massif.... Il appartient aux massifs cristallins externes qui sont des socles anté-triassiques de la plaque eurasiatique, affiliés au domaine delphino-helvétique et exhumés lors de l'orogenèse alpine. Ces socles sont constitués d'un ensemble de roches polymétamorphiques. dont le protolithe est d'âge néoprotérozoïque à ordovicien et d'un granite intrusif, le granite du mont Blanc., d'âge carbonifère tardif (.). Il est délimité sur son versant sud-est par des couvertures sédimentaires autochtones du domaine delphino-helvétique et sur son versant nord-ouest par la zone de cisaillement du Mont-Blanc et une bande étroite de couverture sédimentaire organisée en un pli synclinal (synclinal médian) qui le sépare du massif des Aiguilles Rouges. Le contact entre la zone de cisaillement et les unités du mont Blanc se comporte en faille inverse avec une légère composante décrochante dextre. Son enracinement en profondeur semble indiquer qu'elle serait responsable du chevauchement du mont Blanc et par extension de son exhumation..