Les gnolls sont une race humanoïde fictive, apparue pour la première fois dans le jeu de rôle Donjons et Dragons en 1974. Généralement représentés comme des humanoïdes à tête de hyène, ces monstres sont inspirés de créatures issues des œuvres littéraires de Lord Dunsany et Margaret St. Clair.

Conception et histoire éditoriale Inspirations littéraires du jeu vignette|gauche|En 1912, Lord Dunsany rédige How Nuth would have Practised his Art upon the Gnoles, nouvelle inspiratrice des gnolls. Les , ainsi orthographiés, sont apparus pour la première fois dans la littérature sous la plume de Lord Dunsany en 1912, dans la nouvelle How Nuth would have Practised his Art upon the Gnoles ()Lord Dunsany, How Nuth would have Practised his Art upon the Gnoles, Texte complet.. Ces créatures ne sont pas clairement décrites, mais on apprend qu'elles construisent des pièges astucieux pour défendre leurs trésors. La nouvelle contient une référence directe à d'autres créatures, les goules : (). vignette|The Lean, High House Of The Gnoles, illustration de Sidney Sime, 1912. Les réapparaissent ensuite sous la plume de l'écrivaine américaine Margaret St. Clair, dans une nouvelle publiée en 1951. Gary Gygax, l'un des auteurs de Donjons et Dragons, a admis sa dette envers elle, déclarant : Réponse de Gary Gygax sur le forum ENworld, citée dans Monster Origins..

En 1974, la première mention des gnolls dans les règles du jeu de rôle Donjons et Dragons comporte une référence littéraire explicite. Les monstres sont ainsi décrits comme Dave Arneson et Gary Gygax, Dungeons & Dragons, vol. 2, Monsters & Treasures, TSR, 1974, p. 9.. Les gnolls sont listés, avec les hobgoblins, parmi les créatures liées au ChaosDave Arneson et Gary Gygax, Dungeons & Dragons, vol. 1, Men & Magic, TSR, 1974, p. 8.. Une illustration du jeu montre une créature courbée, au museau allongé, aux longues oreilles, pourvue de griffes, équipée d'un casque, d'une armure et d'une hacheDave Arneson et Gary Gygax, Monsters & Treasures, vol. 2, Men & Magic, TSR, 1974, p. 10..

Un lien entre les goules et les hyènes existe dans les contesArticle Ghoul de l'Encyclopædia Britannica 2007 Ultimate Reference Suite DVD, 2007., ou encore, par exemple, dans la nouvelle The Ghoul and the Seraph de Clark Ashton SmithClark Ashton Smith, The Ghoul and the Seraph, 1922 Texte complet sur Wikisource..

Transformation au fil des éditions et suppléments vignette|Des gnolls tels qu'ils apparaissent dans le jeu de rôle Donjons et Dragons.En 1977, lors de la publication Monsters manual (manuel des monstres) d'Advanced Dungeons and Dragons, les gnolls sont décrits comme ressemblant à des hyènes. Ils sont hauts de plus de 2,10 m, ont la peau gris-vert, le museau plus sombre, la crinière variant du gris rouge aux jaune sale, les yeux noirs et les griffes couleur d'ambre, portant des armures et vêtements élimésGary Gygax, Monster Manual, TSR, 1977, p. 46.. Cette description va fixer l'image générale du gnoll, comme hyène humanoïde, même si la peau verdâtre semble un héritage du troll, tel qu'il apparaît dans le même manuel. Leur intelligence est indiquée comme et leur alignement, chaotique mauvais.

Quoique plusieurs fois cités dans l'édition d'introduction rédigée par Eric Holmes, les gnolls n'ont pas d'entrée spécifique dans la description des monstresJ. Eric Holmes, Dungeons & Dragons Basic Set, TSR, également publiée en 1977. L'édition de Tom Moldvay en 1981, c'est-à-dire la célèbre , entérine la description comme hommes-hyènes, et ajoute , ce qui précise leur origine potentielle sans la valider complètementTom Moldvay, Donjons et Dragons, édition française de 1982, TSR, p. B36.. Interrogé sur ce point Gary Gygax a expliqué : .

Le monsters compendium () de la seconde édition d'AD&D, publié en 1989, reprend mot pour mot la description de la précédente édition, y compris la peau verdâtre, tout en précisant leur mode de préhension (les mains des gnolls sont identiques à celles des humains) et de locomotion (ils sont bipèdes)David Zeb Cook, Monstrous Compendium, TSR, 1979.. Par contre, les origines supposées des trolls ne sont plus mentionnées dans leur description. La troisième édition de Donjons et Dragons, en 2000, gomme ce qui restait du troll, puisque seul est décrit la couleur de leur pelage : . De plus, ils gagnent en taille, atteignant désormais les 2,25 m. pour 150 kgVersion française du Document de référence du système, article Gnoll. La quatrième édition de Donjons et Dragons ne propose pas de description physique des gnolls, mais une illustration qui entérine l'homme-hyène. Leurs caractéristiques de combat accentuent cette dualité, en leur attribuant des capacités d'attaque en meute, de morsure et de griffesWizards RPG Team, Monsters manual, Wizards of the Coast, 2008, pp. 134-135..

Castles & Crusades, publié en 2004, mais fortement inspiré par l'esprit de la première édition d'AD&D, élargit l'aspect physique des gnolls, puisqu'ils peuvent avoir des Davis Chenault & Mac Golden, Castles & Crusades condensed, Troll Lords games, 2006, p. 95..

Description dans l'univers du jeu

Mode de vie Les règles originales de Donjons et Dragons ne détaillent guère le mode de vie des premiers gnolls, si ce n'est qu'on peut les trouver aussi bien dans le monde souterrain que dans les terres sauvages, qu'ils sont absents des villesDave Arneson et Gary Gygax, Dungeons & Dragons, vol. 3, The underworld & wilderness adventure, TSR, 1974, p. 10 et 18. et que, comme les hobgoblins, ils vivent en communautés de 20 à 200 membres dirigées par un roiDave Arneson et Gary Gygax, Dungeons & Dragons, vol. 2, Monsters and Treasures, TSR, 1974, p. 5..

Le Manuel des monstres (Monster manual) publié en 1977 est plus précis, mais diverge sur le modèle politique, puisqu'il précise que les gnolls vivent en bandes à l'organisation lâche, capables toutefois de s'unir temporairement sur des objectifs communs. Plutôt qu'un roi, ils sont dirigés par un simple chef. Leur caractère ubiquiste, capable de s'adapter aussi bien aux climats arctiques que arides, est confirmé. Leur habitat est, dans la plupart des cas (85 %), souterrain, bien qu'ils soient fainéants et mauvais mineurs, mais une minorité (15 %) habite des villages ou bâtiments abandonnés à la surface. Enfin, la composition sexuelle proposée de la société gnoll, soit deux mâles et quatre enfants pour une femelle, est conforme à celle de la plupart des autres humanoïdes présentés dans le même ouvrage. Aucune explication n'est proposée à ce sex-ratio déséquilibré.

La première description de l'habitat d'une tribu gnoll est celle proposée dans le module Le château fort aux confins du pays (The Keep on the borderlands), publié par Gary Gygax en 1979. Situé dans les , il ne diffère pas particulièrement de celui des tribus humanoïdes avoisinantes. Par contre, on rencontre dans le même module un , qui semble préfigurer l'association entre gnoll et folie que l'on retrouvera développée dans leur religionGary Gygax, The Keep on the borderlands, TSR, 1979.

Au départ une espèce souterraine, les gnolls deviennent des nomades, dont l'économie est entièrement tournée vers le pillage et l'esclavage, menés par le fanatisme religieux. Il existe néanmoins, dans les terres nordiques de Mystara, des tribus gnolls dotées d'une économie pastorale, pour lesquelles l'élevage de moutons n'exclut pas le recours périodique au pillageKen Rolston et Elizabeth Danforth, The Northern Reaches, Gazeeter 7, TSR, p. 30.

Religion Le Monster Manual, publié en 1977, introduisait le , Yeenoghu. Une illustration due, tout comme celle du gnoll lui-même, à David C. Sutherland III, le présentait comme une créature humanoïde osseuse et efflanquée, à face de hyène, vêtue d'un pagne et de bracelets, armé d'un fléau à trois boules, constitué d'adamantium précise la notice. Le texte précisait que Gary Gygax, Monster Manual, TSR, 1977, p. 19.. Il est en outre qualifié de , sans que la raison en soit précisée.

Ranivorus est un immortel vénéré par les gnolls dans le monde de Mystara. Associé à la sphère de l'Entropie, placé sous la tutelle de Thanatos, il a rang de Céleste dans la hiérarchie des immortelsAaron Allston, Wrath of the Immortals. Book I : Codex of the Immortals, TSR, 1992, p. 41.. Il est réputé avoir causé la chute de l'empire Nithien en semant la folie parmi les mages et la classe dirigeanteBruce Heard, The Orcs of Thar, Gazeeter 10, TSR 1988, p. 10.. Ses adversaires sont Pflarr, immortel à tête de chacal associé à l'empire Nithien, et Halav, un héros parvenu à l'immortalité en combattant la grande horde des gnolls. Le culte de Ranivorus est répandu dans les collines de Soderfjord et de Vestland, ainsi qu'au Sud-GnollistanBruce Heard, The Orcs of Thar, Gazeeter 10, TSR 1988, p. 14.. Il est associé à la folie, aux convulsions et aux personnalités multiples. Bien que les attributs de Ranivorus diffèrent sensiblement de ceux de Yeenoghu, Aaron Allston indique qu'il s'agit de deux noms pour une même entité.

La cinquième édition de Donjons et Dragons fait des gnolls une invention de Yeenoghu, qui a manipulé des hyènes avec sa magie pour créer les gnolls.

Postérité Les gnolls sont peu à peu repris par d'autres jeux et univers de fiction. Ils apparaissent dans le jeu de rôle Pathfinder, dans le jeu de cartes à collectionner Magic : L'Assemblée, dans le jeu de figurines Frostgrave.

Les gnolls apparaissent aussi dans des jeux vidéo comme Heroes of Might and Magic III ou World of Warcraft.

Ils sont mentionnés dans The Elder Scrolls IV: Oblivion dans le nom d'un lieu : La Montagne des Gnolls (Mont Gnoll dans la version remasterisée), le plus haut sommet des montagnes de Jerrall qui marquent la frontière entre Cyrodill et Bordeciel.

Bibliographie

Notes et références

Catégorie:Créature thérianthrope Catégorie:Créature de Donjons et Dragons