Alfred Touny, né le à Paris et fusillé à la fin du mois d' dans les fossés de la citadelle d'Arras, est un résistant français, compagnon de la Libération. Il contribua notamment à la création de l'Organisation civile et militaire (OCM).

Biographie

Jeunesse et études Alfred-Georges-Jean-René Touny est le fils de Marie-Cécile-Armantine Catois (1863-1908) et du commissaire Émile Touny (1852-1933), directeur de la police municipale de Paris entre 1897 et 1914Archives de Paris, état civil du 2 arrondissement, registre des naissances de 1886, acte (vue 4 sur 31)..

Après de brillantes études au lycée Henri-IV à Paris, il entre à Saint-Cyr en 1904 et en sort, en 1906, major de la promotion « Centenaire d'Austerlitz ». Il quitte l'armée dès l'année suivanteArchives de Paris, D4R1 1365, Matricule 538, feuillet matricule de Touny, Alfred-Georges-Jean-René récapitulant son parcours militaire..

Première Guerre mondiale Mobilisé dans les Cuirassiers comme lieutenant de réserve en , il est légèrement blessé par balle le à Nanteuil-le-Haudouin lors de l'attaque d'un convoi. Il passe dans le service d'État-major en 1916. En 1917, il est promu capitaine et décoré de la Légion d'honneur ; il reçoit six citations.

Entre-deux-guerres En 1919, il démissionne de l'armée et s'inscrit comme avocat au barreau de Paris, qu'il quitte en 1923 pour l'industrie.

Engagement politique Officier conservateur, Alfred Touny adhère aux Croix-de-Feu du colonel de La Rocque. Lorsque l'association est dissoute en , il rejoint la formation qui lui succède, le Parti social français (PSF). Il préside le comité PSF du de Paris, une importance section de la capitale. En , La Rocque lui remet sa rosette d'officier de la Légion d'honneur. Cependant, comme bon nombre d'anciens Croix-de-Feu, Touny accepte mal la transformation politique du mouvement. À l'instar de Joseph Pozzo di Borgo, il finit par démissionner du PSF et rompt avec La Rocque. À l'automne 1937, il témoigne même contre La Rocque dans le procès en diffamation que ce dernier intente au colonel Guillaume, directeur de l'hebdomadaire d'extrême droite Choc, dans l'affaire des fonds secretsJean-Paul Thomas, « Le Parti social français et le monde militaire » dans Militaires en République : les officiers, le pouvoir et la vie publique en France (1870-1962), Olivier Forcade, Eric Duhamel, Philippe Vial (dir.), Paris, Publications de La Sorbonne, 1999, p. 423.Il s'agit d'un scandale politique qui secoua la droite française à la fin des années 1930. André Tardieu, ancien ministre et président du Conseil, confia aux adversaires de La Rocque que ce dernier avait émargé aux fonds secrets distribués par lui. Guillaume publia ces accusations dans son journal, ce qui valut, à lui et d'autres, une série de procès en diffamation intentés par La Rocque dans les années 1937-1938..

Campagne de France Lieutenant-colonel de réserve en 1938, il est rappelé en pour servir à l'État-major du corps de cavalerie à Saint-Quentin puis, en , au Bureau de l'État-major de la Armée, sur le front de Lorraine.

Résistance Dès , il essaie d'établir des contacts et de chercher des renseignements. Il rencontre Jacques Arthuys et participe avec lui à la création de l'Organisation civile et militaire (OCM), dont il dirige le réseau de renseignements. Il recrute lui-même un grand nombre d'agents avec lesquels il constitue un réseau couvrant tout le Nord et l'Ouest de la zone occupée. En , le fondateur de l'OCM, Jacques Arthuys, est arrêté et le lieutenant-colonel Touny prend sa place à la tête du mouvement.

Pierre Brossolette met l’OCM en contact avec Gilbert Renault, alias le colonel Rémy, fondateur du réseau Confrérie Notre-Dame, grâce auquel les informations de l'OCM peuvent être transmises aux services secrets de la France libre, le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Engagé dans les Forces françaises libres le , Alfred Touny, avec le soutien de la Confrérie Notre-Dame, voit son réseau de renseignements, devenu le réseau Centurie, s'agrandir considérablement. Il règle avec Londres et le Bureau des opérations aériennes (BOA) les opérations de parachutage qui permettent d'armer les membres de l'organisation.

D'autre part, sous le nom de « Langlois », il siège au Conseil central de la Résistance puis devient président de la commission militaire du Conseil national de la Résistance (CNR), où il contribue à réaliser en zone Nord les projets du général Vidal (alias Charles Delestraint) premier chef de l'Armée secrète (AS), arrêté en à Paris, et à constituer avec les éléments de diverses organisations de résistance l'Armée secrète.

Décès thumb|Plaque commémorative au mémorial du mur des fusillés d'Arras.

Arrêté à son domicile parisien le , il est fusillé dans les fossés de la citadelle d'Arras à la fin du mois d'.

Son corps est inhumé dans le caveau du Mémorial de la France combattante au mont Valérien (Suresnes).

Son fils Roger Touny (1922-1991), engagé dès dans la France libre alors qu'il n'avait que 18 ans, est également Compagnon de la Libération.

Décorations

à titre posthume par décret du . avec 6 citations avec 2 citations par décret du . (1 blessure) (Belgique) Chevalier de classe du Mérite militaire (Bulgarie)

Hommages

Une rue d'Arras porte le nom « Rue du Colonel Touny ». Une plaque commémorative est installée au début de la rue du Général-Langlois dans le . Elle indique qu'Alfred Touny habitait au 5 de cette voie, à son époque nommée villa Decamps.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Guillaume Piketty, article « Alfred Touny » in Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006. . René Jeannin-Naltet, Le colonel Touny, baptème de promotion à Saumur. Revue de la cavalerie Blindée n° 91 - 1975

Articles connexes Organisation civile et militaire Un paradoxe français

Liens externes

Le portrait d'Alfred Touny sur le site de l'Ordre de la Libération

Catégorie:Naissance en octobre 1886 Catégorie:Naissance dans le 2e arrondissement de Paris Catégorie:Élève du lycée Henri-IV au XXe siècle Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Avocat français du XXe siècle Catégorie:Industriel français du XXe siècle Catégorie:Croix-de-Feu Catégorie:Personnalité du Parti social français Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Colonel français Catégorie:Résistant français Catégorie:Membre de l'Organisation civile et militaire Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1936 Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Décès en avril 1944 Catégorie:Décès à Arras Catégorie:Décès à 57 ans Catégorie:Personnalité inhumée au mémorial de la France combattante Catégorie:Condamné à mort exécuté en France dans les années 1940 Catégorie:Personne fusillée en France Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich